Bienvenue !

Bonjour à vous, qui vous intéressez à la philosophie. Sachez que vous pouvez trouver sur ce site, le compte rendu des débats qui ont lieu au Café des Phares (Paris, Place de la Bastille), chaque dimanche de l’année de 11 à 13 heures, et auxquels rien ne vous empêche d’ajouter vos propres commentaires. Par ailleurs, d’autres rubriques sont en mesure de vous aider à vous orienter quant aux activités et autres événements philosophiques de la cité et du monde en général.

François Corbisier, le webmaster.

Le débat du 20 juillet 2014 : « Ramer à contre-courant », animé par Gunter Gorhan.

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Posted on 16th juillet 2014 by Gunter in Uncategorized

Le débat du 13 juillet 2014 : « Existons-nous en dehors des rôles que nous jouons ? », animé par Gérard Tissier.

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Posted on 12th juillet 2014 by Gunter in Uncategorized

Débat du 6 juillet 2014: « Y a-t-il de l’ineffable ? », animé par Claudine Enjalbert

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Posted on 6th juillet 2014 by Carlos in Uncategorized

Finie, à la SNCF, la grève à laquelle personne n’a rien entravé, et compulsé le Rapport Ministériel sur la Cybercriminalité où l’on ne comprend pas plus, la Cour des Comptes fit connaître, en vain, l’état des finances publiques. Si l’on y ajoute les violations répétées du cessez-le-feu en Ukraine, confirmant le « malentendu » général, rien n’allait mieux, au Moyen Orient, dans les Territoires occupés par Israël, où des affrontements entre policiers et palestiniens ont eu lieu, suite à la mort d’un adolescent kidnappé et brûlé vif, suite au passage à Tabac du cousin de l’adolescent cramé. S’inscrivant dans l’ordre des choses singulières la poursuite du championnat du Monde de football coulait de source, naturellement, et, au Café des Phares®, il était aussi naturel qu’il y eut lieu un Débat philosophique, celui du 6 Juillet 2014, qui a été animé par Claudine Enjalbert, après avoir choisi, parmi une quinzaine, le sujet du jour, « Y a-t-il de l’ineffable ? ».

Certainement. Il ne nous restait qu’à trouver où…

Quoique, possédant, ici, la valeur de nom, le terme « Ineffable » soit plutôt un adjectif traduisant la qualité de « ce qui est, même si l’on ne trouve pas de mots pour le dire », optimistes, nous partîmes de l’avant, nous assurant qu’il provient étymologiquement du latin « ineffabillis », c’est-à-dire, « ce que l’on ne peut pas exprimer », par des paroles, comme les sentiments, voire l’état physique, par exemple, ou bien il n’est pas convenable, acceptable ou opportun d’en parler, à moins de le faire de façon détournée, usant de subterfuges, ruses, faux-fuyants, circonlocutions, périphrases, alors qu’un débat philo prétend faire la lumière sur ce qui parait obscur. Or, dans notre cas, il s’agissait, en l’occurrence, d’en débattre, comme il est la coutume, au cours d’un échange d’idées hebdomadaire, prévu, organisé et orienté par un animateur (ou animatrice), afin de, au cours d’une heure et demie, environ, retirer la substantifique moelle d’un concept donné. Celui-là, en l’occurrence.

Et pourtant… Pourquoi l’interroger, s’il y a des choses (agréables ou pas) dont la réponse pourrait être formulée, à la rigueur, par un signe de la tête, tout simplement, la secouant de haut en bas, en signe d’approbation, ou de gauche à droite en cas de désaccord… sans plus de chichis ? En effet, « ineffable » ne veut dire rien d’autre qu’« INDICBLE ». Autant avaler un parapluie et l’ouvrir à la sauvette dans le ventre, si l’on voulait forcément sortir de la léthargie ou la morosité dont le jour était annonciateur.

Mais, enfin ; soyons souples : « Y a-t-il de l’ « Indicible ? ». En avant la compagnie, et vogue la Galère !

Il fut conjecturé que « les langues anciennes étaient plus complexes que les actuelles ». Voilà une bonne nouvelle. Puis, il a été « évoqué le 11 Septembre 2001 qui provoqua un grand ‘Ouà !!’ », « le critique d’Art devant un tableau abstrait », « les amoureux qui parlent d’amour » ; « lorsqu’un mot n’existe pas, on prétend l’inventer, tel la ‘bravitude’ », « Proust qui affirmerait : ‘la vraie vie est la littérature’ la forme étant le fond qui reste à la surface », « ‘inéffable’, viendrait de ‘fable’, fabuleux », «  Finkielkraut qui dénoncerait la prostitution dans les Sports d’Hiver », « Sommes-nous prisonniers de la pensée », « ‘Les mots pour le dire’ de Claudia Cardinal, « une barrière infranchissable entre les mots et l’ineffable », « le Soulier de Vair et la pantoufle de vers », et tout à l’avenant, « l’ineffable, (serait) de l’ordre de la métaphore », puisque « Wittgenstein : affirmait ‘de ce que l’on ne sait pas on ne peut rien dire’ », et qu’il « ‘faut savoir si l’on parle de l’écrit ou de la parole’ »

Où va-t-on ????????, est-il légitime de se demander… alors que, pour finir ce patchwork, Gilles récita sa poésie, closant ainsi la séance…

Au cours de philo :

- Ah ! Non. Demandez-moi autre chose. L’ « Ineffable », je l’entends trop souvent…

- Où ça ?

- `A la maison ! C’est toujours sur ça que mes parents se disputent !

Carlos

Débat du 29 Juin 2014: « Il est aussi odieux de suivre, autant que de guider », animé par Georges Sefinal.

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Posted on 29th juin 2014 by Carlos in Uncategorized

Cette semaine, pas mal agitée par des questions assez graves, telles que le meurtre de la milliardaire Hélène Pastor, lié à une question de cupidité au sein de sa famille, l’acquittement du Docteur Bonnemaison (qui, sans en référer à quiconque, donna la mort à plusieurs de ses patients, faisant rebondir la « question de déontologie médicale dans le domaine de l’euthanasie), le Championnat mondial de Football poursuivait son spectacle planétaire occupant pratiquement tout l’espace des différents Médias, de pair avec la « Gay-Pride » à Paris. Dans un petit coin de la place de la Bastille, au Café des Phares®, les amateurs de Sophie, entreprirent, eux, de taquiner les concepts, au cours du Débat, « Il est aussi odieux de suivre, autant que de guider… », un coup fumeux de Nietzsche, qui a été proposé à notre réflexion le 29-Juin-014, Georges Séfinal se chargeant de l’animation.

En question était, certainement, la Primauté du Pouvoir dans la formation de l’Etat, autorité sous la coupe de laquelle chacun est placé dans tout le cours de son existence, non par adhésion mais par situation, car on ne choisit pas, d’ordinaire, son Etat, tout en y retrouvant son compte ; on y naît, on y vit, on y meurt et, si d’aventure on en change, c’est pour en adopter un autre, l’autorité venant, psychologiquement, de la dépendance reconnue par les citoyens vis-à-vis de lui, mystère de l’obéissance civile, institutionnalisé de fait et qui nous colle à la peau, tel un assujettissement involontaire.

Serait-il préférable de faire du surplace, ou de marcher à côté de ses bottes, voire, chacun dans la direction que lui paraîtrait la plus convenable ? Sachant que l’Homme est un animal social qui, à l’instar de tous les autres mammifères vit en groupe, très vite il apparaît, donc, que rien de glorieux ne fut entrepris sans un Guide, Roi, Président ou Dictateur, répertoriés dans les Institutions Politiques, voire le Droit Constitutionnel, et j’invite chacun, par ailleurs, à revisiter l’œuvre singulière d’Eugène Delacroix  « La Liberté guidant le Peuple ».

Le public, dans la salle, entendait que « c’est zoologiquement un fait avéré : l’existence d’un mâle (ou femelle) dominant (e), dans tous les groupes d’animaux, c’est-à-dire, une bête que toutes les autres suivent (un guide, auquel, en raison de son charisme, chaque membre de la coterie obéit) et que l’on nomme ‘Alpha Male’, rôle qui peut être exercé également par une femelle, d’ailleurs. L’opinion générale entendait que le Guide se fout de l’avis des autres, suscitant, ou bien des ennemis, par conséquence, ou alors des ‘lêche-bottes’. Puis, on ajouta qu’il y a un tas d’accessoires de la séduction, si l’on veut jouer cette comédie-là, et il arrive que tel rôle soit interprété aussi bien par des hommes que par des femmes, bien que celles-ci se soucient davantage des apparences, malgré ce que l’on puisse en penser. En tous cas, il ne faut pas confondre avec ‘la personnalité’, le courage de se battre pour les idées avec conviction, même si elles ne sont pas flatteuses, tout en gardant, de préférence, un capital d’humour, c’est-à-dire, ‘mourir pour des idées, d’accord, mais de mort lente’, comme le préconisait Brassens ».

Il était temps que l’on en finisse et, Gilles ayant déclamé son poème, nous nous sommes éparpillés dans la morosité maussade du dehors.

- Alors ? Vaut-il mieux « suivre » ou « guider » ?

- Peu importe ; le fait est que les corps s’arrêtent, lorsque le coude est appuyé sur le comptoir !!!

Carlos

Débat du 22 juin 2014: « Crise, mutation; sommes-nous dans le déni? », animé par Michel Turrini.

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Posted on 22nd juin 2014 by Carlos in Uncategorized

Malgré la joyeuse effervescence suscitée par la Coupe du Monde de football, au Brésil, sachant que des zouaves écervelés, candidats au BAC, avaient traité Victor Hugo d’« enfoiré et de bâtard », me dirigeant par le Métro au Café des Phares®, je me demandais dans quel monde sommes-nous, lorsque j’ai croisé une sémillante jeune fille, en mini jupe, portant une jarretière de fleurs peintes à mi-cuisse, ce qui m’a fait espérer que rien ne soit perdu, avant même d’apprendre le sujet du jour, à développer au cours du Débat du 22 Juin, 2014, et que Michel Turrini se chargeait d’animer : « Crise, mutation, sommes-nous dans le déni ? », une sorte d’invitation à en établir un constat, c’est-à-dire, à remuer un penchant pessimiste assez répandu, et tendant à laisser penser que les transformations sont stériles, ou bien à se plier au fait que, plus présentables, les fleurs sont tout de même périssables, alors que, affaire de Printemps ou pas, le changement est plutôt fécond, entraîne l’éveil, encourage à l’action, incite au dévouement et aux beaux gestes.

En somme, d’après l’énoncé, le « DENI » serait une fâcheuse conséquence de la MUTATION (du latin : « mutare », muer), elle-même issue de la crise due à l’interprétation des faits, et il ne nous restait qu’à tricoter un débat avec cette pelote, ou à peindre une belle guirlande illustrant « ce qui n’est pas encore », puisque, issu du grec,  le mot « CRISE » signifie étymologiquement, « FAIRE UN CHOIX » et, dès lors « mutatis mutandis », on peut aussi bien en déduire que la « mutation » est un éveil créateur et point la négation de quoi que ce soit. Ça se mord la queue ; s’en était peut-être trop après une nuit entière à fêter la musique.

Evidemment, on a brodé « autour de la crise économique, liée aux ‘subprimes’ », « la ‘chute’ de la Banque d’affaires Lehman Brothers en 2008 », liée à « l’affaire Madoff, l’escroc du siècle, en 2008 », puis, il fut question « de l’inadéquation entre les sondages et les faits, lors des élections », « Jacques Attali ayant prévu la prochaine crise économique pour 2015 », alors que le sage Socrate disait « tout ce que je sais, c’est que je ne sais rien », et que « le problème est la solution », car « il n’y a plus de sacré », mais « le déni du déni » et « tout simplement des problèmes systémiques ». On a évoqué, ensuite, « le Traité de Maastricht », « les 30 glorieuses », « la ruée vers le magasins lorsqu’il y a crise », « le Paradis sur Terre », etc..…

D’après la pendule, il était temps que Gilles mette fin au lambin vagabondage des idées, ce qu’il fit avec brio, et nous nous sommes éparpillés dehors, persistant à rester unis, et ne pas en démordre…

- Je sors de prison…

- Qu’avais-tu fait ?

- Je conduisais trop lentement !

- Excès de vitesse, plutôt…

- Non ! J’allais trop lentement, dans la voiture que je venais de voler !

Carlos

Le débat du 15 juin 2014 : « Qu’est-ce que l’intelligence ? », animé par Nadia Guemidi.

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Posted on 11th juin 2014 by Gunter in Uncategorized

Débat du 8 Juin 2014: « La Flèche du Temps », animé par Alexandra Ahouandjinou;

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Posted on 9th juin 2014 by Carlos in Uncategorized

Malgré le succès de la Réforme Pénale, proposé par la garde des Sceaux, ainsi que celui du Redécoupage Administratif de la France, l’affaire « Bygmalion », c’est-à-dire, le remue-ménage concernant les malversations constatées au cours de la Campagne Electorale de Nicolas Sarkozy, et les avantageux résultats du FN lors des Elections Européennes, vis-à-vis des autres Partis, la semaine écoulée ne laissait augurer rien de bon au sujet des mœurs politiques, raison peut-être, pour laquelle, au Café des Phares®, le public ‘philosopheur’ présent s’est vu proposer, comme question du Débat du 8 Juin 2014, de nouveau une affirmation,  « La Flèche du Temps », comme si, pour jouer aux fléchettes, elle se déchargeait d’un fardeau gênant, Alexandra Ahouandjinou prit sur soi la tâche d’animer et déposa de son propre chef, COMME ÇA, à la manière d’un paquetage, sans se laisser impressionner par le second principe de la Thermodynamique, lequel postule que l’Entropie (le désordre) croît avec le Temps, flèche ou pas, et ça va chercher loin… les « Quanta » et compagnie… !

En effet, selon la « Théorie de la Relativité », il s’agit d’un concept géométrique spatio-temporel à quatre dimensions, ou variables formant un continuum indéfini et homogène  dans lequel se déroulent des événements successifs,  la sagesse commandant de ménager aussi bien les Paroles que le Temps, puisqu’il fait partie de la Durée, (grec : « chronos »).

On aurait pu, donc, commencer par se demander, déjà, « Qu’est-ce que ‘Le Temps ?’ », tout court, bien qu’il s’agît, là, d’une tâche ardue à laquelle, pourtant, Stephen Hawking s’est admirablement attelé avec des forces que sa santé lui refusaient, « La Flèche du Temps » constituant l’en-tête de son neuvième chapitre, où l’on apprend que la vitesse de la lumière consiste dans un mouvement qui vouerait aux calendes grecques l’idée d’un temps unique ou absolu, et devenu un concept personnel, relatif à l’observateur qui le mesure, l’imaginaire inclus ; un temps où l’on peut faire même des demi-tours, comme dans la rue.

Mais, pourquoi nous souvenons-nous du Passé et point du Futur ? Quelle est sa nature, ainsi que celle des trous noirs et compagnie ? Et s’il n’existait pas ?

Or, dans la hâte, on en a déduit, tout de go, que « c’est ce qui fait durer… », la « Flèche » indiquant la direction.

Mais, « durer quoi ? » ; « quelle direction ? » Pour être cohérents, et « gagner du temps », il nous aurait fallu envisager le travail de celui qui s’y est le plus intéressé, Einstein, réduisant, dès 1903, le tout à un « Modèle Standard », une toute petite formule « E=mc2 », par laquelle, suivi des travaux de Schrödinger (« Le chat »), le prodigieux mathématicien suggérait que, sa nature étant indéterminable, le Temps n’est qu’illusion. Ce serait un « ici et maintenant », depuis le « Big-Bang » initial, avec lequel toutes nos représentations évoluent.

Il a trois sens principaux : 1) « ‘Chronos’ période ou époque, genre ‘le Temps des cerises’ », ou « perdu… » dans la pensée de Proust. 2) « Instant » vécu, ou ‘Kairos’(moment), lieu de notre quotidien ou « Durée », de Bergson, par laquelle le ‘Présent’ devient ‘Futur’, soit réellement, ou dans la pensée ( ‘Panta rei’, ‘Tout coule’, d’Héraclite. 3) Le Temps conçu comme milieu indéfini, analogue à l’espace, où tout se déroule, forme ‘a priori’ de la sensibilité, envisagés par Newton, Galilée, Leibniz, Kant.

La salle s’est exprimée, là-dessus, ‘arrosant large’ :

« c’est une dynamique… irréversible, qui devient du ‘passé’ », « ou une énergie qui rétablit la réalité dans toute son étendue », «  une direction… » « qu’il faudrait bien définir, sinon on part dans tous les sens » ; « l’Histoire du Temps serait celle de l’Univers ; quelque chose de personnel », « perception dynamique »,  pour quelqu’un ; « Cupidon ! », pour quelqu’un d’autre ; « le Temps existe, comme l’herbe qui pousse », ou « qu’il faut se référer à Sartre, voire Heidegger », « le Temps s’écoule comme l’eau, et nous nageons dans le Temps, qui est toujours le même, et il nous faut faire, comme si l’on avait tout le temps », « variable ‘t’, dans la ‘relativité générale », « une illusion »…

Gilles clôt la séance, avec un « … Temps, présence/absence, pareil au ‘Tic-Tac’, et ‘Tic-et-Tac’ !!!

- J’ai gagné toute ma fortune dans la vente de pigeons voyageurs…

- Ah, oui ? Combien en aviez-vous ?

- Un seul. Mais il revenait toujours chez moi !

Carlos

Débat du Premier Juin 2014: « Philosopher est-ce manipuler des mots ou des concepts? », animé par Joseph Strich.

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Posted on 2nd juin 2014 by Carlos in Uncategorized

Les jours se suivent sans forcément se ressembler et, au cours de ceux qui viennent de passer, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts de Paris, en forme d’événements de toutes sortes, allant de la semaine de la cuisine chinoise au « rebondissement de l’affaire Stavisky », trouvé mystérieusement mort en 1934, et à la commémoration du « D-day », en Normandie, ainsi que du Tournois International de Tennis, en scène actuellement  à Roland Garros, passant, côté politique, à l’abandon de la Présidence de l’UMP par François Copé, François Hollande ayant, lui, aux USA redoré son blason de Représentant de la République Française, avant son déjeuner avec l’équipe de France de foot, en partance pour le Brésil… Le premier Juin 2014, au Café des Phares®, les philosophes se penchaient, eux, sur le débat « Philosopher est-ce manipuler des mots ou des concepts ? », animé, pour l’occasion, par Joseph Strich. S’agissait-il de manipuler des mots, ou alors des concepts, ou bien des mots et des concepts ? En tous cas, il ne fallait pas se regarder les doigts, mais faire la distinction entre les mots et l’objet : le mot philosophie, le concept de philosophie et le verbe philosopher, que sont trois choses différentes.

C’était un peu comme prévoir la pluie et le mauvais temps, ou de répondre à l’une de ces « questions pour un champion » assez en vogue dans les médias.

De surcroît, il y avait quatre termes à définir: « philosopher, manipuler, mots, concepts ». Or, «  Philosopher », ou ‘amour de la sagesse’, revient à spéculer sur un thème donné, tout simplement, et à ne point manipuler, quoi que ce soit. C’est ainsi que « Concept » désigne l’outil du philosophe, c’est-à-dire, la représentation mentale, générale et abstraite, des objets, qui existent en complète indépendance  en dehors de son cerveau ; il est la vraie réalité et les mots ne font que les désigner. Parfait !

Voyons donc le « Mot », sachant qu’il s’agit d’une expression douée d’un sens bien défini ; univoque ! Pas de lézard. Par contre, de son côté, enraciné dans le terme ‘main’, « Manipuler » a le sens de ‘manier’, c’est-à-dire, ‘manœuvrer’, ‘insidieusement’ à l’occasion. Ensuite, il y a le « ou », soit une conjonction qui lie des expressions ayant le même rôle, voire, fonction, tout en séparant les idées exprimées, c’est-à-dire, ce serait ou bien l’une ou bien l’autre ! Là, se trouvait l’astuce, le problème, le paralogisme, en définitive : « Philosopher consiste à manipuler des concepts » et point des mots.

Il a été dit que « ‘manipuler’ n’est pas un mot sympa », « que parfois, le hasard fait bien les choses », « que le sujet est énorme et qu’il faut déconceptualiser », « évoqué ‘Le silence des agneaux’», « La Peste, de Camus », « qu’il ne faut pas réduire la Philo à des jeux de mots », « alors qu’ils sont liés à la mémoire », « organiser la pensée en phrases cohérentes, et que Hitler n’a pas respecté la cohérence », « que les mots peuvent être vides de sens », « Wittgenstein qui insistait sur la validité du langage », « que reste-t-il, sinon l’amour, qui n’est pas entériné par la logique », «  que la philo a le sens des valeurs », « que la philo est mortifère », « amour de la sagesse et sagesse de l’amour », «  que le sujet est insaisissable », …et puis, de ses rimes, Gilles mit le point final à la séance.

-Parfois, on se sert de la philosophie pour arriver à ses fins…

-En ce qui me concerne, je m’attarde aux caresses…

Carlos

Débat du 3 Février 2013: « Le temps d’apprendre à vivre, il est déjà trop tard », animé par Bernard Benattar.

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Posted on 5th février 2013 by Carlos in Comptes-Rendus

Après la « Manif pour Tous et Partout » de samedi (en opposition au projet de mariage et adoption pour chacun, et en faveur de l’attachement au couple homme/femme aussi bien qu’à la famille PME, père, mère, enfant), tandis que la guerre semait la mort au nord de l’Afrique noire ainsi qu’au Moyen Orient, à Paris, le 3 Février 2013, selon une tradition vieille de trois ans, ‘La ‘Bellevilloise’, forteresse culturelle et haut lieu de la militance ouvrière du 20ème arrondissement, ouvrait ses portes au convivial « GSAA » ou Grand Salon de l’Art Abordable, une exposition d’Art Contemporain accessible aux différents budgets, c’est-à-dire, à des prix d’atelier et sans intermédiaires, tandis qu’aux Invalides avait lieu la 28ème édition  du Festival Automobile International, mettant en scène les Top Modèles de cette industrie, d’un coût bien moins raisonnable.

Ce même jour, le 3-2-2013 donc, au Café des Phares®, avait également lieu l’habituel débat philosophique hebdomadaire, animé alors par Bernard Benattar, et portant sur la question « Le temps d’apprendre à vivre, il est déjà trop tard ! », posée par une  participante.

Savoir vivre serait donc une pure perte, puisque, d’après l’affirmation qui nous sert de réflexion, un tel apprentissage anéantirait la possibilité de le faire à temps, la période nécessaire à y arriver dépassant le limite raisonnable de son utilité. C’était en outre un coup de pierre dans le jardin de l’Académie de Platon pour qui « philosopher, c’est apprendre à mourir », quoique, si « le temps d’apprendre à vivre ne nous laisse pas de marge pour en profiter », naître équivaudrait donc à l’expérience de la camarde sans lâcher la tétine et, dès lors, le plus sage serait de vivre sans apprendre à le faire. Entre nous, « Vivre », du latin « vivere », est une propriété essentielle des organismes qui, sans recours à la réflexion résistent spontanément à la mort. Ça ne s’apprend donc pas (mais faisons comme si…) ; c’est un instinct, ce qui fait de la vie une création, plus qu’un apprentissage. Bref. Nous avions donc, à nous interroger sur la frustrante brièveté du temps, comme Hippocrate l’avait exprimé par son aphorisme ‘ars longa, vita brevis’ (le constat est hasardeux et la vie trop courte), et il semblerait donc qu’il est souvent « trop tard » pour réaliser quoi que ce soit ! C’est-à-dire, au sevrage succéderait l’Apocalypse ; le temps de nos premiers pas épuiserait toute espérance de vie. La mort serait une suite logique, non de l’existence ontologique, mais d’une incertitude métaphysique au sujet du réel, dont le fait effacerait du même coup toute matérialité, fut-elle de longue ou courte durée. Une sacré besogne.

Lors des échanges avec les participants, on a tout entendu, et en premier : « est-ce que ça a du sens ? », puis quelqu’un « s’inscrit contre… », pensant « qu’il faut prendre de la distance », et « distinguer entre ‘expérience’ et ‘vie vécue’ », « au vu des circonstances dans lesquelles la question est posée  », et quelqu’un d’autre se plaignait « si j’aurais su, j’aurais pas venu (de ‘La Guerre des Boutons’) ». Il s’en suivit « L’inquiétude existentielle », « si jeunesse savait et vieillesse pouvait », et les sentencieux « est-ce que j’ai agi comme il fallait », « mieux vaut tard que jamais », « vivre c’est apprendre à vivre et devenir philosophe », « la nostalgie n’est plus ce qu’elle était (Simone Signoret) », « la vie est pleine de concepts et ce n’est pas avec ça que l’on apprend à vivre ». On a parlé de « la caverne de Platon où les idées sont séparées du vécu, donc fausses à la base », de la résignation genre « je vis ma vie et je fais avec », d’autres de la contestation du type « la phrase est déterminée par un seul terme, le temps, formule transcendante, alors que je l’aborderais par le côté immanent », « Pourquoi apprendre ? Pour s’améliorer ? », bien qu’il ne soit « Pas la peine d’apprendre ; on ne vit que soi-même », ou « Il faut accepter de ne rien savoir », « Il y a des envies que j’aurais eues à 20 ans mais pas aujourd’hui », ou encore « ce qui ne nous a pas tué, nous renforce », « d’après les pédagogues, tout se passe avant Six ans », « comprendre est le corollaire d’apprendre », « Il est toujours trop tard ; quand c’est fait, c’est fait », l’affirmation en débat semblant à « une phrase de ruminant, version romantique », alors que « le cours de la vie nécessite des notices explicatives », pour « vivre à 100% », malgré « les regrets, « les remords », le « vivre c’est manger, dormir, construire sa maison, prendre soin de soi »,  ou l’épilogue de « Oscar Wild : ‘les gens savent tout mais ne connaissent le prix de rien’ », suivi d’autres du genre « le sujet philo par excellence, ‘créé-toi, toi-même », « art et philo, même combat », « savoir ou mettre la fourchette de séparation, et manier une œuvre ainsi que sa musique, faisant miennes les idées », « la crise de la représentation », « l’art, comme tous les arts qui a besoin de l’éducation du regard mais c’est le langage qui nous amène à le comprendre».

Avant que ce ne fut point trop tard, Gilles donna de la voix, nous révélant son texte poétique, puis Bernard conclut : « … il faut laisser tomber les livres et vivre l’expression esthétique allant au-delà du tableau… ». Voilà, à peu près… 

Un escargot est agressé par deux tortues.

La police arrive et demande :

- Qu’est-ce qui s’est passé ?

L’escargot :

- Je ne sais pas ; tout s’est passé trop vite.

Carlos

 

Débat du 10 Février 2013: « Sommes-nous en décadence? » animé par Raphaël Prudencio.

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Posted on 11th février 2013 by Carlos in Comptes-Rendus

Mardi, 5 Février était jour de Carnaval, mais rien ne portait à la rigolade. Le Pape jetait l’éponge, et en Europe, la semaine était assez chargée. L’Eurogroupe s’interrogeait sur l’Euro fort, tout en étudiant l’opportunité d’une taxe sur les transactions financières, et la Commission Européenne devait prendre d’importantes décisions au sujet du Sommet UE/Russie, ainsi que des quotas de pêche, l’envoi de formateurs au Mali en raison des événements militaires qu’y semaient la confusion, obligeant dès lors les troupes Françaises ou Tchadiennes là présentes à poursuivre leur traque aux Islamistes et aux Kamikazes Jihadistes, (motif du voyage du président Français, François Hollande pour prôner le dialogue). Lors du Débat du 10 Février 2013, au Café des Phares®, nous nous sommes, alors, posés la question de savoir « Sommes-nous en décadence ? », la discussion étant animée par Raphaël Prudencio.

Décadence par rapport à quoi ? Par rapport à quelles valeurs, qui seraient alors essentielles ? Rappelons-nous que la Décadence (du latin « cadere »= « tomber ») signifie la ruine ; c’est la fin d’un Age d’Or, annoncée par les « Cassandres » ou oiseaux de mauvais augure, et une perte accélérée de cohésion consistant dans un processus de dégradation de la société, de ses mœurs, de son niveau de vie et de ses valeurs ; le terme, en somme, d’un âge prospère ou florissant et l’avènement, effarant, du marasme, le déclin, la crise, la stagnation, la dégradation malsaine des moeurs. Par rapport à qui, et quel idéal ? Qui est ce ‘nous’ ?

Les ‘Barbares’, (littéralement les ‘Etrangers’, pour les Grecs), seraient-ils à nos portes et les signes visibles d’un pernicieux avilissement déjà évidents ? Y aurait-il une réelle crise tangible de civilisation, des signes concrets de manque d’idéaux, de laisser aller, de désagrégation, et que la révolution grondât devant nos yeux, décidée à rétablir un niveau de civilisation qui battrait de l’aile ?

Quoiqu’il en soit, en général, la récession précède l’essor, et permet ainsi le renouvellement d’une situation donnée, le progrès, ce qui fait d’elle un moment nécessaire à l’évolution, menant au perfectionnement graduel d’un côté et évitant de l’autre la dégénérescence ou le pessimisme Nietzschéen, puisque de nouvelles voies de salut s’avèrent toujours nécessaires, justifiant même une éventuelle révolution, afin de démanteler le présent ainsi que l’épuisement du sens dû à un possible vieillissement de l’Occident. Ou souffririons-nous, par hasard, d’une sorte d’aphasie ou surdité verbale qui nous empêcherait de comprendre le langage parlé, véhicule de nos projets communs, le rêve tournant dès lors au cauchemar ? L’Homme Bon aurait cessé de nous enchanter avec ses sortilèges ?

En tous cas, il a été dit « que, même s’il s’agit là de philosophie politique, les ‘Hommes’ d’un certain âge en parlent beaucoup mais ça ne se voit pas à l’échelle d’une génération ; que, d’après les vieux textes, les Hommes d’il y a 3.000 ans disaient déjà la même chose’ ; qu’il faut toujours lutter contre la solitude ; l’ancien ayant du mal à mourir, lorsque le nouveau est en train de naître ; que l’on assiste au déclin de l’occident, comme il a été le cas des grands empires ; que les vieilles civilisations étaient plus évoluées que nous, qui parlons au présent, alors que l’Histoire est un récit ; ‘nous nous trouvons dans un monde fini’ (Paul Valéry) ; tout en nous demandant ‘quel est, enfin, le ‘nous’ qui parle’ ; ou en affirmant que le sujet est rabat-joie ; que de nos jours il est difficile de juger de l’‘Art Moderne’ et que bientôt on sera tous chinois. On se demanda, ‘décadence’ par rapport à quoi ?, dès que la représentation de Homme a changé, Anna Arendt l’ayant déclaré projeté en dehors de la nature. D’autres voyaient dans la ‘décadence’ positive ; qu’être ‘décadent’ c’est être à la mode ; que le meilleur ‘marqueur’ est le langage désabusé de nos dirigeants, voire le culotté ‘Zadig et Voltaire’ d’un certain ministre’. On a évoqué encore ‘ Giambattista Vico (philosophe italien, XVII-XVIII s.) et son jugement de ‘barbarie intellectuelle’ ; la rigueur grammaticale dans l’écriture ; comme celle de ‘Un Café pour Socrate’ dû à Marc Sautet et critiqué l’abus de l’art provocateur comme ‘le Pissoir’ de Duchamps ou la ‘Merde en Conserve’ de Piero Manzoni, (52.000 dollars pièce /80.000 aux enchères) ; tout le monde regrette le temps d’avant ; l’Histoire se répète même si ‘à l’ouest il n’y a rien de nouveau’ ; quoi d’autre, à la place ? à part des ‘SMS’ et des ‘ Emails’ ? ». On a rappelé encore l’œuvre d’Edgar Morin ‘Tout ce qui ne se régénère pas, dégénère’, ainsi que Freud, Nietzsche, Aristote, l’Abbé Pierre et Georges Brassens, ‘Gare aux Gorilles…’ ».

Finalement nous avons écouté la ‘Rapsodie’ de Gilles, et regagné nos Pénates, fiers du devoir accompli.

- « Ô sage gourou, dis-moi qu’est-ce que la décadence ? »

- La décadence, c’est de répéter toujours la même chose…

- Quoi ? Répéter toujours la même chose ? J’ai parcouru tout ce chemin jusqu’à toi, pour que tu me dises que la décadence est de répéter toujours la même chose ?

- Alors, c’est que la décadence n’est pas de répéter toujours la même chose !

Carlos

Débat du 17 Février 2013: « La dernière fois », animé par Alois Sandner Diaz.

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Posted on 18th février 2013 by Carlos in Uncategorized

Au milieu des habituelles péripéties politiques dont le monde, ainsi que la France sont animés, à 85 ans Benoît XVI qui, en tant qu’évêque de Rome succéda à Saint Pierre en Avril 2005, annonçait soudain, le 11 Février, sa résignation à la charge pastorale à partir du 28 du même mois, ce qui a eu l’effet d’une fin du monde, alors que, précisément, une météorite de dizaines de tonnes se désintégrait à Tcheliabinsk cinq kilomètres au-dessus de l’Oural, et qu’un scandale sanitaire éclata lorsque l’on a voulu nous faire avaler des couleuvres pour des plats cuisinés sous emballage. Tout cela n’était cependant pas matière à empêcher les habitués du Café des Phares® d’y venir, le 17 Février 2013, pour participer au débat dominical qui, portant sur « La dernière fois », était en l’occurrence animé par Alois Sandner Diaz.

La dernière fois, quoi ? S’agit-il du titre d’un tango ? Est-il question du Temps et, à la rigueur, de « E=mc2 » ? D’une remontrance du genre ‘je ne le répéterai pas deux fois ; après c’est le martinet’ ? Peut importe ; comme un cheveu dans la soupe, l’affirmation pontifiait là, chosifiée, et ce qu’il fallait c’était encaisser, puis se débrouiller pour en tirer quelque substance d’une telle observation jetée en l’air sans nous interpeller particulièrement, mais qui subsistait, lancée comme un ballon qu’il fallait attraper et, le passant de main en main, aller jusqu’à la ligne de but pour en faire un essai ; 5 points. C’est maigre, pour le temps que l’on passe en salle de travail, pourvu que « La prochaine fois » ne sera pas le thème de notre imminente cogitation.

On me dit que je suis toujours négatif, que rien n’a de grâce auprès de mon entendement, que je suis destructeur ; le fait est que, ‘après la dernière fois’, si c’est bien la dernière, il n’y a plus que dalle ; ‘circulez ; il n’y a rien à voir’, et je ne peux être, alors, que ‘déconstructeur’ au pire, et répliquer que nous n’étions là que pour y travailler puis en venir à bout de cette « dernière fois », c’est-à-dire, broder autour d’un constat, indépendamment de ce que ça pouvait bien vouloir dire, nous référant, pour y parvenir, à tout ce qui bouge ou ferait illusion au dépens de l’allusion à un tel instant, puis imaginer que si ! Qu’il y a « une première fois » et qu’en suite, selon l’espérance de vie, beaucoup d’autres sans aucune importance, jusqu’à la der des ders. Comment ? Visant les étoiles ? Mais les étoiles ont quelque chose à voir avec le désir, et le désir n’y était pas, puisque l’on ne pouvait plus rien attendre de ce genre d’envie, basta. Va voir là-bas si j’y suis, et reviens à l’heure du thé. Etant donné qu’une seconde est toujours une seconde, une telle relativité n’avait pas un Port de destination ; c’était une chanson pareille à une autre, comme par exemple le ‘bolero’: « La ultima noche que passé contigo… » (La dernière nuit que j’ai passé avec toi) mais le rythme n’y était pas.

