Le débat du 29 mars 2015 : « Pourquoi l’express de 10h15 est-il toujours l’express de 10h15 (même si les wagons, les passagers, etc. ne sont pas les mêmes) ? », animé par Alain.

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Posted on 1st avril 2015 by Gunter in Comptes-Rendus |Uncategorized

Au cours de la semaine, un Pilote d’Airbus A320, de la Compagnie Germanwings, après s’être enfermé dans la cabine de son appareil, l’ a envoyé volontairement contre la montagne, entraînant avec lui 149 personnes dans la mort. En France, les citoyens s’adonnaient consciemment à leur devoir électoral, tandis que le Président faisait une visite de courtoisie à son homologue Tunisien. C’était du lourd. Alors, pour alléger, peut-être, un peu l’atmosphère, au Café des Phares®, comme des petits enfants, les participants présents ont fini par « Jouer au Train », au cours du Débat-Philo du 29 Mars 2015, l’animateur, Alain Lecoris, ayant choisi pour thème du jour : « Pourquoi l’Express de 10h,15 est-il l’Express de 10h,15, si les wagons ne sont pas les mêmes ? » que, si mon souvenir est bon, il dit avoir lu, dans un bouquin…
PEU IMPORTE !!!! Oubliant l’histoire de « L’Homme qui regardait passer les trains», de Georges Simenon, essayons de décliner, néanmoins, le truisme proposé, comme s’il s’agissait d’une devinette, et regardons de plus près !!! « PAS LES MÊMES WAGONS » ! « LES MÊMES » que Quoi ? que Quand ? que Quels autres ? Est-il si intrigant, au niveau de la pensée, qu’une Composition Ferroviaire change le matériel roulant, selon les besoins du Trafic, plutôt que d’obéir tout simplement à la Pendule ou au Prospectus ? Désolé, mais, ça fait un peu, « L’Homme qui regardait passer les trains » ! En effet, il se trouve que, dans les campagnes, les paysans se rendent compte de l’heure qu’il est, lorsque passe l’Express de 10’15, indifférents à la couleur des wagons, et encore plus aux passagers qui voyagent dedans. Chaque chose change, « PANTA REI » !
… Effectivement, l’Horaire ne varie point, sinon il n’en serait pas un !!! Le Matériel Roulant, OUI ! Il le peut.
En outre, (quoique les Temps affichés sur le Panneau Indicateur de la Gare, ou votre Fiche Horaire, ne soient pas une PROMESSE, et n’aient rien à voir avec le confort, apparence ou dissimilitude du Matériel Roulant circulant sur la Voie X ou Y d’une Station Ferroviaire, voire d’Autocars), étant donnée la disparité du Trafic quotidien, (qui va des ‘Wagons Tombereaux’, remplis de ferraille, aux ‘Wagons de Luxe’ ou même ‘Wagon-lit’). Pour la bonne régulation d’une telle Circulation, UN PLAN de Roulement est pré-établi, avec des horaires bien définis, faisant en sorte qu’un Train ne quitte pas une Gare, sans que celui se trouvant dans la suivante ne l’ait dégagée, le tout à l’aide de téléphones propres au réseau, de drapeaux, sifflets, morse, etc., et, selon des Codes bien définis. Vue cette nécessité, je me remémore, à l’occasion, le spectaculaire accident arrivé en Gare de Montparnasse, le 22 Octobre 1895, la Locomotive ayant éventré toute la façade pour rester suspendue de la hauteur d’un deuxième étage, sur la Rue de Rennes. Enfin ! N’importe quel Môme est capable de faire la distinction entre le Prospectus et le Film qui va être projeté ; ce n’est pas le Prospectus du Cinéma (ou l’Horaire des Trains) qui fait rêver ; c’est le Voyage !
Le fait est, donc, que chacun a voyagé dans sa tête, laissant savoir que « ça paraît évident ; suis-je toujours le même ? », ou affirmant « l’importance du sujet », dès qu’il nous interroge sur « l’authenticité d’un vrai changement », « que l’on change de plus en plus de tout : de voisin, de maison, ou de femme », ou même, « évoquant « le groupe ‘rock’ les ‘Players’ », jugeant que « c’est vieux comme le monde », voire la chanson « Non, je n’ai pas changé… » de Julio Iglesias, déclarant même que « c’est un sujet important, puisque l’on change de plus en plus de tout », « l’avion qui s’est écrasé, se serait-il écrasé avec un équipage différent ? », « le changement de sexe », «  le fait qu’en nous, le fond profond ne change pas », « Vivre sa ‘doxa’, c’est très vague », « la nécessité de trouver un nouvel équilibre », « à chaque changement polymorphique se présente un problème d’entropie », « Qu’es-ce que le Temps Universel ? », « Le drame du manque de mots qui nous habite ».
Enfin, « A’ chaque tête, son avis » !!!!

Débat du 18 Mai 2014:  » Comment construire des normes éthiques pour les nouveaux défis écologiques ? », animé par Daniel Ramirez.

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Posted on 19th mai 2014 by Carlos in Comptes-Rendus

Tandis que des remous continuent de se faire sentir en Syrie, le Brésil prépare la Coupe du Monde de Football, les prises d’Otages prolifèrent, des élections européennes se préparent, la côte du Président Hollande se trouve à la baisse, alors que le prix du pétrole augmente et les rivières enregistrent des débordements effarants en Bosnie et Serbie, cela n’a pas empêché Daniel Ramirez d’animer le Débat du 18 Mai au Café des Phares®, le sujet qu’il a choisi, parmi une quinzaine d’autres, étant « Comment construire des normes éthiques pour les nouveaux défis écologiques ? » 

Que de questions ! Les « Normes » se construisent ou s’établissent-elles ? Si elles se construisaient, ce serait avec quels matériaux, et à l’aide de quels outils ? Ceux du maçon ? Qu’est-ce que « la Norme » ? En quoi consiste un « Défi » ? Quant à l’« Ecologie », on sait ce que l’on veut dire par là… : il s’agit d’un vrai (ou feint) intérêt pour la protection du milieu où se reproduisent et vivent les créatures animales et végétales, ainsi que pour les rapports de ces êtres entre eux, voire avec un même Habitat ». Mais, pour revenir au « Défi », cela semble consister dans une déclaration provocatrice qui tient l’autre pour incapable, ou exhibant un odieux refus de se soumettre, voire même de s’incliner, devant ce que l’on doit plutôt respecter ! La « Norme » c’est déjà un peu plus complexe… Etymologiquement cela signifie « l’équerre », outil employé dans le façonnage de quelque chose de Stable, le contraire étant l’« Entropie », la dégradation de tout.

