Nouvelles reflexions (philosophiques ?) autour de l’Euro 2016, par Pierre Mille

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Posted on 25th juillet 2016 by Gunter in Divers |Textes

Commentant un des matches de l’Euro 2016, Daniel Riollo disait sur BFM TV d’Antoine Griezmann qu’il était un « anti-héros » et un « Gavroche ». Selon lui, au départ on n’a pas voulu en France de « Grizou », car chétif, vulnérable, de corpulence moyenne et banal, tel un Messi, ne correspondant pas au profil souhaité.
Mais il s’est avéré de match en match que Griezmann incarne plus que tout autre actuel tricolore l’esprit français : force de la faiblesse, candeur dans le combat, intelligence créatrice, engagement sans faille, ressources intérieures transcendant les limitations physiques du corps.
L’autre nouvelle star française, Olivier Girou, est plutôt de type anglo saxon, d’une puissance physique toute américaine: son tatouage, sa coupe de cheveux, sa barbe, dénotent d’une préoccupation narcissique typique des canons de l’économie libérale. Giroud a perdu son essence française dans sa personnalité, son apparence. Il pourrait être de n’importe quel pays européen, surtout nordique, et on l’aurait facilement confondu durant la compétition avec des joueurs islandais, irlandais, gallois, suédois, etc.
Il y a entre Giroud et Cristiano Ronaldo une correspondance pour ce qui est de l’impératif de performance, la discipline, la rigueur dans le travail, la recherche de l’excellence personnelle, mais chez le Portugais, ces qualités viennent d’un héritage culturel et social, voire traditionnel, tandis que chez le remplaçant de Benzema, cette éthique provient plus d’une conformité au système libéral, d’où une perte de son authenticité nationale et culturelle. Ronaldo est moins agressif dans sa représentation publique, il équilibre héritage personnel et image publique cosmopolite.
Lionel Messi quant à lui incarne le premier de la classe, un ultra performant mais dénué d’âme, symbole de l’élitisme utilitariste post-moderne type GOOGLE, APPLE (performances et créativité exceptionnelles mais au sein d’un ordre déshumanisant). Manquant de personnalité, il pourrait être apatride.
L’Argentin est le symbole du totalitarisme de la performance qui ne se préoccupe que des sujets qui renforcent la puissance du système leur conférant privilèges, renommée et pour les meilleurs, un statut factice de génie.
Au contraire, Griezmann, parce qu’il n’en avait pas les atouts physiques au départ, est l’incarnation de la performance sur une base plus démocratique, dans le cadre de laquelle chaque élève de la classe, même le plus médiocre, peut avoir accès à l’expression de son génie propre. Griezmann est le self made man parti de rien et arrivé au sommet, qui ne compromet pas son intégrité et son authenticité, mais en impose par sa valeur propre. C’est l’authentique génie ou tout du moins, le génie à la française, tel Napoléon.
Karim Benzema est lui l’expression de la jeunesse française issue de parents immigrés et influencée par l’antiracisme des années 80, celui-là même qui est toujours porteur d’un fort ressentiment à l’encontre de la société française. Ce ressentiment l’exclut de l’unité du groupe. Les contraintes individualistes du sport de haut niveau renforcent ce sentiment d’exclusion mais en le présentant comme un atout individuel et non un obstacle à la cohésion et à l’efficacité d’un groupe.
L’équipe de France de football, les Bleus, étant plus grande que la simple somme des individualités qui la constituent (a contrario du Brésil à certaines époques), les joueurs -aussi talentueux soient-ils- qui ne se fondent pas dans cette unité handicapent plus qu’ils ne contribuent à l’excellence du groupe.
Le joueur d’origine algérienne incarne une fracture sociale et la tentation communautariste, un modèle social aux antipodes du modèle français républicain.
Une fois l’unité des esprits retrouvées au sein du groupe, la France peut s’élever au rang des meilleurs. Sans cette unité, elle est condamnée à errer.

Pourquoi Deschamps -t-il pu réussir là où Blanc avait échoué ? Le départ de Blanc du PSG avec une rémunération exorbitante indique que ce dernier est un membre privilégié du système économique qui récompense ses bons élèves. Il ne pouvait donc retrouver les valeurs d’unité et le lien social français au sein de son groupe de joueurs et a maintenu des éléments communautaristes tels que Benzema et Ribéry.
Deschamps, plus ou moins inconsciemment, garde ces valeur-là ancrées profondément en lui. C’est autour de lui que les événements se sont produits pour retrouver une « vraie » équipe de France, en tout cas une équipe qui corresponde au modèle français de vie en commun (auto-destruction de Benzema, blessure de Ribéry).
Son insistance pour conserver Evra, leader du vestiaire, titulaire prouve que, pour lui, la cohérence du groupe, et donc l’unité, est supérieure à l’efficacité individuelle pour espérer réussir.
C’est l’énergie globale du groupe qui est privilègiée et non l’association de prodiges techniques.

(Avec J.S.)

Le besoin de croire

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Posted on 1st juin 2015 by Gunter in Textes

