Joseph Strich : « Pourquoi Obama ? »

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Posted on 20th janvier 2013 by Gunter in Textes

20 janvier 2013 – A l’occasion de la prestation de serment du président des Etats-Unis Barack Obama, ce 20 janvier, suite à sa réélection le 4 novembre dernier, quelques réflexions philosophiques sur l’importance historique d’un mandat Obama 2, d’une réédition de cette présidence.
Je n’ai à vrai dire aucun mérite à avoir si justement titré cet article: Pourquoi Obama, l’ayant en fait repris d’un célèbre film documentaire de Claude Lanzmann. Donc « pourquoi Obama », c’est en fait pourquoi malgré tout Obama, pourquoi il le faut, encore une fois, lui, le premier président noir des Etats-Unis.
Car, par-delà le politique, le journalistique, l’anecdotique, de quoi s’agit-il? De couleur d’abord. Une nuance de couleur. Une couleur nécessaire (explications suivent). Et de… philosophie!
Certes, Romney aurait peut-être en fin de compte mené la même politique, surtout intérieure, et pour ce qui est de celle étrangère, d’aucuns diront, meilleure. Ainsi par exemple l’ouragan Sandy aurait été aussi bien traite par un autre president. Quant au Moyen-Orient, il n’a jamais été aussi « ancien », aussi peu printanier, n’en déplaise à Obama et à ses mentors en la matiàre, les Clinton et le chantre du « nouveau Moyen Orient » Shimon Pérès.
Mais en définitive, cet Obama-là, celui du pire peut-être, il faut le dépasser, tout comme celui du meilleur, de la réforme du système d’assurance maladie, l’ObamaCare, si révolutionnaire au royaume libéral du chacun pour soi, et si bénéfique pour tant de dizaines de millions d’Américains démunis.
Car je peux être ou ne pas être d’accord avec telle ou telle politique menée par l’administration Obama, mais qu’importe! Là, justement, nous sommes sur un plan au-dessus de la politique, au-delà de l’actualité et de l’histoire entrain de se faire. Obama, c’est bien plus qu’Obama, comme la philosophie l’est par rapport à la sagesse, par rapport à toute discipline scientifique.
Le personnage, son symbole, sa couleur comme nous avons dit, révêtent une importance primordiale non seulement pour la démocratie américaine, mais aussi pour toute la civilisation occidentale, pour la « tribu blanche », pour toute l’histoire de l’humanité.
Cela tient au fait qu’il y ait eu enfin un président différent. Il n’était pas écrit qu’il doive être blanc. Et ce qui pouvait ou devait être a eu lieu, enfin. Dans la lignée d’une digne dialectique: thèse, antithèse (Obama), et peut-être un jour synthèse.
Saluons donc le triomphe de la critique, le jour de l’alternance (comme le président élu Sarkozy avait en 2007 salué rétroactivement l’alternance de 1981 avec l’élection de Mitterrand, et comme il fallait saluer en 2012 le retour de l’opposition socialiste en France).
Le 4 novembre dernier, et alors que je couvrais et participais à une soirée pro-Obama organisée par le parti de gauche Meretz sur un toit de Tel-Aviv, et tandis que les résultats affluaient au cours de la nuit, je méditais: c’est une élection philosophique, grecque (dans le sens classique), empreinte d’esprit talmudique (le pilpoul, c’est-à-dire de contradiction), et ce – même si rien ne devait en sortir au bout du compte (il n’y a jamais vraiment de gain en politique, aucun sort n’est amelioré, à moins d’une vraie révolution, et encore: matière à penser à tous ceux qui ont voté au printemps dernier pour Hollande, lui qui, maitenant, s’en va en guerre… lui aussi!).
Quoi qu’il en soit, nous aurons eu au moins la satisfaction de voir trôner un descendant des Opprimés et Offensés, un représentant, ne serait-ce que par sa couleur ainsi anoblie, de l’alterité et de la différence, si caractéristique de ce qu’il y a de plus profond en l’humain, si philosophique. Longtemps encore nous aurons la nostalgie de ces années-la (2008-2016)!
. « Obama mon amour », diront peut-être nos femmes et filles. Et nous, avec ce sentiment confus et inconscient qu’ont dû avoir les Américains en le reconduisant à la Maison Blanche, nous répéterons apres lui: YES WE CAN! Yes we could!

Joseph (Jo Strich)
joseph.strich@gmail.com

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