Pas de lézard ; on fait comme si, et les participants ont redoublé d’efforts afin de ressentir quelque chose, évoquant par exemple « l’inconnue que ça représente », « la nostalgie », « la vieillesse », « la mort », « l’inconscience », « l’exclusivité, ainsi que l’irréversibilité de l’événement », « la méfiance vis-à-vis de l’avidité », le « sentiment de perte », « la rupture en spirale », « considérer les trois temps, le poétique, l’anniversaire, le festif », « l’effet de la pellicule ‘Amour’ de Haneke, alors que la vie est autre chose qu’un film, car les gens changent ». Quelqu’un a « fait savoir que l’on ne connaît pas l’avenir », et un autre jugea « qu’il faut distinguer entre le ‘quantitatif’ et le ‘temporel’ », « aussi bien qu’entre la certitude de la mort, et l’hypothèse d’un poème ; entre le châtiment et la récompense », alors que l’animateur se demandait « de qui a-t-on peur ?», d’autres « qu’est-ce que la vie sans la mort ?». 

On s’éloignait de « la dernière fois » et on passait au « ça suffit !, pour repartir de zéro », « le ‘mariage pour tous’ », le bon mot du sage « c’est la première et dernière fois que je meurs », « la démission du Pape », « le ‘Dieu est mort’ de Nietzsche et le « ‘que Dieu nous sauve’ du croyant », puis on est revenu au « on ne peut pas échapper à la mort et je me révolte puisque si l’esprit ne peut pas naître, il ne peut pas mourir car, le spirituel n’est pas un diktat de la vie, et j’ai pris à 60 ans la résolution de ne pas mourir et de ne pas mentir », ajoutant que ‘la dernière fois’ est une Utopie, une vue de l’esprit, puisque au-delà il n’y a rien. « On vit dans la communauté des morts, la vie étant un éternel recommencement », ajouta l’animateur, puis quelqu’un a fait savoir « que l’on ne vit qu’une fois », rêvant « d’être un papillon », « essayant de rendre la vie plus intense, quelque chose d’unique », « une ‘tragédie de Hamlet’ ou d’Œdipe, une aventure, une envie de mort, une joie sans la tristesse », que « Deleuze, Freud et Pascal ont savourée philosophiquement », « libérant les forces de l’esprit » ou, comme Oscar Wild ‘visant les étoiles allongés dans le caniveau’.

Gilles a eu le dernier mot.

 Dans son lit de mort, un moribond lâchât un sonore pet.

- Ops ! Fit-il. Peut-être ce sera le dernier !

 Carlos

Débat du 24 Février 2013: « A quelles conditions une punition est-elle légitime », animé par Georges Sefinal

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Posted on 25th février 2013 by Carlos in Uncategorized

C’est étonnant, que les piques vénéneuses viennent de la part de l’esprit racorni qui m’a invité, il y a douze ans, à faire ce que je fais, publiant, tant que possible, un compte rendu du débat du jour, et je remercie Elke pour avoir pris ma défense. Peut importe. Malgré les aboiements la caravane passe ; je persiste, tant que quelqu’un d’autre ne prend la relève car, je le répète, j’estime qu’un compte-rendu des débats est nécessaire, en tant que document de base, pour entamer ensuite une réflexion opératoire. Voilà, c’est dit. 

Cette semaine, une fois que l’on s’est payé la lourde afféterie parisienne qu’est la Soirée des Césars lors de sa 38ème édition, malgré un froid de canard qui figeait les parisiens, le Rassemblement planétaire ‘sauvons la mer’ s’est mis en route pour essayer de faire barrage aux « marées noires » et protéger les écosystèmes qui en font cas, le monde des Politiquement Mécontents s’exprima bruyamment aussi, à telle enseigne que, devant l’usine Renault de Billancourt, un Hommage fut rendu à l’occasion, à Pierre Overnay, ouvrier maoïste abattu par un vigile (Tramoni), tandis qu’un certain Djamel Char s’immolait devant Pôle Emploi, et qu’Issawi, 34 ans, entamait son 210 jour de grève de la faim dans geôles israéliennes, dénonçant par là les conditions de sa détention. A Paris, une manifestation eu lieu devant le siège du PS à propos du droit grève des sans-papiers, et le collectif ‘Santé et médecine’ harcela le Ministère lui rappelant son programme. C’est ainsi que, puisque même le Coupable a droit à un juge, comme le Malade au médecin (Hegel), le 24 février 2013, nous nous sommes demandés au Café des Phares®, « A quelles conditions une punition est-elle légitime ? », débat que Georges Sefinal acceptait d’animer.

Alors que l’Exemplarité sert de Légitimité, comme on a pu le vivre, au cours de la Grande Guerre, lors des odieuses exécutions arbitraires d’une dizaine de soldats, choisis au hasard dans les rangs, chaque fois que l’Unité ne sortait pas de la tranchée, alors que l’ordre « A l’attaque » était donnée, va établir une liste des modalités d’expiation. 

Je suppose que, naturellement, exclue était d’emblée la Vengeance, qui se distingue de la Punition en ce que celle-ci est une réparation ou expiation obtenue par un vrai acte de repentir à l’endroit de la partie lésée, ce qui n’est pas le cas de Vengeance ou la Loi du Talion, « oeil pour oeil, dent pour dent ». De surcroît, la Vengeance n’est pas habitée par la forme du Droit, mais par celle de l’Arbitraire et prend ainsi la forme d’une nouvelle offense, ce qui  nourrit le cycle de la violence, car dans la revanche vindicative l’aveuglement de la passion joue un rôle qui trouble le droit commun, menant à l’inacceptable « Loi du Plus Fort », au détriment d’une légitime présomption d’innocence.

Quelle alternative ? Comment réparer les tords ?

C’est à cette réponse qui s’attela les participants au débat.

On a alors évoqué les façons juridiques d’échapper au châtiment, ou le retarder, nommément grâce à des les cautions, aux contextes, et aux aléas de l’Histoire, ainsi que l’indispensable légitimité et légalité, des champs extrêmement vastes, aussi bien en ce qui concerne l’Etat que les Entreprises, une stricte surveillance étant requise dans ce domaine, un domaine exploré par Michel Foucault dans « Surveiller et Punir », (où sont décrits les atroces souffrances de Damien écartèlement de Daminens pour avoir attenté à la vie du Roi ; le Droit n’étant pas la même chose que la Justice, même si Prison et Psychiatrie se trouvent liés par les faits, on conclue que, la punition mettant un point d’arrêt par rapport à la transgresion, le criminel a le droit d’être puni, tout ça dépendant de la légitimité. « Va faire comprendre à un enfant ce que c’est que ça ! », demanda quelqu’un, et un autre ajouta que « transgression et transcendance se confondent » « mais n’ont rien à voir « avec faire souffrir ».

Enfin, j’abrège, parce que j’ai déjà assez soûlé pas mal de monde, alors que l’heure était à la poésie, de Gilles.

 

-Voilà, Monsieur, la dernière cigarette du condamné. 

-Mettez-la, là où je pense.

Carlos

Débat du 3 Mars 2013: « Croit-on ce que l’on désire? », animé par Jean-Luc Berlet.

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Posted on 4th mars 2013 by Carlos in Uncategorized

S’éloignant de sa charge pontificale, Benoît XVI devint  Pape émérite, et un autre Pape est ‘appelé araignée’. Que d’émois ! Alors que la conscience de nous-mêmes, l’humaniste Stéphane Hessel (souvenons-nous de son opuscule « Indignez-vous », dénonçant le poids de la finance dans les choix politiques) s’éteignait à l’âge de 95 ans, la fraude généralisée de la viande de cheval sensée être du bœuf se convertissait en vrai scandale, aussi importun que la provocation littéraire « Belle et bête », et les 40 mille participants au 21ème Semi-Marathon de Paris en faisaient le tour. Mais, pour celui qui le veut bien, il y a toujours de quoi se dépoussiérer les méninges, passant par le Café des Phares® où, chaque dimanche, comme ce 3 Mars 2013, un Débat nous attendait, portant cette fois-ci sur le thème « Croit-on ce que l’on désire ? », qu’animait Jean-Luc Berlet, et me voilà à en faire un Compte-rendu, n’en déplaise à ceux qui m’ont invité à en faire, le jour où le débat fut « La Vengeance », c’est-à-dire le 12/11/2006, il y a sept ans donc.

Enfin. La salle était pleine, chaque dimanche plus pleine, pour en découdre, même si, une fois que le « Désir » est en question, les dés sont pipés. En effet, le  « Désir » implique, par définition, « l’existence de quelque chose qui doit être satisfait, puisque, étymologiquement, il s’agit de « la nostalgie de voir une étoile » et que « croire est donner crédit à ce que l’on ne connaît pas ».

Tout désir est donc la quête de l’apparition d’un sortilège qui serait à même d’illuminer le ciel de la conscience, pour la ravir et lui apporter satisfaction ; le « désir » est le manque d’un manque, ou d’un projet qui suppose la nécessité de temps pour être accompli ; une prétention qui, sans l’immédiateté du rêve, veut transformer la réalité dans ce qu’elle n’est pas, mais qui doit le devenir pour atteindre son but ; c’est l’« envie » devenue conscience d’elle-même et parfois d’une volonté de tout mettre en œuvre pour s’accomplir, bien que le désir soit souvent inconscient.

Qu’en a-t-on fait ?

On s’est rapproché du ‘pari de Pascal, s’il y a rien, il n’y a rien ; s’il y a quelque chose, il vaut mieux croire que ne pas croire’. On a considéré que l’on ne peut pas vivre sans désir’,  ‘Lacan étant d’avis que l’on ne doit pas céder sur le désir’, alors qu’un autre opinait que ‘le désir est le désordre’, et ‘interfère entre le corps et l’esprit’, un autre encore se demandant ‘si l’enjeu valait-il la chandelle’, afin de ‘persévérer dans son être’, bien qu’‘là, on n’écoute jamais le croassement des crapauds’, ‘croire et désirer étant antinomiques’, et ‘les choses sont belles parce que nous les désirons’, puisque ‘le désir précède la croyance’, ‘croyance et désir ne faisant qu’un’. Il paraît que chacun croit que ‘son désir est bon’, et ‘dès lors il ne faut pas croire mais désirer tout de même’, ‘la volonté étant plus réflexion que désir’, d’où, ‘l’avantage d’analyser ce que l’on est susceptible de croire’. Pourquoi le ‘besoin de convaincre ?, se demandait un intervenant, si l’on  veut obtenir ce que l’on désire ?’ ‘Le désir c’est hormonal, opinait un autre, voire, le désir de fraises de la femme enceinte’ ; ‘l’intellect pouvant donc bâtir une croyance sur un désir’. On a établi le ‘parallélisme entre théorie intellectuelle et pratique sensorielle’ ; ‘la poule et l’œuf’ ; ‘la différence entre besoin et désir’, puis, tout en vrac,  que ‘le billet de Loto est une espérance de gain qui permet de vivre’ ; que le ‘‘on’ c’est le doute’, nous demandant si  ‘nous sommes conscients de nos désirs ?’, repéré ‘le désir dans la réciprocité’, et jugé que ‘le fait d’allumer la Télé est un aveu de croyance’. Nous avons été avertis qu’il ‘ne pas confondre transgression et transcendance’ ; admettre ‘la légitimité des statistiques’ et ‘la différence entre autorité et pouvoir’, estimant que ‘ceux qui ont de l’argent s’en sortent mieux’ ; que ‘nul n’est censé ignorer la loi, ce qui légitime la punition’, alors que ‘’on punit pour une faute d’autographe’ parce que ‘ça mérite la fessée’, et « qu’il faut avoir conscience de la faute », bien que l’on ne doit pas « taper les chevaux qu’avec le bruit de la cravache ».

Tout assez décousu, quoi !

Nous avons écouté respectueusement le lyrisme de Gill, puis dégagé la place, la laissant à sa première vocation, le loisir, auquel on croit, dur comme fer.

-Vous désirez quelque chose ?

- Je crois que je désire un café noisette».

- 2, 60€…

Carlos

Débat du 10 Mars 2013: « Si les choses ne changent pas, change ta façon de voir! », animé par Claudine Enjalbert.

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Posted on 12th mars 2013 by Carlos in Uncategorized

Lors de la Journée mondiale de lutte pour les droits des femmes, on était en pleine campagne contre violences sexuelles et conflits armés, ainsi qu’à l’adresse de l’accord pour la sécurisation de l’emploi, place du Châtelet, alors que les « sans papiers » se rassemblaient devant le siège du PS,  d’autres se dressant contre la venue à Paris de Monsieur Shimon Pérès, ou contre le nucléaire devant Ambassade du Japon. Au Café des Phares®, Claudine Enjalbert se proposait d’aider les participants présents, à tirer une morale à partir de l’injonction : « Si les choses ne changent pas, change ta façon de les voir ! », au cours du Débat du 10 Mars 2013.

Et quoi encore ? C’est-à-dire, le mot d’ordre serait que les choses devraient changer, sinon il faudrait tout regarder autrement. Toujours ou de temps en temps ? Faire comme SI ou pourrait-on éluder le problème en changeant de lunettes ? D’abord, pourquoi faudrait-il que les choses changent ? Puis, qui prétend qu’elles ne changent pas ? S’il s’agit de changer le regard sur les choses, chacun peut très bien le faire, indépendamment du fait qu’elles changent ou pas.  

Pour être sérieux, il parait que la trouvaille vient de Lao Tseu, père fondateur du taoïsme et auteur du « Dao De Jing », ‘Livre de la Voie et de la Vertu’. Or, son opinion serait plutôt : « Plus les choses changent, plus elles restent elles-mêmes », et ça ne s’arrange pas. Mais, voyons, que sont « Les choses ? » Qu’est-ce que « Changer ? »  « La Chose-en-soi » (Ding in Sich), est un concept Kantien désignant la Réalité, en dehors de toute autre expérience possible, c’est-à-dire, l’intuition envisagée comme phénomène qui implique une relation à l’objet. « Changer » ; « les choses changent, et d’autant plus qu’elles restent elles mêmes puisqu’elles existent indépendamment du Sujet ou de sa façon de voir. Puis, souvenons-nous que l’expression « changer le monde » a enchanté toutes les génération d’Humains, optimistes, en tous cas disposés à tout envisager sous un jour favorable, alors que chaque chose change à chaque instant, même si rien ne le laisse transpirer, et que dans l’univers impitoyable de la réalité, « chose » désigne chaque phénomène, voire « être » qui existe, soit-il concret, abstrait, réel ou mental, concevable, enfin, comme objet. Le problème, donc, en ce qui concerne le sujet du jour, est que les choses changent, puisque « changer », est devenir autre, muter, se transformer, se modifier, alors que l’a priori était qu’« elles ne changent pas », et que donc il faudrait les regarder autrement pour qu’elles donnent des signes de vie. « Rien de nouveau sous le soleil » ; pas la peine de se frotter les yeux !

Dans la salle, on a commencé par se demander ce que c’est que le Temps, si changer et bouger c’est la même chose, ou si l’on est responsables. Là, Stéphane Hessel fut appelé à contribution, ainsi que la mort de Chavez, Le Guépard de Lampedusa mis en scène par Visconti, et Milos Forman avec son « Vol au-dessus d’un nid de coucous », suivi de la Pub « mangez du poisson pour vous libérer du café » et, « la façon de voir ne pouvant pas changer les choses », on s’est demandé « quel serait le point de vue de l’aveugle », « résignation ou désir de réalité », puis « le regard à porter sur l’économie qui va dans le mur », tout en nous demandant si « le changement est vraiment nécessaire », «  certainement, car cela est bon pour soi et une preuve de considération pour l’autre », « on veut nous faire croire que tous les maux viennent de l’Homme ; il faudrait relire la mythologie ». Quelqu’un ajouta : « je reviens au plancher des vaches ; de la question des ‘choses’, je retourne à la ‘chose’ de trois sortes, dont mon corps », puis « le but étant de bien vivre » et « s’installer dans la pérennité ».

Enfin. On a fait feu de tout bois, et il ne manqua que ‘La Mère Denis’.  

Un agent immobilier cherche à vendre un appartement donnant sur un lac et, pour donner plus de poids à ses arguments, amène le client sur le balcon :

- Et là ? Regardez-moi ça…

- Que c’est beau, s’exclame l’intéressé.

Voulant y ajouter une louche à la façon de voir, le vendeur précise :

- Et encore, là, vous ne voyez que la surface !

Carlos

Débat du 17 Mars 2013: « L’Homme est-il en guerre contre lui-même? », animé par Michel Turini.

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Posted on 19th mars 2013 by Carlos in Uncategorized

Annoncé, le 13 Mars 2013, par une émission de fumée blanche et par le son des cloches de la Basilique de San Pierre à Rome, Monseigneur Bergoglio, archevêque jésuite argentin, fut élu  comme 266ème Pape au cours du 5ème scrutin dans le Conclave du Vatican et, ne voulant pas de ‘libellule’ ou ‘papillon’, prit le nom de François ou Francisco. C’est dans ce cadre éminemment grave et pacifique, que le 17 suivant, eu lieu au Café des Phares®, le Débat Philosophique animé par Michel Turini :  « L’Homme est-il en guerre avec lui-même ? », muté en « Sommes nous notre propre ennemi ? »

Décidemment, depuis quelques temps, nous sommes très préoccupés avec nous-mêmes et nos tares ou nos dégénérescences, déjà exprimées dans les débats antérieurs:

« Si les choses ne changent pas, change ta façon de voir » ; « Sommes-nous en décadence » ; « Sommes-nous notre propre ennemi ? » ; Comment faire la paix avec notre passé ? » ; «  Le temps d’apprendre à vivre, il est déjà trop tard » ; « La vie, nous la rêvons ou nous l’accomplissons ? » ; Y a-t-il une vraie vie avant la mort ? »…

A présent, c’est « Si tu me cherches, tu me trouves », c’est-à-dire, la guerre « Polémos » que nous nous livrerions à nous-mêmes, plus précisément « contre » qu’« avec », et qui exigerait donc notre réflexion philosophique ! Il serait dès lors donc sage de se tenir à la devise adoptée par l’armée « si vis pacem para bellum » (« si tu veux la paix prépare la guerre ») s’outillant des armes les plus efficaces et suivant la stratégie la plus adéquate si l’on tenait à emporter le défi et sauver la face. Voilà pourquoi je conseille, d’une part l’Opinel, et de l’autre la lecture de deux grands penseurs en la matière, Carl von Clausewitz, qui dans sa réflexion exprimée dans « De la guerre » entend qu’il n’y a pas de solution mais donne quand même quelques recettes intéressant tous les politiciens auxquelles même Al-Qaida prête attention, et Nicolas Machiavel, qui a une toute autre vision du problème exposée dans « Le Prince », en d’autres mots, la fin justifiant les moyens, un cynisme dépourvu d’idéal ou de moral.

Ou alors, puisqu’il s’agit d’une question, il (l’Homme) n’est pas en guerre, ni contre ni avec lui-même, et on pouvait s’en aller, à moins de le regretter, soufflant, dès lors sur les braises.

C’est ce que l’on a choisi de faire, une sorte de « Guerre des boutons ».

Quelqu’un s’est aperçu que « pour faire une guerre il faut un ennemi », ou « une dichotomie entre le ‘moi’ et le ‘petit moi’ », et que le « mot guerre étant très fort, il vaudrait mieux dire ‘destruction’, puis, une autre intervenante, estima « qu’il y est toujours question de territoire et opposition, pourquoi pas la conquête de soi ? », que « guerre était un mot trop fort », « qu’il y a des guerres qui ont duré 100 ans », que « la seule guerre serait de s’arracher à la nature », « suivre l’exemple de l’Abbé Pierre » au lieu de « se sentir frustré », « aller de l’avant comme Galilée, Copernic au lieu de se battre entre pays », et ne pas dire : « c’est lui qui a commencé », « violence et ennemi allant de paire », « l’Homme étant la seule espèce à le faire », ce que le « ‘connais-toi, toi-même’ pourrait éviter », « sinon, il faudrait : 1, une déclaration ; 2, différentes parties ; 3, des enjeux ; 4, des ressources ; 5, un chef ; 6, des victimes ; 7 vainqueurs et des vaincus ; 8, des trésors de guerre ; 9, des ministres.

« Il y aurait des guerres déclarées, d’autres pas » ; « il y a des guerres déclarées, d’autres puisant dans des arsenaux juridiques », « faire la guerre n’implique pas la volonté », « guerre contre soi », ETC., ETC…

Je m’endormais, et j’avoue que j’en ai perdu le fil…

En tous cas, deux vieux vétérans se trouvaient par hasard dehors.

-Tu te souviens, Marcel, de la guerre 14/18 ?

-Bien sûr, bien sûr…

-… Et du bromure qu’ils nous donnaient pour dormir ?

- Bien sûr, bien sûr… Pourquoi tu me demandes ça ?

- Je crois que ça commence à faire de l’effet !

Carlos

Débat du 24 Mars 2013: « De quoi sommes-nous esclaves? », animé par Yannis Youluntas.

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Posted on 25th mars 2013 by Carlos in Uncategorized

Le 24 Mars 2013, était une Journée dédiée à l’attention particulière réservée aux Hommes atteints de Trisomie, bien que l’on fêtait aussi le « Jour de la Poésie » et qu’à Paris la 133ème édition du Salon du Livre ouvrait ses portes, avec des éditeurs de 150 pays dont Barcelone et la Roumanie qui étaient des invités d’honneur. Au Café des Phares®, les participants présents, n’ignoraient pas à quoi ils avaient à faire. Ils allaient chercher à savoir : « De quoi sommes-nous esclaves ? », une question que Yannis Youluntas tenait à élucider.

On partait du principe que nous sommes Esclaves et qu’il s’agissait tout simplement de chercher à savoir de « quoi », c’est-à-dire, une question qui n’intéressait qu’un réel bien défini. « Esclave », est un nom dérivé du latin médiéval, « sclavus » qui vient de ‘slavus’ ou ‘slave’, par référence aux prisonniers faits par Otton le Grand (912-973). Esclave désigne en fait la condition de celui qui, devenant la possession d’un autre, est privé de sa liberté, c’est-à-dire, une conception inégalitaire de l’Homme liée donc à la propriété, exploitation ou négociation comme bien matériel, d’autrui. Tel a été le cas de Platon, qui dénonçait l’esclavage, mais fut à un moment vendu comme esclave sur l’île d’Egine. Plus près de nous, partis de l’île de Gorée (4 Km au nord de Dakar), sous un numéro de matricule, vers l’Amérique Latine, la pratique marchande de l’esclavage fut réglée par le « Code Noir », (recueil de 60 articles préparé par Colbert et publié en 1685 sous Louis XIV), trafic auquel la Déclaration des Droits de l’Homme mit fin en1789. « Sclavus » désigne donc l’Homme réduit à la condition de marchandise, et il en existe encore des dizaines de millions, en Afrique, en Asie et en Océanie, alors, qui est « NOUS » !? Tout le monde et, le terme ne pouvant donc être appliqué désormais qu’en ce qui concerne les choses, « de QUOI » dépenderait notre façon de coexister avec l’argent, par exemple, ou nos propres penchants, nos vices, voire nos faiblesses ? Puisque l’on ne peut pas être esclave de deux Maîtres, ni esclave et libre (ou affranchi) à la fois, il nous fallait donc faire l’inventaire de tous les objets qui pourraient aliéner notre volonté, notre liberté, voire notre Humanité et, partant, convenir déjà que l’Homme libre est l’Homme, émancipé, puis, qu’il ne peut l’être sans le secours de la raison, ce que ne dispense pas de l’obédience à la Loi, la Norme qui, étymologiquement, se réfère à l’« Equerre », un ordre concernant le « monde imparfait du corps » aussi bien que celui, « parfait, de l’univers, de l’esprit et de l’idée », c’est-à-dire, l’un, fixe ; l’autre, mobile.

Les participants se sont exprimés avec enthousiasme, faisant noter « que le mot esclave était utilisé de façon provocatrice », « qu’en Grèce se passent des ‘choses’ qui remettent tout en question », « que le but de la philo est l’amour de la sagesse », « alors que l’on est esclave comme avant la caverne », et les uns se « demandaient ce que l’on va devenir ». Cela dépendrait « de l’air du temps ? », « de la lutte contre nous-mêmes et le monde extérieur », « ainsi que du quotidien », « le sexe et la cigarette ? » « Le sujet serait culpabilisant, donc », « malgré l’espoir apporté par l’Utopie espagnole en Andalousie », « mais aggravé par le milliard de trop de gens sur terre », « l’évasion fiscale », « la situation en Chine (proche de l’esclavage), en Grèce, en Egypte ou Haïti, reproduisant la servitude et le désir de s’en libérer ». Empiré par « les incertitudes », face à « l’individualisme », « le féminisme », « la société bloquée ». Insupportable pour celui qui, « esclave de son ventre, a faim et souffre du besoin manger » et du « manque de solidarité », « bien que l’on puisse faire de ‘l’auto-stop’ » et « éviter les péages », « remplaçant l’individualisme par la politique ». « Que faire ? Désobéir ? », « Serions nous esclaves de notre ‘Education’ ?», « des complications administratives », « ou de notre imaginaire ? », « Esclaves parce que nous n’arrivons pas à nous libérer ?» « Je m’identifie au cheval, pas au bœuf sous le joug », « ni à la grille des salaires ». « Par qui sommes-nous exploités ? Il y en a marre.» ; «  le corps est sacré ! »,  et pourtant « esclaves de l’auto-esclavage qui commence par la ‘méritocratie’ ». « Sartre, a bien dit ne ‘jamais avoir été si libre que sous l’occupation’ ». « De quoi ne sommes-nous pas esclaves, d’ailleurs ? », si « le mot esclave est utilisé à toutes les sauces  », « et la servitude volontaire est une réalité », etc., etc….

Et l’on a abouti à la conclusion finale, « on est condamnés à choisir », avant la poésie de Gilles qui mit un terme à l’exercice.

- Qu’est-ce qu’on dit ?

- Mer…ci…

-Merci, qui ???

-Merci, maman…

Carlos

Le débat du 31 mars 2013 : « Quel sens peut-on donner au silence ? », animé par Sabine Miniconi.

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Posted on 27th mars 2013 by Gunter in Uncategorized

Débat du 7 Avril 2013: « Parlons du désir de Café-Philo », animé par Bernard Benattar

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Posted on 8th avril 2013 by Carlos in Uncategorized

Alors que, ayant trait à l’évasion fiscale, l’affaire Cahuzac remplissait toute l’actualité de la semaine, le marathon de Paris, lui, était remporté par le Kényan Peter Some, après avoir semé tous les autres concurrents dans les trois derniers kilomètres, et l’Ethiopienne Born Tadese triomphait du côté des femmes, tandis que la course cycliste Paris-Roubaix était emportée par Fabian Cancellara, le 7 Avril donc, au Café des Phares®, le public présent se disposa à broder autour du thème proposé auparavant « Parlons du désir de Café Philo », animé par l’auteur du sujet, Bernard Benattar.

On devrait dès lors essayer de savoir, tout d’abord, qu’est-ce que le Désir ? Puis, qu’est-ce que Café Philo ? Point du tout ; comme d’hab, on est partis dans tous les sens, le désir de « parler » l’emportant sur la pertinence des propos.

Marc Sautet, lui, a voulu créer « Un café pour Socrate » afin de comprendre « comment la philosophie peut nous aider à saisir le monde », et, pour cela, dès 1992 il a animé, au Café des Phares, des débats ouverts à tous chaque dimanche et fit en sorte que la philosophie devienne un moyen de réflexion quotidien, afin de maîtriser le présent et déjouer ainsi les dangers qui nous guettent dans le futur.

Certes, « Philos » traduit en grec par « φιλος », signifie un « amour désintéressé ». De son côté, le « Désir » s’impose à la conscience comme une volonté de notre être. De là à affubler de « désir », une envie, en vue du plaisir d’une irrépressible logorrhée, il semble que ce serait pousser le bouchon un peu loin… En effet, « Désir », a une origine « sidérante » et signifie, étymologiquement, la « volonté de voir une étoile », c’est-à-dire, la faculté de représentation de l’absence par la réduction de la tension issue du sentiment de manque, compris dès lors positivement, puisque source de plaisir contribuant au bonheur, ou, négativement, en tant que cause de souffrance ou insatisfaction, similaire donc au besoin.

Voyons :

Parler, c’est faire usage d’un langage articulé, destiné à communiquer la pensée.

Désir, de « siderare », veut dire, cesser de contempler l’étoile (astre, « sideris »), afin de, littéralement combler un sentiment de manque.

Café, est une boisson aromatique, excitante et tonique, qui dénomme aussi le lieu publique où elle est consommée.

Philo, abréviation de philosophie, signifiant « aimer ».

Qu’en a-t-on fait ?

Une ballade, à peu d’exceptions près, dans des lieux communs, sans pousser le bouchon plus loin, loin dans l’univers du désir. D’aucuns prétendaient que l’on « cherchait une ambiance, dans le Café Philo », d’autres « à souffler sur les braises de l’intellect » ou encore « à trouver des communautés de philosophes » et « à combler la nostalgie de l’Agora ainsi que de Socrate » « s’inspirant de sa maïeutique », lorsque une participante résuma le tout avec un « Thèse, antithèse, foutaise ; c’est après le débat que l’on pourra réfléchir », bien qu’un autre nous rassure, disant « qu’il préférait être là que devant son ordinateur », à quoi on a ajouté « la joie de trouver une perle dans tout ce que l’on a dit », « cela me réjouit, dit un troisième, mais souvent je m’emmerde ».

« Il faut revenir aux ‘fondamentaux’, clama une femme ; je viens au Phares depuis 1995, et on y choisissait un sujet parmi ceux qui étaient proposés sur place, ce qui était stimulant pour l’esprit ; je constate maintenant que les thèmes sont de plus en plus imposés d’avance ». « Lacan parlait de ‘parole vide’ et de ‘parole pleine’, rappela quelqu’un ; or, c’est lorsqu’elle est pleine qu’elle fait rebondir ». Un habitué a lancé que « philosopher est apprendre à mourir », bien que le précepte ancien proclame qu’il faut « vivre d’abord, avant de philosopher ». Quelle serait alors notre référence ? Je dirais que l’on réfléchit seul, pas à plusieurs, aidés par l’expérience de ceux qui nous sont donnés en exemple d’intransigeance morale. Le désir ne se contente donc pas de contempler, mais cherche à consommer l’objet, « desirare » renvoyant en effet au constat d’une absence, une solitude ; déplorer une perte. L’idée primitive est donc négative, dès que, quelqu’un ou quelque chose nous fait défaut, tandis que souhaiter cherche à obtenir tout, demander même la Lune. Personne n’est là, par hasard, mais guidé par la curiosité d’Alice au pays des merveilles. Que nous reste-t-il, alors, en dehors de l’amour de la sagesse ?

L’amour de l’être que chacun porte dans son cœur.

Carlos

Débat du 14 Avril 2013: « La violence est-elle naturelle ? », animé par Alexandra Ahouandjinou.

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Posted on 15th avril 2013 by Carlos in Uncategorized

Au delà de l’annonce inattendu d’une « Dame de Fer » qui aurait fondu, comme a disparu aussi le président Vénézuelien, Hugo Chavez, des péripéties de l’argent en quête d’un refuge assez sûr pour ne pas se liquéfier, alors que la Feuille d’Impôts arrive et le Constat de la brutalité, ou fureur, dans les rapports entre Pays dont la souveraineté est reconnue par l’ONU se cristallise, ainsi que la résurgence du polémique  « Mariage pour Tous », l’habituel débat dominical, au Café des Phares®, n’a pas fait défaut, et eu lieu le 14-4-013 sous l’animation d’Alexandra Ahouandjinou qui a choisi comme propos de nos réflexions la question : « La violence est-elle naturelle ? »

Aristote définit la « nature » comme ce qui possède en soi-même, le principe de son propre mouvement, c’est-à-dire, une spontanéité autonome qui a en vue le développement. Par ailleurs, dérivant du latin « vis », soit la « force », la « Violence » consiste par définition dans l’emploi illégitime ou illégal de celle-ci, bien que l’application du « Droit » (de la Loi) par la force, ne soit pas considérée, à proprement parler, comme une violence. L’expression « violence », naturelle ou légitime, semble donc paradoxale. Est-elle naturelle, pour se conformer à la nature ? Relève-t-elle du droit positif ? Autrement dit, s’agissant de conventions, quel est le champ de ce qui est légal et de ce qui est légitime, étant entendu qu’une loi n’est pas forcément juste ? Elle ne l’est que rendant légal ce qui est légitime et illégal ce qui est illégitime, légitime étant tout ce que chaque Homme est autorisé à faire, quelles que soient ses particularités naturelles (sexe, force, couleur) ou culturelles (nationalité, religion). Or, « Naturel » étant donc tout ce qui existe indépendamment de l’action humaine et s’oppose par conséquence à « artificiel » ou « intellectuel », bref, « acquis », le fait de s’interroger à ce propos découle déjà d’une intention à caractère « civilisé ». Par « naturel » on doit entendre donc, « rationnel », c’est-à-dire, une identité ontologique et point culturelle, à opposer aux conceptions naturalistes, voire, racistes, la raison voulant que tous les individus soient égaux devant la loi, au-delà de leurs différences naturelles, telles le sexe, la force ou la position sociale.

De son côté, l’emploi du Droit ou justice par la force, n’est pas à proprement parler une Violence malgré, bien souvent, le manque de transparence ; ça fait partie de la nature des animaux et, afin d’organiser la vie en société, l’Etat démocratique se base sur la conception de trois Pouvoirs séparées : Législatif, Exécutif, Juridique, dont le Pouvoir Policier, qui a une portée plus ou moins arbitraire. Dès lors, « violence naturelle » apparaît, à mes yeux, comme une Antinomie, un Paradoxe. Mais, au Phares, on fait feu de tout bois. On est là pour ça.

On a ensuite papillonné passant du « sursaut du Printemps », à « la violence inhérente à l’Homme », « le premier acte en serait celle de Caïn sur Abel », puis « Judith qui décapite Holopherne », ainsi que « de l’inhérence à la nature humaine », « bien que dans la nature il n’y ait pas d’intention ». « L’Homme serait-il une construction, alors ? » « Puis, quelle violence ? Homme envers l’Homme, la nature contre l’Homme, Institutionnelle, Intentionnelle, relative à une époque (lapidation) ? », « Tremblements de Terre ? », « la torture ? », « éviter la confusion : nature (un orage, par ex.) ou ce qui est naturel ? », « Est-ce un mal nécessaire ? », « violence envers soi-même ? », « condition même de la nature humaine ? », « transcender la violence ? », « le consensus est-ce une violence ? » « l’Utopie », « l’idée de dernière fois », « le fait de rendre la vie plus intense », « les tragédies, genre Hamlet », « qu’est-ce que la vie sans la mort ? », « on n’est qu’un maillon », « le désenchantement du monde »…

Finalement, Gilles mit un terme au concours d’idées, et nous partîmes, ruminant des brins de paix…

C’est bien connu :

Au bord d’une rivière, un scorpion voulait la traverser, et demanda à une grenouille de l’amener sur son dos. Elle accepta, mais au milieu du gué, l’arachnide l’a piquée.

-Tu ne vois pas, lui dit-elle, que je vais mourir, mais toi aussi ?

- Certes, mais je n’obéit qu’à ma nature !

 Carlos

Le débat du 20 avril 2013 : « La force des faibles », animé par Emmanuel Mousset.