Le besoin de croire … Marcel Francen’, ____
en scène …
Le neveu … de notre … belge … « converti », Victor Francen’,
Auteur, et comédien, Acteur, metteur en scène,
crédible’, en nos’ Annales … cinématographiques’… et théâtrales … de France’- scènes …
réparties, on Le retrouve … dans … Le Chemin de Damas’,
La « conversion » de Paul … qui y croit … c’est Christmas’ !,
de La révélation, La fidélisation, « fidèle’ rebelle », « belle’ et rebelle », (J C*), saine’…
prestation, Merry Christmas’ !
… Mary Marquet, sa femme’, en face, …* ____
besoin de croire … soin de se fier, d’Adhérer’, Appel d’urgence’… Au sens’…
de La Vie, du Vivant, sens’- direction, sens’- signification,
du chemin, Vrai, À ouvrir, découvrir, inventer’, en’ Avant … de prise de conscience’…
en – prise … de confiance, du doute … mise … remise’ en question(s) …
Au croire, La croyance …
La foi, incertitude’, inconviction,
risque … de croire’, où l’on grandit, L’on croît … – croire’… que … tout’ A un sens’,
- croire’… À La Valeur supérieure … de La Vie,
- croire’… en … Les Valeurs … supérieures … de La Vie,
La direction, La signification,
Le sens’… de proche’ en proche’, Approche’, Accroche’, Adéquation …
sujet – objet, et, cause’- effet rétribution,
Au bout du chemin … cru, Le donné, par surcroît … de L’interprétation …
À La transformation, d’intuition fondamentale’… en foi … qui croît … qui grandit, s’Agrandit … qui prend sa Vie en mains, « c’est’ ici Le chemin », de sa Vie, création,
œuvre – sublimation, contingence – nécessité, croire’- Authenticité, croire … ce que L’on dit,
dire … ce que L’on pense, faire … ce que L’on dit, faire … ce que L’on pense’, être …
ce que L’on fait, naître’…
À ce que L’on’ est … À notre … conversion, À notre … création, qu’Appelle-t-on « croire » … croyance … Va savoir !, sans s’en Laisser’ Accroire … peut’- on ne pas croire ?,
La manière … de croire’… importe … plus’ que ce … que L’on peut’ ou doit croire’,
Avec’ philosophie … « Où L’homme … cesse’ de connaître’, il commence’ À croire », Nietzsche … La naissance … de La philosophie, en bonne … réflexion …
renvoyée … en miroir, note’… de bord … À La diable,
« Ceux qui ont’, eux-mêmes, tout cru, pensent … tout croyable »,
Guy Debord, Cette … mauvaise … réputation, opposées’ Au savoir, L’intuition,
et La foi, y Adhérer’, et croire’, À une’ idée, fondamentale, que L’on conçoit,
concevoir, et y croire’, en conscience’, en confiance’, en ce chemin de croix’,
en ce … À quoi L’on croit,
« ce que je crois » … ma foi !,
de nature’ en culture … d’inné en’ Acquis …
Le besoin de croire … prendre … Le soin de croire’, À qui ? … __/ 1
Au monde’, À L’Autre’, À soi, Au monde’ Autre … ma foi, humain chemin … Histoire …
de La Vie, du monde’- humanité, Chemin de « La Passion … de [ notre’] humanité »,
(JC*), et pas’ une’ histoire … belge … La grande’ Histoire, besoin de croire …
croire’ Au soin … de La confiance, manque … désir … en – vie … de Vérité,
croyance’, soif et faim, exigence’, « Appel d’urgence’» … Au sens’… de La fidélité,
« rebelle, fidélité », (JC*), Vraie, crédibilité, La, Vraie, fiabilité,
Le soin … de se confier,
Le besoin … de se fier, *
Le besoin de croire … non en quelque chose’, en quelque … cause’, en quelqu’un,
mais Le besoin de croire’… quelqu’un,
comme … Le Christ’, en croix’, et que L’on croit,
Avec’ qui L’on grandit, s’Accroît, Avec’ Lequel on croît …
en chœur, et en soliste, « solitaire, solidaire », (VH), Voire, spiritualiste, harmoniste, humaniste, Voire’, utopiste … réaliste, Voire’, humoriste’, …
ils L’ont bien … cru – s’y – fier ! Et – c’est … « ce que je crois »,
c’est La foi, édifiée, foi … transformée, ma foi !,
un service’…
eh – dis – fils’ !, *
« Si Le Christ’ n’est pas passé, entré, dans L’Histoire,
L’Histoire’ n’A Aucun sens’», « notoire », Ernest’ Renan,
« qui fait co – naître » … L’ « Être’- Étant » passé, présent, et, À naître …Venant,
pensé, dit, Agi … d’énergie … L’âme’- agit, réfléchi(e) … en miroir,
en reflet, est – sens’… du Fils de L’Homme’,
Au féeminin, Fille de L’Homme,
Humanité (J C*), Le sens’, de notre Lien, d’humanité, c’est La philosophie,
de notre, humain, défi, maintenant’ et ici,
mais non, mais non … mais si ! *
Le besoin de croire … pas’ un’ état, d’esprit,
une marche – démarche’, En – Vie – Vent … Sous – Le – Vent … La Vie, Souffle … L’Esprit,
croire … moyen et fin, but’, objectif, finalité,
Le Lien, humain, Aux radicales’… Ailes … Lien … Lien de cordialité,
Le Lien d’humanité, « Lien d’Amour d’Amitié »
(JC*), « [ Vingt fois, sur L’Amitié,
remettons notre’ ouvrage’] », (NB),
en commun, en partage !, comme’- un … besoin de foi, soin d’ épreuve … de foi,
comme … d’épreuve … d’Amour … de même … que d’Aimer sans preuve’…
est, bien, L’épreuve … de L’Amour, croire … sans preuve … c’est L’épreuve … de La foi, « belle’ et rebelle » … foi, « fidèle’ rebelle … foi », J C, et – c’est … dans L’épreuve …
que L’on fait ses preuves … de L’Amour … transformé,
et de La foi … d’Aimer, besoin, désir, en – vie – vent … de croire, sous – le – vent …
du couchant’ Au Levant … La Vie, L’Amour, La mort, Le « Vent …
de Liberté [ chérie ] qui ne sera jamais sous La terre » – J C*, Souffle – besoin d’Aimer … / 2
Vent de L’Esprit d’Aimer, Maille’- à … maille … fiançailles, ____
Maille’- à … maille’, épousailles,
Avec’ La Parole’ en’ Acte … révélé(e) …
Le réel … rêve’- Ailé, un – pacte’, et – c’est … bien … Le besoin de croire … transformé,
À – vide … plénitude’, une … sollicitude, une … nécessité,
d’illusion en Vision … de La réalité,
que L’on’ identifie …
Au réel, À déVoiler’, Auquel on se fie,
Le besoin de croire’, en L’infini, un – fini … pas’ une … foi,
comme’- une … foi … * … mais’…
« Il était’ une … foi … *
La mienne », Raymond Devos’,
un belge … « converti », encore’ un, on se gausse,
de ses crises … de foi,
… deux fois,
foie … que L’on peut palper’, et L’autre … foi,
L’impalpable … mal À ses fois …
À ses … deux fois,
bien des fois …
Autre fois …
mais, jamais’, Aux … deux fois …
À … La fois …
quoique … Là … pour La première … fois …
il Venait de souffrir … des deux fois …
À La fois …
de ce foie -
ci … et … de cette … foi -
Là … émoi …
et – moi … et – moi …
ma foi !,
en toute … bonne … foi,
toute … mauvaise … foi ! *
France’- scène … mise’ en scène, non ! … La commune … foi,
Là, suscitée, et, re s’- suscitée … La grâce … de La foi,
« déchirant’ et comblant », Le chemin … de La foi …
chemin de « La Passion, de [ notre’ ] humanité »,
J C, Pente – côte’… Ascension, en – cordée … d’unité,
« Mai 68’- de L’insurrection … À La résurrection » (JC*), pas ce qu’on’ Appelle … La foi …
du charbonnier, La foi de s’harmonier, La foi de communier’,
ensemble, humanité, fidélisée, cristallisée,
harmonisée, réalisée, finalisée, humanisée,
« intime’, universelle convivialité » (JC*- GR), soif et faim d’une fin, pacifiée, unifiée … / 3
La Passion de Passer ____
Le témoin des – vents – gilles,
je ne fais que passer,
faim d’une fin, ci-Gîlles * 4, serviteur … Avocat,
* Gilles Roca,
Au Chantefable … délocalisé … Au Métro, Le 30’ mai, pas’ une … fable … chantée, ____
Le chant d’une … Vraie … nécessité, * ____ * changement d’ère,
* Jean Cardonnel, J C, cordial,
* Prairial,
* 2015, G R,

Comment faire vivre la philosophie dans la cité ? (Gunter Gorhan)

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Posted on 8th juillet 2014 by Gunter in Textes

Comment faire vivre la philosophie dans la cité ?

« Tout ce qui ne se régénère pas dégénère »
Edgar Morin

Comme je m’ennuyais en tant qu’enseignant de droit à l’université Paris I et que j’avais beaucoup de temps libre, j’ai continué mes études, d’abord en philosophie puis en psychologie clinique. Arrive mai 68, je m’engage à fond, croyant avec beaucoup d’autres que « tout est politique ». La déception due à l’échec politique de mai 68, a provoqué des dépressions, voire des suicides. Elle m’a fait allonger, comme bien d’autres, sur le divan du psychanalyste, car tout était devenu psychologique !