Le Défit Ecologique, donc, consisterait dans une sérieuse prise de conscience ayant pour but de  respecter l’Opinion, plus que la Nature, à commencer par la sienne, puisque, « Charité bien ordonnée commence par soi-même », ce qu’explique une sorte d’Egoïsme, en gants de velours, craintif du « qu’en dira-t-on ? » propre à une minorité instruite, consciente donc de ce qui est son intérêt : « que les citoyens trient leurs déchets, ignorant que tout part souvent dans la même benne à la décharge commune ».

Ceux qui l’ont bien voulu, se sont expliqués sur ce qu’ils pensaient par là, et on a entendu de tout : du genre « c’est une question de conscience », « d’exigence de mesurer, d’un consensus, de faisabilité », « de normes », d’attaquer les choses par la racine », « sans passer par la violence », « alors que tout est dans les mains des lobbys », « et que les scientifiques, eux-mêmes, ne sont pas d’accord », « c’est le règne du désordre », « alors que les petits gestes sont extrêmement utiles », « dans un population de cent millions d’habitants », « malgré le planning familial », « avec des terribles défis en vue », « car on a changé de paradigme il y a 200 ans », «  si l’on a besoin d’une éthique, à quoi nous sert celle que l’on a déjà ? » « si l’on sait que, depuis deux siècles, on prône la bonne parole, et le « développement durable, alors que ce sont les autres qui décident » et « font des Traités que les USA et la Chine ne respectent pas ». Quelqu’un a rappelé que « la question était : ‘a-t-on besoin d’une Nouvelle Ethique, alors que nous en avons une ; nous sert-elle ? », « le Pape François s’en occupera… », et, à la Télé, on voit toujours les mêmes têtes », « « Michel Serres faisant une exception » ! « Qui est à la solde de qui ? », « Il y a un double langage dans nos sociétés, sans faire cas de l’Etique ; pourquoi ? C’est regrettable ! » Quelqu’un d’autre argua « que l’on a des points de vue abstraits, dès que l’on prend des distances vis-à-vis de la réalité »… etc.

L’animateur a remercié les présents pour ce débat, Gilles, le poète, fut oublié, et tout le monde a regagné la Place, poursuivant la mise au point de certains arguments !

- Dites, mon ami, qu’est-ce qui vous arrive ? Vous marchiez courbé en deux, et voilà qu’à présent vous vous redressez….

- C’est que j’ai pris une canne plus longue !

Carlos

Débat du 26 Janvier 2014: « La Liberté peut-elle faire peur? », animé par Gérard Tissier.

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Posted on 27th janvier 2014 by Carlos in Comptes-Rendus

Toujours en Janvier, de Janus, dieu aux deux visages, c’est-à-dire, le Commencement et la Fin, chargé donc des Portes, des Choix ainsi que des Changements, un Grand Lessivage était opéré sur terre, tel celui d’actualiser et différencier la règlementation concernant le Transport des Déchets au niveau Européen, d‘émettre des Nouveaux Principes au sujet des Appels d’Urgence Automatiques à partir des voitures accidentées, et des Directives toutes neuves propres à solutionner la Consommation du Tabac voyaient le jour… Enfin. Trop de problèmes pour notre gibecière, ce qui nous a enclin à nous tourner, donc, plutôt vers le Café des Phares®, où le Débat dominical portait, le 26 Janvier 2014 sur « La Liberté peut-elle faire peur ? », sujet choisi et animé par Gérard Tissier.

Insolite question. C’est la fleur au fusil et entonnant des chants effrontés que les Hommes partent, toujours stoïques, à la conquête de la Liberté, la « Liberté chérie » dont font cas les poètes. Dès lors, si l’on évoquait l’hypothèse d’une frayeur provoquée par la Liberté, la première chose à entreprendre serait de chercher à en savoir plus, c’est-à-dire, vérifier ce que c’est objectivement la « Liberté », d’abord, et puis, si, au vu de sa définition, il y avait des raisons sensées de la « Craindre », analyser le sens de ce syntagme verbal, afin de se faire une représentation concrète de son contenu, prétendu plutôt inquiétant. Qui seraient les froussards ? Où se tapiraient-ils les trouillards ? De quel bois suis-je fait ?

Voyons du côté « Liberté », alors ! Issu du latin « Libertas », on sait que le mot désigne la situation de l’Homme affranchi, autonome, voire, indépendant et point réduit à l’Esclavage, ou Captivité ; bref, une situation différente de la dépendance ou contrainte d’autrui, qui s’opposait donc à la peur insinuée.

Par ailleurs, dans « la Peur » (du latin, « pavorem »,) le terme nomme la crainte, voire la terreur d’un être saisi d’épouvante, qu’il s’agisse d’une frayeur ou d’une anxiété, lui faisant appréhender l’imminence d’un danger redoutable. Où est-il ? Alors, une lubie? Une tocade?  Bref, il a été affirmé que « par définition, la problématique ne se poserait pas à des citoyens normalement constitués », ni à ceux « jouissant d’un bien qui les protège de toute phobie ou angoisse morbide, la Liberté ». Les uns ont voulu y voir « le concept de limite », « l’angoisse », « le problème des frontières », « le respect de la liberté des autres, la mienne ‘étant infinie’ », « la peur du vide ou de l’inconnu », « alors que l’angoisse fait rebondir », d’autres « firent cas du ‘garçon de café’, de Sartre », ou évoqué « la péripétie de Florence Cassez, s’installant au Bristol la première nuit de son retour de l’enfer », et « la remarque de Anna Arendt ; ‘Ma Liberté commence là, où ça s’arrête celle des autres », poursuivant avec « oser la liberté c’est aller à l’encontre de son désir », « suis-je libre ou plutôt pollué par tout ce que j’ai appris ? », « ‘to be or not to be’ », prônant, entre autres, « l’existence de différentes libertés »…

Au terme de notre exercice, Gilles chanta « la liberté de choix… de soi/… qui a peur n’est pas libre, qui est libre fait peur… », etc., … et on a fermé la boutique.   

Pour conclure :

On disait, que le leitmotiv des troupes italiennes était, pendant la guerre :

- « Si l’ardeur tient, on y va, la poitrine en avant. Si l’entrain diminue, on y va, en avant le derrière. Mais, en avant, toujours en avant ! »

Carlos

Débat du 10 Février 2013: « Sommes-nous en décadence? » animé par Raphaël Prudencio.

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Posted on 11th février 2013 by Carlos in Comptes-Rendus

Mardi, 5 Février était jour de Carnaval, mais rien ne portait à la rigolade. Le Pape jetait l’éponge, et en Europe, la semaine était assez chargée. L’Eurogroupe s’interrogeait sur l’Euro fort, tout en étudiant l’opportunité d’une taxe sur les transactions financières, et la Commission Européenne devait prendre d’importantes décisions au sujet du Sommet UE/Russie, ainsi que des quotas de pêche, l’envoi de formateurs au Mali en raison des événements militaires qu’y semaient la confusion, obligeant dès lors les troupes Françaises ou Tchadiennes là présentes à poursuivre leur traque aux Islamistes et aux Kamikazes Jihadistes, (motif du voyage du président Français, François Hollande pour prôner le dialogue). Lors du Débat du 10 Février 2013, au Café des Phares®, nous nous sommes, alors, posés la question de savoir « Sommes-nous en décadence ? », la discussion étant animée par Raphaël Prudencio.