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Posted on 18th avril 2013 by Gunter in Uncategorized

Le débat du 28 avril 2013 : « D’où vient le mal ? », animé par Nadia Guemidi.

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Posted on 23rd avril 2013 by Gunter in Uncategorized

Débat du 25 Mai 2013: « Le ciel est-il bleu par convention? En fait, il est rouge. », animé par Gunter Gorhan.

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Posted on 8th mai 2013 by Carlos in Uncategorized

Au cours d’une semaine assez mouvementée dans le monde entier, du point de vue politique, aussi bien aux USA, qu’en Syrie, Palestine, Iran, Allemagne et en France, où des mouvements sociaux se font sentir tant dans l’espace laborantin que dans la société civil, causant des graves soucis au nouveau Président, harcelé par le  Front de Gauche qui manifestait bruyamment ce dimanche à la Bastille son impatience de changement, tandis que le peuple du Café Philo des Phares® s’y réunissait, le 5 Mai 2013, comme chaque semaine, afin de, ce jour-ci, se poser non seulement une question, mais hasarder aussi une réponse : « Le Ciel est-il bleu, par convention ? En fait, il est rouge », débat que Gunter Gorhan fut chargé d’animer.

Désolé. Je me précipite peut-être mais, convention ou pas, il semblerait que le Ciel n’est ni bleu ni rouge ! Il n’est carrément pas. Bien qu’envisagé comme un système parfaitement ordonné, ce que l’on appelle « Ciel » serait un VIDE que l’on désigne scientifiquement « Atmosphère », couche de gaz qui entoure le globe terrestre et est à même d’absorber tout le spectre de la lumière, tel qu’il se présente dans un Arc-en-Ciel, par exemple, et que de ce fait, le nez en l’air, l’on perçoit comme Bleu. En effet, par « Univers », on entend généralement tout ce qui existe, c’est-à-dire, un ensemble d’astres visibles au-dessus de nos têtes, soit, un Monde ou Système Solaire limité par l’Horizon, dont l’espace ostensible, nommé Ciel, ou Firmament, correspond à une somme d’énergie dégagée par des objets célestes, tels que les Galaxies, Supernovas, Etoiles ou Soleils, constituant un amalgame d’hydrogène et d’hélium, qui représente à peine 0, 5% de la composition de cet Univers ; le reste, là où il n’y a pas d’Etoiles, Galaxies, Supernovas ou autres objets planétaires, pour éclairer l’espace, disons 0, 90%, du Tout, c’est le VIDE. Noir Total ; rien à voir.

C’est donc, grâce à cette étoile, notre Soleil, une immense boule de feu mesurant environ 700.000 km, (soit, un gigantesque brasier provoqué par la transformation continue d’hydrogène en hélium), qu’à chaque seconde, plus de quatre mille milliers de tonnes d’hydrogène, sont transformées en énergie, pour nous éclairer.

Tout bien considéré, donc, ce soit disant « Ciel », ne serait que du Néant ; du pur Espace ! Une vacuité infinie qui sert de théâtre aux phénomènes naturels, ou astronomiques, les plus variés et, si cette « Voûte céleste », nous parait azurée, c’est justement parce qu’il n’y a RIEN, dans cet immense vide, pour absorber le spectre de la lumière solaire et, par conséquence, le firmament reste plutôt NOIR, noir comme la nuit, au cours de laquelle aucun autre objet ne diffuse quelque éclairage que ce soit !

Pourtant, l’affirmation qui fut le prétexte de notre débat, nous a permis d’explorer certains aspects de la réalité que l’on néglige souvent, et c’est ainsi que, le court instant d’un débat philosophique… aux Phares, nous nous sommes interrogés aussi, sur des différents aspects existentiels.

Naturellement, les interventions fusèrent, et on a donc évoqué « la longueur d’onde qui, dans l’infrarouge se présente comme noire, mais devant toute son étendue nous révèle tout le spectre chromatique, déjà une vision de l’art ». D’autres on envisagé « faire une critique de la philosophie et se libérer de la science procurant un rapport entre le mot et chose », alors que « la science du langage se confond précisément avec la philosophie, le mot et la chose », « la ‘Terre’ étant considérée comme la planète ‘bleue’ » et « le langage une convention », alors que d’autres le démentaient. « La ‘terre’ serait ‘bleue’ comme une orange » et, « à chacun sa vérité », « vérité individuelle ou vérité absolue », « un langage univoque n’étant pas concevable », « Braque, jugeant que ‘le vase donne sa forme au vide’ et ‘le silence à la musique’ », « Van Gogh affirma que ‘le ciel est vert’ », le fait étant que « toute la philo est métaphorique », comme « les habits d’apparat du ‘Roi qui va nu’ (Andersen) », « des Conventions et des Normes par rapport à la Liberté et à la Loi », « la subjectivité dans l’Art », puis il fut affirmé que « 1) l’idée vraie, est libre ; 2) chacun peut et doit être sujet ; 3) Une vie sans idée n’est pas une vie ! » …  Enfin, on a fait état d’un tas de phénomènes intéressants, bien que la salle commença à se vider petit à petit, en raison du meeting qui se préparait à l’extérieur.

Puis, une fois que l’animateur, ait conclut que « c’est nous qui décidons aussi bien du réel que de l’imaginaire, de sa verve, notre poète mit fin à la séance.    

Au comptoir :

- Dis, donc : Le ciel est-il bleu ou rouge ?

- Excuse-moi, je suis dans les nuages. Pour moi, un pastis.

 Carlos

Débat du 12 Mai 2013: « Penser, c’est dire « non ». Qu’en pensez-vous? », animé par Jo Strich.

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Posted on 13th mai 2013 by Carlos in Uncategorized

En France, on travaillait à une mobilisation générale contre la construction de l’aéroport de Notre Dame des Landes, aux USA douze ans après, une nouvelle Tour, « One World Trade Center » ou « Freedom Tour » qui avec 104 étages devient la troisième plus haute tour du monde, remplaça, les Tours Jumelles détruites par attentat du 11 Septembre 2001, et au Café des Phares®, les fidèles habitués remplirent la salle pour assister au Débat du12 Mai, 2013, animé par Jo Strich, lequel choisit pour sujet de ce dimanche : « Penser, c’est dire ‘Non’. Qu’en pensez-vous ? »

Dire ‘Non’ à quoi ? Si l’on affirme que « penser est dire ‘Non’ », nous « pensons répondre ‘Non’ » ! , tout bonnement, voyons !!! Dans les Hôpitaux psychiatriques, on trouve beaucoup de patients se cognant la tête sur les murs et criant « non », « non »… sans que l’on approfondisse raisonnablement leur pensée.

Dès lors, quelque chose m’inquiète, donc. Où se trouve-t-on ? On dit « NON », parce que PENSER serait ça ??? D’où est-ce que ça sort ? Apparemment, il n’y aurait même pas d’alternative ; pas d’échappatoire ! Dès lors, pourquoi ajouter ce « Qu’en pensez-vous ? » puisque la réponse ne pourrait, logiquement, différer de ‘NON’ !!!, RIEN !!! Je ne fais que passer. Si la « doxa » a tranché, affirmant que la « Pensée  est la négation de Tout », à quoi ça sert de lui retourner la question ; de lui resservir le plat, avec ce « qu’en pensez-vous ? » Et si l’on estimait que « penser , c’est dire ‘Oui’ ? » Dire « oui » à la quête de la connaissance ? Ca se mord la queue, ce truc ! Il y a là un sophisme, un manque de rigueur qui, à mon avis, ne sied pas aux philosophes. Ce débat, aporétique, consisterait, donc, à « chercher des poux » dans la tête de son interlocuteur ? Il se trouve que ce n’est pas si simple que ça ; « Penser » c’est autre chose que de dire « Non », tout bonnement ; ça se saurait, et on en aurait des résultats plus pertinents lors des différents Référendums.

Voyons ! Si l’on détermine, tout de go, que « Penser, c’est dire ‘non’ », qu’importe dès lors l’opinion de l’autre, attendue de ce « qu’en pensez-vous ? » Je ne pense Rien ! S’agit-il de démagogie ? Faire « café philo », se creusant les méninges ? « Penser » appartient, en fait, à une autre catégorie, parmi celles définies par Aristote, et il me semble que « Etre » et « Pensée » sont le même, ontique, et ontologiquement, si l’on pense en termes d’universalité ; ces représentations n’ont point le but de « dire ‘oui’ ou ‘non’ » à une simple velléité, comme le faire « Non » de la tête de quelqu’un qui peut, éventuellement, produire le bruit métallique d’une tirelire où tintent les pièces épargnées ; on ne pourrait pas le dire, pourtant, même d’un participant, présent au Phares, qui ne s’exprimerait que par des onomatopées. Mais, pour en venir au fait, je voudrais préciser que, par définition, « penser »  ne dit rien du tout ! Muette, la faculté de juger, ne fait « ni oui, ni non », contrairement à la « Poupée de cire, poupée de son… ». « Penser », c’est Juger, établissant un rapport entre les catégories du langage par lequel on s’exprime. Dérivé du bas latin « pensare », et issu de « pendere » (peser, juger, croire), le mot « Penser » signifie, en fait, « apprécier », « estimer », ce qui va dans le sens de la détermination d’une valeur. Penser, c’est dépasser la négation, par la remise en cause d’un doute sur les certitudes établies, afin de ne pas se laisser berner. Qu’en déduire ?, me demanderais-je, plutôt, alors que le terme désigne d’ordinaire tout ce qui affecte la conscience de quelqu’un, une « activité psychique qui a pour but la connaissance », au lieu de se rapporter à des sentiments ou volitions, et se conçoit, au sens de l’entendement ou de la raison, comme faculté de comprendre d’un degré plus élevé que la perception ou l’imagination. Kant le définit par « l’union de représentations dans une conscience, caractérisant le jugement ». Dès lors, « quoi penser » de cette taciturnité, d’abord ? Puis, pourquoi en tirer, un ‘NON’ comme corollaire de toute pensée ?

C’était trop de grain pour notre moulin, peut-être… ? D’abord, tout ce que nous pensons est déterminé par une langue, qui façonne à son tour notre manière de voir le monde et de le conditionner donc, alors que l’on n’est pas emprisonnés dans les lisières de cet idiome. Celui-ci ne pose pas de limites à ce qui affecte notre conscience ; il ne réfléchit pas, et pourtant toute idée peut être exprimée par lui, même s’il s’agit là de deux réalités différentes. La langue est l’instrument par lequel la pensée s’exprime et cela n’arrive que par elle ; l’une ne va pas sans l’autre. Elles sont indissolublement liées.

Evidemment, la question a provoqué beaucoup de commentaires, allant de l’adhésion au refus, ou d’autres alternatives telles que le ‘peut-être’, le bouddhisme, à la cogitation, philosopher consistant à être ailleurs, et qu’il faut beaucoup de ‘non’ pour un ‘oui’, penser faisant appel à une capacité d’analyse qui peut nous amener à dire ‘non’ à soi, et pas rester comme un enfant devant sa glace, ainsi que d’autres remarques telles que l’évocation des anecdotes tirées de l’enfance d’Hervé Bazin dans ‘Vipère au poing’, le désarrois Nietzschéen, puis la question de savoir où placer le ‘non’ philosophique, alors que par le doute on cherche des certitudes, la ‘négation’ n’étant qu’une mise à distance, et qu’il faut ‘penser’ d’abord. On a évoqué le rapport entre le ‘oui’ et le ‘non’, ainsi que ‘le penseur qui se confond avec son image’, pour revenir aux grands philosophes, mêlés à ‘la guerre de l’Irak’, et à l’acte de courage que peut signifier le fait de ‘dire non’, et à la ‘pensée’ contenue dans un dialogue avec soi-même, alors que l’on dit oui à une chose et non à une autre ou même ‘peut-être’, afin d’avancer dans la pensée. Un autre intervenant se sentait interpellé par le ‘mythe de la caverne’ et même Hannah Arendt ou la pensée en action, puis, finalisant, une synthèse fut faite, au cours de laquelle a été mise en évidence l’ambiguïté de la langue française, sans alternative, et, si l’on dit ‘Non’, ce ne serait que pour se rapprocher de soi et du présent… après quoi, nous fumes invités à prendre la sortie.

Je pense, donc il se pourrait que « ‘je’ soit un autre » ! 

Carlos

Débat du 19 Mai 2013: « Seul un équilibriste peut marcher sur le fil de la vie », animé par Pascal Hardy.

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Posted on 19th mai 2013 by Carlos in Uncategorized

Le 11 Mai, plus de 15.000 protestataires contre projet de l’Etat destiné à construction de l’Aéroport de Notre Dame des Landes, ont établi une ceinture humaine entourant le site. La même semaine, au Parlement de Strasbourg, on discutait en Session Plénière sur les questions énergétiques, tandis qu’au Sommet européen, le sujet à l’ordre du jour concernait l’évasion fiscale, qui s’élèverait à mille milliards d’Euros, raison de la défaillance grandissante des établissements de crédit, décidés à actionner les mécanismes de surveillance bancaire nécessaires afin d’enrayer le phénomène, et redresser des banques confrontées à des problèmes de solvabilité, aussi bien qu’à entamer des négociations commerciales entre l’UE et les USA, afin de préparer, finalement, dans la meilleure des conditions, les élections européennes de 2014, et à activer même le « fonds d’aide aux plus démunis ».

Pendant ce temps-là, au Café des Phares®, le 19-Mai 2013, le Débat du jour, animé par Pascal Hardy, portait prosaïquement sur « Seul un équilibriste peut marcher sur le fil de la vie ».

Encore une fois, il me semble qu’il y a là, méprise mais, peut-être que pour les philosophes des Phares, le but ne soit pas d’être précis, alors que la différence est aussi nette entre un short et un bermuda, qu’elle l’est entre un « équilibriste » et un « funambule ». L’« équilibriste », est celui qui garde l’aplomb dans des situations où il est difficile de le maintenir, comme lorsqu’il nous faut changer une ampoule, par exemple, debout sur une chaise, voire y « faire le poireau » s’appuyant d’une main sur le dossier et l’autre sur le siège, ou même, par analogie, garder les limites du raisonnable en ce qui concerne le budget de la Nation, entre autres.

Par contre, celui qui marche sur un fil, soit-il « le fil de la vie », on l’appelle « funambule », terme qui désigne effectivement une personne qui déambule, par exemple, sur une corde fixée en hauteur entre deux points opposés, et dont le français Philippe Petit fut l’exemple le plus fameux pour avoir traversé des grands espaces entre deux tours, en Europe et aux USA, ou même les chutes du Niagara.  

Il se trouve que, bien que nous nous donnions pour tâche d’être les gardiens du sens, pour exacerber à la hâte notre débat de ce dimanche, ce câble est devenu « le fil de la vie » sur lequel « seul un équilibriste serait à même de s’aventurer ». En gros, si vous n’avez pas la fibre d’un acrobate, équilibriste ou funambule, il vaudrait mieux être mort-né. Seul un équilibriste aurait des aptitudes pour vivre ; seul un acrobate serait à même de se débrouiller afin de mener sa vie à terme.

Puisque si l’on n’avance pas, on recule, comme d’habitude on a trouvé des arrangements et des combines conceptuelles sur lesquelles nous appuyer dans notre fuite en avant.

C’est ainsi que l’on s’est inquiétés de la « tension du fil », de « l’excès », de « l’effet papillon », « l’absence de vertige », « le but étant d’arriver au bout du fil », « métaphore de la fin du débat », « la querelle Sartre/Camus », « la nécessité dans la vie, d’aller de l’avant », « malgré ses absurdités », « s’adaptant au fil tendu par le collectif », « dès la naissance », « tel une toile d’araignée », « et mener une vie tel que celle de Van Gogh (ou d’un aventurier de sac à dos), plutôt que celle d’un employé de la SNCF», « comme le désir, le fil est fixe », « un Homme ça s’empêche », « on s’enferme dans la conformité », « on n’est pas équilibré, on le devient », « un nazi peut devenir Pape », « la vie n’est pas à construire, ça nous revient de le faire », « la gratuité du geste », « différence entre équilibre et image sous-jacente », « pourquoi sommes-nous à l’horizontal si le fil de la vie est à la vertical », « pourquoi vouloir marcher au-dessus du sol, s’il n’y a que deux hauteurs : le sol et le pied », « sauf pour le philosophe pour qui il y a trois : sol, sursol, sous sol ». La question de fond subsistait, c’est-à-dire, « Comment vivre sa vie », « savoir saisir le temps qui passe » et « les opportunités », « toute la vie n’étant pas que l’intention ou le projet, contingence ou absurdité ».

Pour conclure, l’auteur du sujet se « référa à une métaphore de base, image terre à terre qui nous a permis des élévations au niveau de l’équilibre, si connoté : rester debout et aller de l’avant », puis Gilles déclama sa poésie « entre le fil de la vie et le salaire de la peur, la solitude et l’être », …« toute la vie n’étant pas dans l’intention ou le projet », à la suite de quoi, satisfaits de la contribution apportée à l’évènement hebdomadaire et à la philosophie en général, nous avons débarrassé la salle.

- Tu sais quelle est la ressemblance entre un facteur et un équilibriste ?, demandait à l’autre, un des participants.

- Non. Je ne vois pas…

- Il faut à tous les deux, beaucoup d’adresse…

Carlos

Le débat du 26 mai 2013 : « Toutes les douleurs sont-elles un scandale ? », animé par André Stamberger.

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Posted on 23rd mai 2013 by Gunter in Uncategorized

Débat du 2 Juin 2013: « Toute croyance est-elle contraire à la raison? », animé par Nadia Guemidi.

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Posted on 3rd juin 2013 by Carlos in Uncategorized

Que de bouleversements dans la semaine que vient de prendre fin. Le conflit Israélo-Palestinien a connu une récente recrudescence, en France, le président François Hollande s’est trouvé embarrassé par des nouveaux déficits face aux enjeux européens, ce qui ne l’a pas empêché de célébrer le premier mariage homosexuel à Montpellier, tandis qu’un exceptionnel poète musicien, le baladin Georges Moustaki, quittait le peuple des amateurs de rêves. Malgré tout, comme chaque dimanche matin, ceux qui se penchent sur le réel, remplissaient le Café des Phares®, le 2 juin 2013, pour se demander « Toute croyance est-elle contraire à la raison ? », un sujet choisi parmi une dizaine d’autres, et animé par Nadia Guemidi.

Aucune chance n’était réservée à l’entendement, alors que Saint Augustin, philosophe et évêque d’Hippone de 395 à 430, et qui n’était pas le dernier des sots, avouait humblement: « Credo ut intelligam » (Je crois, pour comprendre), en somme « Je crois pour m’accommoder à l’entendement » ; « m’accommoder » c’est-à-dire « m’assujettir », pas m’en en affranchir, aller « à contrario ». Mais, à vrai dire, on n’est là que pour parler, chacun son tour, peu importe si tout est improvisé, comme par exemple le constat de Descartes « Je pense, donc je suis », travesti en « Je crois, donc je suis », au vu de tout le monde, même si le propos se revêt, là, d’une portée sémantique tout à fait discordante ; ça passe néanmoins comme une lettre à la poste… On constate, donc, que la multiplication des animateurs (sans mettre en cause la compétence d’aucun d’entre eux) fut une fâcheuse initiative de la Haute Autorité des Phares dont le souci, soi disant démocratique, est que quelqu’un y mette de l’entrain, comme un vulgaire chauffeur de salle. Or, la philosophie n’est pas une banalité, même si elle tend à être divulguée auprès de couches de publics de plus en plus vastes, tel que l’a souhaité Marc Sautet, l’initiateur de la démarche. Il faut donc se rendre à l’évidence de la nécessité d’une certaine compétence et d’une indispensable rigueur pour s’y coller, afin d’exaucer ce vœu, tellement les mécanismes de la compréhension ou environnement du message peuvent se revêtir des mêmes habits que le roi qui va nu.

Il est aussi difficile de se faire comprendre, que de savoir ce que l’on saisit de ce que l’on entend d’autrui, et donc d’ajuster un poli dialogue concevable, car un tel exercice n’est pas linéaire. On conceptualise et l’oubli en fait partie ; on transforme sans arrêt le sémantique en conceptuel (le sens se faisant représentation mentale et abstraite), comme lorsque l’on raconte un film à quelqu’un qui ne l’a pas vu et l’omission, volontaire ou pas, surgit. Or, le message est composé de différents éléments, tels que nos connaissances sur le langage, de type culturel, voire encyclopédique, c’est-à-dire, notre discours embrasse un tel ensemble de savoirs qu’il peut vite devenir un stérile poly dialogue. Trop de sable pour notre camionnette, tant que l’on ne se demande pas :

1)     Qu’est-ce qu’avoir un sens ?

2)     L’énoncé est-il vrai ou faux ?

Alors, on a tendance à répondre au juger, au cours de nos exercices dominicaux, sans se soucier de ce qui est intelligible ; sans se préoccuper des relations logiques des phrases ou propositions lâchées comme si l’on répandait des confettis, nous référant à un ensemble d’univers possibles bien que, si l’on veut se comprendre, d’après Montaigne, on doit savoir à quoi le monde doit ressembler pour que notre propos soit vrai, c’est-à-dire, connaître les conditions de sa vérité.

Ceci dit, l’heure et demie de bavardage fut assez remplie, avec, bien entendu, des moments de pure introspection, comme « cette croyance qui peut venir de la doctrine ou sortir du cœur, avoir la foi, faire crédit à quelque chose », « pour avoir la bonne santé », « je suis athée mais, au XXIème siècle, il y a de la place pour le religieux », « on ne peut pas comparer », « l’horloge dont en déduit la nécessité d’un horloger », « le pari de Pascal », « la raison qui ouvre d’autres horizons », « il s’agit de ‘croire en’ et pas de ‘croire qui’, Kant laissant une place à la foi », « la croyance religieuse n’a rien à voir avec la raison », « Levinas ne comprend pas Simone Weil » « qui atteint l’émotionnel ». Là-dessus, voilà que l’on ajoute « le Tremblement de Terre de Lisbonne (1 Novembre 1755) qui a provoqué une vive polémique entre Rousseau et Voltaire, le premier l’attribuant aux Hommes, le second à Dieu ». On a rebondi sur Einstein et les Lois de Newton, puis sur « les moments extrêmes de la vie qui peuvent nous maintenir debout ou nous mettre par terre, la raison se trouvant entre la Croyance et la Volonté », « alors qu’aujourd’hui tout est traduit en langage mathématique », quelqu’un ayant confié « être pour la séparation des pouvoirs : Dieu d’un côté, les Hommes de l’autre », «… puis la science », « la croyance, vide quantique, ne pouvant rien expliquer », alors que « l’on a besoin de croire en des valeurs pour vivre ».

Pour en finir, Gilles nous a fait part de sa « Confiance en quelque chose… l’intelligence du cœur, il a été dit, en guise de « Cogito » : «Je crois, donc je suis ».

Dehors :

- Dis, donc… Quel était le sujet philo de ce matin ?

- « Toute croyance est-elle contraire à la raison ? »

- Ca n’a pas de sens…

- Siiii… 

- Et qu’est-ce qui te fait croire que ça peut avoir un sens ?

- Le fait que cela partait dans tous les sens !

Carlos

Débat du 9 Juin 2013: « Doit-on interdire certaines idées? »,animé par Michel Turrini.

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Posted on 10th juin 2013 by Carlos in Uncategorized

Ca va mal. Beaucoup de manifestations étaient à enregistrer, ce 9 juin 2013, allant de la Manif « non à l’Euro » auprès du Ministère de la Jeunesse et des Sports, au Rassemblement des Enseignants contre la précarité dans l’Education Nationale en face du Rectorat de Paris, à la  Manif des Postiers devant le siège de leur Ministère de tutelle, en vue de défendre leurs intérêts, en passant par, les employés de France Télécom contre leur grade de reclassement aux abords du Sénat, des Egoutiers sous la Tour Eiffel, de la Maternité  des Bleuets, au Métro Solférino, rassemblement cycliste « Vélorution » contre les Armes nucléaires, Place de la Bastille, ainsi que la Marche Blanche suite à l’agression de Clément Méric, « sans papiers » place de la Bastille, plus la Marche des Femmes contre l’Autorité, place du Palais Royal. Au Café des Phares®, Michel Turrini prit la charge d’animer le Débat du jour : « Doit-on interdire certaines idées ? ».

A première vue, je dirais « Non » ! Sinon, lesquelles ? A quoi peut ressembler une « certaine » idée ? Une idée véritable ? Réelle ? Sûre ? Ou Douteuse, hypothétique, indéterminée ?  

L’Idée (du grec « idein »; latin « idea »), est une représentation mentale formée dans un l’esprit, peut importe lequel, et dont le synonyme est : « pensée », « opinion ». Y en aurait-il des « vraies » et des « fausses » ? Des plus ou moins dignes de circuler ? Quel critère de jugement adopter pour en juguler certaines ? On en trouverait des plus ou moins viables ?

Voyons. Les « Idées à priori », ou Idées préconçues, ne sont pas des Images à considérer de façon émotive, mais des objets concernant la logique, présents dans notre for intérieur, dans sa conscience. Pourtant, malgré l’attention porté au sujet, on était loin du compte. En effet, inertes, les Idées sont des actes de pensée par lesquels le philosophe influe sur le monde. Que faire des Idées fausses ? Comment en juger ?

Opposée à « image », qui en est le signe, en Philo, l’Idée, est couramment synonyme de concept, représentation intellectuelle d’un objet de pensée, considéré comme existant, en soi. Une réalité absolue, hors de nos esprits, c’est-à-dire, une sorte de type éternel des choses (chez Platon), que l’on connaît dans la lumière intellectuelle (Saint Augustin) et que permet de porter des jugements normatifs. Seul véritable objet de la science, l’existence des Idées, c’est leur indépendance à l’égard des choses (res) qui en offrent une représentation sensible et singulière. Nous ne créons pas les Idées ; elles sont des éléments d’un univers de pensée, comme les corps le sont par rapport à la matière, les Idées transcendantales ou à priori, étant l’explication dernière des faits, chez Kant.

L’« Idée » est une conception de l’esprit, une intention, une manière de saisir. L’Idée, est un objet de pensée en tant que Pensée, et sujet à de nombreuses acceptions, une quarantaine, voire, autant que de conceptions philosophiques, allant de la représentation abstraite d’un être à la conscience que l’on en a, ainsi qu’à la façon de concevoir. De l’idée fixe à l’idée reçue, ces êtres vivants se portent, dans le monde occidental, sur la perception ou modèle intelligible des choses et des connaissances acquises au cour des siècles, à partir de la cogitation de philosophes tels que Anaximandre, puis Aristote (tous les deux du IVème siècle av. JC). Ensuite, chez Parménide, (partant de ειδος), l’« Idée » d’une échelle des Êtres se fit jour, ainsi que les quatre types de « Causes » : Forme, Principe, Âme, Acte, en qualité de support du changement, s’opposant à la « Doxa » (gr.Дοξα), « l’opinion », ou conjecture, variable d’un individu à l’autre ; pour Platon, enfin, (et nous voilà, ‘doxant’), l’« Idée » devint le modèle intelligible des choses, universel et immuable (ex : l’affirmation que l’idée de Justice est unique, même si les opinions sur elle diffèrent). Enfin, pour en finir, « Eidos » devint l’essence des « Choses », les choses qui n’en en sont que des manifestations sensibles. L’Idée, elle, est ce qui permet d’appeler, d’un même nom, des objets différents, ex : l’idée d’« Homme » porte sur la nature de l’Homme et permet d’en parler de façon abstraite, alors que l’on ne rencontre jamais que des « Hommes » bien concrets, dans l’expérience de notre quotidien, ou des « chaises », fabriquées d’après l’Idée que l’on a, de ce qu’est-ce qu’une Chaise. L’Idée est, disons, la Règle  pour bien penser, de la même manière que La Loi, est une Règle établie pour bien se conduire.

Puis, après Descartes, l’Idée devint la figure de la Chose formée dans notre esprit lorsque nous la concevons ; pour Hume, l’image effacée de nos impressions (pensées ou raisonnements), tandis que, de son côté, Kant la distingua du Concept, l’Idée s’apparentant à ce que la Raison produit, lors quelle s’efforce de penser au-delà de l’expérience, et finalement, Hegel, l’attacha à l’identité du concept et de l’objectivité, voire, ce qui est vrai en soi et pour soi.

Qu’est-ce que l’on en a fait ?

Après un premier « Non », on a évoqué un scandale impliquant des « skinheads », va savoir pourquoi, puis, étant question d’Idéal, il a été dit que l’on ne peut pas les interdire, sauf les idées racistes, et que l’on en crée des ‘lois mémorielles’ pour étaler ce que l’on dit et avoir confiance en la démocratie. Ensuite, fut évoquée la figure de Mobutu, président du Congo après l’arrestation suivie d’assassinat de Patrice Lumumba, Obama et ‘ses tendances fascistes’, puis « ‘l’interdit d’interdire’ de Mai 68, taxé de ridicule », « l’errance des gens et la fuite de la pensée », suivie de la question « qui va décider qu’une opinion est intolérante, », « faire la différence entre ‘idée’ et ‘idéologie’ », « les idées interdites qui repartent », « la manif ‘mariage pour tous’ », « idées idiotes, la hausse des prix », « faire la distinction entre ‘action’ et ‘parole’ ainsi que respecter le devoir d’informer le peuple ; qui va décider d’interdire, ou pas, les idées ? ». Il a été faite la « distinction entre ‘idées’, pluriel, et ‘idée singulier, donc du lien entre singulier et pluriel, le couple Héphaïstos et Athéna, l’imaginaire et l’interdit ; ‘idées’ au pluriel/’plaisir’ au singulier, les premières venant d’en haut, les secondes d’en bas, car elles seraient gênantes ». Quelqu’un dit « regarder les peintures sur les murs de la salle et être obnubilé par les cuisines qui parlent aussi », et nous sommes revenus  « à Brassens et aux OGM (va savoir pourquoi) », et la jeune fille en face de moi entend « qu’il y a différents tons de parole, allant de l’insulte à l’humiliation et que l’expression d’une idée peut faire beaucoup de mal », un autre participant ajoutant que « lorsque ‘l’idée prend des armes’, ça peut faire beaucoup de mal », et un autre encore se demandait « si c’est faisable de ‘tuer des idées’ », « ‘kairos’ étant le moment où les choses arrivent », « les Phares équivalant à la Caverne de Platon »…

Puis, faisant usage de ses rimes, Gilles se référa à « la maladie de penser… » et, déjà dehors, le débat prit doucement sa fin.

 

- Dis, donc. « On devrait interdire certaines idées », tu ne trouves pas ?         

- Lesquelles ?

- Celle « d’interdire », par exemple ; non ?

Carlos

Le débat du 16 juin 2013 : « La tolérance : ouverture de l’esprit ou mascarade ? », animé par Daniel Ramirez.

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Posted on 12th juin 2013 by Gunter in Uncategorized

Débat du 23 Juin 2013: « A-t-on le droit d’aimer ? », animé par Gérard Tissier.

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Posted on 24th juin 2013 by Carlos in Uncategorized

Une grande activité politique secouait le Parlement Européen, où se déroulaient des réunions importantes sur le Budget ainsi que d’autres projets financiers, pendant que la Commission des Affaires Etrangères se souciait de la situation en Iran et organisait l’utilisation des fonds de solidarité pour la Croatie, la Slovénie et l’Autriche, frappées par des inondations de l’automne 2012, s’occupait des contrôles Techniques des voitures et, dans la perspective d’adhésion de la Croatie à l’UE, préparait l’inauguration de l’exposition de photos « Welcome Croatie ». Au Café des Phares®, le 23 juin, au cours d’un débat, animé par Gérard Tissier, on ne pensait qu’à « ça », au sens Freudien : « A-t-on le droit d’aimer ? »

Etrange question. Elle fait état d’une rare insuffisance vis-à-vis du « Droit » et peu cas de l’« Amour ». Etonnant qu’elle vienne de la part d’une jeune étudiante de Barcelone, quoique…

De quel amour nous sommes-nous mêlés, alors ? Philia, Erôs ou Agapê ? D’un côté, au vu de l’interrogation, « a-t-on le droit », la passion amoureuse, qui inspire de l’inventivité, semblait plutôt nous déposséder ou priver l’individu de soi-même, voire de ses moyens, en raison de la nécessité de se plier aux exigences d’un éventuel impératif moral.

Or, fondé sur une puissante tendance innée, il est constant, qu’entre passion et action, l’amour brûle de la volonté de s’approprier l’autre, contre « vents et marées », en même temps que du désir de lui vouloir du bien. Cela s’apprend ? Est-ce fragile ? En tous cas, si l’Amour était objet d’une formalité juridique, « le droit », cela signifierait qu’une règle morale ou un énoncé prescriptif s’opposerait à un sentiment dont l’intensité incite une partie à rejoindre l’autre, ou que des tas de démarches seraient à entreprendre auprès d’improbables instances compétentes, avant de le faire. Sinon, pourquoi s’encombrer de légitimité ? Droit ou pas droit, les êtres sont portés à s’aimer. Ils sont à même d’éprouver de l’amour réciproque à un point qui leur fait dépasser tout interdit, comme il nous est rappelé par les drames de « Roméo et Juliette », « Tristan et Iseult » ou de « Dante et Béatrice ».

En effet, quoique basé sur l’instinct sexuel, l’Amour, « Philia », semble être d’abord un élan du coeur qui, de façon passionnelle, porte les amants l’un vers l’autre. Il se distingue aussi bien de la Bienveillance, (désir du bien de son prochain), que de « Eros », la Concupiscence (amour captatif), objet familier du libertin, dissolu dans ses mœurs, voire dans la volonté de s’approprier l’objet de son désir. Quoique présenté dans « Le Banquet » de Platon comme un démon, il concerne aussi l’« Eros céleste », passant du sensible au supra sensible, voire, le monde des idées, Dieu, vite transcendé par la Sotériologie, expérience esthétique de la « folie divine », troisième degré de l’ascension de l’âme.

Il ne nous nous restait donc qu’à « Effeuiller la marguerite », ritournelle sensée traduire au hasard les sentiments de l’être aimé, et à savoir ce qui advient aussi bien l’amour platonique, dont le sentiment dépasse l’objet sur lequel il s’est arrêté, que « Agapé », l’amour oblatif, l’offrande de soi.

Le fait est que, sourd et aveugle dans l’ichnographie, l’«Amour » est un sentiment naturel, seul moment où la conscience ne se voit pas agir. Il était donc question d’une situation de l’Homme, antérieur à chaque société organisée où tout est contractuel, bien que cet état de nature n’augmente pas forcément notre bonheur, ni notre liberté et que nos désirs risquent de nous éloigner de nos besoins. 

L’opinion générale dégageait le sentiment que « aimer est la même chose que vivre », mais que ce n’est pas une obligation », « car il y a toujours quelqu’un que l’on n’aime pas », et que « le sujet était inintéressant philosophiquement », sauf, peut-être « au café de l’amour », « la maladie d’amour se guérissant avec le temps », « ou s’affichant bêtement comme avec les ‘homo’ », « vu le double sens des mots », et « le conflit fondamental entre aimer et séduire », « dont l’enjeu est la passion », « un problème philosophique intéressant à creuser », « si l’on tient compte des âges et des interdits » « de l’Histoire, comme les amours de Marie Antoinette » ou « du professeur et de son élève », voire « les mariages ‘homos’. »réponse à des besoins », « le pacte amoureux qui implique une mise à l’épreuve », « l’amour fait vivre, le bonheur abrège ».

Nous avons omis d’évoquer « l’‘éraste’ et l’‘éromène’ », mais ce sera pour une autre fois, puisque, poétiquement, Gilles mit fin à la divagation.