Automne 1992: je tombe par hasard sur le tout récent café-philo des Phares où animait son fondateur Marc Sautet, et j’ai compris alors que mai 68 avait été en fait un gigantesque café-philo, à l’échelle de tout un pays… J’avais retrouvé plus de 20 ans après, sous la bienveillante « direction » de Sautet, l’ambiance de mai 68. A propos de « direction ». A un journaliste qui lui demandait: « vous aimez bien diriger, n’est-ce pas ? », Marc répondit: « oui, mais comme chef d’orchestre », sous-entendu, comme quelqu’un dont la tâche consiste à mettre en valeur les musiciens. Il était très content lorsque quelqu’un en savait plus en histoire de la philosophie que lui-même ou lorsqu’on le critiquait, puisqu’on n’apprend que de ses contradicteurs.
Mai 68 ressuscité dans un café signifie que les mêmes questions y étaient – et sont toujours – posées, qui peuvent toutes se résumer ainsi : « qu’est-ce que vivre vraiment ? », question à la fois psychologique et politique, c’est-à-dire philosophique.
La philosophie n’articule-t-elle pas le souci pour le « tout » (la société, le collectif, le monde) avec celui du singulier (individu, sujet, âme), autrement dit le politique et le psychologique ?
« …les cafés-philo sont des microcosmes de la république. On y participe non pas pour subir un examen ni même pour apprendre, mais pour tenter, avec d’autres bonnes volontés, d’arracher le maximum de sens aux absurdités et aux brutalités du monde. N’est-ce pas là, après tout, la définition même de l’activité philosophique ? » (Christian Godin) Et aussi : « n’importe quelle interrogation, même naïve, n’importe quelle réponse, même naïve, surtout naïve, peut avoir un sens, une dimension philosophique… Que les gens philosophent dans les cafés-philo, ne signifie pas qu’ils soient des philosophes comme Descartes, mais qu’ils sont capables de se poser les mêmes questions que lui. » (id.)
Socrate était à la fois philosophe et psychothérapeute, voire précurseur des psychanalystes; en tout cas c’est ainsi qu’Alain Badiou l’interprète dans sa République de Platon. Lacan – « je ne suis qu’un sujet supposé savoir » – et Socrate – « je sais que je ne sais rien » – revendiquent l’ignorance comme fondement de leur savoir « thérapeutique », de leur maïeutique. (l’art d’accoucher)…

Il s’agit donc de faire vivre la philosophie, comme il s’agit de faire vivre l’histoire et la culture en général; trop souvent l’une et les autres sont académisées, statufiées, tuées!
Il n’y a que la vie qui m’intéresse : « Celui qui a pensée ce qui est le plus profond, aime ce qui est le plus vivant » (Hölderlin).
Mais de quelle vie s’agit-il ?
Non pas, bien sûr, de la vie biologique, mais de la vie spirituelle, étant entendu que l’on ne peut séparer – on peut et il est pertinent de les distinguer – le corps de l’esprit.

Comme cause de la diffusion de la philosophie dans la cité, c’est un lieu commun que de noter la perte de l’adhésion aux idéologies, que celles-ci soient religieuses ou politiques, perte ayant pour effet une désorientation générale. C’est tout à fait exact, mais il convient d’ajouter qu’une idéologie inédite dans l’histoire a émergé qui avance « masquée », qui est fondée sur le déni, qui ne dit pas son nom : l’idéologie de l’absence de toute idéologie selon laquelle les faits en tant que tels, sans avoir besoin d’être interprétés, peuvent et doivent servir de guide pour l’action, de boussole.
Les réalistes, les factologues, veulent nous faire croire qu’ils sont simplement pragmatiques, purs de tout jugement de valeur, de toute idéologie, obéissants seulement aux faits, cf. le fameux TINA de Madame Thatcher : « There is no alternative », « Il n’y a pas d’alternative », alors qu’en réalité ils servent l’idéologie hyperlibérale.
Les lieux de la philosophie dans la cité, en dehors des cafés-philo exportés dans le monde entier : centres culturels, théâtres, cinémas, foyers pour jeunes travailleurs, prisons, maisons de retraite, clubs de troisième âge, hôpitaux psychiatriques, entreprises, etc. Un ami, prof de philo, lance des sujets de réflexion quand il fait la queue quelque part (guichets, magasins), et un animateur provoquait, il y a quelques années, des débats-philo dans le métro parisien…

Je propose quatre parties :

1.Quelques affirmations de ma part – d’où je parle, c’est-à-dire mes convictions et ma seule certitude.
2.Ensuite, la parole est à vous, je me tairai pendant un certain temps, j’écouterai vos objections, commentaires, questions, etc…
3.Je répondrai le mieux possible, je préfère le sur-mesure aux cours magistraux.
4.Un échange entre nous, comme dans un café philo; je ne serai plus qu’un « primus inter pares », un participant avec un rôle un peu particulier, mais surtout pas un « expert ès vérités »!

I) Ma certitude et mes convictions:

1) Ma (seule) certitude :

Vivre c’est croitre, spirituellement au sens indiqué ci-dessus. Nous croissons physiquement jusqu’à la fin de la puberté et, si tout se passe bien, nous continuons alors à croitre spirituellement. C’est la philosophie, telle que définie par Kant, qui en est le moteur puisque sa fonction, sa finalité est selon Kant « l’élargissement de l’âme », autre nom pour la croissance spirituelle. Merleau – Ponty en est proche : la philosophie consiste à réapprendre à voir, étant entendu que « voir » aux yeux de Merleau – Ponty signifie tous nos sens, le percevoir et le sentir en général. Il faut réapprendre car notre éducation, notre socialisation, a largement émoussé, voire détruit notre sensibilité. Bernard Stiegler a sous-titré l’un de ses livres : « La catastrophe du sensible » (De la misère symbolique). Nous observons la résultat de cet émoussement des sens et de la sensibilité un peu partout : la musique est de plus en plus forte, les mets de plus en plus épicés, les films violents, la pub spectaculaire, le « jeux sexuels » excitants; lorsque la réceptivité s’émousse il faut augmenter les stimuli…
Spinoza est ambigu: le conatus hésite entre la simple auto-conservation et l’augmentation de la puissance, de la vitalité joyeuse. Selon Pascal, « l’homme passe infiniment l’homme ». Dante invoque le « trasumanare » (transcender l’humain). Et pour Alain Badiou c’est l’infini qui constitue l’homme.
Plutôt que de croissance, il s’agit d’une véritable métamorphose, d’une conversion, d’une renaissance grâce à une philosophie vivante :
« Car cet ébranlement des consciences, qui peut faire vaciller la cité dans la folie, rend à la philosophie sa vocation première : celle de la recherche de la vérité en commun. C’est sans doute pour cette raison que son exercice s’accompagne d’une visible jubilation. Oui, de jubilation ! Du moins est-ce ce que je peux observer depuis que j’exerce mon activité…C’est un plaisir très particulier, mais à l’évidence, intense, qui fait ressembler [les participants] à des rescapés; ils semblent sortir d’un coma. La source de leur plaisir doit s’approcher du sentiment qu’éprouve celui  qui se rend compte qu’il est encore en vie, qu’il a échappé à la mort. Il y a là un bonheur simple : celui d’exister après avoir frôlé le pire, et de le savoir. D’où, je soupçonne, la gratitude qu’on manifeste envers ma manière de pratiquer la philosophie » (Marc Sautet Un café pour Socrate », p. 121).
Nous sommes tous, que nous le sachions ou pas, comme des chenilles désireux et capables de devenir des papillons, des bourgeons de devenir des fleurs…
D’ailleurs, contrairement à une croyance très répandue, la maïeutique (l’art d’accoucher) de Socrate, ne consiste pas à accoucher autrui de ses idées seulement, mais de lui-même, du papillon ou de la fleur en gestation en chacun. C’est pour cela (cf. ci-dessus) qu’Alain Badiou rapproche Socrate du psychanalyste, accoucheur « spirituel » contemporain.
Le dernier Michel Foucault, sous influence de Pierre Hadot, chargeait la « vraie » philosophie, qu’il nommait « spiritualité », de la tâche de convertir la personne entière à la vérité (cf. L’herméneutique du sujet).
Pour Marcel Gauchet, une mutation anthropologique, une métamorphose des hommes, est devenue une condition de survie de l’espèce…