Décadence par rapport à quoi ? Par rapport à quelles valeurs, qui seraient alors essentielles ? Rappelons-nous que la Décadence (du latin « cadere »= « tomber ») signifie la ruine ; c’est la fin d’un Age d’Or, annoncée par les « Cassandres » ou oiseaux de mauvais augure, et une perte accélérée de cohésion consistant dans un processus de dégradation de la société, de ses mœurs, de son niveau de vie et de ses valeurs ; le terme, en somme, d’un âge prospère ou florissant et l’avènement, effarant, du marasme, le déclin, la crise, la stagnation, la dégradation malsaine des moeurs. Par rapport à qui, et quel idéal ? Qui est ce ‘nous’ ?

Les ‘Barbares’, (littéralement les ‘Etrangers’, pour les Grecs), seraient-ils à nos portes et les signes visibles d’un pernicieux avilissement déjà évidents ? Y aurait-il une réelle crise tangible de civilisation, des signes concrets de manque d’idéaux, de laisser aller, de désagrégation, et que la révolution grondât devant nos yeux, décidée à rétablir un niveau de civilisation qui battrait de l’aile ?

Quoiqu’il en soit, en général, la récession précède l’essor, et permet ainsi le renouvellement d’une situation donnée, le progrès, ce qui fait d’elle un moment nécessaire à l’évolution, menant au perfectionnement graduel d’un côté et évitant de l’autre la dégénérescence ou le pessimisme Nietzschéen, puisque de nouvelles voies de salut s’avèrent toujours nécessaires, justifiant même une éventuelle révolution, afin de démanteler le présent ainsi que l’épuisement du sens dû à un possible vieillissement de l’Occident. Ou souffririons-nous, par hasard, d’une sorte d’aphasie ou surdité verbale qui nous empêcherait de comprendre le langage parlé, véhicule de nos projets communs, le rêve tournant dès lors au cauchemar ? L’Homme Bon aurait cessé de nous enchanter avec ses sortilèges ?

En tous cas, il a été dit « que, même s’il s’agit là de philosophie politique, les ‘Hommes’ d’un certain âge en parlent beaucoup mais ça ne se voit pas à l’échelle d’une génération ; que, d’après les vieux textes, les Hommes d’il y a 3.000 ans disaient déjà la même chose’ ; qu’il faut toujours lutter contre la solitude ; l’ancien ayant du mal à mourir, lorsque le nouveau est en train de naître ; que l’on assiste au déclin de l’occident, comme il a été le cas des grands empires ; que les vieilles civilisations étaient plus évoluées que nous, qui parlons au présent, alors que l’Histoire est un récit ; ‘nous nous trouvons dans un monde fini’ (Paul Valéry) ; tout en nous demandant ‘quel est, enfin, le ‘nous’ qui parle’ ; ou en affirmant que le sujet est rabat-joie ; que de nos jours il est difficile de juger de l’‘Art Moderne’ et que bientôt on sera tous chinois. On se demanda, ‘décadence’ par rapport à quoi ?, dès que la représentation de Homme a changé, Anna Arendt l’ayant déclaré projeté en dehors de la nature. D’autres voyaient dans la ‘décadence’ positive ; qu’être ‘décadent’ c’est être à la mode ; que le meilleur ‘marqueur’ est le langage désabusé de nos dirigeants, voire le culotté ‘Zadig et Voltaire’ d’un certain ministre’. On a évoqué encore ‘ Giambattista Vico (philosophe italien, XVII-XVIII s.) et son jugement de ‘barbarie intellectuelle’ ; la rigueur grammaticale dans l’écriture ; comme celle de ‘Un Café pour Socrate’ dû à Marc Sautet et critiqué l’abus de l’art provocateur comme ‘le Pissoir’ de Duchamps ou la ‘Merde en Conserve’ de Piero Manzoni, (52.000 dollars pièce /80.000 aux enchères) ; tout le monde regrette le temps d’avant ; l’Histoire se répète même si ‘à l’ouest il n’y a rien de nouveau’ ; quoi d’autre, à la place ? à part des ‘SMS’ et des ‘ Emails’ ? ». On a rappelé encore l’œuvre d’Edgar Morin ‘Tout ce qui ne se régénère pas, dégénère’, ainsi que Freud, Nietzsche, Aristote, l’Abbé Pierre et Georges Brassens, ‘Gare aux Gorilles…’ ».

Finalement nous avons écouté la ‘Rapsodie’ de Gilles, et regagné nos Pénates, fiers du devoir accompli.

- « Ô sage gourou, dis-moi qu’est-ce que la décadence ? »

- La décadence, c’est de répéter toujours la même chose…

- Quoi ? Répéter toujours la même chose ? J’ai parcouru tout ce chemin jusqu’à toi, pour que tu me dises que la décadence est de répéter toujours la même chose ?

- Alors, c’est que la décadence n’est pas de répéter toujours la même chose !

Carlos

Débat du 3 Février 2013: « Le temps d’apprendre à vivre, il est déjà trop tard », animé par Bernard Benattar.

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Posted on 5th février 2013 by Carlos in Comptes-Rendus

Après la « Manif pour Tous et Partout » de samedi (en opposition au projet de mariage et adoption pour chacun, et en faveur de l’attachement au couple homme/femme aussi bien qu’à la famille PME, père, mère, enfant), tandis que la guerre semait la mort au nord de l’Afrique noire ainsi qu’au Moyen Orient, à Paris, le 3 Février 2013, selon une tradition vieille de trois ans, ‘La ‘Bellevilloise’, forteresse culturelle et haut lieu de la militance ouvrière du 20ème arrondissement, ouvrait ses portes au convivial « GSAA » ou Grand Salon de l’Art Abordable, une exposition d’Art Contemporain accessible aux différents budgets, c’est-à-dire, à des prix d’atelier et sans intermédiaires, tandis qu’aux Invalides avait lieu la 28ème édition  du Festival Automobile International, mettant en scène les Top Modèles de cette industrie, d’un coût bien moins raisonnable.

Ce même jour, le 3-2-2013 donc, au Café des Phares®, avait également lieu l’habituel débat philosophique hebdomadaire, animé alors par Bernard Benattar, et portant sur la question « Le temps d’apprendre à vivre, il est déjà trop tard ! », posée par une  participante.