- N’aimez pas les autres, comme vous voudriez qu’ils vous aiment…

- Pourquoi, donc ?

- Il se peut qu’ils n’aient pas les mêmes goûts !

Carlos

Débat du 30 Juin 2013: « Un enfant peut-il faire de la philo? », animé par Raphaël Prudencio.

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Posted on 1st juillet 2013 by Carlos in Uncategorized

N’en déplaise à la météo, l’été était là depuis le 21 Juin et au Parlement Européen les députés se réunissaient pour une dernière séance avant la pause estivale tandis que, du haut de ses 94 ans, après un long chemin en vue de la libération de son peuple, au seuil de sa mort, Nelson Mandela luttait pour rester en vie, à l’Hôpital de Pretoria. Au Café des Phares®, bien déterminés à poursuivre leur quête, les amants de la philosophie se sont réunis, comme chaque dimanche, dans l’intention, ce jour-là, 30 Juin 2013, de tirer au clair la proposition suivante : « Un enfant peut-il faire de la Philosophie ? », au cour du Débat que Raphaël Prudencio s’est donné pour tâche d’aviver.

Bien sûr, qu’un enfant peut faire de la philosophie ; rarement arrogant, il semble que de la philosophie, un môme en fasse chaque jour et, visage lumineux, sans nécessairement chercher à acquérir la connaissance, son étonnement fait ressortir le mieux qu’il a en lui et qui est source de nouvelles questions, constituant en somme un cercle vertueux assez fécond pour satisfaire le gamin et alerter son esprit ou, au pire, le terroriser, voire, paralyser même, tel que Descartes le supputa. L’âge de raison étant fixée à sept ans, les gosses sont dès lors attentifs aux adultes, ainsi qu’à ce qu’ils disent ou à leur comportement, et capables de les juger, lorsque ces grandes personnes se rendent coupables de mauvaise foi ou de prévarication ; mais, ils sont surtout désireux d’apprendre. Les jeunes sont en possession d’une surprenante fraîcheur d’esprit… Pas sérénité, mais grâce naturelle, pareille à un chant d’oiseau qui se sent libre. S’étonner ? La philosophie n’a pas d’autres origines. S’étonner de l’insolite, s’étonner de l’étrange, s’étonner de l’incertitude, vite transformés, sinon, en inquiétude, en trouble ou en désagrément, quoique cela aussi puisse exciter l’imagination, motiver la recherche et éveiller l’intelligence, également. Tout ça, c’est du pain béni pour un enfant, et quoi de plus beau que les yeux des « petits », éblouis et confiants ; quoi de plus spontané que leur fraîcheur d’âme, qui ne signifie pas « froideur », mais « sérénité », éveil de l’esprit, source des questions à l’origine de la Philosophie. L’Etonnement dénote, certes, un signe d’ignorance, mais aussi de réflexion, dont Socrate et Platon firent l’origine de la philo, une surprise, au fond, causée par un travail de la Pensée ; leur « Etonnement » devant la nature marque bien l’accès à une meilleure connaissance de l’objet, ainsi qu’une commotion, un coup de tonnerre à ébranler l’âme, de la même façon que la stupéfaction du jeune garçon peut se produire devant tout ce qu’il aperçoit, car la philosophie n’a pas d’autre dessin que d’Etonner.

Dans la salle, on a commencé par évoquer Picasso, la pratique de la philo avec des enfants qui commencent par le ‘pourquoi’ puis ‘c’est moi’ ensuite ‘je veux’ et, finalement ‘je’, puis l’acquisition de la logique. A six ans commencent les questions existentielles, car rien ne va de soi, l’angoisse de mort et autres corrélations telles que le corps et l’esprit, puis, parce que la petite enfance ne paraissait pas très intéressante, on est passé à l’écriture, la pensée abstraite essayant d’éviter le bla-bla-bla et, afin de savoir s’il y a ‘philo’, il faudrait réaliser que la question a circulé d’un lieu à un autre, séparant le vrai du faux. Quelqu’un a dit que ce qui importe est la question et point la réponse, et quelqu’un d’autre encore fit une synthèse en trois points : culture grecque (un mentor), ce que l’on sait (le cœur), le film ‘Total Recall’ (de Paul Verhoeven) ainsi que ‘Pulp Fiction’ (Quentin Tarantino), ou vie rêvée, ainsi que Heidegger et « la vraie vie qui n’a de sens que lorsque l’on s’occupe d’elle et pas de philo ».

Bref, l’Etonnement introduit à tout âges la Pensée dans la vie de chacun et lui donne l’énergie nécessaire pour mettre la raison en action. Ainsi, bien que Descartes en souligne le danger, l’Etonnement peut conduire à l’acquisition du savoir, et un enfant en est, par nature, curieux.

Côté ‘percolateur’ il y avait pas mal de bruit mais, une intervenante ayant fait remarquer que « la vérité sort de la bouche des enfants » on a poursuivi, notamment avec l’intervention d’un môme de six ans, puis, revenant sur terre, on a évoqué la théorie et la pratique ainsi que l’angoisse de mort, et fait allusion à l’imaginaire, à la philosophie vivante, à l’école primaire faite de fables ou récits, l’âge de raison, les maths. La période de cogitation qui nous était allouée s’étant écoulée, comme d’habitude, Gilles a mis un terme à l’exercice.

Puis, ayant troqué le temps de la réflexion pour l’espace des commentaires, nous nous sommes trouvés dehors à ressasser les bribes de nos doutes.

Un garçon demande à une fille :

- C’est quoi ton rêve ?

- Que tu m’embrasses sous la pluie ; et le tien ?

- Qu’il pleuve !

 Carlos

Débat du 7 Juillet 2013: « D’où vient le Mal; où va-t-il ? », animé par Jo Strich.

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Posted on 8th juillet 2013 by Carlos in Uncategorized

Tout va Mal. De l’agonie de Nelson Mandela dans un Hôpital de Pretoria à la trouble affaire impliquant  Joseph Snowden qui aurait rendu publiques des informations Top Secrètes Américaines ayant pour conséquence l’interdiction du survol de la France par l’avion où se trouvait le président Bolivien Morales, aux troubles provoqués en Egypte par l’obscure passation de Pouvoirs, ainsi que des insolites manipulations électorales aux USA, tout porte à croire qu’il y a de l’eau dans le gaz. Pas étonnant qu’au Café des Phares®, le Débat du 7 Juillet 2013 portât sur la brûlante question : « D’où vient le Mal ; où va-t-il ? », animée, en l’occurrence, par Jo Stricht.

Au fond, tout bien regardé, il s’agit d’une allégorie de la machine à laver. En effet, pour l’alimenter en Eau, un corps assez renversant qui fait partie des quatre éléments reconnus par l’Antiquité, d’où tout provient et auxquels chaque chose fini par se réduire, il faut, normalement à cet engin deux robinets d’arrêt : l’un sur le tuyau d’arrivée, l’autre sur la machine où le liquide est sensé s’introduire. Ainsi, le Mal viendrait de quelque part, indépendamment de là où il est judicieux d’aller, comme le Bien, d’ailleurs, et il nous faudrait posséder les outils nécessaires à son utilisation ultérieure.

Du coup, si je cherche à apprendre « qu’est-ce que le Mal ? », constitue déjà un sacré problème, pour connaître « Où va-t-il ? », il vaut mieux avoir l’idée d’un champ d’écoulement, dès que l’on fait question de se demander « d’où est-ce qu’il vient » ; aïe, aïe, aïe !

Mais, de quel Mal est-il question, d’abord ? De celui qui frappe les Hommes ? Qu’est-ce qu’un Homme ? A en croire la légende, les Bébés, des projets d’Homme, sont apportés par les Cigognes, des oiseaux de bon augure dont la symbolique est associée à la naissance, d’un joli marmot, par exemple. Qui plus est, la tradition fait de l’échassier aux longues pattes et au long bec rouge, un symbole de fertilité, un messager dont le rôle est d’entraîner ces Poupons dans le Monde des Vivants qui, d’une façon ou d’une autre en auraient manifesté le désir. Du coup, cet adjectif de négation donc, Le Mal, s’opposant à l’occasion au Bien, se revêtit forcément au moins d’une des trois formes : Défaut, ou manque de Bien, Faute, ou négation du Bien, puis Crime, soit, la destruction du Bien, et peut être entendu, finalement, comme le Concept sous lequel ils se rangent.

Si l’on part, pourtant, du principe que le Mal est odieux, puisqu’il est question d’un négatif compris comme absence de son contraire, ou même opposé à lui et peut être entendu, en même temps, telle une matière métaphysique à laquelle les religions doivent leur essor, qu’il soit physique, c’est-à-dire, infligé par des Hommes les uns aux autres, voire, contracté par chacun, volontairement ou pas, il s’agirait là d’une pratique que les Gens s’appliquent de leur propre chef et dont ils sont responsables, c’est-à-dire, tout ce qui affecte l’Homme et lui nuit physique ou moralement ne se distinguant pas très bien de ce qui est « Mauvais ».

Dans ces conditions, se demander d’où il vient, le Mal (étymologiquement du latin ‘mallum’), est une question un peu oisive à laquelle toutes les religions ont fait référence et associé un châtiment exemplaire, bien à la mesure de la pagaille introduite dans le dessin parfaitement agencé de la création. Bref, le Mal est un désordre, un désordre indésirable qui nous arrive par effraction et ne peut mener qu’à la perdition, si l’on veut essayer de savoir où il va. C’est tout ce qui affecte l’Homme et lui nuit physiquement ou moralement et se distingue malaisément du mauvais, ce qui fait que le réel devrait se conformer à nos désirs, comme on le souhaite, et représente métaphysiquement l’imperfection fondamentale du monde, Leibniz distinguant ce mal métaphysique du « mal physique » (la souffrance) et du « mal moral » (le péché), mais ça c’est une autre histoire.

Ça nous a néanmoins donné l’occasion de remplir une heure de débat, où il a été question de nous interroger sur « les maux de Job », « la banalité du Mal », « perpétré bel et bien par les Hommes », d’où la conclusion hâtive, « s’il n’y a pas de Mal, il n’y a pas de Dieu », alors que « le mal est en nous » et « existe dans l’action de l’Homme », « un sentiment d’éternité mis en question par la mort », quoique « Anna Arendt ait dit : ‘ceux qui ont produit le Mal ne le portent pas sur le visage’, le ‘Mal’ d’aujourd’hui étant ‘l’obéissance’, un drame démontré par l’expérience de Milgram », « le ‘Mal’ revenant à la désobéissance à Dieu », « d’où les Commandements, un défi qui porte à parfaitement distinguer le Bien du Mal », puis, « il se trouve qu’il y a toujours du ‘Bien’ et du ‘Mal’, du point de vue de l’autre ; on adhère ou pas, et ça fait la différence », et encore, « s’il n’y a pas de souffrance, où est le ‘mal’ ? », « le ‘mal’ comme concept créé pour le contrôle social, voire, l’invitation à se souvenir du Titanic », c’est-à-dire, « mettre la vie avant tout », et « éviter de tenter d’occulter le Mal », « le Terrorisme politique » et « les binômes 100% Bien, 100% Mal ».

Enfin !

L’optimiste pense que « le Mal n’existe pas, tout simplement. »

Le pessimiste que  « si le Mal n’existe pas, c’est encore pire. »

Je crains qu’en tous cas, ce ne soit pas le cas.

Carlos

Le débat du 14 juillet 2013 : « Pour comprendre l’art, faut-il être un intellectuel ? », animé par Eric Zernik.

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Posted on 10th juillet 2013 by Gunter in Uncategorized

Le débat du 21 juillet 2013 : « Sommes-nous prisonniers de nos habitudes ? « , animé par Claudine Enjalbert.

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Posted on 17th juillet 2013 by Gunter in Uncategorized

Le débat du 28 juillet 2013 :  » Y a-t-il une autonomie de pensée sans ordre social ? », animé par José Talavera.

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Posted on 24th juillet 2013 by Gunter in Uncategorized

Le débat du 4 août 2013 : « A-t-on besoin de visionnaire ? », animé par Jean-Luc Berlet.

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Posted on 31st juillet 2013 by Gunter in Uncategorized

Le débat du 11 août 2013 : « L´art est-il un court-circuit de la vie reelle ? », animé par Michel Turrini.

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Posted on 5th août 2013 by Gunter in Uncategorized

Le debat du 18 aout 2013: « Peut-on défendre l´indéfendable », animé par Idriss Sankhon.

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Posted on 14th août 2013 by Gunter in Uncategorized

L e débat du 25 aout 2013 : « L´amour est-il le contraire du pouvoir ? », animé par Jean-Luc Berlet.

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Posted on 21st août 2013 by Gunter in Uncategorized

Le débat du 1er septembre 2013 : « Quel sens donner à nos larmes ? », animé par Sabine Miniconi.

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Posted on 26th août 2013 by Gunter in Uncategorized

Débat du 15 Septembre 2013: « Pourquoi l’ennui ? », animé par Claudine Enjalbert.

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Posted on 17th septembre 2013 by Carlos in Uncategorized

Après une semaine illustrée par la présentation des candidats au ‘Prix Sakharov 2013’ pour la liberté de l’esprit, et par des Semaines Sociales de France consacrées au Travail, prit fin la Fête de l’Huma, avec la présentation de saltimbanques, ainsi que débats politiques ou les conditions de travail, tandis qu’au Café des Phares®, les habitués du lieu, aussi bien que des nouveaux venus, ont eu l’occasion d’assister au Débat du 15 Septembre 2013, dont le sujet, animé par Claudine Enjalbert, était : « Pourquoi l’ennui ? »

De quel ennui est-il question ? De quelle nature est cette contrariété ? Qu’est-ce que ce désagrément ? Des ennuis, il y en a des tas ! D’argent, de santé, de voiture, etc. Mais, admettons qu’en gros, là, il s’agirait d’une impression de vide ; un sentiment de lassitude, causée par la monotonie de la vie, voire le désintérêt pour quoi que ce soit. Dès lors, on se demande, Pourquoi ? ou Pour quoi ? Une mélancolie provoquée, comme souvent, par le cafard ou le détachement des choses ? Beaucoup d’écrivains se sont laissés séduire par cette thématique, comme Alberto Moravia, entre autres, qui décrit des Hommes vaincus par la réalité, parce que guidés par elle, et le chanteur Fauve, par exemple, va même jusqu’à y voir un crime, dans ses chansons.

« Mal nommer les choses, c’est goûter au malheur du monde », ajoute pour sa part Albert Camus ; en fait, ce qui est, est, et il n’y a rien d’autre à en dire, chaque question supplémentaire n’aboutissant qu’à l’embrouille, le vague, la confusion. A un capharnaüm ou bric-à-brac où rien ne va de soi. Comme disait ma grand-mère, « l’ennui » est le propre de ceux qui ne veulent rien faire de leurs dix doigts, et d’après les experts, « s’ennuyer », c’est-à-dire, se morfondre, nuit gravement à la santé, pouvant avoir même des effets secondaires, tels que l’anxiété et l’angoisse, amenant souvent à la dépression et à des risques cardiovasculaires. Il ne semble pas que l’on puisse donc s’attendre à des résultats positifs dans une telle affection.

Qu’en a-t-on dit ?

Que « la traduction, en anglais, serait ‘trouble’ », « qu’il s’agissait d’une perte de conscience, et l’on s’est demandé quelles seraient ses causes, puis quel serait son moteur et son action, une absurde étymologie ayant été imaginée, « ‘en-nuit’, ‘qui-voudrait-dire’, dans la nuit », ou « un rapport avec le rêve qui inviterait à réfléchir pour s’en sortir, au risque de s’y complaire », « ‘penser’, c’est l’extase ». On a envisagé « le ‘stress’ dans la gestion du temps », « Verlaine, emprisonné, mais composant des beaux poèmes », « l’ennui né du bercement et de la paresse », « qu’un autre mot pour ‘l’ennui’ pourrait être la fainéantise », « rapprocher l’autre’ du ‘même’ », « qu’il fallait affronter la bête et pas botter en touche », et distinguer « l’ennui agréable, comme la solitude ou envie de rien faire, de l’ennui- paralysie », « on ne s’évade que par l’action », « dans le travail, on ne s’ennuie pas ; on se pose des questions », « pour sortir de l’ennui, il faut faire autre chose, le ménage, par exemple », « la graine se trouve dans l’arbre déjà », « Robinson Crusoé et Don Quichotte ne s’évadent pas », « l’apprentissage demande patience », « temps résigné, temps lucide ». « Entre philosophie et psychologie, la liaison n’est pas assurée », il faut faire face à soi-même », « la campagne et sports extrêmes pour sortir de l’ennui » …

Pour finir, « l’ennui, n’est qu’une maladie moderne »…

Gill nous a gratifié de ses vers, concluant par : « O Temps, suspends ton vol… »       

Bref :

D’après le curé de mon village, qui préchait sur un nuage, s’ennuyer n’est pas bon pour la santé, en raison des effets secondaires indésirables que celà peut avoir, tels que l’anxiété et l’angoisse, capables de mener à la consommation d’alcool, tabac ou autres drogues, entraînant souvent la dépression, ainsi que des risques cardiovasculaires. Moralité : l’ennui est le propre de ceux qui ne savent rien faire de leurs dix doigts et, celui qui connaît l’art de vivre avec soi-même, ne se morfond point. Il faut faire de l’ennui une distraction comme une autre. Or, si je me fie à Jankélévitch, les Hommes agissent souvent à rebours. Ils pensent sérieusement ce qui ne l’est pas, et à la légère ce qui est sérieux. Ils pontifient dans les choses frivoles, et se conduisent comme des polissons dans circonstances les plus préoccupantes, … bien que la seule chose sérieuse, ici bas, soit l’humour.

Carlos

Débat du 22 Septembre 2013: « Vaut-il mieux être esclave de ses désirs que du désir de les combattre? », animé par Georges Sefinal.

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Posted on 23rd septembre 2013 by Carlos in Uncategorized

Pour terminer la Semaine Européenne dédiée à la Mobilité, Bus et Métro proposaient au public, esclave des transports en commun, des tarifs promotionnels, afin de l’inciter à adopter une démarche citoyenne en faveur de la qualité de l’air, par l’adoption des déplacements alternatifs à la voiture particulière, tels le covoiturage, le vélo ou le recours aux transports collectifs, c’est-à-dire, une autre façon de bouger en ville.  Au Café des Phares®, les habitués du lieu, ainsi que les nouveau venus, étaient, eux, invités par Georges Séfinal, qui animait le débat,  à réfléchir, le 22 Septembre, sur le thème suivant : « Vaut-il mieux être esclave de ses désirs, que du désir des les combattre ? »

C’est comme si l’on me demandait « Quelle est la différence entre un canard ? » En effet, si l’on y va sur la pointe des pieds, malgré les apparences, on s’apercevra vite qu’il n’y a pas de voie d’échappatoire dans ce sophisme. Ou bien l’un, ou bien l’autre… mais « esclave » de toute façon ! Etre Esclave ! Etre esclave, soit du Désir, ou alors du fait de le combattre, ce Désir ; il n’y a pas d’avantage de choix ; c’est « ou »… « ou », mais ESCLAVE, quand même. Dans mon pays on dirait, « ce n’est pas du caca, mais c’est le chien qui l’a fait ». Au fond, c’était encore un débat sur la Liberté, définie par sa négation.

Mais, au diable la varice. Le point à retenir serait, en tous cas, que dans l’hyperbate présent, d’une part, par définition, un « Esclave » est un individu privé de liberté et soumis à une autorité tyrannique ayant un pouvoir suprême, absolu ou oppressif sur lui. De l’autre, que « Se Révolter contre ses désirs », (les combattre), implique le rejet d’un sentiment auquel il faudrait logiquement se conformer, le Désir. L’Homme est libre par essence, et de ce fait, il cherche à faire ce qui lui PLAIT ; s’investir dans ce qu’il a envie de réaliser, évitant toute situation qui pourrait lui déplaire, ou même nuire, car la Liberté n’est pas Liberté, si d’aventure elle se trouve limitée. Là, on a le choix : se RESIGNER ou se RESIGNER. Où est l’impératif ? Ou bien tout est déterminé, ou bien nous avons le choix ; celui que nous dicte la conscience.

Effectivement, rétorquant à une certaine insatisfaction, très vite le DESIR est apparu comme le mot pivot de notre discussion. Du latin, ‘de-siderare’ », le terme traduit le fait « de regretter l’absence d’une étoile ». Désir, désirer, c’est tendre vers ce que l’on aimerait posséder (les étoiles) ; il s’agit de la conscience d’un manque évoquant l’idée d’un bien que l’on ne détient pas, mais duquel l’on aimerait disposer, tel que le suggère Malebranche. Il est humain, ce désir, en tant qu’absence, pénurie, et semblable à la nostalgie, car, au bout du compte, le Désir se nourrit de l’aspiration à ressusciter le bonheur enfui. Une révolte contre la notion d’irréversible.

On a beaucoup glosé sur le sujet, comme « vision d’un besoin », évoquant notamment, « le désir et la pulsion », ainsi que le fait « d’être incontournable, sans s’en se sentir esclave et les dissociant au passage, nous permettant d’être ce que nous sommes », nous interrogeant sur « l’intériorité ou extériorité du sentiment ». Puis, on a parlé des « différences entre désirs et besoins », tout en échappant « à l’esclavage », ainsi qu’aux rêves « irréalisables, paralysants, ou même interdits », ajoutant « l’effet malsain de certaines religions, de la biologie, voire d’autres fantasmes ou refoulements, comme le ‘fatum’, la fatalité, c’est-à-dire, ‘ce qui est écrit’ », et même « le ‘célibat’ des prêtres ».

Gilles mit fin au débat, au moyen de ses vers libres, et la salle se vida de ses philosophes qui se sont retrouvés dehors, remâchant certains aspects assez intéressants de la polémique relevés pertinemment par Georges.

A la sortie, dans le kiosque à journaux :

- Alors ? Quel était le sujet, aujourd’hui ?

- « Vaut-il mieux être esclave de ses désirs, ou du désir des les combattre ? »

- Bah !!! En général, un désir est tout simplement un désir.

 Carlos

Débat du 29 Septembre 2013: »La solitude qui rend fou », animé par Irène Litvin

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Posted on 30th septembre 2013 by Carlos in Uncategorized

Au vu de ce qui se passait partout dans le monde, on avait la sensation que l’on perdait la tête. Côté Syrie, en vertu des violents bombardements sur des lieux pourtant connus pour ses grands agglomérats populationnels. Ailleurs, tout témoignait d’une affligeante solitude, au regard de telles violences, aussi bien qu’à celle « trouvée devant sa porte », comme le chante Barbara, ou le montre Tony Richardson dans son film, si singulier, « La solitude du coureur de Fond », tiré du roman de Alan Sillitoe. Or, le 29 Septembre, 2013, au Café des Phares®,  c’est encore une autre solitude qui a intéressé le peuple philosophe qui y accourt. Il s’agissait d’un échange de vues sur « La Solitude qui rend Fou », sujet du débat dominical, choisi et animé par Irène Herpe-Litvin.

Y aurait-il une solitude qui rend fou et d’autres qui ne le feraient pas ? En tous cas, bien que Gilber Bécaud ait chanté « La solitude, ça n’existe pas », c’était sur celle-là que la nombreuse assistance était invitée à se pencher, et point sur la Solitude des Nombres Premiers (de Mersenne), dont, dans cent, 25 à peine n’admettraient pour diviseurs que le 1 ou eux-mêmes ? Non ! « Celle qui rend fou !». Pas une autre. Pas celle de la souffrance motivée par un désir impossible comme la ‘saudade’ interprété par le Fado portugais, ou l’aspiration vers le tout autre, le mal être, la nostalgie, la ‘sehnsucht’, l’exil existentiel hors de soi… Non. En question était « la solitude qui rend fou ». Pas du tout ces sentiments secrets qui peuvent rendre sage, alors qu’il y en a pléthore, comme ceux par exemple des contemplatifs, cénobites, anachorètes, ou méditatifs et, pourquoi pas, celle d’un Descartes songeur, assis devant son poêle, voire d’un Victor Hugo, largué dans son exil. Non. Non. On voulait s’interroger, en somme, sur l’isolement infligé ! Sur l’odieux traitement imposée à quelqu’un, au point de lui faire perdre la raison !!! La solitude des êtres esseulés, délaissés, dépossédés de tout contact ou relation sociale avec autrui et qui, à force, devinrent douloureusement solitaires, « fous », déments, misanthropes. De cet angle là, bien que la solitude ne soit pas un repli sur soi ou le retrait du monde, elle paraissait désigner en l’occurrence tout être atteint de tel ou tel trouble mental lié à l’absence d’entourage.

C’est ainsi que Heidegger différencie « Einsamkeit », « solitudo », de l’isolement, « Alleinsein ». En effet, du latin « solitudinem » (solus=seul), la Solitude traduit l’état passager de celui qui se trouve, volontairement ou pas, à l’écart des autres. FOU, du latin « follis » dénomme, lui, un ballon, ou un soufflet pour activer ou stimuler le feu, voire celui qui a perdu la raison, c’est-à-dire, par exemple, un psychotique qui dit ou fait des trucs extravagants pour amuser la galerie, tel « le bouffon du roi ». Aux échecs, le terme désigne la pièce qui se déplace en diagonale, et, pour Malebranche, « la folle du logis » qualifiait, enfin, l’imagination, « l’art des fous », l’art brut, art naïf, dont l’art des enfants.

La FOLIE, ou MORIAS, dont Erasme fit l’éloge dès 1511, fait partie, en effet, d’un vocabulaire conduisant à deux modèles distinctes : un positif (de la « mania », grecque, maintenue jusqu’à la psychiatrie, à la « furor » latine ou état d’exception correspondant à un radical qui signifie « croire, penser »). Ajoutons qu’il s’agit là, encore, d’une extravagance par laquelle Kant désigne aussi bien le délire que l’idéalisme, la Folie, ou le Fou, se trouvant hors, ou à côté, de la raison, voire de la sagesse, mal différenciée de l’idiotie ou de l’immoralité. Retenons encore que Platon, pour lequel la Folie n’est qu’une tension de l’esprit, envisageait quatre formes de ‘Mania’ ou Délire divin : 1) le délire mantique ou divination, 2) le délire dionysiaque ou initiation aux mystères 3) la frénésie inspiré par les muses, et 4) le don de Eros suscitant l’Amour.

Enfin. Redoublant d’imagination, les participants ont beaucoup glosé sur les deux concepts (solitude et folie) puis, le moment venu, Gilles emporté dans ses rimes, mit fin à ce temps particulièrement dédié à la sage réflexion.

 

- C’est dingue. T’as passé plus d’une heure à discutailler sur « la solitude qui rend fou », et tu ne sais toujours pas quelle est la solitude qui rend sage ?

- Bah, non. Je suis pas dingue, je fais le fou…

 Carlos

« L’antiphilosophie est-elle aussi nécessaire à la vie que la philosophie? », animé par Emmanuel Mousset.

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Posted on 8th octobre 2013 by Carlos in Uncategorized

Alors que Paris s’était payé une époustouflante « Nuit Blanche », suivie de l’ubuesque affaire de l’ouverture des magasins le Dimanche, au Brésil les Indiens partaient en guerre pour préserver leurs terres ou défendre leurs droits, et en Syrie la population pâtissait sous des criminelles attaque chimiques, aux USA  l’Administration Centrale se trouvait paralysée par le vote du Budget annuel, au Café des Phares®, un nouveau Débat Philo avait lieu le 6 Octobre 2013, animé ce jour-là par Emmanuel Mousset, et dont le sujet était : « L’antiphilosophie est-elle aussi nécessaire à la vie que la philosophie ? »

De toute évidence, il nous fallait trancher entre la philosophie et quelque chose qui s’opposerait à elle. Pour ou contre. Or, dans quel cas s’estime-t-on philosophe, et quel statut réserver à son antagoniste, l’antiphilosophe ? Puis, la « Nécessité » ! Envisager un tel type de préoccupation pour l’activité de l’esprit (s’interroger sur la situation aussi bien de l’un que de son contraire), c’est déjà un peu incongru. Le fait est qu’il y a là, de surcroît, dans ce cas de figure, quelque chose d’absurde, c’est-à-dire, étrange au sens commun ; à la logique. A l’ordre des Nécessités, qui pour Aristote ne représentait aucun doute ! « Primo vivere, deinde philosophari !» (« Vivre d’abord, philosopher ensuite »).

Difficile d’admettre, enfin, qu’il y aurait un fait, INELUCTABLE, à même d’exercer une contrainte sur l’Homme, en l’occurrence OPPOSE A LA SAGESSE, ayant un caractère d’exigence, indispensable, nécessaire; existerait-il un indéfini concept, ayant une influence déterminante, indéniable, sur la pensée ? « Antiphilo », au demeurant ! En clair, Antiamour ! Parle-t-on de la « Haine ?», la « Hargne des grincheux ? des teigneux ? des revêches ? » Xanthippe?

On a commencé par se demander « ce que c’est qu’un philosophe, en dehors de Platon », puis, de fil en aiguille, fut évoqué « l’Antimanuel de Philosophie », « le philosophe étant finalement n’importe quel humain » qui « va chercher la vérité au fond de ses tripes », « s’opposant sans cesse », mais « toujours à la remorque des sciences », que ce soit « Derrida, Deleuze ou Lévinas », l’important étant « ce que l’on entend par ‘anti-philosophie’ », tout en « s’interrogeant sur l’action et la pensée », « la connaissance universelle », « les grands maîtres », « la philo populaire », « autrefois pratiquée par les esclaves », malgré « la difficulté à penser le monde », « sous les dictatures arabes ». « Tous les grands philosophes se positionnaient pour », afin de « devenir ce que tu es ». « Quand on pense pour penser », « la pensée en tant que telle »  « sans chercher de réponse », « on va à l’encontre de la question », « Pascal s’adressant aux libéraux, Rousseau aux plébéiens cherchant ‘le nouvel homme’ », « Wittgenstein s’exerçant au langage », « Lacan à l’acte de langage », chacun ayant sa façon de présenter les choses »,  « à la recherche du Nouvel Homme », ou « Le monde de Sophie », « l’émergence des choses », et « tout en se demandant « si c’est nous qui pensons à Dieu ou Lui à nous », « l’antimatière », « les oppositions : jour/nuit, froid/chaud, blanc/noir ».     

Enfin, que l’on fut ‘pour’ ou ‘contre’, c’est pareil, puisque la traversée que l’on avait à faire semblait déjà semée d’écueils. Qu’entend-on par antiphilosophie ? Le scepticisme, peut-être. La disqualification des énoncés philosophiques traditionnels, pouvant conduire à de crasses erreurs, comme le fait de penser, par exemple, que la lumière d’une étoile que l’on observe, est aussi grande que celle d’une bougie, ou prendre les vessies pour des lanternes.

Partant de là, quelle serait la ligne de partage entre le « pensable » et le « non pensable » ? Comment passe-t-on de l’un à l’autre ? Où est la ligne de partage entre les deux ?

Le comment du monde ? L’anti-philosophie surgirait, elle, d’une intention spécifique de la philo, lorsque les énoncés sont d’un ordre différent, pas forcément faux, erronés ou périmés, mais identifiant autrement les choses, sans qu’il y ait des éventuelles méprises ou illusions.

- Qu’est-ce que la Poésie en dit, se demanda Emmanuel, toujours très attentif envers la salle ainsi que les participants, et Gilles clôt la séance de ses rimes.

    A propos de salle, et l’attention qui lui est due, alors que l’on ne peut pas s’apercevoir de tout ce qui s’y déroule, il me vint à l’esprit un fait qui s’est passé dans un cabinet médical :

    -Docteur, il y a « un Homme invisible » dans la salle d’attente.

    -Dites-lui que je ne peux pas le voir.

    Carlos

Débat du 13 Octobre 2013: « Peut-on réinventer sa vie? », animé par Gérard Tissier

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Posted on 14th octobre 2013 by Carlos in Uncategorized

Déjà « Prix Simone de Beauvoir », réservé à ceux ou celles qui oeuvrent au profit de la Liberté des Femmes, et pressentie actuellement pour le Prix Nobel de la Paix, c’est Malala Yousafsaï, une jeune fille militante des Droits de l’Homme, la lauréate du prix Sakharov, pour son action en faveur du « Droit à l’Education » dans son pays, malgré l’opposition des groupes de Talibans qui semblent y faire la loi. Elle aurait certainement beaucoup de choses à nous dire encore si, au Café des Phares®, les participants au débat hebdomadaire qui y a eu lieu le lendemain des festivités clôturant les vendanges à Montmartre, le 13 Octobre 2013, donc, n’avaient pas, eux, choisi de se pencher sur la question que l’animateur, Gérard Tissier, avait pour tâche de nous aider à en retirer la substantifique moelle : « Peut-on réinventer sa vie ? ».

Bien que n’ayant pas assisté au débat, je me demande s’il est nécessaire  de le faire. INVENTER, comme chacun sait, exprime le fait de découvrir quelque chose (ou effet), par la force de l’imagination ou de ses expérimentations, et d’accomplir le premier une réalité nouvelle, comme par exemple « inventer la poudre », trouvant ensuite des tas d’applications pour elle. Or, d’après la colle posée, chacun de nous serait un lieu CREE PAR SOI MÊME, dans un premier temps, et duquel la Vie se retirerait, pour revenir un jour, dès que cela nous conviendrait. En effet, RE-INVENTER (inventer de nouveau) semble désigner l’acte de créer la même chose une deuxième fois ; une sorte de réincarnation. Aurions-nous inventé au départ, notre vie, et, cela n’étant pas assez satisfaisant dès le premier coup, il deviendrait nécessaire de recommencer ? Ou faudrait-il réapprendre à se redresser sur ses deux pattes, réactiver les méninges, reconsidérer ce qui nous est proche, célébrer de nouvelles noces, créer de nouveaux caddies ? Or, nous n’avons pas à bouger avant notre troisième mois, car à cet âge là, on s’en fout de la vie ; de ce qui est en nous, et sans quoi nous ne serions pas. Nous ne sommes le que le lieu où elle se manifeste et duquel elle se retirera plus tard, inexorablement : naissance, croissance, maturité, puissance, puis la suite inverse, déclin, déchéance, inanition, disparition  dans la mort. Inutile d’intervenir, inventer, encore moins réinventer la vie, même pour celle que l’on n’a pas vécue, puisque penser un objet, c’est le penser existant ; le considérer inexistant, reviendrait à lui adjoindre quelque chose et pas en retrancher, comme l’on sait. L’exclu n’est pas évincé, au contraire, il gagne une qualité de plus qui s’ajoute à celles qu’il a déjà, et aucune ne lui est ôtée. De même, de la vie à laquelle s’oppose le véhément discours de la liberté prise en main par la démocratie (c’est-à-dire, le collectif), jusqu’à la vie contrariée par l’inéluctable où s’enroulent les vocations, les projets, les labeurs, les obstacles ainsi que la vaine dynamique des sujets, un passé explicite et un futur tacite, restent uniques et vivants dans la plénitude des êtres, raison pour laquelle le monde est monde, seul constituant de ce qui existe et de la condition humaine toute entière, passé, présent, futur, célébrés par les chrétiens à la Toussaint, Dakini pour les bouddhistes, Samhain pour certains animistes ou Halloween pour des zombies. L’existence individuelle est la preuve d’un possible qui devient réalité jour après jour mais, alors que chaque instant est un nouvel univers,  entre le vieux et le nouveau les êtres singuliers ne jouent aucun rôle.

-Tiens ! Te voilà. Je croyais que tu étais mort !

-Tu vois, je suis bien vivant !

- Mais, je crois plus volontiers, celui qui me l’a dit.