2) Mes convictions :

Überzeugen » (convaincre) signifie en allemand : trouver de meilleurs témoins. Je  me laisse « überzeugen » par celui qui trouve des meilleurs « arguments » au sens le plus large possible. Ils peuvent consister en exemples, expériences, images, métaphores, voire associations, etc. Par définition, je peux changer de conviction et je ne demande que cela si je vis vraiment ma certitude au lieu seulement de la penser abstraitement, à savoir que vivre c’est croître et c’est en changeant de convictions qu’on a une chance de le faire vraiment, de croitre.
a) L’animateur ne peut être neutre, il n’est pas en position de surplomb. Toute reformulation, apparemment neutre, « objective », est en réalité une prise de partie forcément subjective : on ne peut tout reformuler, on fait un tri, on résume, on dit avec d’autres mots.
En plus, tout animateur « formate » son public qui s’adapte (inconsciemment) à sa façon de faire, à ses préférences, rejets, susceptibilités, etc. C’est pourquoi le nombre d’animateurs au Café des Phares est passé de quatre à une quinzaine et nous cherchons à l’augmenter encore – en dehors du bénéfice que le plus de caféphilistes possibles deviennent cor-responsables de l’animation.
Le même formatage s’observe en psychanalyse : les Freudiens, Jungiens, Lacaniens, Winnicottiens, etc., ont des analysants freudiens, jungiens, lacaniens, etc…
b) Je n’ai pas de méthode au sens propre du mot, tel que (la plus répandue) : Problématiser, Conceptualiser, Argumenter. Je m’inspire de Wittgenstein qui compare la réflexion philosophique à un voyage : on arrive dans une ville dont on n’a pas la carte, on erre et peu à peu un relief se dégage : le centre, les grands axes, les différents quartiers, etc.
« La stérilité menace tout travail qui ne cesse de proclamer sa volonté de méthode » (R. Barthes), et aussi  « caminante, no hay camino, se hace camino al andar », en français: « Marcheur, il n’y a pas de chemin, le chemin se construit en marchant » (Antonio Machado).
Au sens très large, il s’agit peut-être d’une méthode ou plutôt d’un style, à savoir concevoir l’échange de réflexions comme un échantillon de la vie, comme un reflet de la vie pour laquelle nous ne possédons ni méthode ni mode d’emploi. Les recettes de bonheur philosophiques proposées ici et là ne marchent pas, pour une raison simple : le bonheur vient de surcroît, s’il est visé directement, on peut être sûr de le rater comme on n’arrive pas non plus à s’endormir par volonté.
Il faut improviser, au café-philo comme dans la vie, avec un seul critère/repère : devenir plus vivants, c’est-à -dire croitre, devenir plus créateurs individuellement et collectivement, le verbe latin « crescere » signifiant à la fois croitre et créer…
c) Bien que souvent réclamé, je m’oppose aux définitions préalables et ceci pour trois raisons: – ne pas imposer une seule définition. Aucune ambiguïté lorsque je demande « passe-moi le sel ! » ou  »quelle heure est-il ? » En revanche, lorsqu’il s’agit  de la réalité symbolique chacun parle sa propre langue formée par toute son histoire, son environnement, etc. Pour ne citer qu’un seul exemple : Pour Saint Augustin, l’amour est ce qui est le plus important, et pour Céline c’est ce qui met la transcendance à la portée des caniches. J’observe les mêmes incompréhensions lorsque l’échange tourne autour de notions comme la liberté, la démocratie, la vérité, etc.
Que nous parlions tous notre propre langue et que nous devions nous traduire les uns les autres est une découverte importante des caféphilistes. C’est encore Wittgenstein qui a eu cette intuition lorsqu’il a conseillé : »don’t ask for the meaning, ask for the use ! » « Ne demande pas le sens d’un mot mais son usage », c’est beaucoup plus concret, plus facile à comprendre et à traduire qu’une abstraction.
Ainsi, chaque échange réflexif est une aventure sémantique, une création de sens, une conceptualisation vivante et non pas un jeu de meccano avec des concepts figés, au fond exsangues et morts.
Hegel est toujours invoqué à tort par ceux qui exigent « la rigueur des concepts », lui-même ne connaissait que le travail et la patience du concept. Autrement dit, la conceptualisation, la mise en mouvement, la vivification de la langue philosophique où conceptualisation et poétisation deviennent pratiquement indistinguables.
Le poète tout comme le philosophe ou plutôt philo-philosophe ( amoureux/ami de la philosophie que nous sommes tous) tente de porter au langage l’indicible; ils sont tous les deux dans une « Sprachnot », une « détresse langagière », les mots pour le dire leur manquent.
Nous savons également que les « concepts » étaient et sont toujours à l’origine des métaphores : l’idée platonicienne correspond au gabarit, au modèle dont se sert l’artisan (le modèle, le dessin d’une table, d’un vêtement, à fabriquer), la psyché correspond au dernier souffle du mourant, le rhizome deleuzien s’oppose à l’arbre de la métaphysique cartésienne… Dans nos échanges réflexifs nous faisons vivre la langue philosophique, nous ne nous contentons pas de l’utiliser comme on utilise les billets de banque usés qu’on échange sans même les regarder, examiner…
d) La différence capitale, fondatrice, entre exactitude et vérité : la philosophie n’a rien à dire au sujet de l’exactitude qui est de la compétence exclusive des sciences dites justement « exactes » et non pas « vraies ». Comme le français, d’ailleurs, l’anglais et l’allemand distinguent la vérité et l’exactitude (richtig et wahr, right et true). « Deux et deux font quatre » est exact (right, richtig) et non pas vrai (true, wahr).
Une métaphore: si la France représente la réalité, la science représente alors la carte qui est purement descriptive, elle ne nous dit pas dans quelle direction il faut aller. C’est la boussole – au sens figuré de direction de vie, de sens choisis –, chacun ayant la sienne, qui représente dans cette métaphore la philosophie (à côté de l’art et de la religion, selon Hegel) . Autrement dit, il est impossible de déduire ni d’induire de ce qui est, constaté par la science, ce qui « doit » être, ce qui serait bien qu’il soit.
Encore Wittgenstein, non seulement philosophe mais aussi logicien et scientifique : « et même si la science répondait à toutes les questions qu’elle se pose, celle du sens de la vie ne serait même pas effleurée ». Et Einstein : « Il est scientifiquement indécidable si le monde mérite d’être détruit ou pas ». Autrement dit, vouloir répondre aux questions que pose la vie par la science équivaudrait à vouloir écrire un roman avec un tourne-vis !
L’histoire de la philosophie, contrairement à la philosophie vivante dans la cité, est une expertise, elle ne relève pas de la vérité. Nous l’illustrons par une métaphore : au Louvre sont exposés les grands maîtres – correspondant aux deux ou trois philosophes par siècle – , les guides du musée sont les profs de philo qui expliquent les influences, conflits, enjeux de l’histoire de la philosophie, et nous, les caféphilistes, somme les peintres amateurs, les philo-philosophes qui faisons de la philosophie : « que les gens philosophent dans les cafés-philo, cela ne signifie pas qu’ils soient des philosophes comme Descartes, mais cela signifie qu’ils sont capables de se poser les mêmes questions que lui » (Ch. Godin, cité ci-dessus).