Savoir vivre serait donc une pure perte, puisque, d’après l’affirmation qui nous sert de réflexion, un tel apprentissage anéantirait la possibilité de le faire à temps, la période nécessaire à y arriver dépassant le limite raisonnable de son utilité. C’était en outre un coup de pierre dans le jardin de l’Académie de Platon pour qui « philosopher, c’est apprendre à mourir », quoique, si « le temps d’apprendre à vivre ne nous laisse pas de marge pour en profiter », naître équivaudrait donc à l’expérience de la camarde sans lâcher la tétine et, dès lors, le plus sage serait de vivre sans apprendre à le faire. Entre nous, « Vivre », du latin « vivere », est une propriété essentielle des organismes qui, sans recours à la réflexion résistent spontanément à la mort. Ça ne s’apprend donc pas (mais faisons comme si…) ; c’est un instinct, ce qui fait de la vie une création, plus qu’un apprentissage. Bref. Nous avions donc, à nous interroger sur la frustrante brièveté du temps, comme Hippocrate l’avait exprimé par son aphorisme ‘ars longa, vita brevis’ (le constat est hasardeux et la vie trop courte), et il semblerait donc qu’il est souvent « trop tard » pour réaliser quoi que ce soit ! C’est-à-dire, au sevrage succéderait l’Apocalypse ; le temps de nos premiers pas épuiserait toute espérance de vie. La mort serait une suite logique, non de l’existence ontologique, mais d’une incertitude métaphysique au sujet du réel, dont le fait effacerait du même coup toute matérialité, fut-elle de longue ou courte durée. Une sacré besogne.

Lors des échanges avec les participants, on a tout entendu, et en premier : « est-ce que ça a du sens ? », puis quelqu’un « s’inscrit contre… », pensant « qu’il faut prendre de la distance », et « distinguer entre ‘expérience’ et ‘vie vécue’ », « au vu des circonstances dans lesquelles la question est posée  », et quelqu’un d’autre se plaignait « si j’aurais su, j’aurais pas venu (de ‘La Guerre des Boutons’) ». Il s’en suivit « L’inquiétude existentielle », « si jeunesse savait et vieillesse pouvait », et les sentencieux « est-ce que j’ai agi comme il fallait », « mieux vaut tard que jamais », « vivre c’est apprendre à vivre et devenir philosophe », « la nostalgie n’est plus ce qu’elle était (Simone Signoret) », « la vie est pleine de concepts et ce n’est pas avec ça que l’on apprend à vivre ». On a parlé de « la caverne de Platon où les idées sont séparées du vécu, donc fausses à la base », de la résignation genre « je vis ma vie et je fais avec », d’autres de la contestation du type « la phrase est déterminée par un seul terme, le temps, formule transcendante, alors que je l’aborderais par le côté immanent », « Pourquoi apprendre ? Pour s’améliorer ? », bien qu’il ne soit « Pas la peine d’apprendre ; on ne vit que soi-même », ou « Il faut accepter de ne rien savoir », « Il y a des envies que j’aurais eues à 20 ans mais pas aujourd’hui », ou encore « ce qui ne nous a pas tué, nous renforce », « d’après les pédagogues, tout se passe avant Six ans », « comprendre est le corollaire d’apprendre », « Il est toujours trop tard ; quand c’est fait, c’est fait », l’affirmation en débat semblant à « une phrase de ruminant, version romantique », alors que « le cours de la vie nécessite des notices explicatives », pour « vivre à 100% », malgré « les regrets, « les remords », le « vivre c’est manger, dormir, construire sa maison, prendre soin de soi »,  ou l’épilogue de « Oscar Wild : ‘les gens savent tout mais ne connaissent le prix de rien’ », suivi d’autres du genre « le sujet philo par excellence, ‘créé-toi, toi-même », « art et philo, même combat », « savoir ou mettre la fourchette de séparation, et manier une œuvre ainsi que sa musique, faisant miennes les idées », « la crise de la représentation », « l’art, comme tous les arts qui a besoin de l’éducation du regard mais c’est le langage qui nous amène à le comprendre».

Avant que ce ne fut point trop tard, Gilles donna de la voix, nous révélant son texte poétique, puis Bernard conclut : « … il faut laisser tomber les livres et vivre l’expression esthétique allant au-delà du tableau… ». Voilà, à peu près… 

Un escargot est agressé par deux tortues.

La police arrive et demande :

- Qu’est-ce qui s’est passé ?

L’escargot :

- Je ne sais pas ; tout s’est passé trop vite.

Carlos

 

Débat du 27 Janvier 2013: « La vie, nous la rêvons, ou nous l’accomplissons? », animé par André Stamberger.

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Posted on 29th janvier 2013 by Carlos in Comptes-Rendus

C’est la « Semaine de la Guitare », alors allons-y pour le « fado » ! Ces derniers jours, outre l’assentiment de l’UE à un récurrent caprice de la Grande Bretagne à vouloir quitter l’Europe au cas où un nouvel accord, voire un « Paradis fiscal » dans le voisinage, n’était pas envisagé, c’est la lutte des ouvriers de chez Renault pour leurs droits salariaux, de pair avec le drame de la jeune mère dépressive au point de tuer sa petite fille de sept mois, qui ont fait la « une », si l’on y ajoute, le 24 du mois, la libération dans la joie de la française Florence Cassez ; condamnée au Mexique pour complicité dans une série d’affaires criminels à 60 années de prison, elle venait d’en purger sept. Chez nous, au Café des Phares®, la musique était toute autre ; notre débat, que le 27-1-013 André Stamberger allait animer, portait sur l’insouciante question : « La vie, nous la rêvons, ou nous l’accomplissons ? »

Il semble que la vie surgit de chaque chose, impossible de se dérober ; dès lors, il nous faut toujours de nouvelles questions pour nos réponses à son propos et on y passerait bien tout son temps car, « si ce n’est pas elle, c’est son frère », c’est-à-dire, ce que l’on en fait dans nos rêves.

Nos rêves ! La vie rêvée !! D’emblée il m’est venu à l’esprit le « Songe d’une nuit d’été », la cocasse comédie de William Shakespeare où il est question d’une « potion magique » dont l’efficacité fit délirer la troupe de comédiens en goguette dans un « campus », et particulièrement deux amants y présents :-) Puis, d’hallucination en chimère, je me suis souvenu de « Perrette et le pot de lait », la fameuse fable de Jean de La Fontaine où est évoqué le projet immodéré d’une paysanne qui, ayant trébuché, voit brisée toute sa construction mentale tendant à rationaliser ses profits, pour enfin, de chimère en onirisme, arriver à l’incontournable Sigmund, pour qui le Rêve a la fonction de préciser les désirs inconscients du rêveur dont le sens peut être interprété de façon plus ou moins hasardeuse. En tous cas, il semble clair que la vie, nous ne l’« accomplissons » pas ! « Accomplir », est faire, voire exécuter, ce qui était prévu (comme entre autres des acrobatiques virevoltes en VTT) et, à la rigueur, nous pouvons « accomplir » nos résolutions, nos souhaits ou désirs mais pas nous « acquitter de la vie » comme d’un devoir ou d’un ordre. La vie, on la vit ; « elle nous mène à son terme », selon les croyances de chacun et l’état de santé dont il jouit. La vie, on la vit, parce que nous existons et « exister », on le précise à chaque fois, est « surgir de… », « du néant », pour Heidegger, par exemple, et pas « rentrer dans », bien que, le jour venu, elle nous conduit au râle ultime… :-(

Certes, tout rêve est réalisation, mais réalisation irréelle, quoique, au sens de « rêverie » (état au cours duquel la pensée se déroule spontanément), il puisse aspirer à une réalisation pratique, comme c’est le cas des Utopies ou autres projets immatures.