Carlos

Débat du 20 Octobre 2013: « Peut-on durer, quand tout vacille? », animé par Gunter Gohran.

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Posted on 21st octobre 2013 by Carlos in Uncategorized

Alors que le Prix Nobel de la Paix était attribué à l’Organisation pour l’Interdiction des Armes Chimiques, le Front National emportait l’Election cantonale de Brignoles (Var), bien que l’affaire de la semaine fut la choquante expulsion par le gouvernement de gauche, d’une élève de troisième, Leonarda, vers le Kosovo, son pays d’origine, après avoir été obligée par les forces de l’ordre et devant ses camarades, à descendre du bus scolaire et interrompre la sortie pédagogique qu’elle effectuait avec sa classe. Du Côté Café des Phares®, on se préparait, comme chaque Dimanche, à suivre le Débat du 20 Octobre 2013, animé ce jour-là par Gunter Gohran, et dont le sujet, choisi sur place, était « Peut-on durer, quand tout vacille ? » 

C’est un problème délicat, celui de la Durée, c’est-à-dire, celui de la nature du Temps. Mais, penchons-nous sur le terme « Vaciller », d’abord ! Vaciller est un Verbe intransitif qui s’applique à l’être assujetti à des mouvements répétés ou alternatifs involontaires ou non et qui se trouvant éventuellement en équilibre instable, risque de tomber, à l’occasion, dans l’espace où il se tient. Ses synonymes seraient chanceler, tituber, se balancer, trembloter, osciller, induisant de surcroît une indécision ou irrésolution, semblable au frémissement d’une flamme ou à l’ébranlement de tout ce qui est transitoire, éphémère, évanescent, fugace, voire par exemple les voltiges oiseuses d’un passereau …

A lopposé, nous avons « Durer », qui signifierait le fait de pourvoir à une continuité, « être ferme », « assuré », « sûr », « stable » dans le sens de persister sans changement, résistant au temps qui passe ; demeurer. Dès lors, le pire étant toujours quasi certain, si l’on applique à notre cas la Loi de Murphy, « Tout ce qui peut mal tourner, tournera mal », nos jours étaient comptés. C’est-à-dire, lorsque tout chancelle, on ne va pas très loin ni pas longtemps. On partait donc sur des perspectives douteuses, désabusées, assez pessimistes et aussi loin que ce que l’on pourrait penser, si l’on se tient à l’avertissement d’Héraclite « on ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve, car tout coule et TOUT PASSE ». De surcroît, sans parler du Temps psychologique ou perception subjective de la Durée, nous nous trouvions livrés à l’« Effet papillon », c’est-à-dire, « un simple battement d’ailes quelque part, peut déclencher l’écroulement d’une ville à l’autre bout de la planète », phénomène que Einstein a réduit, dès 1905, à une toute petite formule E=mc2. En clair, nous sommes abandonnés à la vermine.

Cela n’a pas empêché que l’on fît, dans notre Café, une digression sur « ce qui va, l’aspiration, le renoncement, et même sur ce qui n’irait pas, tel « la flamme qui vacille pour finalement s’étendre », un exemple à suivre nous étant donné, celui de « Françoise Héritier, ethnologue, aujourd’hui âgé de 80 ans, bien que malade dès ses 5 ans », puis face à la colle : « Qu’est-ce qui vacille ? Le monde ou nous ? ». Quelqu’un demanda de « reformuler la question, puisque tout s’agite autour de nous », puis fut évoquée une « émission Télé, où l’on se plaignait du nombre de musulmans dans le pays ». « Comment garder, alors, ses valeurs ? », « Pas question de durer, mais résister ! », « séparer le grain de l’ivraie », « revenir en arrière ; faire face à la crise », avec « des Hommes comme Robespierre ». Il a été rappelé que « ‘on’, c’est vague ! », et « qu’il faut mettre le mot ‘responsabilité’, à la place de ‘résistance’ », puis « rester calmes, zen », « vaciller sans tomber », « résister c’est créer » et « ‘se connaître soi même’, comme Socrate », « et ne pas aller vers le FN ». On a évoqué « Badiou et Finkelkraut en tant qu’Hommes du passé », différencié « volonté de vivre et désir de vivre », « La philo nous permettant de rester humains », puis, un historien de l’art qui était là par hasard, ayant affirmé que « l’on est tous des citoyens du monde », l’animateur a ajouté, pour finir, que « la philo rajeunit, sinon elle ne servirait à rien ». 

Peu de temps après, Gilles mit un terme à la séance, au moyen de ses rimes bien assurées, et la majorité des participants à l’exercice dominical quitta le lieu.

Dans le véhément désir de DURER, un ovule à maturité peut demeurer plus de 24 heures dans le corps d’une femme, avant qu’un spermatozïde ne le féconde, car nous vivons dans l’oubli de nos métamorphoses. En vain. Les jeux sont faits. Comme le suggère le dicton brésilien : « Tout ce qui brille n’est pas durable comme l’or, et ce qui vacille ne tombe pas forcément ».

 Carlos

Débat du 27 Octobre, 2013: « Pourquoi mon corps sait-il quelque chose que j’ignore? », animé par Nadia Guemidi.

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Posted on 27th octobre 2013 by Carlos in Uncategorized

 Une fois signalé le changement d’horaire, faisant l’impasse sur l’Affaire « Prisme » qui a réanimé le spectre du Big Brother, dans ses efforts pour transformer la Planète en un Nouveau Far West, l’objectif de la semaine semblait avoir été de sensibiliser tout l’univers à une même nécessité, celle de réduire la quantité de déchets de par le monde, et donner aux Hommes des clés pour le réussir. L’agenda hebdomadaire s’est donc trouvé chargé d’activités allant du Développement Durable et Droits Humains, à la septième édition du Festival du Film sur l’Alimentation, ainsi que sur la transition agricole, l’Agro-écologie, l’Artisanat, la Surpêche, le Libre Echange et les Inégalités Professionnelles, un travail accompagné de Films et Débats Ouverts sur le Vent ou le Combat contre le Sexisme, voire aussi bien les valeurs du Partage de l’Eau. Au Café des Phares®, les participants à la réflexion philosophique du dimanche 27 Octobre, avaient, eux à se pencher sur les enjeux du Débat « Pourquoi mon corps sait-il quelque chose que j’ignore ? », animé par Nadia Guemidi.

Sacré cachottier, que ce Corps, aux airs d’en savoir plus sur ma personne, que moi-même n’en ai jamais été instruit… Au fait, je pense que cette substance molle ne sait rien du tout, une certaine ignorance de soi étant utile à un être qui doit s’extérioriser pour agir. Puis, d’abord, un tel organisme, un individu, ou la conscience, elle-même, peuvent-ils opérer, au détriment du sujet ? J’en doute.

Certainement, la cause de ce ‘pensum’ s’embranchait dans le fait que « Philosophie Magasine » posait une question semblable dans son dernier numéro « Qui est mon corps ? », « Corps » étant un pronom relatif désignant une créature, une personne ou une chose, engendrée,  produite… ou  carrément tirée du néant.

Mais, tout compte fait, le corps, humain, c’est au fond de la chair de quiconque possédant un savoir, une conscience ou une connaissance de soi.  Une individualité ? Certes, Socrates enjoignait ses auditeurs à se forger une idée de leur être, à partir d’un JE tourné vers un TOI, « Γνώθι σεαυτόν », Gnothi seauton, « connais-toi, toi-même » (maxime clé de l’humanisme). C’est-à-dire, les faire de prendre conscience de leur propre mesure, le CORPS, et lui donner un sens. Peut-il, ce corps, définir ce que JE est, surtout si JE l’ignore ? A-t-il une conscience de soi, de moi, de l’autre ? Nos connaissances passent par la faculté que nous avons de comprendre notre propre réalité et de la juger, soit, mais, la connaît-on ? Suis-je à même de saisir ce que je méjuge, ce que j’ignore ? La Conscience n’est pas consciente d’elle-même. Le Corps n’est qu’un organisme, opposé à l’esprit, et un membre de mon corps ne sait pas plus sur ma personne que moi-même. Qui est le maître en la demeure ? Le Corps ou le Je, qui se charge de tout par rapport à soi ? Bergson prétend qu’une certaine ignorance de soi est peut-être utile à un être qui doit s’extérioriser pour agir. En effet, l’individu proteste, réclame, réveille les consciences… mais il ne sait rien de la pertinence de ses gesticulations.

Beaucoup, beaucoup de choses on encore été dites, confirmant que « le cerveau nous joue des sacrés tours », lorsque « ça touche à l’esprit », l’idéal étant une « mens sana in corpore sano »,  maxime extraite de la dixième satire de Juvenal, etc., etc…

Puis Gilles, finissant sa prosodie, apostropha la chair : « Mon corps, ose !!! », comme Michel Ange (1515) interpella le Moïse qu’il venait de sculpter, d’un coup de burin sur le pied : « Parla ! », et tout le monde partit, refaire le monde, ailleurs.

Pour terminer, je suis tenté de rappeler l’épisode concernant les conditions de la mort du Président Félix Faure, décédé dans les bras de sa maîtresse, Marguerite Steinheil. Alerté, un ministre vint s’enquérir de l’Etat de santé du chef de l’Etat, demandant à l’Huissier :

- Dites, mon brave, Monsieur le Président a-t-il toujours sa connaissance ?

- Non, non. Elle est partie par derrière…

Carlos

Débat du 3 Novembre 2013: « Le malheur de n’être que soi », animé par Pascal Hardy.

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Posted on 6th novembre 2013 by Carlos in Uncategorized

Tandis que d’importants événements culturels se déroulaient à la Maison de l’Unesco, à propos du développement durable et des droits humains, diverses rencontres, manifestations ou colloques secondaient la gronde bretonne des ‘bonnets rouges’, à propos de l’Ecotaxe sur les véhicules transportant des marchandises, qui finit par être suspendue. Concernant les actualités mondiales, le pays fut bouleversé par la mort donnée à deux des journalistes français travaillant au Mali pour RFI, victimes du terrorisme international, ce qui provoqua l’indignation et la colère au delà de ses frontières. Puis, le 3 Novembre 2013, du côté du Café des Phares® eut lieu l’habituel débat dominical, intitulé, ce jour-là : « Le malheur de n’être que soi ! », animé par Pascal Hardy.

Cela se passait donc dans une salle de café, devant une centaine de personnes qui voulaient vivre la singulière transmigration hebdomadaire, et le sujet choisi nous présentait l’hypothèse d’un quidam se trouvant en rupture avec la réalité, dans une sorte de psychose maniacodépressive, étant là, existant, mais seul avec lui même.   

 Le fait est que, « n’être que soi… », s’associerait à un malheur ! Il ne s’agissait donc pas d’être simplement seul. Non ; il était question d’être aussi bien solitaire que morose. On se trouvait, de toute évidence, devant un cas de syndrome dépressif ; être soi et personne ou rien d’autre de plus. Pas sa mère, pas son voisin, pas son arrosoir, alors que l’on sait que la solitude prédispose à la démence, sérieuse pathologie qui demande une prise en charge psychiatrique. Il s’agissait de n’« être » que soi, ce qui serait déplorable, donc. Or, à part soi, qui d’autre pourrions nous être ? C’est ça la question, au fond : « A qui s’allier si l’on veut être heureux ? » Il y a là le sentiment d’un désir d’être aussi bien quelqu’un d’autre, que la totalité des êtres, au demeurant… Délire mégalomaniaque ?

Prévoyant toute méprise, Socrate avait convié les Hommes à bien se connaître adoptant la maxime « Gnothi seauton » (« connais-toi, toi-même »), consigne écrite sur le Temple de Delphes. Dès lors, on est sensés savoir ce que « Soi » comprend, c’est-à-dire, un corps anatomiquement réel, avec peau, os, viscères, énergie ou fragilité. Il semblerait, cependant, que nous le connaissons mal, ce « soi », aussi bien dans sa puissance d’exister que dans la profondeur de l’être ou substance vitale, au point d’en être malheureux, ce que Spinoza redouta, clamant que « nous ne savons pas ce que peut notre corps, ni cette âme, dénommée « noûs », principe de la connaissance intellectuelle ». Nous sommes donc à bras, tout à la fois, avec ‘le physique’, le ‘psychique’ et l’‘intellect’, voire, « sômma », « psyché » et « noos », dans le processus de reconnaissance de notre Identité, notre « Ego » et notre « Soi » à la mine chafouine. D’après notre sujet, cela serait, pourtant, trop décevant, lamentable, malvenu. Afin d’être heureux, nous faudrait-il un sosie, un revenant, un double, se revêtir de la peau d’un autre ou, comme Rimbaud, être aussi identique qu’étranger à soi ?

Bref. « Etre » serait une avanie, le corps n’étant pas au courant de ce qui se passe ! ‘Sôma’ et ‘psyché’, constitueraient un ensemble en même temps harmonique et conflictuel, décidés à écouter Rousseau : « Malheur à qui n’a plus rien à désirer ». Le fait est que, si le monde est déterminé, nous n’avons pas le choix. « Nous ne pouvons pas être autre chose que ce que nous sommes et pas devenir ce que nous ne sommes pas ». Ainsi, pour Descartes : « il faut choisir entre ‘se changer soi-même’ ou ‘changer le monde’ ». Que dit la conscience ? « Tu dois devenir celui que tu es » , voilà. La vraie Liberté est de l’accepter. Pourquoi « n’être que soi » serait-il un malheur,  si ‘soi’ a la raison et le droit ?

Comme habituellement, Gilles nous gratifia de ses rimes, « de soi à soi ; de moi à toi », puis, l’animateur confia que, « cuisinant, on cherche à savoir ce que l’on fait », avant de mettre fin au débat, puis nous nous éloignâmes de notre cénacle, la mine déconcertée, pour ne pas être autre chose que nous-mêmes, tel ce à quoi nous avons joué.

Devant le quiproquo, je prendrais l’attitude de Unamuno, recteur de l’Université de Salamanca, répondant aux franquistes qui prônaient « Viva la muerte » : « Il y a là, dans ce sujet, … un manque de raison…  J’ai terminé »…

Puis, chanterai avec Jacques Brel :

« Etre heureux, une heure seulement,

Etre heureux, une heure quelques fois,

Etre heureux, rien qu’une heure durant… »

Carlos

Débat du 10 Novembre 2013: « Moins d’écrans… plus de réel. », animé par Alois Sander

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Posted on 11th novembre 2013 by Carlos in Uncategorized

Tandis qu’un super Typhon, nommé Haiyan, se chargeait aux Philippines de raser des villes entières et qu’en France l’Etat empruntait des milliards pour solder une dette vieille de 18 ans, alors que, déjà privée du triple A, la note souveraine attribuée au Pays par Standard & Poor’s basculait de AA+ à AA, des ‘Opérations Escargot’ se déroulaient sur les routes du Nord de la nation traduisant le raz le bol des paysans aux bonnets rouges, d’autres débats, sur l’interdiction de l’achat des actes sexuels notamment, ou le manifeste « touche pas à ma pute » des ‘343 Salauds’ ont eu lieu au cours de la semaine, puis, le 10 novembre 2013, ce fut au Café des Phares® que Alois Sander a pris sur soi d’animer le sujet philosophique choisi : « Moins d’écrans… plus de réel ! »

Telle était l’injonction. Disons tout de suite, que « Réel », provient du latin « realis », dérivation de « res/rei », la simple « chose », tout bonnement. Dès lors, pourquoi devrait-il, le Réel, augmenter en fonction de la diminution du nombre d’Ecrans ;  en proportion inverse, donc ?

En guise d’information, un « Ecran » est aussi bien une paroi, un panneau, c’est-à-dire, un rideau, servant accessoirement à protéger, voire dissimuler, quelque chose de la chaleur, ou d’un rayonnement, comme la surface sur laquelle sont envoyées les images d’un projecteur cinématographique, de la même manière que celles des tubes cathodiques, par exemple.

Or, il semblerait que la pénurie ou exiguïté des « Etranges lucarnes » jouerait sur le « Dasein », puisque le sens de l’assertion a l’air d’insinuer que le Réel s’accroîtrait dès que la quantité (ou la taille) des Ecrans serait réduite. Les écrans ne feraient pas partie de la réalité ? D’une réalité devenue paysage, puisqu’elle est notre habitat, et que partout où il y a une caméra, observant comme l’œil d’un cyclope les rues, les halles de maison, les studios TV, les garages ou chez soi, un écran, des écrans, des milliers d’écrans se trouvent au bout de tels circuits. En ce sens, la pieuse injonction se posait là, comme un coup d’épée dans l’eau (…plus de réel !!!). Le Réel est absolu ; ni plus, ni moins. Aussi bien pour Hegel que pour Lacan, il est l’un des trois pôles de la vie psychique, avec le Symbolique et l’Imaginaire, la locution « Le réel voilé » traduisant l’impossibilité d’une connaissance objective de la réalité existant en soi.

En outre, comme substantif, Le Réel, constitue ce sentiment qu’a l’Homme de lui-même ou de son environnement, car la résistance du monde extérieur l’oblige à adopter un statut particulier classé sous trois registres : « 1) Ce qui est conforme à ce qui doit être, 2) Ce que l’on constate et n’est point douteux, puis, le cas échéant, (3) une fois ces forces abolies, l’ennui nous accablerait, nous piquerait, nous astiquerait et nous minerait comme un vers. En effet, le Réel encadre notre vie, mais ce n’est parce que l’on réduirait les Ecrans qu’il s’accroîtrait d’autant.

On s’est bien déridé néanmoins, au cours du débat et, même si « la révolution de 1789 n’a pas eu besoin d’écrans » l’injonction était de « ne pas retourner à la ‘Caverne de Platon’, dès que tout se passe aujourd’hui sur le tube cathodique ». Certes, « L’imagination et la solitude ont toujours existé », toutefois « Orwell nous met en garde contre tout débordement », ce qui n’empêche pas « la dictature de l’écran dans chaque bistro », propre à faire taire « notre conscience », sans compter avec « l’écran de fumée qui nous cache ce que l’on entend et ne doit pas lorgner », les « Face book », etc., etc.

Au final, c’était un peu comme à l’enterrement de Victor Hugo. On n’y voyait rien, mais on entendait tout parfaitement. Est-ce suffisant ?

Puis, pour terminer la séance, Gilles nous gratifia de sa poésie, concluant par l’injonction :

« -Vie, …rien ne presse ! »

 Un couple regardait la Télé, où l’on apercevait des moutons sur une verte prairie.

-Regarde, dit la femme, ces bêtes ont toutes été tondues…

- Oui, répond le mari, philosophe, au moins de ce côté…

Carlos

Débat du 17 novembre 2013: « Alea jacta est ! », animé par Daniel Ramirez.

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Posted on 18th novembre 2013 by Carlos in Uncategorized

« Alors que l’on déplorait des heurts entre les CRS et les Militants aux Bonnets Rouges, et tandis qu’au sein de la Conférence Générale de l’UNESCO avaient lieu les Journées Mondiales des Enseignants et de la Philosophie, La Semaine Européenne pour la Réduction des Déchets se déroulait dans la capitale, se chargeant aussi de déterminer l’orientation Budgétaire et envisager les formes les plus adéquates de solidarité avec le Peuples Palestinien, ainsi qu’accomplir le Devoir de Mémoire des Anciens d’Algérie. Au Café des Phares® se déroula le Débat du 17 Novembre 2013, animé par Daniel Ramirez, qui choisi pour sujet : « Alea jacta est ! » 

Très bien. « Les dés sont jetés ! » Point d’exclamation (!) Et alors ? Je profère ça, et advienne que pourra ! La chose serait-elle le mot ? Y aurait-il lieu de s’attendre à un Effet Placebo, c’est-à-dire, sémantiquement nul mais philosophiquement agissant ?  Au fond, notre sujet de débat ne traduit qu’une attitude verbale, qui pouvait aussi bien être «Tiens ! », « Dis donc ! » ou « Je me lance ! », tout simplement. Il ne s’agissait pas là d’une question, mais d’un constat, d’un étonnement, au mieux d’un « faire part », comme si quelqu’un rapportait : « J’ai vidé ma poubelle ! » ou « Jacques a dit ! », « C’est la fin des haricots», voire, « Les carottes sont cuites » puisque le sens de la phrase revient à « Les dés sont jetés », signalant ainsi le fait de s’adonner à un jeu, « auquel Dieu ne joue pas », tel que Einstein avait l’habitude de dire. Qu’est-ce qu’un Dé ? Petit étui à la surface piquetée destiné à protéger le doigt qui pousse l’aiguille ? NON ! Le Dé dont on parle est un facétieux petit cube à six côtés de un à deux centimètres, marquées de points allant de Un à Six, si bien que l’adition des points des faces opposées correspondent toujours à sept, et la somme de tous les côtés à vingt et un, mais dont le lancer donne des résultats aléatoires. Au bout du compte, notre sujet portait donc sur le Hasard (de l’arabe « az-zahr »), signifiant justement : « jeu de dés ».

Enfin. « Alea jacta est », c’est-à-dire, « Les dés sont lancés » ou « Le sort est jeté », fut en effet le propos d’un général de 32 ans, César Suétone, alias Jules César, lorsqu’au coucher du soleil, il décida fermement, en toute illégalité, d’entraîner ses troupes à franchir le Rubicon, limite de la Gaule, le 12 Janvier de -49. « Alea jacta est ! », illustre dès lors le fait d’abandonner l’individu au Hasard, sans aucune possibilité de revenir sur son plein libre arbitre, alors que nous nous efforcions, au Phares, de donner un rythme à notre débat, marquant la fin des tergiversations comme était aussi l’intention de l’Empereur romain,  décidé à passer au delà du fleuve, d’un air de dire « On y va !!! » ou « Ça ira ! », mélodie de contredanse entamé par Ladré lors de la Révolution Française et due à Benjamin Franklin. En cause était certainement « l’imprévisible », « effet » explicable par un enchaînement de causes, sans intention de le produire, le meilleur exemple étant aussi bien celui du « nez de Cléopâtre », qui aurait changé la face du monde, que celui de la Loterie, à même d’enrichir soudain un pauvre déshérité, sans le sou.

Evidemment, Notre Débat fut riche d’idées, dans la déclinaison du thème, allant de considérations du genre « Dieu sait ce qu’il doit faire », « il y a des choses qui dépendent de moi, d’autres pas », «  toujours de nouvelles lois sont édictées », jusqu’au requestionnement : « qu’est-ce que le hasard ? » ou à de nouvelles définitions : «  le hasard est une opportunité à saisir », voire des exemples pratiques tel « Ceci n’est pas une pipe » à propos d’une Pipe exposée par Magritte, « des partitions musicales stochastiques de John Cage », ou des « explications génétiques attribuées à des phénomènes cosmiques », sans compter « ‘le hasard a des raisons que la raison ne comprend pas’ de Pascal » ou avec « la virtualité à laquelle nous ne pouvons pas trouver de cause », voire, avec « la connaissance de beaucoup de choses, ça nous entrave », et « on est obligés de faire confiance au hasard », « univers incertain », « facteur de risques », « concours de circonstances », « avec des Lois à transgresser ou à observer, des opportunités à saisir », « beaucoup de choses dépendant du hasard, en Démocratie, la pensée magique en tête », « comme un coq dans le poulailler », l’animateur finissant par déclarer que « le déterminisme ou la liberté ne jouent pas dans les questions du hasard, et que nous avons tous un Rubicon à franchir, et à faire avec le hasard ».

Pour des raisons que l’on ignore, Gilles n’a pu s’exprimer, et nous voilà dehors à remâcher ce que l’on avait avalé.

Sur le bord du Nil, deux touristes jettent des cailloux sur les crocodiles, et les reptiles s’approchent dangereusement de la berge, y grimpant les gueules grande ouvertes. Un des gars se sauve, mais l’autre reste, impassible, se disant :

- Je n’ai jeté que des dés, moi…

 Carlos  

Débat du 24 Novembre 2013: »Comment la mémoire collective se construit-elle? », animé par André Masse-Stamberger.

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Posted on 26th novembre 2013 by Carlos in Uncategorized

Cette semaine, à Paris, un franc tireur a ouvert le feu sur la rédaction du Journal Libération, y blessant un photographe du « Monde », tandis que « Les Restau du Cœur » inauguraient, eux, leur 29ème Campagne Hivernale. Sur la Planète, alors qu’aux USA, Barack Obama peinait à faire appliquer les décisions de la Conférence de Paix sur la Syrie, des violences, unanimement condamnées, ont été perpétrées en Libye, et de mystérieux problèmes se sont fait jour à propos des négociations sur le nucléaire Iranien, ce qui s’est répercuté (va savoir pourquoi) sur le prix du pétrole. Imperturbablement, dans la Capitale, ce 24 Novembre 2013, au Café des Phares®, avait lieu l’habituel Débat hebdomadaire, qui, animé par André Masse-Stamberger, eut pour thème : « Comment la mémoire collective se construit-elle ? »

Comment, diable, se construirait-elle, la Mémoire, …Collective, dans notre cas de figure ? Une mémoire, plus une mémoire, plus une mémoire… ? J’en doute. Mais ? Se construit-elle, d’abord ? Se construit-elle, au point d’aller jusqu’à la violence et le délire, perçus dans les racines du mot ? Dérivant de MEN, ‘menos’, du grecque μέυος, (la force), et de MAN, ‘mania’, μανια, (le délire), la Mémoire, donc, en même temps Force et Délire, serait, finalement, la faculté de maîtriser ou actualiser le passé, bien que celui-ci soit intimement liée à l’oubli. Pourtant, à l’aide de ces briques et de ces broques, notre mémoire collective serait à même de bâtir, au fond, une réalité aussi bien suscitée, que subie.

Côté latin : « memor, oris », notre objet de cogitation signifierait « se souvenir », ce qui consiste dans un effort méthodique de fixation et intégration des éléments affluant à la conscience du sujet, donc la capacité à retenir les informations, à faire globalement ou par fragmentation. Il s’agit du pouvoir d’établir une communication entre le passé et le présent, ainsi que d’un signe fait vers l’Avenir, « Mnémosyne », une déesse de la mythologie grecque. A retenir, qu’Aristote faisait, lui, une distinction entre la « mémoire » et la « réminiscence », ce  qui équivaut à un véritable raisonnement, puisque, indifférente à l’objet, la Mémoire ne fait que ‘témoigner’, alors que le Souvenir ’idéalise’.

A l’opposé de la Mémoire, intéressé par l’essentiel, le Souvenir embellit ; il est, concerné par les représentations communes ou quelques événements marquants dont la Commémoration constitue une pratique sociale rituelle, visant à inscrire dans la Mémoire Collective ce qui est  à commémorer comme élément du passé que l’on ne veut pas laisser disparaître. Dans ce cas, la Mémoire figure un enjeu de pouvoir, qui peut l’interdire, entraver, manipuler ou rendre obligatoire, selon les maîtres du jeu, ainsi qu’en faire un stock d’informations codées détenues par une machine de traitement d’informations, par exemple, à des fins indéfinis.

Puis, il y la Mémoire affective, involontaire, mettant en avant aussi bien la reviviscence des sentiments, émotions et sensations, telle la Madeleine de Proust, que la Mémoire collective, représentation d’un passé à commémorer, ou encore la Mémoire active, qui permet de traiter toutes informations, disons, des épisodiques rappels de ce qui nous concerne particulièrement, ainsi que la Mémoire habitude, immédiate, à cour terme, voire la Mémoire procédurale du pianiste qui  apprend quelque chose par cœur, sans parler de la Mémoire pure, ou souvenir, que Bergson oppose à l’habitude, et dès lors un tel rappel n’est plus une trace mais une présence. Poursuivant toujours l’idée, on se trouve face à la Mémoire sémantique ou à long terme, qui retient le sens des mots ou symboles, ainsi que celle de la Connaissance Générale, une Mémoire Sociale soucieuse de la représentation d’un passé commun placé dans le temps et dans l’espace, que l’on nome Devoir de Mémoire.

Bref. Une heure durant, nous avons mêlé tout ça, évoquant des tas de Métaphores, comme celle du « Grenier où s’entassent les souvenirs de façon aléatoire », ou « du labyrinthe qui suggère la complexité du cheminement et des détails », puis, « la Théorie physiologique de la mémoire selon laquelle, cela résulterait d’une inscription faite par l’expérience sur la matière cérébrale », ainsi que « la trace du cachet ou du pli de l’acte de penser d’Aristote », alors que « pour Hume, il s’agirait du pendant de notre imagination », ou en en faisant « l’intermédiaire entre une impression et une idée » allant jusqu’à « l’idée parfaite », « la dépendance de la stabilité ou de la labilité de la mémorisation », voire, « un Travail méthodique de fixation des souvenirs, globalement ou par fragments ».

Pour finir, Gilles a fait poétiquement état de ce qu’il a pu tisser à partir de ce fil, et chacun est parti, vaquer à ses affaires.

Un paysan mettait, le soir, un peu de farine sur le pas de sa porte.

-Pourquoi faites vous ça ?

- Pour éviter l’attaque des tigres…

- Mais, il y pas de tigres par ici !

- Vous voyez que ça marche !!!

Carlos

Débat du Premier Décembre 2013: « Qu’est-ce qu’un chef? »,animé par Yves Cohen et Alain Parquet.

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Posted on 2nd décembre 2013 by Carlos in Uncategorized

Dans le cadre de l’Année Internationale de la Coopération, au cours de laquelle on se demande « Où sont les riches ? », une conférence avait lieu à Paris sous le Thème « Les pauvres ont-ils des Droits ? », et des rencontres régionales avaient lieu dans le domaine de l’apprentissage à se connaître et se percevoir comme acteurs en interaction les uns avec les autres, s’interrogeant sur la nature, le plaisir et le partage, puis d’autres innovations citoyennes se faisaient jour, dont le « lien Osol », « PollutecHorizons », « AlterEco », etc., tandis qu’Yves Cohen et Alain Parquet s’entraidaient au cours du Débat du Premier Décembre 2013, au Café des Phares®, où ils ont décidé de demander à l’assemblée : « Qu’est-ce qu’un chef ? »

Quésako ? Voyons voir… A quoi le reconnaît-on, un CHEF ? Au fait qu’il porte une longue toque blanche sur la tête, dans la cuisine ? Un « Top chef » ? Parce qu’il porte un crayon sur l’oreille, en bon « Chef de Chantier », voire un Ipad dans la main, « Chef de cabinet » ? … Ou s’agissait-il d’un chef-lieu ?

Toutes les éventualités étaient envisageables, dont « l’individu charismatique capable d’exercer une certaine autorité » et qui, dans l’enseignement Ayurwedique correspond à quelqu’un du type « Pitta », alors que selon les mœurs allemandes ce serait un Homme assez ferme pour conduire la politique de la nation ; un « Führer », voire, un « Duce » ou « Guide Suprême », chez les peuples latins. Dans ce cas, il s’agirait d’un personnage qui finit par s’attribuer lui-même tous les pouvoirs, passant, au pire, par l’assassinat de ses adversaires, au mieux parce que ces « Charges » lui sont confiées par un Parti Unique, c’est-à-dire, un

euphémisme propre à désigner la besogne des Dictateurs. Ils se considèrent, dès lors, comme étant les providentiels garants de l’Ordre sur le Chaos, et seuls intermédiaires entre les Hommes et les Dieux, une puissance que les Pharaons ont ainsi longtemps exercée dans l’ancienne Egypte.

 Qu’es-ce qu’il en est, pour les philosophes du Dimanche, en herbe, ou dûment patentés ? On a fait référence au terme « Führer », bien entendu, ainsi qu’aux «Tsars de Russie » et constaté « que nous avons besoin de ‘chefs’, notamment dans les entreprises », faisant aussi référence à « la prépotence de la Télé » et à « la ‘Psychologie des Foules’ », aussi bien qu’à « Louis Renaud, promoteur de l’Industrie Automobile ». Un parallèle a été fait avec  Dieu et la religion, ainsi qu’avec « l’enfant-roi » ou l’autorité, tout court, par le biais d’Hannah Arendt, connue pour ses travaux sur le Totalitarisme et la Modernité, le tout mêlé au « Duce », Mussolini, Benito de son prénom, puis on a ajouté qu’il y a des choses pas claires dans l’autorité en raison de ses différents sens et qu’il faudrait éviter une certaine dérive, puis fut évoqué le cas de Babinski, chez Charcot, atteint de la maladie de Parkinson mais néanmoins  auteur d’une pièce de Grand Guignol et d’une étude sur les pulsions érotiques des femmes. Ensuite on a cité une phrase indûment attribuée à Ledru-Rollin en fuite lors d’un soulèvement en 1849 : « Je suis leur chef, puisque je les suis ».

On a ensuite poursuivi avec la pensée de Freud et la conscience personnelle, l’autorité comme image du Père, et le discours sur le phénomène Homo social : Mao/Staline ou le culte de la personnalité, « autoritas » équivalant à « potestas », avec l’obéissance en avant.

Enfin. Vu le chambardement qui s’accumulait, et puisqu’il n’y a pas eu les vers de Gilles, on ne sait pas très bien comment le tout s’est terminé, et pourtant, la messe semblait dite, la petite foule prenant le chemin de la sortie.

- Avec mon nouveau Chef, je ne peux plus dormir au boulot…

- Pourquoi ? Il te surveille ?

- Non, non… Mais, il ronfle !!!

Carlos

Débat du 8 décembre 2013: « Ethique et Politique sont-ils compatibles? », animé par Bruno Lecoris.

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Posted on 9th décembre 2013 by Carlos in Uncategorized

Notre semaine fut marquée par la disparition d’un homme politique exceptionnel, non-violent, sans être pacifiste, à l’instar du Mahatma Gandhi, et tombeur de l’Apartheid en Afrique du Sud, figure de la force empreinte de courage, lors de l’indépendance de ce Pays, dont il fut le premier Président noir, je veux dire, le héros Nelson Mandela, décédé à l’âge de 95 ans, alors qu’il avait renoncé à sa propre volonté au profit de celle des autres, « comme seul moyen d’atteindre la vérité », selon le principe qu’il s’était donné, la « Non-violence en tant qu’action », en somme, une façon d’agir toujours déterminée par l’oppresseur.

Quoiqu’il en soit, lors du débat du 8 Décembre, au Café des Phares®, animé par Bruno Lecoris, les participants devaient prosaïquement répondre à la question : « Ethique et Politique sont-ils compatibles ? »

Il faudrait, donc, débuter par le démêlement des termes, afin de déterminer ce dont on souhaitait parler, commençant par retenir que, Etymologiquement, l’Ethique (du grecque « ethikos », voire « êthos », signifiant « Caractère »), voulait dire, « la Morale », c’est-à-dire, la façon de conduire sa vie. De son côté, le Politique (également du grecque, « polis ») a le sens de Cité, l’espace public commun à tous les citoyens, la Politique étant l’art de délimiter cet espace et conserver son intégrité, du fait qu’il risque d’être pollué par le non-politique, en raisons des intérêts économiques de nature privée.