e) Mais qu’est-ce donc que la vérité ? Elle est subjective et elle est à faire, à mettre en œuvre. Qu’elle est subjective signifie que personne ne peut s’arroger une autorité dans ce domaine – contrairement à la science et à l’histoire de la philosophie. C’est le sens du « Je sais que ne sais pas (la vérité de l’autre)  » de Socrate.
La vérité s’exprime plutôt sous forme adjective : « la vraie vie est ailleurs » (Rimbaud) et « la vie, la vraie vie enfin retrouvée » (Proust). Alain Badiou a identifié 4 processus de vérité (à faire, à réaliser), déclenchés par un événement faisant effraction dans une vie répétitive, pas vraiment vivante…

f) L’animateur doit s’intéresser autant aux personnes qu’aux idées que celles-ci expriment.
Il s’agit de créer une atmosphère plutôt chaleureuse, désinhibitante, propice à l’échange; un certain nombre de caféphilistes sont intimidés, anxieux de parler en public. Les Grecs appelaient cette façon de philosopher « symphilosophein », philosopher ensemble, au lieu de philosopher les uns contre les autres et permettre ainsi aux idées exprimées de s’enchaîner par stimulation mutuelle : « ce que tu viens dire me fait penser à… », plutôt que de se livrer à un combat d’arguments.
Comment créer une telle atmosphère propice aux échanges sans que l’animateur s’intéresse authentiquement aux singularités incarnées ? Difficile de faire semblant…
Je préfère d’ailleurs le terme de « méditation philosophique » avec des silences féconds qui permettent de se concentrer, à « débat philosophique », puisqu’on ne se bat pas au café- philo.
L’animateur qui ne s’intéresse qu’aux idées et non pas aussi aux subjectivités qui les expriment pratiquerait une maïeutique au forceps, donc totalement contre-productive : il n’accoucherait les caféphilistes que de ses « idées/bébés » à lui-même; il est vrai que le Socrate de Platon procède parfois de cette façon brutale, à l’opposé du Socrate-psychanalyste d’Alain Badiou. Autrement dit, comment aider à accoucher l’autre non divisable entre idées abstraites et vécu concret sans être le plus attentif possible à sa personne, à sa subjectivité ?
Cet intérêt pour l’autre n’est donc pas une exigence formelle, morale, mais une condition du surgissement même d’une vérité au cours d’un partage de réflexions, de méditation philosophique. D’ailleurs, l’animateur n’apprend lui-même de ses animations, et il me paraît important qu’il en apprenne, que s’il s’intéresse aussi aux personnes, à leur manière singulière et forcément inédite de « conceptualiser », de faire vivre la langue philosophique.

g) La méditation philosophique au café ou ailleurs est différent d’une conférence philosophique; il ne s’agit pas de les opposer, au contraire (cf. ci-dessus la métaphore du Louvre) : plus on philosophe soi-même plus on est apte et désireux d’écouter et de lire les maîtres, leurs disciples et leurs porte-parole. Je sais à la fin d’une conférence si elle était féconde pour moi, si mon « caddy spirituel » est resté vide, rempli de « camelote » ou de choses précieuses…
Le café-philo, la « méditation philosophique », quelque soit son lieu, est bien différent : il ne vise pas à remplir d’idées et de pensées philosophiques, il vise à faire penser; il n’est que la partie visible de l’ »iceberg ». L’essentiel se joue après qu’il soit terminé : si j’y pense encore des jours, semaines, mois, voire années après, c’était un bon échange, sinon (je n’y pense plus le lendemain) c’était mauvais. La méditation philosophique c’est comme le cinéma; on ne peut savoir, lorsque l’écran s’éteint, s’il le film était bon ou pas, il l’est seulement si j’y pense encore des jours, semaines, etc. après.

h) Pour finir, la question principale quant à l’animation d’un lieu de la philosophie dans la cité me semble être : quelle est la finalité prioritaire de toute cette aventure? Aménager des structures ou rouvrir la Source ? De quoi souffrons-nous de plus aujourd’hui ? D’un manque de cohérence, de rigueur, de logique, de maîtrise dans nos raisonnements, ou d’un manque d’inspiration ? Manquons-nous de cadres ou d’énergie vitale ? Sommes-nous menacés par le chaos dionysiaque ou par une grande fatigue existentielle qui cherche surtout sécurité, santé et propreté, à se protéger de la vie ? Sommes-nous menacés par la bête en nous ou par le robot ? Hölderlin : « Ce qui coûtait aux Grecs c’était de s’élever au-dessus de l’existence terre-à-terre. Ce qui nous coûte c’est de revenir au monde d’ici-bas. » Et Nietzsche-Zarathoustra s’adressant au dernier homme : « vous avez encore assez de chaos en vous pour accoucher d’une étoile qui danse ! » L’équilibre entre Apollon, le dieu des formes, des structures, et Dionysos, le dieu de l’énergie vitale, a été rompu au détriment du dernier,
Il est possible voire probable que la philosophie pour enfants qui connaît un grand succès soit mieux inspirée par l’aménagement de structures : méthode, cohérence, logique, que par une philosophie plus poétique, inspirée, à contre-courant des façons de penser trop structurées, désireuses de structures et de maîtrise…Mais concernant les adultes ? Ceux d’aujourd’hui ?
La façon d’animer correspond à la personnalité de l’animateur : « la philosophie qu’on a dépend du type d’homme qu’on est » (J.C. Fichte, grand philosophe idéaliste allemand entre Kant et Hegel); est-il possible que l’animateur « joue sur les deux tableaux » et qu’il anime en fonction des participants : « apollinien » quand il le faut et « dionysiaque » quand c’est nécessaire ? Insister sur, promouvoir, à tour de rôles, les structures de la pensée ou « l’énergie spirituelle » (H. Bergson), la source vitale (Nietzsche) ?
La philosophie dans la cité devrait être aussi le lieu où l’animateur évolue, croît, devient vraiment ou davantage vivant, et où il apprend à se décaler sur ce qu’il n’est pas afin d’articuler, tisser les deux, Apollon et Dionysos, montrant ainsi par l’exemple que vivre c’est croître et qu’il philosophe, au fond, « pour sauver sa peau et son âme » (A. Comte-Sponville).

Gunter Gorhan, juin 2014

La question du travail (Jo Strich)

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Posted on 8th juillet 2014 by Gunter in Textes