Il restait toujours donc à savoir si nous la rêvons, cette vie. La concevoir comme « un songe », ou « transfigurer » son passé, est bien sûr très rafraîchissant (une sorte de jour de congé pour la pensée), mais cela nous priverait de la réflexion, une NECESSITE, qui est d’ailleurs le but de notre déplacement, chaque dimanche à cette heure-là.

C’est ainsi que beaucoup d’idées choses ont été exprimées et, dès le départ, « la gêne causée par le terme ‘accomplissement’ », puis, par association d’idées, on a « rappelé Mme. Bovary, Kierkegaard, Montherlant, et même Frédéric Dard (‘je suis de gauche, le matin, dans le métro, et de droite, le soir au café’), ainsi que « Napoléon lorsqu’il affirme ‘gagner ses batailles avec les rêves de ses soldats endormis’ », « les plus grandes choses entreprises au monde étant le résultat de rêves audacieux », « qui nécessitent une certaine ivresse », même si Sartre prétendait « qu’aucun rêve n’est pas réalisé à la lettre » L, et que « le rêve n’est pas réalisme », où l’on a rappelé « le poème de Paul Valéry sur le ‘cimetière marin de Sète’», ainsi que celui de Caldéron de la Barca, « La vida es sueño » ou le film « Un monde parfait » de Clint Eastwood. On a cité encore le film « ‘Mulholland Drive’ de David Lynch comme une oeuvre parfaitement subjective » et lancé que « le rêve a le vent en poupe », que « l’Homme est une chance », ainsi que « l’écriture est une fulgurance et une transcendance », « le rêve étant lui un état d’accueil ; qu’il faut pénétrer et agir, le café au lait ne se confondant pas avec le lait au café », puis évoqué « la poïétique dans le processus de création », « ‘Les mots et les choses’, de Michel Foucault », « le rêveur-explorateur tel Christophe Colomb », que « ‘rêve’ et ‘réalité’ participent du même radical ‘res’» [alors qu’en fait ‘rêve’ dérive de ‘desver’ (vagabonder, perdre le sens) et ‘réalité’ de ‘réalitas’ (le contraire de ‘idéal’], que « le danger ne sont pas les utopies, mais les réalisations trop parfaites », suivi de la question subsidiaire « Qu’est-ce que se mettre en rêve ? », ou encore « les rêves préfabriqués de la TV », « le poème de Louis Aragon à Elsa », « les rêves accomplis de l’artiste-peintre », « la confusion entre ‘accomplir’ et ‘réaliser’ ».

Finalement, Gilles a eu raison de tout, avec le « …sentiment de vivre, rêvant sa vie » contenu dans ses vers.   

:-) Chez le médecin : 

- Docteur, mon mari se prend pour un frigidaire…

- …Et il n’est point attentionné envers vous…

- Non, c’est pas ça. Il dort la bouche ouverte !

- Et alors ? Il parle pendant son sommeil ?

- Pas du tout… Mais la petite lumière m’empêche de fermer l’oeil.

 Carlos

Débat du 20 Janvier 2013: « L’intelligence rend-elle plus humain? », animé par Daniel Ramirez.

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Posted on 22nd janvier 2013 by Carlos in Comptes-Rendus

Le 20 Janvier 2013, alors qu’à Genève s’ouvrait la Conférence sur les Droits de l’Enfant, l’Egalité des Sexes et l’Autonomie de la Femme, à Rotterdam, on entamait une Semaine du Refus de la Haine, à Oslo, de pair avec le Sommet International sur le Problème de l’Eau, avait lieu un Séminaire au sujet de l’Escalade de la Violence en Syrie, afin d’y coordonner une aide humanitaire aux civils et la nécessaire transition vers la démocratie, tandis qu’à l’Onu il était question de l’Organisation du Combat contre le Terrorisme, et au Sahel un micmac concernant l’intégrité du pays faisant qu’une prise d’otages terminât en tragédie, pendant qu’à Bruxelles on se penchait toujours sur la reconnaissance de l’Etat Palestinien, bien que cela fût fait dès fin Mai 1948 à l’AGNU (ancêtre de l’ONU), 58% du territoire étant à l’époque attribué aux Musulmans, 33% aux Juifs et 9% aux Chrétiens, sans que cela n’ait jamais été suivi d’effet, va savoir pourquoi. Au Café des Phares®, parce que l’on y on polémiquait aussi, il a été choisi de tirer au clair « L’Intelligence rend-elle plus humain ? », un débat animé par Daniel Ramirez.

Voyons ! Toujours compréhension et invention, résultant de raisonnements abstraits, l’Intelligence (du latin : « Intelligentia »), semble être la qualité de celui qui comprend vite et s’adapte facilement, tout travail ou savoir ne remplaçant pas cette faculté de penser, une aptitude spécifique ou résultant de prédispositions diverses dont la capacité d’engendrer et manier des idées. Elle se distingue de l’entendement et de la raison, son exercice s’accompagnant même d’éléments irrationnels d’ordre associatif ou affectif, ce qui nous fait reconnaître chez les animaux une certaine forme d’intelligence qui, dans leur quête de la réussite et esquive de l’échec, les amènent à procéder également par tâtonnements ou l’élimination des hypothèses sans chances de réussir, s’épargnant de ce fait des revers cuisants, ces aptitudes variant aussi bien d’un individu à l’autre, que d’une prédisposition à la suivante chez la même personne. 