Le vocable désigne donc, aussi bien celui qui s’occupait des affaires publiques, que l’Homme pourvu de science, c’est-à-dire, « le sophiste », ce qui nous approchait de la connotation de « conquête », soit un « exercice », ou « structure du Pouvoir organisée en Etat », sachant que les « Sociétés sans Etat » ne sont pas forcément des « Sociétés sans Pouvoir », quoiqu’elles ignorent justement le Politique, qui se différencie aussi bien du social que de l’économique, et soient, parfois, opposées à « la Politique », sa manifestation apparente, de par les discours et les représentations. Il conviendrait donc de commencer par aller voir du côté du dialogue de Platon, « Le Politique », où il oppose cet exercice au Sophisme, rhétorique de l’infatué content de soi et pénétré de ses mérites. Mais, ce n’était pas encore le moment…

Allez chercher le « con pâtir » dans les dictionnaires. « Pâtir », c’est endurer, souffrir, et c’est ainsi, que, faisant feu de tout bois, nous nous sommes jetés sur les « lieux communs » correspondant au mieux à la colle qui nous était posée, arguant tantôt, d’un côté, par ci, tantôt de l’autre côté, par là :

« C’est une question sur les fins et les moyens… », disait l’un, « principe de réalité… vie sociale », disait l’autre, puis, « rapports de force… reculer pour mieux sauter… le premier à les associer , étant Aristote, puis, à les vivre, Gandhi et Mandela, alors qu’à notre époque on ne voit qu’un abîme entre les deux, malgré la nécessité de les réunir, comme l’a fait Mandela,  le Suffrage Universel impliquant en fait la Démagogie ». Quelqu’un a voulu corriger l’opinion commune sur Mandela, arguant que « l’apartheid concernait à peine 2% de la population et qu’il y a autant d’opinions que de gens … bien que, « faire de la Politique serait une façon de ‘soigner son jardin’ », tandis que d’autres entendaient que « la Politique n’est pas un rapport de forces », que « l’on ne peut pas empêcher la paranoïa du Chef », et « qu’il vaudrait mieux une machine à laver pour tous », bien que la question « opposât l’individu à la société, et que l’’Ethique’ ce n’est pas la ’Morale’ », « le plus riche ne pouvant pas s’isoler », quelqu’un s’inscrivant en « désaccord avec la séparation de la Morale et de l’Ethique, principes qui interrogent les grandes valeurs, afin d’orienter notre façon d’agir et mettre en action nos idées, nous dispensant des chaînes TV en continu, et que la question devrait être : ‘Que faisons-nous de notre engagement moral ?’ au lieu de naviguer à vue ! ». D’autres interventions, toutes pertinentes ont eu lieu, mais, pour être politiquement correct, je dois laisser la parole au poète, lequel, pour terminer, nous averti « qu’il s’agit-là, d’’éthique’ et point de ‘cosmétique’ ». Voilà, à peu près.     

Un jour, Doboliou (WW), c’est-à-dire, Busch et Tony Blair étaient en discussion, Chirac s’approche,

- On prépare la 3ème Guerre Mondiale : on veut exterminer 14 millions de musulmans et un informaticien…

Chirac :

- Pourquoi un informaticien ?

Tony vers WW :

- Tu vois ? Personne ne va nous poser des questions sur les quatorze millions !

Carlos

Débat du 15 Décembre 2013: « Etre responsable de soi, contribue-t-il au bonheur du Monde ? », animé par Daniel Ramirez.

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Posted on 16th décembre 2013 by Carlos in Uncategorized

Tandis que la France élisait sa nouvelle « miss », Nelson Mandela, qui a impressionné le monde entier par sa posture humaine et politique, fut enseveli dans la Terre de ses Ancêtres. C’était une bonne occasion pour se soucier du rôle de chacun dans la gestion de la Planète, raison pour laquelle, au Café des Phares®, on s’interrogea, au cours du Débat ayant lieu le 15-XII-013 : « Être responsable de soi, contribue-t-il au bonheur du monde ? », séance animé, en l’occurrence, par Daniel Ramirez.

Telle était donc la question du dimanche, un peu comme lorsque Yahvé demanda à Caïn « où est Abel, ton frère », et celui-ci répondit : « Suis-je le gardien de mon frère ?».

Le concept de « Monde », ou système parfaitement bien ordonné, se réduisant prosaïquement pour les humains à la planète « Terre », vu que, comme le corps, l’âme bouge aussi, et que la vie psychique est nécessairement animée de passion, nous étions priés de répondre si l’être responsable devait, ou pas, aller au secours d’une supposée instabilité généralisée d’humeur. Chacun des participants au débat étant sensé se porter garant de la bonne humeur ambiante et, comme un vulgaire « chauffeur de salle de Fêtes », le cautionner même, tel si le « Bonheur » était un manteau, le Père Noël, un feu d’artifice dépendant de sa propre raison, ou comme si l’Heure résultait tout simplement du fait de remonter sa montre, nous nous sommes « collés » à la Colle. Sachant que la Responsabilité correspond au fait de s’acquitter ou se porter garant d’un engagement, et le Responsable est celui qui agit avec la connaissance et la liberté suffisantes pour répondre de Soi, mais pas nécessairement de son frère, ni faire en sorte que « tout le monde soit heureux, tout le monde soit gentil », l’affaire semblait pliée.

Quoique, il y avait encore le « le Bonheur » !!!! Voyons ! C’est quoi, le Bonheur ? Du latin, « augurium », qu’étymologiquement signifie « chance », « augure » ou « présage », le Bonheur, (bon heur), paraît être le résultat d’une « chance », produit de circonstances opportunes, ce qui n’est pas le cas de la Responsabilité. Dès lors, il serait bon de distinguer le « pathos » dont le terme est chargé, de l’hédonisme, ou « l’eudémonisme » ancien. Que le Bonheur soit considéré comme le Souverain Bien, ou la Fin à laquelle serait subordonné l’ensemble de nos activités, c’était parfait. Toutefois, cet état de « Satisfaction Achevée » serait à distinguer du « Plaisir Sensuel », en raison du fait que celui-ci est accompagné de sensations d’une durée assez aléatoire et difficile à déterminer, alors que Kant définissait l’autre comme « un idéal de l’imagination plutôt que comme une fin », susceptible d’être rationnellement recherchée.

Pas de souci…

De bonne grâce, la salle s’y est attaché et, il a été dit que « cela correspondait au ‘Credo  néo-libéral’ », « au monde d’Amélie Poulain », « que ce n’est pas de notre faute si ça va mal », « le souci des autres étant un lieu d’expérimentation, selon Paul Ricoeur », « une sorte d’égocentrisme, en général », et que « s’occuper de soi, ce serait la meilleur façon de s’occuper des autres », ou « ne pas demander ce que l’on peut faire pour soi, mais pour le monde », une façon de « questionner l’altérité »… « …et pluribus unum », (« um pour tous, tous pour un »), tell que le mentionne un poème de Virgile (à propos de la fabrication d’un certain fromage), et dont Saint Augustin se sert, pour décrire l’amitié. Beaucoup de choses intéressantes ont encore été dites, jusqu’à ce que, le temps qui nous était réservé arriva à son terme, nous laissant l’occasion d’écouter la poésie de Gilles, le débat se poursuivant encore, quelques instants, pour des raisons formelles.  

- Comment avez-vous eu le bonheur d’amasser votre fortune ?

- En vendant des pigeons voyageurs !

- Combien en aviez-vous ?

- Un seul. Mais il n’a pas cessé de revenir !

 Carlos

Débat du 22 Décembre 2013: « Le monde finira; rien n’est moins indubitable! »

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Posted on 22nd décembre 2013 by Carlos in Uncategorized

Alors que, prévus pour 2014, les XXII èmes Jeux Olympiques d’Hiver (XI èmes Paralympiques) devraient avoir lieu à Sotchi, en Russie, impliquant d’exceptionnelles mesures de sécurité, la flemme qui leur présidera faisant même un exceptionnel petit tour dans l’espace à bord d’un vaisseau approprié, sans feux ni trompettes, le Débat du 22 Décembre 2013, allait se tenir, lui, tout simplement au Café des Phares® de Paris et, animé par Gunter Gohran, il porterait sur la question: « Le monde finira, rien n’est moins indubitable »

C’est pas si sûr, si l’on appelle à Pyrrhon, Pyrrhon d’Elis, apôtre du scepticisme. Le monde ! le monde ! S’est-on demandé. « Qu’est-ce que le monde ? » De quoi parlait-on ? D’un système bien ordonné, du genre « monde des affaires ou de la finance » ? De notre planète, « la Terre » ? De notre galaxie, « La Voie Lactée » ? De l’Univers ? De tout ce qui existe dans l’espace et dans le Temps ? En effet, (du latin : « mundus »), le monde dénomme aussi bien un système bien ordonné, que simplement la Terre ou l’Univers tout entier. Elastique. Alors ?

On pourrait compulser « L’Apocalypse », composé par l’Apôtre Jean, et qui, étymologiquement, signifie « Dévoilement » (ou, sous l’aspect religieux, « Livre de la Révélation »). Il s’agit du dernier Livre du Nouveau Testament, mais, faisons un tour par Kant, pour qui le Monde est l’une des trois Idées de la Raison Pure, tels que l’Âme et Dieu, si bien que l’on peut affirmer que « Le monde » est fini ou infini, une antinomie qu’il est possible de démontrer, mais dans laquelle tombe la raison, dès lors qu’elle cherche des certitudes en dehors des limites de ses possibilités de connaissance, s’obstinant à vouloir atteindre l’absolu. Et la Connaissance, alors ? Du latin « cognoscere », chercher à savoir, le terme désigne l’acte par lequel la pensée s’efforce de saisir et de définir un objet qui se présente à elle, si bien que l’on l’oppose à Croyance, du fait que celle-ci n’est pas nécessairement fondée sur la raison, c’est-à-dire, n’implique pas nécessairement l’idée de vérité. Nous voilà bien. En fait, c’est observant le train que l’on voit qui y voyage. Voyons, donc, ce qui se passe devant notre porte. Le Monde est, pour l’Homme, l’horizon de son action, avant d’être objet de connaissance, car il EST DANS LE MONDE, et non dans l’île d’en face. Enfin ; on a glosé sur la fin du monde, les uns disant « que l’on en parle plus », « que l’on ne se baigne jamais dans le même fleuve », « que le monde est comme la vie », d’autres que « le Samouraï Japonais est une affaire de famille depuis la guerre de Troyes », « que rien n’est moins inévitable », « que tout est fait par notre cerveau », « Oh Temps ! Suspend ton vol ! », « On se rend compte que chacun est dans son monde », « qu’est-ce que je fais là ? », « de quel monde on parle ? », « question de responsabilité, concernant aussi bien Platon, qu’Heidegger ou Eichmann ». Quelqu’un trouva qu’il y a « deux sortes de fin : l’Historique et la Cyclique », puis un autre « le Temps stable », ou un autre encore « le Temps mort », soit « un discours matérialiste », sans parler de la « Résistance à Hitler », ou de « l’efficacité du Café Philo par rapport au ‘Prozac’ », le tout mêlé aux « hommages à Deleuze et Marc Sautet ». ou le reproche d’une mère à son fils, un peu trop arrogant : « Tu as encore du lait dans tes oreilles ». Il fut évoqué « le Temps de la Liberté et de l’Amour, lorsque l’un devient cannibale, l’autre assujetti », « le recyclage de l’Humanité », « le Temps de la Philo en train de mourir », « l’ADN congelée », « le fond de la Caverne », « les algues qui étouffent les poissons »…

Enfin, il était temps que ça finisse, et Gilles s’y a employé, avec son poème :

« Infini, In…fini. Fin du Monde, sa mort. Ce monde passe, poussière d’étoiles, inaccessibles étoiles… »    

Peintre grec du IV s. AvC, Apelle, auteur d’un portrait d’Alexandre, s’est fait critiquer par un cordonnier à propos de la chaussure de l’Empereur. Comme l’artiste admit son erreur, l’artisan osa émettre d’autres observations, ce qui, ayant fâché l’artiste, l’amena à répliquer :

- Que le cordonnier ne juge pas au-delà de la chaussure !

 Carlos

Débat du 29 Décembre 2013: « Tout est vanité et poursuite de vent », animé par Michel Turrini.

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Posted on 30th décembre 2013 by Carlos in Uncategorized

Alors que la situation économique et environnementale préoccupe sérieusement les français, enferrés dans des polémiques puériles ou choix hasardeux, les Journées des Droits de l’Homme, à l’Unesco, étaient consacrées à la langue arabe et à la solidarité entre les différentes Populations, spécialement dédiées au Peuple Palestinien ainsi qu’à la  philosophie, tandis que, entre Noël et Nouvel An, au Café des Phares®, le Débat du 29-XII-013, animé par Michel Turrini, prétendait tirer au clair si « Tout est vanité et poursuite de vent », TOUT ! est-il dit. Tout, sans exception, serait oiseux, illusoire, inutile, fat ! TOUT signifiait, donc, là, tout ce qui existe, chaque chose dont on suppose avoir une existence autonome. Tout, c’est-à-dire, métaphysiquement, toute ‘chose en soi’, qui, étant objet de connaissance, subsiste indépendamment du sujet qui se la représente, ne serait qu’orgueil et suffisance, alors que, sa valeur étant son prix, elle se définirait comme un moyen et pourrait être échangée, tandis qu’une Personne, constituant une fin, est inaliénable et n’a pas de prix ; elle a, par contre, une dignité. La Chose en soi, s’oppose donc à la Personne, et ne peut pas se parer de Vanité.

Sapristi ! Une telle Totalité, sans dérogation, se trouverait objet d’une curiosité qu’il serait vain de scruter, c’est-à-dire, sur quoi il ne nous était pas donné de porter un jugement, car cela représenterait un fait aussi absurde que celui de courir après la Tempête. Autant rentrer à la maison, tant qu’il faisait beau ! Mais, notre Vanité nous a cloués à nos sièges afin de poursuivre le Vent, ne pouvant, par conséquence, nous opposer aussi bien à la Personne, pour qui, la Chose est un moyen, que nous confronter à celui par qui la Chose peut être possédée.

« Rien de nouveau sous le soleil ». Comme la première, qui se prête à notre débat, les deux maximes se trouvent dans le même livre biblique, « l’Ecclésiaste », ou « Qohelet » (c’est-à-dire, celui qui s’adresse à la foule), fils de David, roi de Jérusalem, que l’on identifie à Salomon (version contestée par Voltaire), et datant du IIIème siècle av.JC, une période donc où les Juifs étaient influencés par des tas de systèmes philosophiques, voire des condensés de réflexions générales évoquant le sens de la Vie et débitant quelques conseils pour la mener, (notamment l’inanité de toute gesticulation tendant à éviter notre lot commun, la Mort), profitant ainsi de l’existence, un Don de Dieu, comme le suggère le « Carpe Diem ».

On a parcouru, alors, tous les lieux communs, se demandant « si le vent c’est du vent », « si tout est vanité », raison pour laquelle « Diogène aurait renoncé à tout », au lieu d’héberger « l’orgueil de vouloir cautionner le monde », «  le monde de l’esprit », « le vent comme expression de l’être », ou le « ‘Blowin in the wind’, de Bob Dylan », « la Vahiné, de Tahiti », « la course à la Rolex, comme signe de réussite », «  la ville de New York, basée sur le nombre d’Or », « c’est à chacun de voir ; c’est selon », « la chose est un moyen et peut être possédée », etc., etc..

Tout ayant une fin, la séance arriva à son terme, aussi, avec l’intervention de Gilles, et tout le monde fut heureux, sans montre de vanité.

Bergson :

« La seule cure contre la Vanité, c’est le rire, et la seule faute qui soit risible, c’est la vanité »

 Carlos

Le débat du 5 janvier 2014 : « Pour comprendre le monde, ne faut-il pas se mettre en question ? », animé par Claudine Enjalbert.

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Posted on 1st janvier 2014 by Gunter in Uncategorized

Débat du 12 Janvier 2014: « La nature a créé la différence, l’Humanité a fait l’inégalité », animé par Georges Sefinal

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Posted on 15th janvier 2014 by Carlos in Uncategorized

Tandis que Le Paris Dakar prenait son départ dans l’Aconcagua sur le continent sud Américain, en faisant du ski, Angela Merkel s’est brisé le bassin, Michel Schumacher, s’est fracassé le crâne, et le Héros de la Guerre des Six Jours, Ariel Scharon est sorti de son coma de huit ans, par la plus indésirable des alternatives, la mort… Au bout d’une telle semaine de faits divers, au Café des Phares®, notre cogitation hebdomadaire, celle du 12 Janvier 2014, concernait une affirmation, « La Nature a créé la différence, l’Homme a fait l’inégalité ! » qui, animée par Georges Sefinal, fit la substance de notre Débat.

Commençons donc par le commencement, nous demandant : « Qu’est-ce que Faire ? ». Qu’entend-t-on par « Créer ? ». Comment en établir la « Différence » ? Où se trouve « l’Inégalité » ?, et il me semble, d’ores et déjà, que « Différence » et « Inégalité » n’appartiennent pas au même ordre logique. En effet, si l’on se penche sur la Différence (du latin « differentia »), nous y constatons, certes, le sens de « Distinction », c’est-à-dire, ce qui divise ou sépare, tandis que l’ « Egalité » ( du latin « aequare », rendre égal à…) concerne le résultat de grandeurs équivalentes, fondées sur une identité ontologique, et de ce fait, elle désigne un Equilibre qui ne se vérifie pas, naturellement, dans l’Inégalité, son contraire, attribuée à l’Homme, dans notre colle. 

Voyons ! La première affirmation procède d’une appréciation objective faisant partie de qualités formelles, qui ne sont pas œuvre des humains, mais, au mieux, d’un jugement porté sur le Dasein (l’existence) lequel n’en fait point. De son côté, « Egal » ou « Inégale » sont des constats Arithmétiques, la différence se trouvant en général entre quantités échangeables, car les Maths s’intéressent, habituellement aux nombres, l’ordre ou l’étendue, et par extension, à d’autres objets de la science dont la géométrisation de l’Espace.

Puis, la Nature ! Aurait-elle procédé à des pratiques discriminatoires ? Ou nous a-t-elle gratifiés d’une certaine diversité, voire, une radieuse variété entre les choses ? Des choses que l’Homme jugerait, au mieux, « inégales », différentes, au pire, établissant une « injustice » dans leur répartition ?

Bref. On constate que « Différence » et « Inégalité » n’appartiennent pas aux mêmes catégories logiques ; l’une s’intègre dans les opérations mathématiques (soustraction), l’autre se fonde sur les catégories morales ou la faculté de juger, c’est-à-dire, instaure une certaine dichotomie, entre « semblable et différent ».

Nous avons glosé longuement sur les divers aspects de l’affirmation, faisant savoir que « cette phrase n’a de sens que dans des systèmes inégalitaires », « est-ce juste que les femmes gagnent 25% de moins que les hommes »,  « un SDF a les mêmes Droits que Dassault », et même le « Indignez-vous ! » de Stéphane Hessel fut mis à l’honneur. Résumant : nous avons fait, enfin, état des diverses façons d’envisager la sentence initiale, puis Gilles a appliqué le coup de sifflet final au moment cérébral, nous faisant part de son inspiration poétique :

« … sagesse, évidence, de naissance… Singulier/ pluriel… Action/ création… »

La poétesse Gertrude Stein était sur son lit de mort quand sa compagne, Alice Toklas, se pencha sur elle, chuchotant :

- Quelle est la réponse, Gertrude ?

Et Stein de répondre :

- Quelle est la question ?

Carlos

Débat du 19 Janvier 2014: « Sommes-nous malades de ne plus savoir admirer ? », animé par Nadia Guimedi.

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Posted on 21st janvier 2014 by Carlos in Uncategorized

Alors que, à l’occasion des vœux à la Presse du Président de la République, au niveau de l’Horoscope du coeur, des péripéties tragicomiques avaient lieu à l’Elysée, où se donnait en spectacle une constipation sentimentale concernant les favorites du sérail, François Hollande ayant escamoté la Dame de Pique, Valérie Trierweiler, hospitalisée d’urgence à la Pitié-Salpétrière, puis installée à la Lanterne de Versailles, (bien plus confortable que celle réservée aux Aristocrates en 1789), au bénéfice de la Dame de Cœur, Julie Gayet, mère de deux enfants, qui faisait du Président son troisième compagnon, au Café des Phares®, avait lieu l’habituel Débat du dimanche dont le sujet choisi fut : « Sommes-nous malades de ne plus savoir admirer ? », que Nadia Guemidi, se chargea d’animer.

On pourrait répondre par « oui » ou par « non », sans grandes conséquences pour la logique, mais l’exercice s’arrêterait là, alors qu’il y avait encore une bonne heure à tirer. Voyons voir, donc ; « Admirer » ! Verbe transitif nécessitant un complément d’objet, et dès lors, admirer quoi ? Ce qui est beau, par exemple ! Mais encore ? On présuppose que « Savoir Admirer » serait un gage de bonne santé et « ne plus » en être capables reviendrait à avouer le délabrement de notre situation psychophysiologique, alors qu’à un certain moment il se trouvait en parfait état, si l’on fait cas du « ne plus » ! Commençons, donc, par nous interroger sur la « Maladie », étymologiquement « male habitus », dont le sens est de se trouver en « piètre état », en raison d’une altération de la marge de tolérance de notre organisme. Puis, scrutons le terme « Admirer ». Enraciné dans le latin, « admirari », d’après « mirari », parti de « mirus », cela correspondrait à un émerveillement provoqué par un effet de « surprise » dû, soit à l’ignorance que l’on en a de sa cause ou en raison des qualités intrinsèques d’un objet d’émerveillement. Le contraire équivaudrait au mépris ou dédain affichés, lors que tout nous parait vulgaire ou insignifiant.

Et pourtant… Bien que Descartes pressente dans l’‘Admiration’ un état de l’âme qui porte à considérer avec attention ou même plaisir, ce qui semble rare, extraordinaire, voire inopiné, exceptionnel ou unique, d’autres voix prétendent que l’Admiration est fille de l’Ignorance, et là, on approche. C’est-à-dire, la légèreté d’esprit qui consiste à s’émerveiller de tout, au point de se pâmer devant chaque fait qui, résultat souvent de conventions ou préjugés, dérive d’une crasse ignorance des vraies valeurs intrinsèques ou immanentes que « l’opinion » présente comme remarquables ou exquises, pourrait s’apparenter à l’attitude bête du « tout le monde est beau, tout le monde, il est gentil », posture de celui qui ne va pas bien, pour faire preuve d’une certaine légèreté d’esprit.  

Assez loquaces, les participants au débat arguèrent que « admirer est un signe de bonne santé » « si l’on sait le faire », et « qu’il n’y a pas de grand homme qui ne soit sujet d’admiration », comme l’est « la capacité de l’enfant à être spontané », car il « n’admire pas inutilement », « l’Abbé Pierre qui répond au mendiant : ‘c’est toi qui peut m’aider’ », les uns disant « qu’‘admirer c’est étonner’ », d’autres « qu’admirer c’est perdre son temps… », « qu’Althusser a menti, pendant la guerre », d’autres « admirant le Mahatma Gandhi » ou « Albert Camus », le tout mêlé au fait que « des gens placent des objets ‘bizarres’ dans la rue, afin d’empêcher les SDF de s’allonger »… etc. 

Finalement, Gilles a eu raison du Tout, par ses rimes bien pertinentes, comme « … le souci d’admirer … le regard d’un enfant qui dans la glace se répand… aimer étant le fait de prendre des risques… »

- Tout ce que tu me dis sur l’« Admiration » est bon à savoir, mon vieux !

- Dans quel sens ?

- Avant de te répondre, j’ai une question à te poser. « Casse-couilles », tu sais ce que ça veut dire ? 

Carlos

Débat du 26 Janvier 2014: « La Liberté peut-elle faire peur? », animé par Gérard Tissier.

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Posted on 27th janvier 2014 by Carlos in Comptes-Rendus

Toujours en Janvier, de Janus, dieu aux deux visages, c’est-à-dire, le Commencement et la Fin, chargé donc des Portes, des Choix ainsi que des Changements, un Grand Lessivage était opéré sur terre, tel celui d’actualiser et différencier la règlementation concernant le Transport des Déchets au niveau Européen, d‘émettre des Nouveaux Principes au sujet des Appels d’Urgence Automatiques à partir des voitures accidentées, et des Directives toutes neuves propres à solutionner la Consommation du Tabac voyaient le jour… Enfin. Trop de problèmes pour notre gibecière, ce qui nous a enclin à nous tourner, donc, plutôt vers le Café des Phares®, où le Débat dominical portait, le 26 Janvier 2014 sur « La Liberté peut-elle faire peur ? », sujet choisi et animé par Gérard Tissier.

Insolite question. C’est la fleur au fusil et entonnant des chants effrontés que les Hommes partent, toujours stoïques, à la conquête de la Liberté, la « Liberté chérie » dont font cas les poètes. Dès lors, si l’on évoquait l’hypothèse d’une frayeur provoquée par la Liberté, la première chose à entreprendre serait de chercher à en savoir plus, c’est-à-dire, vérifier ce que c’est objectivement la « Liberté », d’abord, et puis, si, au vu de sa définition, il y avait des raisons sensées de la « Craindre », analyser le sens de ce syntagme verbal, afin de se faire une représentation concrète de son contenu, prétendu plutôt inquiétant. Qui seraient les froussards ? Où se tapiraient-ils les trouillards ? De quel bois suis-je fait ?

Voyons du côté « Liberté », alors ! Issu du latin « Libertas », on sait que le mot désigne la situation de l’Homme affranchi, autonome, voire, indépendant et point réduit à l’Esclavage, ou Captivité ; bref, une situation différente de la dépendance ou contrainte d’autrui, qui s’opposait donc à la peur insinuée.

Par ailleurs, dans « la Peur » (du latin, « pavorem »,) le terme nomme la crainte, voire la terreur d’un être saisi d’épouvante, qu’il s’agisse d’une frayeur ou d’une anxiété, lui faisant appréhender l’imminence d’un danger redoutable. Où est-il ? Alors, une lubie? Une tocade?  Bref, il a été affirmé que « par définition, la problématique ne se poserait pas à des citoyens normalement constitués », ni à ceux « jouissant d’un bien qui les protège de toute phobie ou angoisse morbide, la Liberté ». Les uns ont voulu y voir « le concept de limite », « l’angoisse », « le problème des frontières », « le respect de la liberté des autres, la mienne ‘étant infinie’ », « la peur du vide ou de l’inconnu », « alors que l’angoisse fait rebondir », d’autres « firent cas du ‘garçon de café’, de Sartre », ou évoqué « la péripétie de Florence Cassez, s’installant au Bristol la première nuit de son retour de l’enfer », et « la remarque de Anna Arendt ; ‘Ma Liberté commence là, où ça s’arrête celle des autres », poursuivant avec « oser la liberté c’est aller à l’encontre de son désir », « suis-je libre ou plutôt pollué par tout ce que j’ai appris ? », « ‘to be or not to be’ », prônant, entre autres, « l’existence de différentes libertés »…

Au terme de notre exercice, Gilles chanta « la liberté de choix… de soi/… qui a peur n’est pas libre, qui est libre fait peur… », etc., … et on a fermé la boutique.   

Pour conclure :

On disait, que le leitmotiv des troupes italiennes était, pendant la guerre :

- « Si l’ardeur tient, on y va, la poitrine en avant. Si l’entrain diminue, on y va, en avant le derrière. Mais, en avant, toujours en avant ! »

Carlos

Débat du 2 Février 2014: « Instruire ou éduquer? », animé par Philemon.

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Posted on 3rd février 2014 by Carlos in Uncategorized

Alors que les remous autour des questions domestiques s’apaisaient au sommet de l’Etat français, bien que se disant « apolitique », voire, « non-violente », une « Manif pour tous » ou « Fourre-tout », et appelée aussi, par l’extrême droite « Jour de colère », avait lieu à Paris. Enfin, la rage courait les rues, exprimant toute la rogne des intéressés, et contestant, de surcroît, des tas d’autres sujets, tels que la fiscalité, la politique familiale, ou intéressant la jeunesse, voire le chômage, associait des artistes, des commerçants ainsi que les paysans. Pendant ce temps, au Café des Phares®, les apprentis philosophes philosophaient, s’adonnant au Débat du 2 Février 2014, « Instruire ou éduquer ? », animé par Philemon. Je présume que ce « fidèle ami », ainsi qu’il était considéré dans une épître de Paul, aurait un prénom aussi bien qu’un nom, plus simple à évoquer dans notre pratique hebdomadaire mais, que voulez-vous, nous ne nous encombrions point de détails et sommes passés directement au plat du jour : ‘Instruire’ ou ‘Eduquer’, auquel j’ai ajouté aussi le point d’interrogation manquant, afin de faire question.

Reprenons, donc ! « Instruire » et « Eduquer ».

Ce sont des verbes transitifs qui, à eux tous seuls n’expriment rien, donc, à moins d’être accompagnés d’un complément d’objet, et voyons, alors :

« Instruire » ! Du latin : « instruere ». Le vocable a le sens d’enseigner et, se référant à une conscience, veut dire « refaire », « inculquer », « bâtir », ou « acquérir » par l’étude, certaines connaissances. Bref, le terme exprime une forme de pragmatisme bien intentionné, et des lieux publics on été créés pour en dispenser le contenu, comme l’Ecole, par exemple.

Et l’ « Education » ?  Egalement du latin : « ducere », « éduquer », dont le sens est « conduire hors de… », fait un peu redondance, si l’on admet que, par l’apprentissage, celle-ci est sensée délivrer les êtres de la servitude liée à la nature, pour devenir un véritable enfantement, plutôt qu’une science, car aucune Education ne transforme l’être comme par enchantement ;  elle l’inspire, elle l’éveille, mais serait à parfaire toute la vie.

Un tas de suggestions furent apportées, allant « des connaissances générales » à la création de « bons citoyens », passant par « l’Ecole de Luc Ferry », « la Famille », « le Curé du Village », « l’Autorité »,  « l’antidote de la Barbarie », « le Braille », « les Pédagogues », « le Dressage », le tout mêlé à la question de savoir « Qui éduque l’éducateur ? », ou « Penser par soi-même », « Platon », et l’exigence « d’un peu de poésie », « ainsi que la rééducation des adultes ». Quelqu’un a évoqué le « Mai 68 », un autre « l’apprentissage de l’apprentissage », et l’on est passés aux « premières prises de parole », au cours desquelles furent évoqués « le roi Dagobert », « les Médias », « ‘l’Enfant Sauvage’ », « Michel Foucault », etc., jusqu’à ce que  Gilles mette un terme à la séance, avec sa poésie : « … de nature en culture… dressage, apprentissage… connaissance, croissance… transformation, éducation…  », puis la salle se vida tranquillement.

Une fois dehors, je me suis retrouvé face à deux femmes sereinement assises, avec leurs mômes, dans le parc. L’une d’elles dit :

- Hou la là !

- La seconde a répété :

- Hou la là !

Puis, la première s’exclame, enfin :

- Bon ! Ca va comme ça, les enfants ! On rentre !

Carlos

Débat du 9 février 2014: « Le Futur comme promesse », animé par Eric Zernick.

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Posted on 10th février 2014 by Carlos in Uncategorized

Cette semaine, mise à part la stabilisation de la politique interne française, ainsi que l’ajournement de la grogne des conducteurs de Taxi parisiens vis-à-vis de la Location de voitures avec chauffeurs, le 7 du mois a eu lieu, du côté de Sotchi, sur le bord de la Mer Noire, dans  le Caucase, la féerique Inauguration des XXII èmes jeux Olympiques d’Hiver, qui se dérouleront jusqu’au 23 février, avec 98 médailles à la clé. Deux jours plus tard, le 9 Février 2014, au Café des Phares®, le peuple philosophe se coltinait « Le Futur comme promesse », thème du débat hebdomadaire animé par Eric Zernik.

Le Passé, lui, étant révolu et le Présent acquis, le Futur fut toujours objet d’un tas de sortilèges, ensorcellements et pratiques astrologiques, établies en général d’après les signes du Zodiaque ou le jugement de charlatans de toute espèce, qui, à l’aide de boules de cristal, pendules et autres babioles, plus ou moins farfelues, pratiqueraient une sorte d’intromission du Temps dans notre propre destin, nous assenant, au besoin, des Promesses de Gascon, vulgarisées sous l’épithète de gasconnades. Ce Temps aurait donc la texture filiforme d’un écheveau, formant la trame de notre Avenir et de notre Vie, à saisir lors de l’étirement de la pelote. Voilà ! A l’ouvrage !

Pourtant, avant même de se demander qu’est-ce que le Futur et qu’est-ce c’est qu’une Promesse, les voix des « Cassandres » ce sont tout de suite fait entendre, suggérant que « l’on allait à la catastrophe », sinon « au désastre », étant donné qu’une promesse n’a pas toujours un sens positif, tout dépendant, dès lors, du point orthographique (d’interrogation ou d’exclamation),  si l’on tenait à envisager une réponse pour ce qui venait d’être affirmé… autrement dit, posé !

En effet ! « Futur » (du latin, ’futurum’), indique, ici, le Temps de ce qui, sans être ‘avenir’, doit ‘arriver’, c’est-à-dire, ‘sera’, ou ‘viendra’, et qui, conditionné par des causes, elles aussi également contingentes, a effectivement des chances de se produire, se distinguant, dès lors, de la « futurition », voire, la continuité réelle des instants.

Puis, il y a la « Promesse » ! Autrement dit, ce que, sans contrainte, l’on se propose (ou nous a été proposé) de faire ; l’Engagement, voire, la libre volonté de chacun d’accomplir, en somme, un acte qui lui donnerait l’occasion d’obtenir (ou d’effectuer) ce qui fut sciemment annoncé. En bref, il s’agit d’une « Obligation », pour le moins morale, dont on se charge volontairement au bénéfice d’un autre, que le Futur bénéficierait! Un avenir radieux ! Des lendemains qui chantent ! Des excitantes joies issues d’un temps pas encore advenu que l’on se propose comme but, et l’on se fixe comme objectif délibéré, voulu.

Les intervenants se sont inquiétés, les uns après les autres, d’extirper le sens des promesses contenues dans les méandres de l’avenir, évoquant, tantôt « l’espérance de baisse des impôts pour 2015 », « promise par le Président Hollande » et qui « n’engage que ceux qui la font miroiter », alors que « c’est le présent qui nous intéresse », d’autres y voyant « un espoir, selon celui qui a promis », que ce soit « demain on rasera gratis », ou « autres histoires que l’on raconte aux enfants », dès « qu’il n’y a pas de promesse qui n’engage pas l’honneur », et « va savoir s’il ne s’agit pas de vaines promesses », « que l’on envisage le travail ou la jouissance », « alors qu’il nous faut une mémoire, de l’ordre du récit » pour l’un,  et « qu’il n’y a rien à attendre de ce XXIème siècle », pour l’autre, « ou qu’il nous faut explorer la promesse de jouissance », en ce qui concerne autrui encore, « l’avenir, tout simplement » ou même « le monde virtuel », « Roland Gari qui voulait s’engager pendant la guerre », « le chat de Schrödinger », « le mythe d’Héraclès », « la spéculation sur le futur », « la soumission à l’Ordre du Monde », « l’œuf dans le cul de la poule », « les promesses de Gascon », « Inchallah », « le futur comme lettre morte », « Mozart qui a voulu finir son ‘requiem’, après quoi il est mort ».

Pour dernier mot, Gilles eut l’occasion de nous faire part de son interprétation poétique, et nous vidâmes promptement la salle, ensuite.

- Dis donc ! A propos de Futur, c’est plutôt inquiétant !

- Pourquoi, donc ?

- Hier, j’ai reçu mes analyses de sang !

- Et alors ?

- Il n’y a que l’adresse qui est bonne !

Carlos

Débat du 16 Février 2014: « Peut-on vivre avec Philosophie ? », animé par Aloïs Sandner.