La question du travail. Diner-philo, chez Odile Chiroix
par Joseph (Jo) STRICH

Le travail libérateur-vivifère, ou aliénant-mortifère? Un débat diner-philo, après les gouters-philo pour enfants/ados, une nouvelle formule, à l’initiative d’Odile Chiroix et Gérard Renard, qui ont reçu récemment chez eux, place d’Italie, autour d’un repas chaleureux et délicieux tout à la fois (pour en revenir à une tradition ancienne?), une douzaine de participants et quelques intervenants, dont l’écrivain Claude Berger, qui vient de publier chez l’éditeur Max Chalel (également présent) un essai critique sur le système salarial (En finir avec le salariat/vers une société de partage), et Gérard Foucher, auteur d’un livre sur la monnaie.
Une monnaie qui est  »un outil politique (d’oppression) avant d’être un outil économique », et qu’ « il faut changer … pour changer le monde », nous dit en substance Gérard Foucher, qui conclura en ces termes (prémonitaires d’une nouvelle Révolution Française?): « on est à un stade où on est capable de reprendre notre autonomie, nous sommes en train de vivre la trasition ».
Une préoccupation et une aspiration communes à toute l’assitance et à Claude Berger, pour qui la  crise du capitalisme que nous traversons est en fait une crise du salariat, une crise non conjoncturelle mais structurelle, et l’utopie est de croire à la perennité paisible du système actuel, qui a inventé la précarité et le chômage de masse, pour répondre à l’extention des revendications salariales (« le système n’arrive plus à enrégimenter la masse des candidats au travail salarial »)..
Car, dit-il, le travail salarié, le travail marchandise concurrentielle, n’a rien de naturel, c’est une invention datant de la fin du 14 è siècle, et comme tel, il est voué à disparaître, comme avant lui l’esclavagisme et le servage (Marx: « le capital et la salariat sont liés l’un à l’autre et disparaitront ensemble; il est donc absurde de parler de capitalisme sans salariat », in « les fondements de la critique de l’économie politique »).
Berger oppose à la « mythologie progessiste », (la question de l’abolition du salariat dans l’oeuvre de Marx a été censurée par la gauche), qui prône tout le contraire d’une véritable association entre travailleurs, de nouvelles solidarités, telles qu’elles ont été expérimentées, pas toujours avec succès il est vrai, dans les kibboutz en Israël ou durant les trois années de révolution libertaire en Espagne (1936-1939). Des modèles certes, mais attention au salariat d’Etat, qui est un salariat privé en pire. L’exemple à suivre aujourd’hui est plutôt celui des kibboutz urbains, et, en France, d’autres formes coopératives de production, qui vont dans le bon sens.
« Il ya une nécessité d’affirmer l’objectif de la fin du salariat contre les idées de la gauche et des syndicalistes, qui n’ont qu’une revendication: la recherche de l’emploi à tout prix, pour des produits dont on n’a pas forcément besoin », me dira lors d’une interview après le débat Claude Berger, qui cite comme exemple l’idéologie de la voiture pour tous.
Quelques remarques pertinentes de G. G. avant le débat y ont été rapportées, sur la problématique du travail, qui détruit aujourd’hui les métiers des classes moyennes après avoir dépouillé, avec l’industrialisation, les paysans et artisans de leur savoir-faire.Suppression de toute subjectivité/créativité, du sens du travail, devenu un job, un moyen de subsister, et non plus de se réaliser.
Et bien sûr l’incontournable Hegel en la matière avec sa théorie du maître et de l’esclave, le seigneur et son valet: le valet  l’emporte finalement sur le seigneur qui, devenu dépendant de son valet, se laisse servir par lui,  lui qui a acquis  connaissance et  maîtrise du réel par son travail (cf. le film « the Servant »).
Nous ne nous sommes pas limités à une description sociologique, psychologique, anthropologique, du travail, nous n’avons pas parlé des travaux publics, de ceux des champs, artistiques ou scolaires, ni des salles d’accouchement dites de travail ou des working girls, à peine du travail sur soi. Mais nous avons commencé à explorer, timidement je l’avoue, les possibilités d’épanouissement par le travail, après en avoir ciblé les formes aliénantes: la division, la consommation et les loisirs devenus l’objectif ultime du travail, sa fin. Sans omettre de citer la bible: Adam et Eve condamnés à vivre à la sueur de leur front (=travailler) (le travail vient etymologiquement de tripalium, instrument de torture), travailler Dieu (=prier) en opposition au « travail étranger » (idôlatrie), et l’hébreu: avoda (travail), et eved (esclave).
S’il a duré près de 4 heures, le débât a laissé tout le monde sur sa faim, car quel immense dossier est-ce! Que de travail encore!

Après le débat aux Phares

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Posted on 11th octobre 2013 by Gunter in Textes

Elke says:

Du coq castré à la puissance virile…..
L’alchimie du café philo fait que d’un sujet qui nous irrite, on passe à la compréhension d’un monde qui divise mais qui s’articule autour d’une Loi qu’on veut ignorer mais qui nous tient. L’envie de sortir du monde binaire de ceux qui sont pour et ceux qui sont contre vers un monde ou l’union se crée autour de l’appel de la vie à soi-même. Au terme du débat de ce dimanche, je chante la gloire de la Loi. Non celle qui divise, mais celle qui unit l’éternel féminin au masculin tout aussi éternel. Qui fait que dans l’espace créateur de l’homme et de la femme peut jaillir la vie qu’on cherchera à protéger envers et malgré tout. Pas les petites lois d’une législature qui veut tirer sa puissance de l’illusion de pouvoir nier la différence, mais la Loi.Celle qui supporte les grandes civilisations de l’humanité, qui pu donner naissance au travail culturel de l’homme nous permettant à présent d’explorer les limites de l’univers. Ce n’est pas Greenspan, coq castré qui se décore de plumes factices, l’argent, qui a raison, mais Abraham qui monte la montagne, prêt à donner son propre fils (et non le fils des autres) pour assurer l’avenir. Fonder l’avenir sur notre propre courage, et non sur le courage des autres. Voilà, au terme de ce débat, un brin d’espoir de pouvoir s’appuyer sur des références culturelles plus fiables que celles de Coca Cola et Loft Story. C’était sur le trottoir, dans l’après-coup de la séance. Lors de ses petits moments magiques du café philo ou le sens se fait présence.

Philosophie et psychanalyse (Gilles Roca).

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Posted on 26th septembre 2013 by Gunter in Textes

Philosophie et Psychanalyse,

problématique, philosophique’, Analyse … puis conceptualisation,
Le désir, Le courage … de La Vérité, Lien, de L’inter’- Action,
reliée, juste’, en beauté … entre Les deux’, un … pacte’,
un, réciproque’, impact’,
en Lien, Au monde’, À L’Autre’, À soi, À changer, transformer, ma foi !, des … pensées, d’énergie,
Vie pensée, Vie Agie, et … des Vivres … pour Vivre’, inconscient, un … conscient, L’âme’- agit …
fait des ponts, passerelles, intimes, universels, et fenêtres …
portails, mutuelles … semailles, Accoucher, corps-esprit, processus’ de travail,
mieux pensé, mieux compris, un double … gouvernail …
philosopher’, Analyser, se délivrer, se Libérer, naître …
pour se réaliser’, et puis, s’en Libérer … PsychoPhilosophie,
des racines’… Aux’ Ailes, un, singulier, pluriel, qui s’imbrique’, entre-mêle’, un … personnel défi …
se distancier, de soi, se rapprocher, de soi, finalité, « [ Lucidité, blessure ... La plus rapprochée
de son soleil ] » … René Char … Le – Vent du Souffle … déclenché …
de L’Esprit, En-Vie-Vent … de pessimisme’, Acté, optimiste … clarté,
une’, érotique’, éthique, quête … de soi,
en Lien, en devenir, qui Vient, d’ inné … À-qui ? … À soi,
qui … naît, en solidarité, et en cohérence … complémentarité,
La raison pour moyen, La sagesse pour fin,
monde’- éveil, citoyen, de L’éveil, soif et faim …
« mal-a-dit … Le docteur » ( Vincent Roca ), bien … A dit Le penseur, et Le Lien est Là – quand … L’éveil est’ éloquent,
« médecine de L’Âme’», une’ Approche de L’homme … qui en co-naît … sens’,
y croît … re-connaît … sens’,
déconstruit,
reconstruit …

Gilles Roca, sur d’Ardentes braises,

Cas-fée-Philo, Gunter’,
Au Bon Pêcheur,

Fructidor, 15 septembre 2013,
Philosophie, Psychanalyse … ses fruits d’or

Lettre ouverte à Jo Strich.