Il ne s’agissait donc, là, dans notre débat, de rendre l’humain plus humain que ce qu’il est déjà, d’après une éventuelle évaluation de son QI. Parce que apparemment plus doués (ou dotés) que la moyenne de leur temps, une reine de Saba, une Cléopâtre, un Anaxagore, un Pythagore, un Galilée, un Newton ou un Einstein, sans évoquer les génies vivants, seraient-ils plus humains que le commun des mortels, même si l’on sait que notre ancêtre, l’hominidé, le genre « Homo » (de ‘humus’), est tout proche du chimpanzé, en ce qui concerne ses capacités cognitives ainsi que l’aptitude à développer un langage articulé et que son ADN a les mêmes caractéristiques que celle de l’Homo Sapiens Sapiens, dont la compagne, de même que celle de tout autre animal, était la « femelle », puis « fame » et ensuite « l’épouse » ? Dès lors, pourquoi ce « plus  (ou moins) humain » au regard de l’intelligence ? Puisque, sans parler de celle des autres animaux, l’on nomme « Intelligence » la faculté de raisonner des êtres doués de raison, du moment que l’Humain est par définition le propre de l’Homme (intelligent ou débile), on dirait que l’on pédalait dans le vide comme sur un vélo d’appartement afin de distendre nos neurones, où sur un tapis roulant pour perdre du poids parce que, le cerveau étant du muscle que l’on peut ravigoter et rendre plus souple, on espérait améliorer peut-être les capacités intrinsèques de son propre esprit critique.

On a jugé alors que « la loi joue, peut-être un rôle plus important que l’intelligence », et le « sur-Homme » de Nietzsche fut convoqué, de même que le rôle de la Loi, « plus important que l’intelligence », « fondant une nouvelle façon d’exister, d’être-là », « dont celle des chefs militaires nazis, plutôt cultivés », alors  « que souvent c’est la bêtise qui nous rend humains, c’est-à-dire, sages », « intelligence revenant à ‘interligare’ », ce qui a été corrigé par l’animateur : « pas ‘ligare’, mais ‘legere’, ‘lire à l’intérieur’ », alors que l’on entend : « l’intelligence est un moyen, la philo est une finalité », « le diable, le malin », et que « la machine résout les problèmes nouveaux auxquels l’Homme n’arrive pas à faire face », « parce qu’il est un humain, inexorablement humain », « certaines notions de convivialité : ‘bonjour’, ‘salut’ étant des marques de respect qui forcent au respect aussi ». Quelqu’un dit « que l’on tournait en rond, l’intelligence étant reliée à la mémoire, socle qui permet l’élaboration des concepts, résoudre les problèmes et gérer l’information », un autre ajoutant que « le Larousse donne ‘intelligo’ pour ‘comprendre’, et indique  les relations de cause à effet, les flux des finances, le rôle de chaque organe, et que l’intelligence artificielle n’a aucune chance face à la stupidité naturelle », tandis que le suivant vantait la capacité des humains à rendre les choses intelligibles par la Pédagogie », comprises « à l’aide des ‘catégories’, dont la ‘causalité’ par rapport à ‘l’effet’, l’intelligence étant toujours en progression », puis une autre « que la Pédagogie peut rendre intelligible ce qui paraît inintelligible », ensuite quelqu’un encore pour dire « que le concept d’intelligence n’existe pas, et que l’animal ne suit pas le chemin de ‘cause à effet’ mais le paranalogisme de ‘A’ à ‘B’ ». Une voix s’est levée pour critiquer « le résultat du travail des intellectuels, alors qu’il faut être en harmonie avec le monde et pas en être esclave », car « il n’y a que le groupe qui peut rendre humain et tout seul on n’est rien » et que « l’on doit voir l’intelligence comme un symptôme et un remède et pas une thérapie ». « Réaliser la dialectique de la ‘cause et de l’effet’ qui nous rend plus humain et moins animal », afin « d’échapper au monde capitaliste », alors que quelqu’un confessait « ne pas supporter le divan du psy et vouloir se trouver face à face avec lui », « être malin ou intelligent n’étant pas la même chose, les chinois ayant inventé la poudre et pas les canons », une voix se levant pour « signaler que la rue Etienne Dolet rappelait un imprimeur humaniste mort au bûcher », le suivant « qu’il y en a qui mangent des racines carrées » et celui d’après « que la capacité d’analyse n’est pas évidente, et que l’idée de rationalisme est mortifère », la conclusion de l’animateur étant « alors que l’on peut devenir inhumains comme des machines, nous sommes tous humains au même titre par la créativité, l’amour ou la liberté, et avons besoin de vivre les uns avec les autres… » Puis, ajoutant qu’« il ne s’impose rien », l’animateur a donné le débat pour terminé, sans laisser la parole au poète, Gilles, comme il est devenu habituel.    

Le patron :

-Que fais-tu, André ?

-Je pense.

-Et Raoul ?

-Il m’aide…

-Lorsque vous aurez fini, venez me voir.

Carlos

Débat du 13 Janvier 2013: « La domination rend-elle idiot? », animé par Nadia Guemidi.

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Posted on 14th janvier 2013 by Carlos in Comptes-Rendus

Vaste programme. Une fois ingurgitée la galette et repartis vers l’Orient les Rois Mages venus jusqu’à Bethléem rendre hommage à Jésus, fils de la vierge Marie, ce dimanche, 13 janvier 2013, pour les partisans de l’union Maritale « ad hoc » ou « Hyménée » (du nom du beau jeune homme invoqué lors des noces grecques, pour avoir délivré les jeunes filles enlevées un jour par des pirates), il était question de battre le pavé allant jusqu’au Champs de Mars, à partir de la porte Maillot, la place d’Italie ou de Denfert Rochereau, protestant contre le projet de « Mariage pour tous », ainsi qu’à l’extension de la PMA, soit la procréation médicalement assistée, qui viendraient brouiller l’union qui se consomme et la traditionnelle logique sociale, fondée sur la famille, (père, mère, enfant). Pendant ce temps, au Café des Phares®, pragmatiques, habitués et nouveaux visiteurs ont entrepris de se pencher plutôt sur la question qui leur était posée : « La domination rend-elle idiot ? », et que Nadia Guemidi allait aider à débroussailler.

Quelle domination ?  Dans le domaine sportif ? Intellectuel ? Moral ? Et pourquoi rendrait-elle idiot au lieu de réactif ? Admettant le pire, qui est censé devenir idiot, le dominateur ou le dominé ? Il est bien connu que « le dominateur », le tyran ou le fasciste, pour tout dire, finit mal, en général, si le temps joue contre lui. De son côté, pourquoi « le dominé », plutôt qu’idiot, ne serait-il pas envahi par un sentiment d’affranchissement ou même de révolte ? Les exemples abondent à l’honneur de tous ceux qui ont su briser leurs chaînes, leur action s’étalant du XIVème au XIXème siècle, du Brésil aux USA, ayant déjà Spartacus (esclave gladiateur Thrace, mort au combat en -71) comme figure emblématique, puis Toussaint Louverture, né en 1743 dans une plantation de l’Ile de Saint-Domingue. Ainsi, répondant succinctement par « oui » ou par « non » à cette question, on n’aurait pas avancé d’un iota, car nous étions devant une « aporie », c’est-à-dire, une impasse causée par une incompatibilité logique mais, au diable l’avarice ; si l’on n’avance pas on recule, et « ça » il est hors de question. On doit finir à treize heures vingt ! On poussera jusque là, coûte que coûte.

