Houria Guerrouache, DES GLACIERS ET DES HOMMES

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Posted on 22nd décembre 2019 by Gunter in Textes

Houria Guerrouache, DES GLACIERS ET DES HOMMES (A Glance Over the Edge of Naturephotographies. Exposition, 3-31 décembre 2019. Café des Psaumes, 16 ter rue des Rosiers, 75004 Paris.

La liberte au SPITZBERG
Une authentique rencontre avec la nature
par Carla AUQUE

C’est au Spitzberg sur l’ile principale de l’archipel arctique du Svalbard qu’Houria a trouvé la liberté dont elle revait. Une rencontre avec la nature authentique. C’était l’été dernier, durant une dizaine de jours, le temps d’un voyage ressourçant et énergisant au cœur des glaciers du pôle Nord. Le séjour dans cet espace exceptionnel, nécessitant une survie en totale autonomie, lui a permis un contact rapproché, quasi fusionnel, avec cette nature sauvage, insaisissable et saisissante. À l’heure où le réchauffement climatique n’est plus réfutable, Houria voulait « découvrir les glaciers avant qu’ils ne disparaissent ».
La meilleure façon pour elle de pérenniser ses souvenirs a été de les offrir au grand public… sur papier glacé. L’oeil de la photographe a capté la nature à l’état brut. À travers ses photos, telle « Une lueur d’espoir », le visiteur curieux découvre, ébahi, la richesse et la vitalité de la Terre! La diversité de la végétation, l’agilité des animaux subjuguent*, dans cet espace préservé de l’homme et de ses installations destructrices… Qui des Souris et des Hommes sont les plus néfastes ?
Inutile de se revendiquer anthropocentriste, face à l’immensité et la grandeur de la nature, à la puissance et la beauté de ces glaciers de 30 mètres de hauteur l’homme apparaît bien petit. Face à lui-même, il ne peut que se pencher vers une conception bio-centrée de la vie.
Voir « A l’origine d’un nouveau monde ».
(avec P. Frémont/J.S.)

MOI, HOURIA G.

Loin de la France, dans cette terre d’Algérie tourmentée par les événements d’après-guerre, dans un petit village des montagnes kabyles une femme donne naissance à son 4 ème enfant et le nomme Houria, liberté.
Devenue femme, Houria garde le souvenir de cette période encore marquée d’un sceau dont le mystère, toujours présent, ne demande qu’à être dévoilé.
Aujourd’hui cette femme, dont l’enfance a été portée par une nature encore à l’état brut, a pensé qu’à partir du spectacle de cette nature inviolée, l’œil du photographe pouvait peut-être jouer le rôle d’un révélateur.
Elle commence à s’intéresser à la photographie à la naissance de sa fille en 1991.
Ses premiers modèles sont donc les enfants qui la fascinent par l’authenticité de leur regard et l’entièreté de leur engagement dans ce qu’ils font.
Houria a gardé intacte sa passion d’enfance pour la nature à l’état pur.
Ses récents voyages en Mongolie, dans le désert marocain et au pôle Nord (où ont été réalisées les photographies de l’exposition), nous montrent son intérêt pour la nature aux frontières de l’inaccessible. Aller toucher cette nature comme on caresse un animal sauvage, une rencontre authentique où l’humain remis à sa juste dimension n’a qu’à s’incliner devant le grandiose de cet Autre vivant.
Cet été, elle a souhaité découvrir les glaciers qui sont devenus la figure emblématique du réchauffement climatique. La destination choisie se voulait être la plus septentrionale accessible au commun des mortels. C’est donc au nord de la Norvège, au large de Longyearbyen dans la région du Svalbard, au Spitzberg situé à 500 kms à l’est du Groenland et à 1020 kms du pôle Nord, qu’elle s’est immergée dans l’univers arctique afin d’approcher les glaciers et la faune sauvage. Un véritable « corps à corps » avec cette nature qui l’a transformée. C’est pour témoigner et partager avec le plus grand nombre cette bouleversante expérience qu’elle a souhaité pour la première fois exposer ses photographies.
Deux glaciers du Spitzberg, un dans la baie de Svéa et l’autre à Templeford, photographiés à des moments différents, nous dévoilent par leurs couleurs leurs « états d’âme ».
Afin de ne pas altérer leur authenticité, les photographies n’ont pas été retouchées.
Les combinaisons de noir et blanc des encadrements viennent simplement appuyer le message des images.

Houria Guerrouache arrive en France dans les années 70 à l’âge de 7 ans, grandit en banlieue parisienne et vit aujourd’hui à Paris.
Elle exerce la profession d’infirmière pendant 7 ans dont 5 au service des Urgences, puis se spécialise en puériculture pour assurer notamment des fonctions de directrice de crèche en ile de France et de coordinatrice petite enfance à la Ville de Paris.
(H.G., avec J.S.)

GLACIERS A LA DERIVE, TERRE EN PERIL
Miettes philosophiques à propos la fonte des glaces, par Jo STRICH

« Et pourtant elle tourne », disait Galileo Galilée de la planète Terre que la bien-pensance romaine de l époque voulait à tout prix plate, au centre de l’univers, et avec le Soleil tournant autour d’elle.
Rallié au système du monde proposé par Copernic, qui avait démontré le double mouvement des planètes sur elles-memes et autour du Soleil, mais que la cour de Rome dénoncait comme hérétique, Galilée, sommé de ne plus le professer, sinclina. Mais, revenu à Florence, il publia toutes les preuves de la vérité du système. Il dut alors abjurer devant I Inquisition. Mais l histoire retiendra surtout sa fidélité ultime à la vérité scientifique: « et pourtant elle tourne », avait-il conclu le procès.
Aujourd hui je le dirais aux climatosceptiques de tout bord, à commencer par le président américain Donald Trump. Paraphrasant le physicien et astronome italien des 16 et 17 è siècles, je ferais écho aux photographies d’Houria : et pourtant elle chauffe. Elle chauffe bien, et de plus en plus, n’en déplaise aux imbéciles heureux (ces capitalistes et nouveaux conservateurs qui se retrouvent dans les COP21 etc) et extremistes de droite comme de gauche (qui mènent encore et toujours les mêmes combats perdus d’avance pour les mauvaises causes has been historiques et éthiques), alors que la maison brûle (oui je sais, le glacier fond, mais c’est la même chose). « La folie c’est de toujours faire la même chose et de s’attendre à un résultat différent », disait Einstein, ce Galilée du 20 ème siècle. Ainsi, sommes nous fous à consommer notre planète telle le buisson de Moise « tout en feu sans être consumé ». Même nos savants sont devenus des semeurs de malheur comme celui du Bal des Vampires de Roman Polanski qui ramena au monde à son insu le Graal ou le bacille de la peste. Serais-je alors, à l’encontre d’Houria l’optimiste, un pessimiste invétéré ? Un pessimiste est, dit-on, un optimiste avec de l’expérience…
J.S.

1 Comments
  1. CABRERA says:

    Houria a une âme de photographe car, ces photos de son exposition son absolument magnifique. certaine de ces photos sont époustouflant, de très belle prise de vus des glaciers, ces belles photos sont à vendre également a des prix raisonnable. Je conseil aux personnes aimant la photos d’aller voir ces merveilles.

    22nd décembre 2019 at 17 h 40 min

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