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Posted on 17th février 2014 by Carlos in Uncategorized

Ayant assisté, avides d’exploits, aux succès de la France aux cours des Jeux Olympiques d’Hiver à Sotchi, en Russie, ainsi qu’à l’incroyable prouesse d’un sauteur à la perche, Renaud Lavillenie, qui, ayant atteint 6,16 mètres a établit un nouveau record du monde du saut à la perche, et suivant en même temps la Virée diplomatique de François Hollande aux USA, le Peuple français a pris connaissance aussi de la remise du Rapport de la Cour des Comptes à la Présidence, alors que les amis de « Sophie » s’intéressaient, particulièrement, au Débat « Peut-on vivre avec Philosophie ? », qui eut lieu le dimanche 16 Février 2014, au Café des Phares®, s’efforçant de creuser la question qui leur fut soumise au cours de la séance qu’Alois Sandner animait, ce jour-là.

Ça nous travaille. Au fond, on peut tout, sauf avaler un parapluie et l’ouvrir dans le ventre, ou danser frénétiquement sur une tête d’épingle. Pourtant, le dernier 22 Décembre, la studieuse assemblée qui fréquente le Comptoir philosophique de la Bastille avait déjà glosé sur le thème « Le monde finira, rien n’est moins indubitable ! », puis, ce Dimanche-ci, elle vint à se demander si nous sommes à même de philosopher au quotidien, alors que l’ancien précepte, établit par Aristote, se soucie de ne pas mélanger les torchons et les serviettes, proposant un ordre des priorités de la « vie bonne » : « Primo vivere, deinde philosophari », (« d’ABORD vivre, et philosopher, APRES »), c’est-à-dire, accepter en priorité le fait d’exister pour de vrai, tout simplement, avant de nous livrer à des raisonnements, élégants, peut-être, mais incapables de nous faire oublier nos tracas, ce qui avait amené aussi Karl Marx à juger « que nous avons déjà assez pensé le monde et qu’il nous faudrait à présent le transformer », une façon de chambouler notre manière de l’appréhender, comme, plus tard, le préconisa également Arthur Rimbaud, dans « La lettre du voyant », jugeant que « Je est un autre »… et, « si le cuivre s’éveille clairon, il n’y y a rien de sa faute », question de dire que l’Homme ne vit uniquement que « de pain et d’eau fraîche ».

Il fut observé que « vivre ‘avec’… et vivre ‘la’…, ce n’est pas la même chose… », et quelqu’un d’autre nota « que les deux vont bien ensemble, le tout dépendant dans quelle région du globe (orient ou occident) on se place ». « J’habite face ‘Au Père la Chaise’ et me souviens qu’en Algérie il fallait enterrer tout de suite les morts qui représentaient une menace… », « il y a une vie après la mort », « vue la célébrité de Picasso on ne peut pas parler de sa mort ». « Il y aussi la notion de dette », « la certitude que d’autres existent, même si je ne suis plus là », « on célèbre les morts, pas la mort ». On évoqua le « ‘Viva la muerte’ crié dans l’Université de Salamanca par un franquiste, auquel Miguel de Unamuno a répliqué par un discours resté célèbre, suivi « des poussières d’étoiles que nous serions », « rien ne se perd, rien ne se créée, tout se transforme », « mourir ce n’est pas facile », « c’est une ritournelle ».

L’heure fatale arriva, Gilles fit l’éloge de nos échanges puis, pour qu’il n’ait le dernier mot, l’ultime intervenant assena que « mort et vie, tout a un sens ». 

En quête de « Vérité philosophique », un quidam partit par monts et par vaux à la recherche d’un gourou, trouvé enfin quelque part dans une grotte au Pendjab, et lui demanda « Comment vivre avec Philosophie ? »

- Le secret de la Vie du Philosophe se trouve dans une tasse de thé…, lui dit-il.

- Quoi ? J’ai fait tout ce chemin pour savoir « comment vivre avec philosophie » et vous me dites que cela se trouve dans une tasse de thé ?

Le gourou hausse les épaules, et marmonne :

- Alors, ce n’est peut-être pas dans une tasse de thé !

 Carlos

Débat du 23 février 2014: « Lucifer, l’ange déchu; qui fait l’ange, fait la bête », animé par Gunter Gohran.

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Posted on 24th février 2014 by Carlos in Uncategorized

Alors qu’en Ukraine, dont la capitale se trouvait aux mains des insurgés,  avaient lieu dès faits assez dramatiques aboutissant à la destitution du Président de cette République, Viktor Ianoukovitch, la France accumulait des médailles et des médailles, même en or, aux Jeux Olympiques de Sotchi, tandis qu’à Paris, le Salon de l’Agriculture ouvrait ses portes en présence du Chef de l’Etat, pour la grande joie des enfants de tout âge, et au Café des Phares® avait lieu le Débat dominical du 23 Février qui, animé par Gunter Gohran, portait sur les sphères culturelles classiques, en l’occurrence le domaine littéraire de Blaise Pascal (Pensées) : « Lucifer, l’ange déchu ; qui fait l’ange fait la bête ! ».

Sachant que les êtres humains ne sont ni des anges ni des bêtes, le philosophe prétendrait, donc, qu’il est recommandé de faire connaître à l’Homme l’immensité de sa sottise, au lieu de le laisser croire à une chimérique suffisance ; en somme, qu’il serait aussi dangereux de lui permettre de penser à une grandeur quelconque, sans bassesse aucune, que d’ignorer l’une et l’autre. « S’il se vante, je l’abaisse, poursuit le philosophe ; s’il s’abaisse, je le vante, mais je le contredis toujours jusqu’à ce qu’il comprenne qu’il est un manque incompréhensible ».

Et pour cause. Du Grec « Aggelos » (messager), « Ange » est le nom convenu de tous les esprits célestes, agissant pour le bien des Hommes, à condition que Dieu ne leur donne pas des ordres pour les punir, et ils seraient divisés en sept hiérarchies : Séraphins, Chérubins, Trônes, Vertus, Puissances, Dominations et Principautés. Enfants, nous avons tous appris, de surcroît, que l’ordre du Paradis fut, en effet, chamboulé par la désobéissance du premier couple (Adam et Eve) locataire du jardin d’Eden, en échange de la promesse de ne pas s’en prendre au pommier, et qu’ils eurent aussi à endurer le bannissement, en raison de leur désobéissance. Un désordre semblable aurait déjà eu lieu dans les sphères célestes, un Ange, Lucifer (porteur de lumière) plus beau et brillant de tous les autres, comme Michel, Raphaël, Gabriel ou Uriel, a voulu être l’égal de Dieu et se rebella contre Lui. Peine perdue ; son règne est l’Enfer.

En quoi, ça peut nous concerner ? Le « faire semblant » ! Il en a séduit plus d’un, malgré la confusion entre « déchu » et « déçu », et l’apparent constat « que les parents sont toujours déçus de leurs enfants », ou le souci de « calmer un ami en colère », voire le « lapsus déçu/déchu ». D’aucuns y ont subodoré « quelque chose de mystique (l’ange) et terrestre (la bête), deux univers différents », ou « l’action de Robespierre, voire, de l’Ayatollah Khomeini », « les Révolutions qui finissent en terreur », « les origines du mythe », « Connais-toi, toi-même », évoqué les grandes théologies, « Platon, Deleuze », « le langage métaphorique » et le fait de « ne pas laisser au religieux toute la matière philosophique ».  D’autres prétendirent qu’il faut « se frotter au sujet », « à l’aide de Badiou », « de l’iconographie religieuse au cours des siècles, pas toujours forcément bonne », « battre sa coulpe, comme Lacan, libéré par la Gestapo, mais toujours entouré de jolies femmes ». D’autres encore ont opiné que « Le sujet est une tautologie de la culpabilité qui aborde des Thèmes disparates, dont la capacité des gens à tuer », et comprenait « trois sources du Mal : Lucifer, ou narcissisme, le Diable, ou besoin de psychanalyse », et Satan, soit « l’adversaire qui fait obstacle mais permet d’avancer », en même temps que, « par la caresse dans le sens du poil, la philo nous réapprend à voir », ne serait-ce que « le plafond de l’Eglise de Saint Sulpice, par exemple, où Delacroix peignit la lutte de Jacob avec l’Ange », puis « Lucifer, mon frère, Ange rebelle, dans la Pensée de Pascal, dès le XVIIème siècle, à propos de la Grâce et de l’Absolu, mais aussi de perte par la chute », le tout poursuivant avec « Sœur Emmanuelle qui a fait plus pour les travailleurs que la CGT ». ETC. etc..

Avant de terminer, quelqu’un a évoqué « des vaches qui, vu la grève des trains, se sont allongés sur la pelouse pour regarder passer les avions »… Puis, Gilles chanta : « …flammes d’enfer/ échéance déchéance : Lucifer, ange déchu/ Casser Luci…fer/ Combat de l’Amour ! »… et nous regagnâmes le soleil, dehors, nous refaisant et amendant le tout, comme chaque dimanche…

Le curé faisant le catéchisme :

- Combien de sacrements y a-t-il, mon enfant ?

- Il y en n’a pas, M’sieur le Curé !

- Comment ça ?

- M’sieu le Curé vient de donner les derniers à mon oncle Jules.

Carlos

Débat du 2 Mars 2014: « La philosophie et la psychiatrie peuvent-elles dialoguer? », animé par Raphaël Prudencio.

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Posted on 4th mars 2014 by Carlos in Uncategorized

Parce que la Télévision m’envoyait des images, aussi bien du différent politiquement dangereux entre la Russie et l’Ukraine,  autour de la Crimée, que de la perte du cinéaste Alain Resnais, je ne me sentais pas très enclin au bavardage, d’autant plus que d’autres événements masquaient les premiers, comme le Salon de l’Agriculture, ou l’algarade autour du Demi Marathon de Paris, qui passait par la Bastille, et je suis rentré alors dans le Café des Phares® pour prendre un verre et souffler un peu. Il se trouve que, comme chaque dimanche, à cette heure là avait lieu l’habituel Débat Philosophique, plus exactement celui donc du 2-Mars-2014, qu’animait Raphaël Prudencio, l’énoncé étant le suivant : « La philosophie et la psychiatrie peuvent-elles dialoguer ? »

La controverse venant de démarrer, j’y ai donc pris part, car j’avais un vague souvenir de Babinsky et du Syndrome Pyramidal, dont ses recherches étaient l’objet, du fait qu’il provoquait chez le sujet des troubles assez pertinents du psychisme et de la phonation, dus justement à une atteinte de la partie centrale de la dite Voie Pyramidale, c’est-à-dire, occasionnant en lui des dysfonctionnements ou désordres émotionnels psychiques, pouvant mener à un état pathologique dont la cure serait une psychothérapie, par exemple. On sait que Philosophie veut dire, textuellement, « Amour de la Sagesse », et Psychiatrie (‘iatreia’) de l’Âme (‘psuché’), la médecine. Pour ce qui est du « Dialogue » entre ces disciplines, (de « dialegein », soit, « logos » + « dia »), on y retrouve le souci d’établir un contact enrichissant, ou du moins, souhaitable, avec l’autre partie,  « dia », qui n’appartiennent pas aux mêmes domaines de notre activité intellectuelle. Dès lors, d’une part, ce qui chez l’un ne semble être qu’une spéculation purement intellectuelle, il devient évident, que celui qui s’adonne à un sujet d’étude particulier a intérêt à se mettre en rapport, ou mieux, se pencher aussi sur d’autres notions, apparemment étrangères à la matière, mais dont la pertinence, fait objet d’un même appétit intellectuel ayant la connaissance comme seule finalité, tout simplement.

Il ne nous restait donc qu’à JUGER s’ils le « pouvaient », et il y avait à distinguer, par conséquence, s’ils en possédaient la capacité ou en avaient la permission, matière dont Michel Foucault a fait le tour, dans « Surveiller et Punir ».

L’un peut signifier, en effet, une activité neuropsychique, et cela concerne le médical ; l’autre, fait partie du domaine des soins pathologiques), tandis que Philosophie fait partie des spéculations intellectuelles de quelqu’un qui pratique cette discipline, c’est-à-dire, face aux petits ou grands événements de l’existence, fait preuve de patience, courage, sérénité.

Enfin. Nous avons passé un bon moment, où outre la Psychologie, la Psychothérapie ou la Schizophrénie, tous les grands philosophes furent évoqués, de Platon à Hegel, puis de Hegel à Jaspers, Schopenhauer, jusqu’à Deleuze ou Rubinstein, ainsi que l’incontournable Hannah Arendt qui déclara : « l’Homme devient ce qu’on lui dit.

Moralité ! S’ils sont orgueilleux, les philosophes risquent d’utiliser la raison comme un frein, alors que la philosophie est plutôt une plateforme.  

- La philosophie et la psychiatrie peuvent-elles dialoguer ?

- Il y a intérêt… sinon, c’est la camisole de force ! 

 Carlos

Débat du 9 mars 2014: « Bioéthique: le posthumanisme (l’Homme augmenté) »; animé par Bruno Lecoris.

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Posted on 11th mars 2014 by Carlos in Uncategorized

Comme chaque semaine, les jours se suivirent, de plus en plus agités, et nous voilà au terme d’une période hebdomadaire dense en événements aussi bien saugrenus que dramatiques, comme celui concernant la disparition en plein vol d’un Boeing de la Malaysia Airlines, alors que plus récemment, on avait à se farcir le navrant spectacle des moeurs politiques au sein même de l’Etat français, puisque l’on constatait que le Conseiller du Président espionnait son patron, au détriment de la morale la plus élémentaire, celle de l’Ethique qui, compensée par la Bioéthique, serait le socle le plus souhaitable pour toute Déontologie, dit-on. Pour prendre de l’avance sur le temps, au Café des Phares®, le 9 Mars, le Peuple Philosophe s’intéressa à l’Humain, en clair, il a fait question d’analyser ce qu’est « Le posthumanisme (l’Homme augmenté) », au cours d’un débat que Bruno Lecoris s’est chargé d’animer.

Au fond, après une brève projection d’images ad hoc, voire appropriées, il s’agissait de démontrer que la nouvelle Techno-Médecine conduirait à nous rendre plus forts, plus rapides, plus intelligents, capable de nous permettre de vivre plus vieux et en bonne santé, repoussant dès lors toutes nos limites, ou nous mettant en conditions de fusionner, au besoin, avec les machines, afin d’accélérer éventuellement leur rythme, ou tirer avantage de la Pierre philosophale…

« Wy not… » Après l’Eden, les Fontaines de Jouvence, la quête du Saint Graal, Prométhée ou Icare, Isaac Asimov finit par élaborer les Lois de la Robotique, et Ray Kurzweil mit au point le principe d’une intelligence artificielle, capable d’auto-apprentissage, ce qui se produisit grâce à l’action de Bill Gates, et qui, algorithmiquement, aboutit à « Google » comme moteur de recherches donnant accès à toute connaissance, que l’on suppute à même de remplacer, vers 2029, le travail du cerveau Humain puis, autour de 2045, devenir pour les « extropieurs » carrément l’Entendement de l’Homme, augmentant ses capacités de pensée jusqu’à des milliers de fois, un « transhumanisme » qui suscite, naturellement des adversaires.

Enfin. On en est bien loin, mais tout le monde a pu exprimer sa propre vision des choses, allant de « l’anéantissement du Tabou ultime, le mot ‘mort’ », « notre espérance de vie augmentant de trois mois chaque année », « nos cellules ainsi que nos organes étant très complexes, et la donne technologique variable », « la nanotechnologie avait aussi son mot à dire » « dans l’analyse du vivant », « sa programmation » et « recomposition de ses cellules », « qu’à peine depuis vingt ans on a appris à décrypter ».

Puis, on s’est étonnés « qu’en l’an 2000, il était utopique d’enfermer dans une clé USB toutes les données implantées dans un cerveau », « à l’avantage des malades de Parkinson, Alzheimer, Aveugles », « une ingénierie du vivant aujourd’hui courante », et que « vers 2050 on atteindra une espérance de vie inimaginable, pouvant aller jusqu’à millle ans, voire l’éternité », grâce à « l’Homme augmenté, réparé ! »

L’idée que « l’Homme produit ses propres lois, au lieu de les recevoir du Cosmos » fut alors avancée, bien que ce n’était pas celles-là qui étaient en question, mais plutôt « le fait d’être plus de sept milliards et que bientôt on ne pourra pas nourrir autant de monde ».

Enfin. L’Homme augmenté fut déjà une idée de Frankenstein, mais cela a mal tourné, et nous sommes forcés d’admettre que le Cimetière fera toujours partie de notre paysage urbain.

Gilles clôt, de ses vers, la séance, et les participants à l’exercice de la pensée se sont dispersés dehors…

- T’as pas vu, par hasard, l’Homme Augmenté ?

- Non, pourquoi ?

- J’aurais besoin qu’il me change l’ampoule de l’escalier…

Carlos

Débat du 16 Mars 2014: « Doit-on refaire le Monde ou l’empêcher de se défaire ? », animé par Daniel Ramirez.

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Posted on 18th mars 2014 by Carlos in Uncategorized

Un regain du Pouvoir Russe et ses visées se fait sentir en Crimée, un regain de Pollution induit la gratuité dans les transports en commun, un regain dans la pêche aux requins appelle à leur protection, le changement incongru de trajectoire d’un appareil de la Malaysia Airlines donne lieu aux conjectures les plus fantaisistes, sept jours après sa disparition sans laisser de trace. Au Café des Phares®, on avait d’autres chats à fouetter, Daniel Ramirez  ayant choisi, « Doit-on refaire le Monde ou l’empêcher de se défaire ? », pour sujet du  Débat du 16-3-14, qu’il se proposait d’animer.

REFAIRE le Monde ! Carrément. Comme si l’on se refaisait le nez, la bouche, ou son plafond ! Refaire ! L’a-t-on déjà fait une première fois, ce Monde ? Quand ? Qui ? Qu’entend-t-on par « Monde » ? En tous cas, il semblerait qu’il y avait urgence à s’en occuper, vu qu’il présenterait des fissures et risquerait de s’ébrécher à tout moment, si l’on ne l’étayait pas avec un surplus de Méridiens, par exemple. Quelle présomption ! Il n’est pas bien, le Monde ? Court-il le risque de tomber en ruines ? S’ébranle-t-il ? Serions-nous, petits apprentis sorciers, à même de le réparer, en sorte qu’il ne se défasse point ? Si l’on en ignore le dessein, il vaudrait mieux s’abstenir, car il paraît que c’est très, très complexe l’eschatologie, même si son secret fut coulé par Einstein dans une simple formule, E=mc2, comme un rêve de jeunesse où l’on refait le monde chaque jour.

D’après la Légende, ça mit sept jours à se conclure, cette affaire, si l’on compte aussi la journée chômée que l’Artisan du prodige s’est accordée, afin de se reposer, réfléchissant aux détails ou retouches éventuelles à exécuter pour qu’il ne se défasse point. Ce jour-là, Dimanche, (« ‘Dominicus’, ou Jour du Seigneur », pour d’aucuns, ‘Sunday’, par exemple, soit « jour du soleil », pour d’autres), beaucoup de gens se dispensent de travailler et, comme nous, se posent des questions, dans le but de changer la planète, alors que, croire être en mesure de « faire » la pluie et le beau temps, dans cette matière, tient d’un orgueil qui nous a déjà coûté très cher, maintes fois. Ce coup-ci, l’envie nous a pris de carrément le « refaire » de fond en comble, ou, au moins, d’agir en sorte qu’il ne se désagrège point. Rien que ça ! Pourtant, qu’est-ce que l’on entend par Monde, d’abord ? Du latin « Mundus », le terme désigne, en effet, un système bien ordonné, voire, l’ensemble des corps célestes existant dans l’espace, autrement dit, le Cosmos, ou l’Univers, duquel on ne tient pas du tout les ficelles, au demeurant, aussi bien que notre globe, c’est-à-dire, la planète Terre, dans un tout petit coin de laquelle se réunissent les apprentis philosophes, et qui, installée à la lisière de la Voie Lactée, une Galaxie parmi un nombre infini de Galaxies, tourne autour d’un Soleil.

Dès lors, à propos de quoi s’interrogeait-on ? Du destin, donc, de notre Planète, la Terre, ainsi que de ses habitants, ou bien, de ce Monde qui, formé d’une infinité de Corps Célestes éparpillés dans l’Univers, fait face au monde intérieur, celui de nous-mêmes, c’est-à-dire, une conscience qui se force, cahin-caha, à échafauder une hypothèse qui nous permettrait, tant bien que mal, de nous retrouver, et faire en sorte de comprendre la recette de la Soupe dans laquelle l’Homme est plongé, car le « On », de la question, ne peut être que lui ? Sans l’Homme, le Monde est-il un Monde ? Non pas que celui-ci attende l’Humain pour être, car il n’attend rien, mais, puisque tout doit avoir un sens, afin lui en donner un, celui de Monde, le Monde sur lequel un « Logos » porte son dévolu. Un Logos, un être fou et curieux qui, instruit de son mystère, est à même de réfléchir sur l’œuvre manifeste, réalisée peu importe comment ou par qui.

La parole a circulé gravitant sur une ellipse dont le centre était l’animateur, et il a été dit que « certes, le monde ne va pas bien, mais que l’on peut rêver », « qu’il faut d’abord changer l’Homme », par « une sorte d’Utopie », « très imbriqué», et « qu’il faudrait distinguer le corps de l’esprit » ou même « la science facteur de progrès », alors que d’autres se « demandaient s’il va si mal que ça… », et « que rien ne nous empêche de nous cultiver » question étant de savoir « quel est le rôle de la philosophie dans la cité… », « la philosophie n’étant pas suffisante pour empêcher le processus », et que « sans passé on est mort », « l’Humanité agissant comme une structure », « Hanna Arendt s’étant déjà questionnée, sur le souci à se faire de monde » puis quelqu’un voulu savoir « si la pensée se fait de façon démagogique », « par des décideurs », ou si « ce n’était qu’une Utopie », « à partir de l’Idée suffisante », alors « qu’un grain de sable peut l’entraver », « dès que tout est pourri », mais que « l’on doit empêcher que le monde nous dépasse ».

Pour finir, comme le Monde change, par amputation, il n’ y a pas eu de place pour que Gilles, le poète, exprime sa verve, et la question demeure : « Pour tricoter un monde, combien de pelotes ? ».   

Et voilà !

- Docteur, mon foie me gêne, comme un monde qui se défait !

- Ridicule ! Une maladie du foie n’entraîne aucune sorte d’inconfort !

- Justement !

 

Carlos

Débat du 23 Mars 2014: « Le virtuel peut-il subvertir la conscience du réel? », animé par Michel Turrini.

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Posted on 23rd mars 2014 by Carlos in Uncategorized

L’actualité de la semaine allant d’un troisième Braquage, en une semaine, d’une bijouterie, place Vendôme, à l’action du Pape qui s’attaque à la Mafia, et l’Avion de la ‘Malaisie Airlines’ disparu des écrans de contrôle, en passant par la crise politique surgie entre la Russie et l’Ukraine, à propos de la Crimée, bien que le tout fut mis en sourdine par le scandale des écoutes téléphoniques du clan Sarkozy, et leur corollaire, ainsi que par le brouhaha géré par la préparation des Elections Municipales dans le Pays, insouciants, au Café des Phares®, les philosophes en herbe ne cessèrent jamais de philosopher, et ce sont même penchés sur le Débat du 23 Mars 2014, que Michel Turrini était chargé d’animer, choisissant, parmi une tripotée de sujets, le thème suivant « Le virtuel peut-il subvertir la conscience du réel ? » Je crains que l’on se soit égaré dès le départ, mais enfin, on n’est pas là pour faire dans la dentelle. En effet, le « réel » ne s’oppose pas au « virtuel », un des composants de la réalité, mais au « fictif », un au-delà de la représentation, c’est-à-dire, le réel avant de devenir actuel. 

Peu importe. Il y en avait du pain sur la planche et, en tous cas, quatre concepts à analyser : « virtuel », « subvertir », « conscience », « réel », et c’était déjà ça, si l’on voulait réfléchir de façon ordonnée.

« Virtuel » est, donc, un adjectif qualifiant ce qui se trouve à l’état de simple possibilité ; « Pouvoir », un verbe qui évoque le fait d’être capable, comme « Subvertir », celui de renverser l’ordre établi et les valeurs reçues, ou menacer de le faire, « Conscience » désignant, elle, la faculté de connaître sa propre réalité, et, enfin, « Réel », un adjectif ou nom, se référant à ce qui existe en fait. En d’autres mots, il était donc question de savoir si : 1) « l’hypothétique est à même de constituer une menace pour notre connaissance du monde environnant », si, 2) « ce qui n’est qu’en puissance, pourrait-il renverser notre façon d’appréhender le palpable ? » ou  encore, si 3) « ce qui n’est qu’en puissance dispose-t-il des moyens d’agir ! » D’agir, en l’occurrence, au point de chambouler la compréhension du concret, disposant donc des moyens d’action capables d’anéantir ce que l’on perçoit comme tangible. En deux mots, « Virtuel contre Réel » Oui ? ou Non ? L’un saurait-il subvertir l’autre, ou pas ? On aurait pu en découdre à « pile ou face », mais ce serait moins rigolo, je veux dire, moins gratifiant pour le « Cogito » qui se lança dans la bagarre dès les Premières Prises de Parole :

…« Je suis musicien, et communique avec la musique », « faut prendre en considération le téléphone, l’ordinateur et tout exercice de l’esprit », « malgré le fait que chacun voit les choses à sa façon », « et que le virtuel est une fabrication de ce nous avons usiné », « bien que l’on puisse renverser la perspective », « les étoiles que l’on voit, une partie d’elles mêmes ayant disparu depuis longtemps, alors que d’autres ne sont pas encore nées », comme « le virtuel d’Internet » et « autres mondes possibles », « perception du réel différente » « au profit de ses propres intérêts, c’est-à-dire, pas du réel, mais une pensée qui passe, de celui-ci ou de celui-là », confondant « facteur et cause », « alors que l’intention nous échappe », parce que « le cerveau considère les choses de façon différente, et on se trouve dans la subjectivité », et dès lors, « subjectivité ? Subjectivité de quoi ? », « on est bouffés par le virtuel, les écrans qui polluent le réel », « voire le soldat vu à la télé donnant le biberon à son gosse, le fusil à l’épaule », « le vécu, par rapport à l’absurde, à la fin du monde ». « Platon a bien dit que l’art est mensonger », « l’écran fait écran ; ‘faut arrêter »…

Puis, au cours des « Deuxièmes Prises de Parole », on a entendu que : « l’imaginaire n’existe pas », « on modélise », « aidés par la main divine », « chacun vivant son propre réel, alors qu’il n’y a que la vie qui nous tue », etc…  

Finalement, diligent envers « Ceux Qui n’avaient Pas Encore Pris la Parole » l’animateur la leur proposa, et on a entendu des choses du genre : « Le réel est ce à quoi on se cogne », ou évoquer l’édulcoré « Mythe de la Caverne », et ainsi de suite…

Enfin, avant que le tout ne se termine, Gilles, le dernier à prendre la parole, fit savoir que : « … le virtuel n’a pas d’existence actuelle/…une lanterne magique/ création d’impressions… », puis on a réglé la note, et fini par abandonner les lieux…

Question subsidiaire :

- Pourquoi le corset des femmes se lace-t-il dans le dos ?

- Pour empêcher le chat de jouer avec les cordons !

 Carlos

Débat du 30 Mars 2014: « Aucune Vérité n’est-elle vraiment pure? », animé par Philémon.

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Posted on 1st avril 2014 by Carlos in Uncategorized

Dimanche, en France, on procédait au Deuxième Tour des Elections Municipales, dont l’issue fut décevante pour la gauche, alors que les problèmes concernant Russes et Ukrainiens demeuraient, ainsi que les zones d’ombre concernant l’avion Air Malaisie écrasé probablement dans l’Océan Indien. De leur côté, insouciants, les philosophes réunis au Café des Phares®  autour de Philémon, préférèrent se pencher sur le thème philosophique qui leur était proposé, c’est-à-dire : « Aucune Vérité n’est-elle vraiment pure ? »

On part du principe que la Vérité ne serait pas pure, et l’on voudrait tout simplement savoir pourquoi, et à quel degré, d’autant plus qu’il n’y  en aurait pas une autre de secours.

Comme c’est étrange ! Si la supputation s’avérait confirmée, chaque Vérité scellerait quelque chose de fallacieux, captieux, spécieux, perfide, et se trouverait, enfin, entachée d’imposture, motifs assez suffisants pour s’en méfier. Et pas une seule pour sauver l’ensemble ? Etonnant !… Qu’est-ce que la Vérité ? Qu’est-ce que le Pur ?  Ou plus précisément, le Vraiment Pur ?

Si, par définition, la Vérité (du latin « véritas ») correspond, du point de vue formel, à la cohérence de l’assertion, au cas où sa fausseté matérielle se vérifie, peut-on en déduire qu’elle est pure ? Or, le postulat émet un doute à ce sujet, laissant supputer, même, qu’aucune ne le serait.

Il semble, pourtant, qu’une assertion n’est pas vraie, si elle n’est pas pure, c’est-à-dire, logique dans ses prémisses. Tout le cheminement DEDUCTIF rigoureux, liant les propositions à une conclusion, se trouverait, sinon, enrayé dans l’élaboration d’un raisonnement cohérent, ce qui fausserait tout le syllogisme. Le chat qui se mord la queue, quoi !!! Ca arrive ! Toutefois, si elle n’est pas pure, la Vérité serait-elle toujours « Vérité » ? Ou deviendrait-elle Crédulité ? Vanité, et poursuite du Vent, comme dirait le Qoheleth.  

Qu’est-ce que la Vérité ? Qu’est-ce que le Pur ? Ou, devenant plus exigeant, qu’est-ce  que le « Vraiment Vrai ! », « Le Vraiment Pur ! »

Par définition, si l’on se rapporte au Latin, le sens du mot « véritas », correspond, du point de vue formel, à la cohérence de la proposition. Si l’on s’en remet au  grec, « alêtheia », la signification serait celle de la « découvrir », au sens propre. « Enlever le voile » ; la Vérité toute nue, en somme. Alors ?

Les participants, les uns après les autres, ont jugé que « tout est subjectif », « que l’être humain est à définir par le désir », « lui-même à découvrir », « je suis tout ; vérité, pureté et foi », « faudrait voir, non ce qui est vrai, mais ce qui est exact », « distinguer sciences exactes du n’importe quoi », « dont les différentes manières de percevoir », « et penser collectivement », « objectivement », « observer la terre de l’espace », « refonder les sciences comme l’a fait Descartes », « vue la tension entre vérité scientifique et subjective », « des choses s’étant imposées en 1789 », « il faut donc s’adapter à la réalité du moment », « et considérer le Bien, Le Bon et le Vrai », « ce que la certitude scientifique ne fait pas toujours », « comme l’Espace Newtonien en relation à l’Espace tout court », ou  « le Galiléen, car les sciences sont une série de surprises », « la réalité pouvant être objective et subjective », « la vérité préférable au mensonge », ou alors, « vérité en-deça des Pyrénées, mensonge au-delà »… Une mention fut faite de l’Emission ‘Ce soir ou jamais’ portant sur le thème : ‘La Pornographie met-elle la Sexualité en danger ?’, tout en se demandant « si l’on ne met pas la Femme en danger, bien que la transparence soit un devoir ». On a évoqué Einstein, qui explora « le monde avec un tournevis, illustrant le « possible désirable », ainsi que Descartes qui « pouvant douter de tout, se rassurait du fait que seul Dieu pourrait savoir s’il se trompe », et « le laborieux cheminement du processus de la Vérité, », «  que seul le ‘pur’ possède », «  ce qui n’est possible qu’en religion ». L’heure étant arrivée de fermer la séance, Gilles reprit le flambeau en maintenant que « … la Vérité, pureté ou pas, transcende…/ l’illusion ou la vision/… comme l’exigence  dessine une direction… »

- Le verre est à moitié plein.

- Non ! Le verre est à moitié vide !

- Andouille ! Il est deux fois plus grand que l’autre…

 

Carlos

    

Le débat du 6 avril 2014 : « La philosophie peut-elle être dangereuse ? », animé par André Masse – Stamberger.

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Posted on 3rd avril 2014 by Gunter in Uncategorized

Débat du 13 Avril 2014: « L’Universalisme est-il un piège? », animé par Irène Litvin.

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Posted on 14th avril 2014 by Carlos in Uncategorized

Le monde se trouve en désespérance, et, comme en Ukraine, un Etat policier menace de s’installer, avec la complicité de Poutine dont les troupes durcissent leur position, noyautant les forces nationalistes. Mais en espérance aussi, comme dans l’Océan Indien, où des signaux radio provenant du Boeing de Malaisia Airlines qui s’y est abîmé, furent captés par les équipes de sauvetage, permettant d’espérer donc sa localisation, tandis que les Palestiniens réussissent leur adhésion à la Convention de Genève (vingt ans après leur demande), ceci malgré le refus Israélien de leur rendre les taxes douanières qui leur sont dues. Du côté de Rome, le Pape fait profil bas dans l’affaire de pédophilie dont est accusée la Curie et, en ce qui concerne le Café des Phares®, insouciants, les philosophes prirent part au Débat-philo du 13 Avril 2014, qu’Irène Herpe-Litvin se proposa d’animer. C’est-à-dire, tirer au clair la question « L’Universalisme est-il un Piège ? »

ou pas ? la plus pertinente des hypothèses !

Ce postulat-ci n’a point été pris en considération, alors que l’« Universel… iste, ou …isme » présume un syncrétisme, c’est-à-dire, un mélange d’influences rassemblant des doctrines disparates des idées (religieuses, politiques ou philosophiques) a vocation cosmique, id est, un type de pensée qui ne reconnaît d’autre censeur que l’Opinion Générale ! Alors ? Peut-on, de bonne fois, qualifier de « piège », traquenard ou guet-apens,  ce qui a trait à la Totalité ?…, Tout ce qui existe, en réalité, et qui, ipso facto, devient légitime matière de questionnement ? Questionnement qui n’est qu’une autre façon de dire, critique de la raison, « Démocratie », ou son domaine, en quelque sorte ? Et, si l’on prouvait l’inanité du Piège, qu’en serait-il de l’Universalisme ?

On pourrait supposer que ça débute mal, donc, si l’on commence par se méfier, de cet esprit homogénéisant qui a inspiré la Charte des Droit de l’Homme, par exemple, au point d’y soupçonner une arnaque ! D’aucuns ont désigné ce souci, d’Utopie, un beau nom, en soi ! Mais, Piège ? Piéger quoi ? Qu’est-ce qu’un Piège ? Nous allions nager dès lors dans les eaux troubles de l’oxymore, c’est-à-dire, nous référer à l’Universel avec les moyens du Particulier, voire,  de l’Oiseleur ; l’Universel en cage comme un simple Chardonneret. En effet, le Piège, classique, est un dispositif qui, avec un seul accès, permet d’y attirer la proie, grâce à un appât qui, relié à un mécanisme assez sommaire, enferme la bestiole qui viendrait à bousculer l’èche. Bref, un traquenard pour des gobe-mouches qui, froissés, se mettent à qualifier de « fariboles », le système hautement bien ordonné qui tient à unifier les connaissances d’un Tout intelligible, parce que logique et cohérent, afin d’en libérer totalement l’accès. Mais, de quelle nature serait-il, cet appât susceptible de séduire le gobe mouches ? De couillonner l’Universel ?

Nous ne le savions pas, ce qui ne nous a pas empêché de broder ; ça ne mange pas de pain, ni n’avale pas le vers de terre.

C’est ainsi que l’on a fait référence à la Philosophie des Lumières, aux trois religions (Chrétienne, Musulmane et Judaïque), à Wittgenstein, aux Lois Générales, naturelles et humaines, à l’Universalité des Lois, à la Nature Humaine, aux Arts (Musique et peinture)

Science est un processus établi sur des Lois générales, à l’OMS, au Théâtre Antique, à la formule d’Einstein E=mc2, et tout à l’avenant…

Finalement, Gilles a eu, en vers, le dernier mot et, satisfait, le public quitta petit à petit les lieux…

 Pendant ce temps, dans le TGV :

Une Dame assise devant un Monsieur :

-Monsieur, est-ce que ce train va vers Paris ?