Il parait que la question était inspirée par un film. C’est fréquemment le cas, et ce n’est donc pas pour m’étonner ; parfois le cinéma nous fait prendre les vessies pour des lanternes et, effectivement il peut souvent nous halluciner, tout comme la « domination », qui ne dérive, pas du tout, de « dominus » (traduit abusivement par « la maison », alors que ce terme vient de « Mansion » dérivé de « manere », demeurer et que, tout le monde le sait, « dominus » signifie « le maître, le seigneur », auquel il faudrait supposément obéir, tandis que l’on doit s’émanciper de l’autre, « le dominateur » au sujet duquel on débattait.

Enfin ! On a donné comme exemples la condition des chinois, le proverbe arabe « bats ta femme ; si tu ne sais pas pourquoi, elle le sait », puis  la trahison et la propagande politique qui séduit les idiots, la voûte céleste des égyptiens, l’importance de la bataille par rapport aux enjeux, le dominant qui délègue pour ne pas se salir les mains, et des témoignages du Laos où en général c’est la femme qui dominerait. Puis, on manifesté la méfiance pour les sujets qui induisent une réponse, et fait référence aux astres et astéroïdes, au sadomasochisme, à Rousseau qui serait conditionné par la fessée, à la fable de l’homme actif et de la femme passive, à la rose du Le Petit Prince, à l’idiot qui n’a pas de double car il est unique comme le démontre le terme ‘idiosyncrasie’, le tout suivi du mouton de Panurge, la domination positive, l’idiot du village, la domination bête qui peut scléroser et n’a pas de chances d’aboutir, le pouvoir du pauvre ou même syndical de la concierge qui ne distribue pas le courrier, la double autorité responsable de la défaite de Napoléon en Russie, le pouvoir du KGB, de la CIA, des énarques en tant que forme de consanguinité, ainsi qu’à la façon empirique de la philosophie dans ses réponses aux questions, par naïveté ou manque de retenue ? On a fait encore appel à Freud aussi, car la domination exacerbée est une affaire sexuelle qui vous marque dès la naissance, pour arriver à « L’idée fixe », pièce de théâtre de Paul Valérie, à « L’Idiot » de l’anticonformiste Dostoïevski, puis la servitude volontaire, la dialectique du maître et de l’esclave, le rapport de force dans le film de Joseph Losey « The servant », idiot et imbécile étant remplacés par aliéné mental.

Gilles a eu enfin raison de tout et, comme des simples oiseaux nous nous sommes envolés dans la ville.

- Docteur, il y a un homme invisible dans la salle d’attente.

- Dites lui que je ne peux pas le voir !

Carlos

Débat du 6 Janvier 2013: « Avons-nous le devoir de rechercher la Liberté? », animé par Irène Herpe-Litvin.

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Posted on 7th janvier 2013 by Carlos in Comptes-Rendus

Pareille à chaque nouvelle année, celle de 2013 se présentait à nous assez fraîche mais, quoique sombre, pluvieuse, humide, et pleine de promesses qui, hélas, comme tous les engagements pris en pleine euphorie sont le plus souvent non tenues, une bonne raison pour que l’on s’en méfiât. Pourtant, les Homme sont naïfs et débordants de confiance, même dans les étoiles, les traits de la main ou les boules de cristal, ce qui leur joue le plus souvent des tours, leur réservant des destinées fréquemment déroutantes. A partir de là, conduits par le destin, nous étions donc bons pour un voyage à Cythère, vu comme une lubie, et n’avons pas hésité à nous tourner, le 6/1/013, au Café des Phares®, vers un sujet basé sur un idéal de 1789, 26 Août plus exactement, traduit par « Avons-nous le devoir de rechercher la Liberté ? », que Irène Herpe-Litvin se proposait d’animer. 

Certainement. Nous nous plions, coûte que coûte, à l’impératif de déjouer tout ce qui fait entrave à notre autonomie, y compris par l’évasion, et telle fut l’attitude de l’ancien braqueur fiché au grand banditisme, Michel Vaujour, qui proclama : « Ne me libérez pas, je m’en charge !» Puis, il s’est fait la belle à cinq reprises. Mais, pas en vertu d’un « devoir », qui constitue déjà, objectivement, une limitation de la liberté ; en raison plutôt d’une nécessité intérieure de se retrouver, s’emparant de son indépendance. En effet, la Liberté ce n’est pas quelque chose que l’on aurait perdu, comme une bague, par exemple et que l’on voudrait récupérer ; c’est notre Humanité ! C’est le principe fondateur de notre ontologie, ainsi que Sartre l’entend et, partant de la définition d’Eleuteria (Ελευθερια), condition de celui qui n’est pas captif, ce « devoir » en question n’équivaudrait-il pas à une sorte de servitude ? Une obligation ? Une soumission ou une cynique exigence de la Liberté, alors que nous ne sommes libres que hors de toute coercition ? A partir de ce constat, on peut soutenir que seul le rêve réserve à l’Homme tous ses droits ; c’est là qu’il recouvrerait l’autonomie de son imagination, et dès lors, à ce jour, notre exigence ontique ne serait tout bonnement définie que par la Liberté prévue par les Droits de l’Homme et du Citoyen, c’est-à-dire, la possibilité de faire tout ce que ne nuit pas à autrui, pour suivre la sentence de Bakounine : « la liberté des uns ne commence que là où s’arrête celle des autres », à laquelle il ajoutait : « on ne peut pas violer la liberté d’un seul sans violer la liberté de chacun ». Point. Une douce utopie, peut-être, une chimère, un songe, puisque tout cela n’est pas plus brillant qu’une étoile de mer ; mais enfin.

En tous cas, c’est ainsi que nous sommes revenus au « Contrat Social, par rapport à la liberté de la feuille morte », au « connais-toi, toi-même » et à la « caverne de Platon », ainsi qu’à « Depardieu non-philosophe épris de ‘liberté fiscale’ », ou la « soumission », pour mesurer ensuite « l’Humanité par rapport à la monstruosité », « tous les déterminismes et conditionnements », « le besoin de canaliser, cadrer », « le manque de liberté en raison de l’agissement des lois qui, ajoutés à l’esprit grégaire, semblent difficiles à gérer », font que « l’Homme n’est pas libre », « sauf si enchaîné ». On a rappelé que « l’interdit d’interdire de Mai 68 avait libéré les Médias, ainsi que les chaînes de radio et TV », « la rue et la Sorbonne devenant un café-Philo à l’échelle d’un pays », une voix clamant que « les lois servant d’encadrement,  l’on ne peut pas parler de liberté sans parler d’interdiction », puis une autre a vanté « les vertus du service militaire d’antan », « la liberté étant plus un risque qu’un devoir », en raison de l’aspect caustique de « sa créativité », « source de liberté », comme « le connais-toi, toi-même », « les croyances », « les espaces de pensée », « la libre écriture », « la main qui donne et celle qui reçoit », « l’‘Oulipo’, ou ouvroir de littérature potentiel (mouvement qui se donnait des contraintes d’écriture afin de favoriser la création) », « la main qui donne, issue de celle qui reçoit », etc..