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Posted on 20th janvier 2013 by Gunter in Textes

Cher Jo,
Tu ne seras pas étonné si je te dis que j’ai beaucoup aimé cette phrase : « …comme la philosophie l’est par rapport à la sagesse, par rapport à toute discipline scientifique. »
Je t’avoue par ailleurs d’être de plus en plus sceptique concernant la division classique droite – gauche et tu y fais toi-même allusion. « Philosophiquement » parlant, il y a ceux qui se contentent d’aménager la fameuse Caverne – il s’agit seulement d’y mettre un peu plus de confort – et ceux qui pensent qu’il faut en sortir. Sans violence, bien sûr : une autre révolution de velours, par exemple.
Il devient de plus plus évident que le stalinisme était une catastrophe (tout nationaliser, la thèse) et que le turbo-libéralisme (l’antithèse) représente la catastrophe inverse : tout privatiser, la médecine, l’école, l’énergie, les transports communs, autrement dit ce qui devrait relever de l’intérêt commun ou général. Donc, une dialectique de plus (à côté de celle que tu suggères en ce qui concerne les présidents américains) avec comme synthèse une économie mixte fondée sur des nouvelles bases, à inventer…
Quand reviendras-tu animer les Phares où tu as laissé un très bon souvenir.
bien à toi,
Gunter

Joseph Strich : « Pourquoi Obama ? »

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Posted on 20th janvier 2013 by Gunter in Textes

20 janvier 2013 – A l’occasion de la prestation de serment du président des Etats-Unis Barack Obama, ce 20 janvier, suite à sa réélection le 4 novembre dernier, quelques réflexions philosophiques sur l’importance historique d’un mandat Obama 2, d’une réédition de cette présidence.
Je n’ai à vrai dire aucun mérite à avoir si justement titré cet article: Pourquoi Obama, l’ayant en fait repris d’un célèbre film documentaire de Claude Lanzmann. Donc « pourquoi Obama », c’est en fait pourquoi malgré tout Obama, pourquoi il le faut, encore une fois, lui, le premier président noir des Etats-Unis.
Car, par-delà le politique, le journalistique, l’anecdotique, de quoi s’agit-il? De couleur d’abord. Une nuance de couleur. Une couleur nécessaire (explications suivent). Et de… philosophie!
Certes, Romney aurait peut-être en fin de compte mené la même politique, surtout intérieure, et pour ce qui est de celle étrangère, d’aucuns diront, meilleure. Ainsi par exemple l’ouragan Sandy aurait été aussi bien traite par un autre president. Quant au Moyen-Orient, il n’a jamais été aussi « ancien », aussi peu printanier, n’en déplaise à Obama et à ses mentors en la matiàre, les Clinton et le chantre du « nouveau Moyen Orient » Shimon Pérès.
Mais en définitive, cet Obama-là, celui du pire peut-être, il faut le dépasser, tout comme celui du meilleur, de la réforme du système d’assurance maladie, l’ObamaCare, si révolutionnaire au royaume libéral du chacun pour soi, et si bénéfique pour tant de dizaines de millions d’Américains démunis.
Car je peux être ou ne pas être d’accord avec telle ou telle politique menée par l’administration Obama, mais qu’importe! Là, justement, nous sommes sur un plan au-dessus de la politique, au-delà de l’actualité et de l’histoire entrain de se faire. Obama, c’est bien plus qu’Obama, comme la philosophie l’est par rapport à la sagesse, par rapport à toute discipline scientifique.
Le personnage, son symbole, sa couleur comme nous avons dit, révêtent une importance primordiale non seulement pour la démocratie américaine, mais aussi pour toute la civilisation occidentale, pour la « tribu blanche », pour toute l’histoire de l’humanité.
Cela tient au fait qu’il y ait eu enfin un président différent. Il n’était pas écrit qu’il doive être blanc. Et ce qui pouvait ou devait être a eu lieu, enfin. Dans la lignée d’une digne dialectique: thèse, antithèse (Obama), et peut-être un jour synthèse.
Saluons donc le triomphe de la critique, le jour de l’alternance (comme le président élu Sarkozy avait en 2007 salué rétroactivement l’alternance de 1981 avec l’élection de Mitterrand, et comme il fallait saluer en 2012 le retour de l’opposition socialiste en France).
Le 4 novembre dernier, et alors que je couvrais et participais à une soirée pro-Obama organisée par le parti de gauche Meretz sur un toit de Tel-Aviv, et tandis que les résultats affluaient au cours de la nuit, je méditais: c’est une élection philosophique, grecque (dans le sens classique), empreinte d’esprit talmudique (le pilpoul, c’est-à-dire de contradiction), et ce – même si rien ne devait en sortir au bout du compte (il n’y a jamais vraiment de gain en politique, aucun sort n’est amelioré, à moins d’une vraie révolution, et encore: matière à penser à tous ceux qui ont voté au printemps dernier pour Hollande, lui qui, maitenant, s’en va en guerre… lui aussi!).
Quoi qu’il en soit, nous aurons eu au moins la satisfaction de voir trôner un descendant des Opprimés et Offensés, un représentant, ne serait-ce que par sa couleur ainsi anoblie, de l’alterité et de la différence, si caractéristique de ce qu’il y a de plus profond en l’humain, si philosophique. Longtemps encore nous aurons la nostalgie de ces années-la (2008-2016)!
. « Obama mon amour », diront peut-être nos femmes et filles. Et nous, avec ce sentiment confus et inconscient qu’ont dû avoir les Américains en le reconduisant à la Maison Blanche, nous répéterons apres lui: YES WE CAN! Yes we could!

Joseph (Jo Strich)
joseph.strich@gmail.com

Eloge de la critique ou Pour une Critique de la Raison Critique par Joseph (Jo) STRICH, Paris, été 2012

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Posted on 21st octobre 2012 by Gunter in Textes