Pour finir, Gilles nous a fait part de ses cogitations lyriques et, se dispersant dans la ville, tout le monde reprit par entier son indépendance.

Il se trouve que, la nuit tombant, j’ai rencontré, autour d’un réverbère, un homme qui semblait chercher quelque chose et je l’ai abordé :

- Que recherchez-vous ?

- Ma liberté !

- Mais, vous êtes sûr de l’avoir perdue ici ?

- Non, non. Mais, c’est là qu’il y le plus de lumière.

Carlos

Débat du 30 Décembre 2012: « Si seul mais si libre », animé par Gérard Tissier

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Posted on 30th décembre 2012 by Carlos in Comptes-Rendus

L’année 2012 touchait à sa fin, et le bilan semblait morose à tous points de vue mais, alors que visiblement les Hommes ne savaient toujours pas en quoi consistait la transcendance de leur projet, tendu ponctuellement par les volubiles autant qu’insipides « Regards croisés » inspirés de « Meetic », un singulier néo réseau social de célibataires, le dernier débat de l’année au Café des Phares®, celui du 30 Décembre 2012, s’intitulait : « Si libre, si seul ; Si seul, si libre », une assertion à deux-temps soutenue comme vraie du fait d’être énoncée, c’est-à-dire, un psychologisme de mauvais aloi traduit par une hypothèse vide de questionnement, proposé et animé par Gérard Tissier, qui se chargeait en même temps d’une mise en scène dont le rituel devait, en l’occurrence, sacrifier à une douteuse tartuferie, ou, pour l’exprimer autrement, à une ingénue égalité des sexes, matérialisée par l’alternance de la prise de parole entre les deux genres, le féminin et le masculin, ce qui objectivement en accentuait plutôt l’inacceptable différence, faisant du geste un simple effet de manches, aussi abstrait que vide de substance.

Comme s’il s’agissait de confettis, on a donc, à tour de rôle, Femmes, Hommes et Animateur, lancé en l’air des expressions tantôt de désespérance, tantôt de certitude et advienne que pourra. C’est ainsi que nous nous sommes pliés pour l’agrément du discours au jeu frivole de la « Régression », figure de style qui consiste à reproduire symétriquement les mêmes termes dans un stérile renversement d’idées, une affectation puérile qui cherche à éblouir par la confusion de ses étincelles, la dissociation étant ainsi programmée ab ovo, par la liaison de  « Libre » à « Esseulé » et vice-versa.

D’où, la question qui s’impose : « N’est-on libre que lorsque l’on est seul ? », ou à partir du moment où « L’on est avec son prochain ? » Cela entraîne l’interrogation subsidiaire : « la liberté prend son sens auprès d’un entourage ou au moment où l’on se trouve séparé de tous ? » « Est-ce dès que l’autre prend des distances envers moi, que je me trouve en mesure de me considérer libre, libre de toute subordination ? » « Libre, parce que seul ? Seul, parce que libre ?

Libre, si seul, c’est-à-dire, dès que je me morfond dans la solitude de mon coin ? Ce serait rédhibitoire et le revers de la médaille se trouverait auprès de ma fâcheuse exigence de Liberté, correspondant à l’amère solitude, me morfondant tout seul dans mon coin, criant de désespoir : « La Liberté est une solitude » ; ce serait rédhibitoire. Ou alors, gueulant : « Non, Non ! Pas d’Egalité ! » ; le résultat serait un infâme rabotage ! Ou encore : « Non, non ! Pas de ‘Fraternité’ !» ; la conséquence serait la plus accablante des servitudes.

Mais enfin ; on en a vu d’autres ! Le café philo a cet extraordinaire et bien reconnu effet thérapeutique qui permet l’hypertrophie de l’Ego dans des proportions considérables, l’estime de soi, c’est-à-dire, la surévaluation de sa propre valeur, entraînant dès lors un réel mieux vivre que l’on impose allègrement à son prochain, sans nécessité de montrer les canines. « Etre soumis quoique délié » ou « Attaché et néanmoins autonome » irait donc à l’encontre du « Il vaut mieux être seul que mal accompagné », proclamé par un proverbe du XVème siècle, l’« autre » représentant une limitation réelle de ma liberté, ce qui reviendrait dès lors à la préférence de la solitude comme condition indispensable de mon indépendance, étant donné que « le Prochain » figure le détestable asservissement de ma propre personne. 

Non ; orgueilleusement seul. Esseulé comme jamais, peut-être, mais fier de soi pour le meilleur et pour le pire, au point de faire appel au bistouri afin de se refaire les pommettes, les seins, les fesses, le nez, les bajoues dans le seul but de plaire à l’autre ? Objectivement, on a donc une réelle frousse de lui, la crainte de ses crocs forçant naturellement le respect, sinon la soumission. Le revers de la médaille serait de voir mon indépendance réduite à une amère solitude, qui me forcerait à me morfondre tout seul dans son coin, apostrophant les vieux idéaux comme la « Liberté » qui ne serait que solitude, dès lors que la vieillesse devient naufrage ; ce serait rédhibitoire. Ou, « Pas de ‘Fraternité’ !», mais alors la conséquence serait la plus accablante des promiscuités ! Ou encore, « Non, Non ! Non à l’‘Egalité’ ! » et la solution consisterait dans un légitime rabotage de mes droits ! D’où, la logique de la question : « Est-on libre lorsque l’on est seul ? » Alors que la confiance en soi vient des autres, cela entraîne l’interrogation subsidiaire : « la Liberté nous est-elle garantie par le fait d’être entouré de têtes d’angoisse ou de, usé comme des semelles, se trouver plutôt seul avec ses boutons? » « Est-ce dès que l’autre prend des distances envers moi, que je me trouve en mesure de me considérer libre, (libre de toute sujétion), ou « Vaut-il mieux se tromper avec tout le monde qu’avoir raison tout seul ? »

 N’oubliant pas que le mois prochain, Janvier, est dédié à Janus, un dieu à deux visages, chacun  portant sur une possibilité différente, je ne résiste pas à vous faire part de la chanson à l’encontre de « soi » (pas si libre que ça), oeuvre de Boris Vian et Michel le Grand, chantée par Henri Salvador :

« Tu vis chez moi, comme un salaud !

Va te faire cuire un œuf

Et surtout ne reviens pas,

Car tu repartiras les pieds devant ! »

 

Carlos