Lorsque Gunter Gorhan m’a proposé, à la veille du 1er tour de la présidentielle, d’écrire un article philosophique pour le journal des cafés philo, j’ai tout de suite pensé à des bribes (lui a pensé miettes, en référence à Kierkegaard) philosophiques, à défaut de Pensées (trop pascaliennes pensai-je, donc contraignantes).
J’étais loin de penser à ce moment qu’il allait s »agir en fait de Lettres Persanes, dans le sens où j’allais me retrouver au cours des semaines et des mois à venir dans la situation de l’auteur (Montesquieu) de ces … méditations, réflexions? non, plutôt étonnements, face à une merveilleuse et folle hystérie collective, tant est que la chute d’un de mes articles journalistiques avait été: ils sont fous ces Français, qui, comme du temps d’Astérix, peuvent provoquer admiration et moquerie tout à la fois!
Vivant à l’étranger, exerçant le métier de correspondant de guerre au Proche-Orient, j’étais venu cette fois à Paris, depuis l’affaire de Toulouse, afin de couvrir la campagne électorale pour le compte de quotidiens anglo-saxons.
Au côté de mes papiers professionnels, je notais pour moi mes observations et remarques sur ce qui se passait autour, que ce soit dans mes pérégrinations et sorties parisiennes ou lors de meetings, conférences de presse, interviews…
Le sujet était tout trouvé: l’art de critiquer. Depuis mes premiers pas en philosophie, j’ai rêvé critique, critique de la critique. Je pense à Sartre et ses « Réflexions sur la Question Juive » — après Marx et sa « Question Juive » –, et sa « Critique de la Raison Dialectique » — en référence aux Critiques kantiennes de la Raison Pure et de la Raison Pratique–.
Quoi de plus passionnant en effet que le duel relatif-absolu, leur perception respective chez les uns et les autres, la conception relative de l’absolu et absolue du relatif. Philosophie et journalisme. Le royaume de la valeur absolue ne se prenant pas trop au sérieux, se croyant relative, et celui des valeurs relatives qui se veulent absolues. La philosophie comme moteur de recherche supérieur face aux cris d’Eurêka! quotidiens et partisans, sans dépassement.
La dernière campagne, toute imprégnée de journalisme, donc à vérité relative, mais convaincue de révéler la lumière. Dieu sur terre faiseur de dieux et défaiseur (Sarko-Ségo, Hollande). Même pas une opinion, pire, une passion, comme l’est l’antisémitisme (lire « La passion antisémite habillée par ses idéologues », de Francis Kaplan et les « Réflexions » sartriennes citées plus-haut).
De cette dernière passion irrationnelle, déraisonnée, comme le sont toutes les passions humaines, toujours irraisonnées, folles, tout a été dit, ou presque. Mais qui parle de la passion politique, doublée de celle journalistique, qui du jour au lendemain s’empare de toute une population, et cible, tenant un discours qui bien qu’infondé n’en est pas moins un, cible donc, là un peuple, ici un homme (en l’occurrence, durant la campagne au printemps Nicolas Sarkozy, le « méchant bonhomme » de la vie publique en France entre 2007 et 2012, et depuis la rentrée le « mauvais » Francois Hollande, qui l’a remplacé non seulement comme locataire de l’Elysée, mais aussi comme cible privilégiée des critiques les plus acerbes).
Bien qu’étant au fond de gauche, j’ai été choqué, comme l’ensemble de la communauté internationale (!), par l’antisarkozysme primaire, primitif, qui a prévalu toutes ces années en France. L’antisarkozysme, une passion française. C’était Sarko mort ou vif. L’homme à abattre. Anatomie d’une déligitimation. Son rejet a été orchestré par les média, dont cinq années d’efforts ont été couronnées de succès.
Mais « la mer est la même mer » et nous sommes au pays devenu celui de la pensée unique, où on achève bien les… Et voilà qu’un nouveau prétendument « nul », François Hollande, a commencé à apparaître au fil de l’été, d’abord timidement, puis de plus en plus ouvertement, et pas seul, mais avec sa compagne Valérie Trierweiler, la « sorcière » de service (au moins ce second rôle, féminin, avait été épargné aussi bien à Cécilia Sarkozy qu’à Carla Bruni). « Le bon, la brute et le truand », une presse digne de ce nom, particulièrement en France, mais ailleurs aussi (par exemple en Israël), ne peut se passer de ses ingrédients pour ex-ister.
J’espère que plus d’un, mais je n’en suis pas sûr, sera aussi choqué que moi de cet anti-hollandisme primaire, primitif, vraiment nul (c’est le cas de le dire), et que Sarkozy n’aura pas été le seul à bénéficier de la contre-déligitimation.
Pour paraphraser Spinoza, je dirais que la presse « persiste dans son être » et se définit ainsi (le garçon de café et sa mauvaise foi dans l’Être et le Néant de Sartre).
La rentrée se dessine donc ainsi: le nouveau président entame sa longue et pénible descente aux enfers, et même s’il transformait le plomb en or (il va s’en dire qu’on ne le laissera pas entamer l’application du programme socialiste pour lequel il a été élu démocratiquement), il est perdu d’avance, précipité dans sa chute par la crise économique et sociale qui frappe l’Europe entière, et beaucoup de flèches utilisées contre Sarko vont être détournées vers lui.
Certes ce ne sera pas avec la même haine que son prédécesseur, il n’y aura pas de croisade meurtrière, et le devoir d’honnêteté m’oblige à reconnaître un certain état d’apaisement régnant sur ce doux pays de France, mais ça en prend le chemin!

Faire la critique de la critique, c’est mettre le doigt sur l’absolument relatif, ou relativement absolu, cette nouvelle religion! Rien n’a changé depuis le temps où Socrate luttait en Sisyphe d’abord avec tous les « opinionistes » d’Athènes!
Avec le recul on voit tellement mieux. Lorsque l’oeil s’éloigne, l’objet perçu n’est plus vu, il devient observé. Et c’est après le 15 mai et la passation de pouvoirs à laquelle j’avais assisté à l’Elysée, que, en vacances en Provence puis en Italie, justement à Loano, haut lieu de la campagne d’Italie de Bonaparte, je pus méditer tranquillement sur l’autre campagne que je venais de vivre à Paris. C’était la campagne du mal dit, du mal vu, du mal perçu. Quand l’objet de (non)désir était le Mal-aimé suprême. Mais la Sarkophobie est devenue SarkHollande. Il y a du « bashing », mais point de criticité, de dialectique nécessaire à toute réflexion philosophique.

Voir le temps écoulé depuis les élections et mourir… Voici en conclusion quelques réflexions que m’a inspirées cette expérience constituant une leçon d’humilité relativisante, philosophante. De la modestie et du relativisme en philosophie, dont le meilleur des exercices est de faire de la critique à tout bout de champ, une critique de la critique anti-israélienne, une critique de l’islamophobie, une critique de BHL en Lybie, journaliste oui mais pas philosophe (se permettre ainsi de décider de la vie et de la mort, au nom d’une idée, rien de plus prétendument moral, et donc amoral ou immoral. Les catastrophes que cette croyance a provoquées dans l’histoire, et en premier lieu la Shoa…)

Enfin j’ai eu cet été deux occasions de m’adonner à mon exercice critique favori, toutes deux dans le domaine du sport: l’euro de football en Ukraine et en Pologne (par ex. le match en quart de finale Grèce-Allemagne et la victoire attendue de l’Alllemagne, la où on pouvait voir une tragédie grecque), et surtout la cérémonie d’ouverture des .J.O. de Londres, saluée par tous mais oû je n’ai vu qu’un kitch « so british », les Anglais n’ayant pu s’empêcher d’être eux-mêmes (Sartre: l’homme est ce qu’il est). Toute cette mise en scène, comme me le rapportait du stade même par sms une amie russo-anglaise, Tatyana S.: « so boring, yu can’t get no satisfaction! »
En effet. on a eu droit à toute l’english mania, toutes générations confondues: son histoire, sa campagne anglaise, ses héros littéraires, de Mary Popins à Harry Potter, ses musiques, Mc Cartney et les autres… Les Chinois de 2008 n’avaient qu’à se tenir tranquilles!

Le Phare

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Posted on 1st août 2012 by Gunter in Dialogues |Textes

Et l’un qui lape sa soupe à l’oignon en dégustant du concept, et l’autre qui s’embrouille quelque peu entre les affres d’une vie personnelle et l’analyse d’un énoncé, et deux qui engagent une joute sur d’incertaines prémisses, et l’une ou l’un qui soigne au micro les effets de sa voix, et l’un qui nous fait part de son malaise théorique à un moment de la disputation, et l’autre qui dénie le statut de « philosophique » à ce qu’il subit depuis une heure, et un autre qui administre le coup de grâce en décrétant dix minutes avant que ne soit close la réunion que le sujet n’a pas été traité, et un autre encore qui se répand en considérations absconses tout en scandant qu’il faut être concret – et sa péroraison à cet instant est plus que jamais hors de la portée de notre fragile entendement ; et cet autre tellement heureux de ses traits d’esprit, voguant dans le plaisir, et qui rit tout seul face à l’auditoire rigoureusement muet ; et celui-là, animateur indispensable du débat, roi incertain d’un matin, dans le bruit du café, et qui s’évertue louablement à dégager la signification de ce qui vient d’être articulé. Bonne chance !

Mais aussi les souffles de complicité avec telle voisine d’un matin, passagère éphémère dans votre vie, ou bien la référence partagée avec un vieux routier de l’institution ; et tout cela au rythme du personnel dévoué apportant le café noir ou blanchi, puis récupérant les tasses vides en belle prestesse malgré les encombrements de la population « philosophique » distribuée dans le territoire assigné.

Mais aussi le joli moment offert par le subtil poète de service.

Mais enfin la manne qui nourrit quand le phare s’allume au bonheur de la phrase entendue qui alerte, suscitant la mise en doute de nos meilleures certitudes.

Dimanche 6 mai 2012

Jean-François BLAVIN, poète, nouvelliste.