-Non, Madame, Paris est dans l’autre sens…

-Alors, est-ce que l’on peut changer de place ?

Carlos

Le débat du 20 avril 2014, animé par Claudine Enjalbert : « L’amitié est-elle le reflet dans un miroir ? »

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Posted on 17th avril 2014 by Gunter in Uncategorized

Débat du 27 Avril 2014: « Le Philosophe a-t-il droit à la colère ? », animé par Alois Sander.

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Posted on 28th avril 2014 by Carlos in Uncategorized

Le fait le plus spectaculaire du moment était la Canonisation par le Pape François de deux autres Papes, Jean Paul II et Jean XXIII en un seul jour, bien que ce qui se passe en Ukraine ait mobilisé divers observateurs de l’OSCE, et que la virée de l’ex- Président Sarkozi et sa femme Carla Bruni aux USA, faisait aussi jazzer dans les rédactions, plus encore que les menaces du Président USA, Obama, à propos du différent Russie-Ukraine. Au Café des Phares®, ce 27 Avril 2014, donc, les habitués du lieu, eux, ils se demandaient si « Le Philosophe a-t-il droit à la colère ? », au cours d’un débat que Alois Sander s’est chargé d’animer.

C’est à rester coi ! Mais quoi ? Il faut tout essayer.

Voyons, donc, voir :

PHILOSOPHE, est un mot qui désigne celui qui est ami de la sagesse, c’est-à-dire, quelqu’un de réfléchi et vertueux. Jusque là, tout va bien… Rien à voir avec le droit.

DROIT, signifie, ici, ce que chacun peut exiger, selon une règle morale ou sociale établie au préalable par la Loi (qui l’oblige et le protège), ou le fait de s’autoriser à manifester ses caprices, tout simplement. Mais, rien à voir avec la Philosophie.

COLERE ! C’est là que les athéniens s’atteignirent. Du grec « kholé », la Bile (d’où ‘choléra’), le mot désigne ‘une humeur’ ou échauffement de celle-là, un type d’émotion d’ordre pathologique occasionné par un manque ou une frustration, liée souvent à une injustice, et indépendante autant du Droit que de la Philosophie, naturellement.

Voilà. Une fois mis tout ça dans un mixeur, que peut-on en sortir ? Qu’il n’y a pas lieu de faire appel au « Droit » dans une matière propre à désigner l’Homme de Sage, ou pas, le hic, l’os, ou le cactus, étant l’exigence pour tous (philosophe ou pas) de respecter le droit, et le meilleur exemple d’un tel drame fut, sans doute, les « 12 Hommes en Colère », un film de Sidney Lumet (1957).

En effet, dans la Salle, tout s’est déroulé paisiblement, les uns disant que « la colère fait du bien », des autres « qu’elle peut être un moteur pour la réflexion », « ‘L’Indignation’, de Stephan Hessel ayant été rappelée », en passant, ainsi que « la Colère en tant que moteur de la réflexion », « alors que l’on se sent bête, une fois passée la raison de sa colère », «  les philosophes étant souvent assez conformistes », « comme Sartre, par exemple », « Schopenhauer, Nietzsche ou Bergson », bien que « la Philo commence avec la colère », « si  raisonnée » et «  un philosophe doit être quelqu’un d’engagé », « ouvert à l’émotion », « tel Zola », «  Godard et ‘Les choses de la Vie’ » ou à « toute déconstruction », « ‘colère’ et ‘justice’ allant très bien ensemble ». Mais… « colère, par rapport à quoi ? » « C’est une question d’‘Ego’ surdimensionné », fut-il dit, « de Rolls Royce blanche et idées noires », « à la recherche d’un lien, là où il n’y en a pas » !

Gilles nous a fait part de son interprétation poétique du sujet, et nous avons poursuivi la discussion dehors, tant il faisait beau… 

Un gars voulait encaisser un chèque à la Banque. Le guichetier lui demandait de l’endosser.

- Quoi ?????

- Signez votre nom au dos du chèque !

- Non ! Je n’ai rien à ajouter. C’est mon argent ! Vous n’avez qu’à me le donner.

Embarrassé, en raison des autres clients, qui attendaient, l’employé envoie le récalcitrant vers un collègue, assis dans la cabine attenante où la même scène se reproduit. Celui-ci prend, alors, un cendrier, frappe le récalcitrant sur la tête, l’intimant en même temps de signer son nom au dos du chèque. L’autre s’y conforme, reçoit ses sous, puis, en sortant, croise un ami, et le conseille :

- Si tu veux ton argent, ne va pas au guichet ; va voir directement l’employé du bureau à côté. Il explique beaucoup mieux !

Carlos

Débat du 4 mai 2014 : « Quelles sont les limites de la vie privée ? », animé par Pascal HARDY.

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Posted on 5th mai 2014 by Carlos in Uncategorized

Le débat du 11 mai 2014 : « L’infidélité, n’est-ce pas l’absence de confiance en soi ? » animé par Gérard Tissier.

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Posted on 7th mai 2014 by Gunter in Uncategorized

Débat du 18 Mai 2014:  » Comment construire des normes éthiques pour les nouveaux défis écologiques ? », animé par Daniel Ramirez.

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Posted on 19th mai 2014 by Carlos in Comptes-Rendus

Tandis que des remous continuent de se faire sentir en Syrie, le Brésil prépare la Coupe du Monde de Football, les prises d’Otages prolifèrent, des élections européennes se préparent, la côte du Président Hollande se trouve à la baisse, alors que le prix du pétrole augmente et les rivières enregistrent des débordements effarants en Bosnie et Serbie, cela n’a pas empêché Daniel Ramirez d’animer le Débat du 18 Mai au Café des Phares®, le sujet qu’il a choisi, parmi une quinzaine d’autres, étant « Comment construire des normes éthiques pour les nouveaux défis écologiques ? » 

Que de questions ! Les « Normes » se construisent ou s’établissent-elles ? Si elles se construisaient, ce serait avec quels matériaux, et à l’aide de quels outils ? Ceux du maçon ? Qu’est-ce que « la Norme » ? En quoi consiste un « Défi » ? Quant à l’« Ecologie », on sait ce que l’on veut dire par là… : il s’agit d’un vrai (ou feint) intérêt pour la protection du milieu où se reproduisent et vivent les créatures animales et végétales, ainsi que pour les rapports de ces êtres entre eux, voire avec un même Habitat ». Mais, pour revenir au « Défi », cela semble consister dans une déclaration provocatrice qui tient l’autre pour incapable, ou exhibant un odieux refus de se soumettre, voire même de s’incliner, devant ce que l’on doit plutôt respecter ! La « Norme » c’est déjà un peu plus complexe… Etymologiquement cela signifie « l’équerre », outil employé dans le façonnage de quelque chose de Stable, le contraire étant l’« Entropie », la dégradation de tout.

Le Défit Ecologique, donc, consisterait dans une sérieuse prise de conscience ayant pour but de  respecter l’Opinion, plus que la Nature, à commencer par la sienne, puisque, « Charité bien ordonnée commence par soi-même », ce qu’explique une sorte d’Egoïsme, en gants de velours, craintif du « qu’en dira-t-on ? » propre à une minorité instruite, consciente donc de ce qui est son intérêt : « que les citoyens trient leurs déchets, ignorant que tout part souvent dans la même benne à la décharge commune ».

Ceux qui l’ont bien voulu, se sont expliqués sur ce qu’ils pensaient par là, et on a entendu de tout : du genre « c’est une question de conscience », « d’exigence de mesurer, d’un consensus, de faisabilité », « de normes », d’attaquer les choses par la racine », « sans passer par la violence », « alors que tout est dans les mains des lobbys », « et que les scientifiques, eux-mêmes, ne sont pas d’accord », « c’est le règne du désordre », « alors que les petits gestes sont extrêmement utiles », « dans un population de cent millions d’habitants », « malgré le planning familial », « avec des terribles défis en vue », « car on a changé de paradigme il y a 200 ans », «  si l’on a besoin d’une éthique, à quoi nous sert celle que l’on a déjà ? » « si l’on sait que, depuis deux siècles, on prône la bonne parole, et le « développement durable, alors que ce sont les autres qui décident » et « font des Traités que les USA et la Chine ne respectent pas ». Quelqu’un a rappelé que « la question était : ‘a-t-on besoin d’une Nouvelle Ethique, alors que nous en avons une ; nous sert-elle ? », « le Pape François s’en occupera… », et, à la Télé, on voit toujours les mêmes têtes », « « Michel Serres faisant une exception » ! « Qui est à la solde de qui ? », « Il y a un double langage dans nos sociétés, sans faire cas de l’Etique ; pourquoi ? C’est regrettable ! » Quelqu’un d’autre argua « que l’on a des points de vue abstraits, dès que l’on prend des distances vis-à-vis de la réalité »… etc.

L’animateur a remercié les présents pour ce débat, Gilles, le poète, fut oublié, et tout le monde a regagné la Place, poursuivant la mise au point de certains arguments !

- Dites, mon ami, qu’est-ce qui vous arrive ? Vous marchiez courbé en deux, et voilà qu’à présent vous vous redressez….

- C’est que j’ai pris une canne plus longue !

Carlos

Débat du 25 Mai 2014: « Où va la Médecine ? », animé par Bruno Leucoris.

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Posted on 25th mai 2014 by Carlos in Uncategorized

Les pays de notre Continent tâchaient de préparer les Elections européennes, et ceux de l’Ukraine la leur, Poutine déclarant qu’il en respecterait l’issue. Côté France, Kerviel, le médiatique ‘trader’ du Crédit Lyonnais se rendit à la nécessité de rentrer en France, tandis que la sœur du tueur au scooter, Mohamed Merah, partait en Syrie faire son « jihad », et aux USA, Barack Obama et Michèle, sa femme, auraient fêté froidement l’anniversaire de celle-ci, pour des étranges raisons. Indifférent à tout ça, le peuple philosophe du Café des Phares®, s’interrogeait, le 25 mai 2014, « Où va la Médecine ? », au cours d’un débat animé par Bruno Leucoris.

Demandons-nous, déjà, d’où vient-elle…

Il semble qu’après ses études, avant de commencer à exercer, chaque médecin prête Serment, la main sur le fameux « Serment d’Hippocrate » ! Hippocrate de Cos (460-356 av. C) qui, contemporain de Socrate, a été tenu comme le « Père de la Médecine », du fait d’avoir élaboré au cours de sa centaine d’années, plus de 60 traités, considérés la base de la Déontologie Médicale, c’est-à-dire, un ensemble de devoirs et garanties morales vis-à-vis du Patient, auquel il jure, alors, d’être fidèle.

Voyons, à présent, « Où va-t-elle, la Médecine ? » Conventionnelle, certainement…

Eh bien ! C’est tout un monde qui s’ouvre à son action… Si l’on fait l’impasse sur la médecine Chinoise, qui emprunte de façon pragmatique chacune des voies s’offrant à elle dans le rétablissement de la santé, la Médecine Traditionnelle tente de répondre au cas par cas, dans les domaines de la Médecine interne, nucléaire, du travail, de prévention, réadaptation, etc., et va s’occuper aussi des différents types de patients (côté andrologique ou gynécologique), aussi bien dans le secteur obstétrique, légal (autopsies), fœtal, ou de la néonatalogie (assistance aux prématurés), que pédiatrique, gériatrique, angiologique, et de réanimation, ou encore dermatologique, voire endocrinologique, hématologique, immunologique, ophtalmologique, orthopédique, otorhinolaryngologique, pneumologique, psychiatrique, rhumatologique, stomatologique, urologique, …et j’en passe. Etant donné qu’il y a du pain sur la planche, voire des champs d’action dans les domaines les plus divers tels que l’addiction, l’alcool, l’allergie, les diabètes, les différentes infections, la psychiatrie, la toxicologie, la vénérologie ou la traumatologie due à des blessures provoquées par divers types d’accidents, il y a du patient sur la table d’examen !

Sachant qu’« il vaut mieux être jeune et bien portant que vieux et malade », beaucoup de monde a tenu à s’exprimer là-dessus, évoquant les « Comités d’Ethique qui, elle, fait partie de la philosophie », « l’acte de ‘décharge’ que les médecins font signer aux patients, depuis la ‘Loi Kouchner’ », alors que « les Américains font le traitement de l’hypertension dès l’adolescence », et « que ‘justice sociale’ et ‘performances’ s’imposent dans le domaine de la santé, avec les soins à l’Hôpital », « puisque les médecins ne vous écoutent pas ». Quelqu’un a demandé « Qu’entend-t-on par le concept ‘médecine’ ? Espérance de vie ? Niveau de vie ? Essor démographique ? afin d’apaiser la société ? », « alors que des nouvelles technologies se font jour, appuyant en même temps sur le frein et l’accélérateur », « …et que 3 dérives s’annoncent : 1) développement de médicaments, 2) prolongement indéfini de la vie, au détriment du trésor public, 3) enrichissement des Assureurs dont le tarif change en fonction de l’âge de l’assuré, et à bientôt le ‘quatrième’ âge ». « Qu’attend-on de la médecine ? Performances ! Mais, quels exploits peut-on attendre des médecins ? » « L’Homme est une machine ; tout Homme en bonne santé est un malade qui s’ignore et attend quelque chose du médecin » ; « on y va comme on va chez le garagiste », «  on fait le jeu des industriels pollueurs », « Les médecins se protègent, faisant faire des analyses… des analyses ! », « alors que le point névralgique c’est la mort ! » « les Mutuelles rendent le malade responsable de ne pas être en bonne santé », « Tout est marchandisé ; le malade est le ‘veau d’or’ », l’Homme n’attend que la mort ! »

Arrivés au terme de notre débat, Gilles, le poète, se demanda : « …quels moyens, pour quelle fin ? Patient/Impatient ? … Notre finalité ? Guérir, Humanité !! »

Et voilà !!!! …

En Chine, le médecin qui s’occupe de la santé de quelqu’un, est régulièrement rémunéré par l’intéressé, et ne cesse de recevoir ses émoluments qu’au moment où celui-ci tombe malade. Or, un jour, un jeune médecin court vers son père criant :

- Papa, Papa, j’ai réussi, finalement, à guérir le malade qui souffrait du cœur, depuis si longtemps !!!

Le père :

- … et de quoi vas-tu vivre maintenant ?

Carlos

Comment faire vivre la philosophie dans la cité ? (Gunter Gorhan)

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Posted on 8th juillet 2014 by Gunter in Textes

Comment faire vivre la philosophie dans la cité ?

« Tout ce qui ne se régénère pas dégénère »
Edgar Morin

Comme je m’ennuyais en tant qu’enseignant de droit à l’université Paris I et que j’avais beaucoup de temps libre, j’ai continué mes études, d’abord en philosophie puis en psychologie clinique. Arrive mai 68, je m’engage à fond, croyant avec beaucoup d’autres que « tout est politique ». La déception due à l’échec politique de mai 68, a provoqué des dépressions, voire des suicides. Elle m’a fait allonger, comme bien d’autres, sur le divan du psychanalyste, car tout était devenu psychologique !

Automne 1992: je tombe par hasard sur le tout récent café-philo des Phares où animait son fondateur Marc Sautet, et j’ai compris alors que mai 68 avait été en fait un gigantesque café-philo, à l’échelle de tout un pays… J’avais retrouvé plus de 20 ans après, sous la bienveillante « direction » de Sautet, l’ambiance de mai 68. A propos de « direction ». A un journaliste qui lui demandait: « vous aimez bien diriger, n’est-ce pas ? », Marc répondit: « oui, mais comme chef d’orchestre », sous-entendu, comme quelqu’un dont la tâche consiste à mettre en valeur les musiciens. Il était très content lorsque quelqu’un en savait plus en histoire de la philosophie que lui-même ou lorsqu’on le critiquait, puisqu’on n’apprend que de ses contradicteurs.
Mai 68 ressuscité dans un café signifie que les mêmes questions y étaient – et sont toujours – posées, qui peuvent toutes se résumer ainsi : « qu’est-ce que vivre vraiment ? », question à la fois psychologique et politique, c’est-à-dire philosophique.
La philosophie n’articule-t-elle pas le souci pour le « tout » (la société, le collectif, le monde) avec celui du singulier (individu, sujet, âme), autrement dit le politique et le psychologique ?
« …les cafés-philo sont des microcosmes de la république. On y participe non pas pour subir un examen ni même pour apprendre, mais pour tenter, avec d’autres bonnes volontés, d’arracher le maximum de sens aux absurdités et aux brutalités du monde. N’est-ce pas là, après tout, la définition même de l’activité philosophique ? » (Christian Godin) Et aussi : « n’importe quelle interrogation, même naïve, n’importe quelle réponse, même naïve, surtout naïve, peut avoir un sens, une dimension philosophique… Que les gens philosophent dans les cafés-philo, ne signifie pas qu’ils soient des philosophes comme Descartes, mais qu’ils sont capables de se poser les mêmes questions que lui. » (id.)
Socrate était à la fois philosophe et psychothérapeute, voire précurseur des psychanalystes; en tout cas c’est ainsi qu’Alain Badiou l’interprète dans sa République de Platon. Lacan – « je ne suis qu’un sujet supposé savoir » – et Socrate – « je sais que je ne sais rien » – revendiquent l’ignorance comme fondement de leur savoir « thérapeutique », de leur maïeutique. (l’art d’accoucher)…

Il s’agit donc de faire vivre la philosophie, comme il s’agit de faire vivre l’histoire et la culture en général; trop souvent l’une et les autres sont académisées, statufiées, tuées!
Il n’y a que la vie qui m’intéresse : « Celui qui a pensée ce qui est le plus profond, aime ce qui est le plus vivant » (Hölderlin).
Mais de quelle vie s’agit-il ?
Non pas, bien sûr, de la vie biologique, mais de la vie spirituelle, étant entendu que l’on ne peut séparer – on peut et il est pertinent de les distinguer – le corps de l’esprit.

Comme cause de la diffusion de la philosophie dans la cité, c’est un lieu commun que de noter la perte de l’adhésion aux idéologies, que celles-ci soient religieuses ou politiques, perte ayant pour effet une désorientation générale. C’est tout à fait exact, mais il convient d’ajouter qu’une idéologie inédite dans l’histoire a émergé qui avance « masquée », qui est fondée sur le déni, qui ne dit pas son nom : l’idéologie de l’absence de toute idéologie selon laquelle les faits en tant que tels, sans avoir besoin d’être interprétés, peuvent et doivent servir de guide pour l’action, de boussole.
Les réalistes, les factologues, veulent nous faire croire qu’ils sont simplement pragmatiques, purs de tout jugement de valeur, de toute idéologie, obéissants seulement aux faits, cf. le fameux TINA de Madame Thatcher : « There is no alternative », « Il n’y a pas d’alternative », alors qu’en réalité ils servent l’idéologie hyperlibérale.
Les lieux de la philosophie dans la cité, en dehors des cafés-philo exportés dans le monde entier : centres culturels, théâtres, cinémas, foyers pour jeunes travailleurs, prisons, maisons de retraite, clubs de troisième âge, hôpitaux psychiatriques, entreprises, etc. Un ami, prof de philo, lance des sujets de réflexion quand il fait la queue quelque part (guichets, magasins), et un animateur provoquait, il y a quelques années, des débats-philo dans le métro parisien…

Je propose quatre parties :

1.Quelques affirmations de ma part – d’où je parle, c’est-à-dire mes convictions et ma seule certitude.
2.Ensuite, la parole est à vous, je me tairai pendant un certain temps, j’écouterai vos objections, commentaires, questions, etc…
3.Je répondrai le mieux possible, je préfère le sur-mesure aux cours magistraux.
4.Un échange entre nous, comme dans un café philo; je ne serai plus qu’un « primus inter pares », un participant avec un rôle un peu particulier, mais surtout pas un « expert ès vérités »!

I) Ma certitude et mes convictions:

1) Ma (seule) certitude :

Vivre c’est croitre, spirituellement au sens indiqué ci-dessus. Nous croissons physiquement jusqu’à la fin de la puberté et, si tout se passe bien, nous continuons alors à croitre spirituellement. C’est la philosophie, telle que définie par Kant, qui en est le moteur puisque sa fonction, sa finalité est selon Kant « l’élargissement de l’âme », autre nom pour la croissance spirituelle. Merleau – Ponty en est proche : la philosophie consiste à réapprendre à voir, étant entendu que « voir » aux yeux de Merleau – Ponty signifie tous nos sens, le percevoir et le sentir en général. Il faut réapprendre car notre éducation, notre socialisation, a largement émoussé, voire détruit notre sensibilité. Bernard Stiegler a sous-titré l’un de ses livres : « La catastrophe du sensible » (De la misère symbolique). Nous observons la résultat de cet émoussement des sens et de la sensibilité un peu partout : la musique est de plus en plus forte, les mets de plus en plus épicés, les films violents, la pub spectaculaire, le « jeux sexuels » excitants; lorsque la réceptivité s’émousse il faut augmenter les stimuli…
Spinoza est ambigu: le conatus hésite entre la simple auto-conservation et l’augmentation de la puissance, de la vitalité joyeuse. Selon Pascal, « l’homme passe infiniment l’homme ». Dante invoque le « trasumanare » (transcender l’humain). Et pour Alain Badiou c’est l’infini qui constitue l’homme.
Plutôt que de croissance, il s’agit d’une véritable métamorphose, d’une conversion, d’une renaissance grâce à une philosophie vivante :
« Car cet ébranlement des consciences, qui peut faire vaciller la cité dans la folie, rend à la philosophie sa vocation première : celle de la recherche de la vérité en commun. C’est sans doute pour cette raison que son exercice s’accompagne d’une visible jubilation. Oui, de jubilation ! Du moins est-ce ce que je peux observer depuis que j’exerce mon activité…C’est un plaisir très particulier, mais à l’évidence, intense, qui fait ressembler [les participants] à des rescapés; ils semblent sortir d’un coma. La source de leur plaisir doit s’approcher du sentiment qu’éprouve celui  qui se rend compte qu’il est encore en vie, qu’il a échappé à la mort. Il y a là un bonheur simple : celui d’exister après avoir frôlé le pire, et de le savoir. D’où, je soupçonne, la gratitude qu’on manifeste envers ma manière de pratiquer la philosophie » (Marc Sautet Un café pour Socrate », p. 121).
Nous sommes tous, que nous le sachions ou pas, comme des chenilles désireux et capables de devenir des papillons, des bourgeons de devenir des fleurs…
D’ailleurs, contrairement à une croyance très répandue, la maïeutique (l’art d’accoucher) de Socrate, ne consiste pas à accoucher autrui de ses idées seulement, mais de lui-même, du papillon ou de la fleur en gestation en chacun. C’est pour cela (cf. ci-dessus) qu’Alain Badiou rapproche Socrate du psychanalyste, accoucheur « spirituel » contemporain.
Le dernier Michel Foucault, sous influence de Pierre Hadot, chargeait la « vraie » philosophie, qu’il nommait « spiritualité », de la tâche de convertir la personne entière à la vérité (cf. L’herméneutique du sujet).
Pour Marcel Gauchet, une mutation anthropologique, une métamorphose des hommes, est devenue une condition de survie de l’espèce…

2) Mes convictions :

Überzeugen » (convaincre) signifie en allemand : trouver de meilleurs témoins. Je  me laisse « überzeugen » par celui qui trouve des meilleurs « arguments » au sens le plus large possible. Ils peuvent consister en exemples, expériences, images, métaphores, voire associations, etc. Par définition, je peux changer de conviction et je ne demande que cela si je vis vraiment ma certitude au lieu seulement de la penser abstraitement, à savoir que vivre c’est croître et c’est en changeant de convictions qu’on a une chance de le faire vraiment, de croitre.
a) L’animateur ne peut être neutre, il n’est pas en position de surplomb. Toute reformulation, apparemment neutre, « objective », est en réalité une prise de partie forcément subjective : on ne peut tout reformuler, on fait un tri, on résume, on dit avec d’autres mots.
En plus, tout animateur « formate » son public qui s’adapte (inconsciemment) à sa façon de faire, à ses préférences, rejets, susceptibilités, etc. C’est pourquoi le nombre d’animateurs au Café des Phares est passé de quatre à une quinzaine et nous cherchons à l’augmenter encore – en dehors du bénéfice que le plus de caféphilistes possibles deviennent cor-responsables de l’animation.
Le même formatage s’observe en psychanalyse : les Freudiens, Jungiens, Lacaniens, Winnicottiens, etc., ont des analysants freudiens, jungiens, lacaniens, etc…
b) Je n’ai pas de méthode au sens propre du mot, tel que (la plus répandue) : Problématiser, Conceptualiser, Argumenter. Je m’inspire de Wittgenstein qui compare la réflexion philosophique à un voyage : on arrive dans une ville dont on n’a pas la carte, on erre et peu à peu un relief se dégage : le centre, les grands axes, les différents quartiers, etc.
« La stérilité menace tout travail qui ne cesse de proclamer sa volonté de méthode » (R. Barthes), et aussi  « caminante, no hay camino, se hace camino al andar », en français: « Marcheur, il n’y a pas de chemin, le chemin se construit en marchant » (Antonio Machado).
Au sens très large, il s’agit peut-être d’une méthode ou plutôt d’un style, à savoir concevoir l’échange de réflexions comme un échantillon de la vie, comme un reflet de la vie pour laquelle nous ne possédons ni méthode ni mode d’emploi. Les recettes de bonheur philosophiques proposées ici et là ne marchent pas, pour une raison simple : le bonheur vient de surcroît, s’il est visé directement, on peut être sûr de le rater comme on n’arrive pas non plus à s’endormir par volonté.
Il faut improviser, au café-philo comme dans la vie, avec un seul critère/repère : devenir plus vivants, c’est-à -dire croitre, devenir plus créateurs individuellement et collectivement, le verbe latin « crescere » signifiant à la fois croitre et créer…
c) Bien que souvent réclamé, je m’oppose aux définitions préalables et ceci pour trois raisons: – ne pas imposer une seule définition. Aucune ambiguïté lorsque je demande « passe-moi le sel ! » ou  »quelle heure est-il ? » En revanche, lorsqu’il s’agit  de la réalité symbolique chacun parle sa propre langue formée par toute son histoire, son environnement, etc. Pour ne citer qu’un seul exemple : Pour Saint Augustin, l’amour est ce qui est le plus important, et pour Céline c’est ce qui met la transcendance à la portée des caniches. J’observe les mêmes incompréhensions lorsque l’échange tourne autour de notions comme la liberté, la démocratie, la vérité, etc.
Que nous parlions tous notre propre langue et que nous devions nous traduire les uns les autres est une découverte importante des caféphilistes. C’est encore Wittgenstein qui a eu cette intuition lorsqu’il a conseillé : »don’t ask for the meaning, ask for the use ! » « Ne demande pas le sens d’un mot mais son usage », c’est beaucoup plus concret, plus facile à comprendre et à traduire qu’une abstraction.
Ainsi, chaque échange réflexif est une aventure sémantique, une création de sens, une conceptualisation vivante et non pas un jeu de meccano avec des concepts figés, au fond exsangues et morts.
Hegel est toujours invoqué à tort par ceux qui exigent « la rigueur des concepts », lui-même ne connaissait que le travail et la patience du concept. Autrement dit, la conceptualisation, la mise en mouvement, la vivification de la langue philosophique où conceptualisation et poétisation deviennent pratiquement indistinguables.
Le poète tout comme le philosophe ou plutôt philo-philosophe ( amoureux/ami de la philosophie que nous sommes tous) tente de porter au langage l’indicible; ils sont tous les deux dans une « Sprachnot », une « détresse langagière », les mots pour le dire leur manquent.
Nous savons également que les « concepts » étaient et sont toujours à l’origine des métaphores : l’idée platonicienne correspond au gabarit, au modèle dont se sert l’artisan (le modèle, le dessin d’une table, d’un vêtement, à fabriquer), la psyché correspond au dernier souffle du mourant, le rhizome deleuzien s’oppose à l’arbre de la métaphysique cartésienne… Dans nos échanges réflexifs nous faisons vivre la langue philosophique, nous ne nous contentons pas de l’utiliser comme on utilise les billets de banque usés qu’on échange sans même les regarder, examiner…
d) La différence capitale, fondatrice, entre exactitude et vérité : la philosophie n’a rien à dire au sujet de l’exactitude qui est de la compétence exclusive des sciences dites justement « exactes » et non pas « vraies ». Comme le français, d’ailleurs, l’anglais et l’allemand distinguent la vérité et l’exactitude (richtig et wahr, right et true). « Deux et deux font quatre » est exact (right, richtig) et non pas vrai (true, wahr).
Une métaphore: si la France représente la réalité, la science représente alors la carte qui est purement descriptive, elle ne nous dit pas dans quelle direction il faut aller. C’est la boussole – au sens figuré de direction de vie, de sens choisis –, chacun ayant la sienne, qui représente dans cette métaphore la philosophie (à côté de l’art et de la religion, selon Hegel) . Autrement dit, il est impossible de déduire ni d’induire de ce qui est, constaté par la science, ce qui « doit » être, ce qui serait bien qu’il soit.
Encore Wittgenstein, non seulement philosophe mais aussi logicien et scientifique : « et même si la science répondait à toutes les questions qu’elle se pose, celle du sens de la vie ne serait même pas effleurée ». Et Einstein : « Il est scientifiquement indécidable si le monde mérite d’être détruit ou pas ». Autrement dit, vouloir répondre aux questions que pose la vie par la science équivaudrait à vouloir écrire un roman avec un tourne-vis !
L’histoire de la philosophie, contrairement à la philosophie vivante dans la cité, est une expertise, elle ne relève pas de la vérité. Nous l’illustrons par une métaphore : au Louvre sont exposés les grands maîtres – correspondant aux deux ou trois philosophes par siècle – , les guides du musée sont les profs de philo qui expliquent les influences, conflits, enjeux de l’histoire de la philosophie, et nous, les caféphilistes, somme les peintres amateurs, les philo-philosophes qui faisons de la philosophie : « que les gens philosophent dans les cafés-philo, cela ne signifie pas qu’ils soient des philosophes comme Descartes, mais cela signifie qu’ils sont capables de se poser les mêmes questions que lui » (Ch. Godin, cité ci-dessus).

e) Mais qu’est-ce donc que la vérité ? Elle est subjective et elle est à faire, à mettre en œuvre. Qu’elle est subjective signifie que personne ne peut s’arroger une autorité dans ce domaine – contrairement à la science et à l’histoire de la philosophie. C’est le sens du « Je sais que ne sais pas (la vérité de l’autre)  » de Socrate.
La vérité s’exprime plutôt sous forme adjective : « la vraie vie est ailleurs » (Rimbaud) et « la vie, la vraie vie enfin retrouvée » (Proust). Alain Badiou a identifié 4 processus de vérité (à faire, à réaliser), déclenchés par un événement faisant effraction dans une vie répétitive, pas vraiment vivante…

f) L’animateur doit s’intéresser autant aux personnes qu’aux idées que celles-ci expriment.
Il s’agit de créer une atmosphère plutôt chaleureuse, désinhibitante, propice à l’échange; un certain nombre de caféphilistes sont intimidés, anxieux de parler en public. Les Grecs appelaient cette façon de philosopher « symphilosophein », philosopher ensemble, au lieu de philosopher les uns contre les autres et permettre ainsi aux idées exprimées de s’enchaîner par stimulation mutuelle : « ce que tu viens dire me fait penser à… », plutôt que de se livrer à un combat d’arguments.
Comment créer une telle atmosphère propice aux échanges sans que l’animateur s’intéresse authentiquement aux singularités incarnées ? Difficile de faire semblant…
Je préfère d’ailleurs le terme de « méditation philosophique » avec des silences féconds qui permettent de se concentrer, à « débat philosophique », puisqu’on ne se bat pas au café- philo.
L’animateur qui ne s’intéresse qu’aux idées et non pas aussi aux subjectivités qui les expriment pratiquerait une maïeutique au forceps, donc totalement contre-productive : il n’accoucherait les caféphilistes que de ses « idées/bébés » à lui-même; il est vrai que le Socrate de Platon procède parfois de cette façon brutale, à l’opposé du Socrate-psychanalyste d’Alain Badiou. Autrement dit, comment aider à accoucher l’autre non divisable entre idées abstraites et vécu concret sans être le plus attentif possible à sa personne, à sa subjectivité ?
Cet intérêt pour l’autre n’est donc pas une exigence formelle, morale, mais une condition du surgissement même d’une vérité au cours d’un partage de réflexions, de méditation philosophique. D’ailleurs, l’animateur n’apprend lui-même de ses animations, et il me paraît important qu’il en apprenne, que s’il s’intéresse aussi aux personnes, à leur manière singulière et forcément inédite de « conceptualiser », de faire vivre la langue philosophique.

g) La méditation philosophique au café ou ailleurs est différent d’une conférence philosophique; il ne s’agit pas de les opposer, au contraire (cf. ci-dessus la métaphore du Louvre) : plus on philosophe soi-même plus on est apte et désireux d’écouter et de lire les maîtres, leurs disciples et leurs porte-parole. Je sais à la fin d’une conférence si elle était féconde pour moi, si mon « caddy spirituel » est resté vide, rempli de « camelote » ou de choses précieuses…
Le café-philo, la « méditation philosophique », quelque soit son lieu, est bien différent : il ne vise pas à remplir d’idées et de pensées philosophiques, il vise à faire penser; il n’est que la partie visible de l’ »iceberg ». L’essentiel se joue après qu’il soit terminé : si j’y pense encore des jours, semaines, mois, voire années après, c’était un bon échange, sinon (je n’y pense plus le lendemain) c’était mauvais. La méditation philosophique c’est comme le cinéma; on ne peut savoir, lorsque l’écran s’éteint, s’il le film était bon ou pas, il l’est seulement si j’y pense encore des jours, semaines, etc. après.

h) Pour finir, la question principale quant à l’animation d’un lieu de la philosophie dans la cité me semble être : quelle est la finalité prioritaire de toute cette aventure? Aménager des structures ou rouvrir la Source ? De quoi souffrons-nous de plus aujourd’hui ? D’un manque de cohérence, de rigueur, de logique, de maîtrise dans nos raisonnements, ou d’un manque d’inspiration ? Manquons-nous de cadres ou d’énergie vitale ? Sommes-nous menacés par le chaos dionysiaque ou par une grande fatigue existentielle qui cherche surtout sécurité, santé et propreté, à se protéger de la vie ? Sommes-nous menacés par la bête en nous ou par le robot ? Hölderlin : « Ce qui coûtait aux Grecs c’était de s’élever au-dessus de l’existence terre-à-terre. Ce qui nous coûte c’est de revenir au monde d’ici-bas. » Et Nietzsche-Zarathoustra s’adressant au dernier homme : « vous avez encore assez de chaos en vous pour accoucher d’une étoile qui danse ! » L’équilibre entre Apollon, le dieu des formes, des structures, et Dionysos, le dieu de l’énergie vitale, a été rompu au détriment du dernier,
Il est possible voire probable que la philosophie pour enfants qui connaît un grand succès soit mieux inspirée par l’aménagement de structures : méthode, cohérence, logique, que par une philosophie plus poétique, inspirée, à contre-courant des façons de penser trop structurées, désireuses de structures et de maîtrise…Mais concernant les adultes ? Ceux d’aujourd’hui ?
La façon d’animer correspond à la personnalité de l’animateur : « la philosophie qu’on a dépend du type d’homme qu’on est » (J.C. Fichte, grand philosophe idéaliste allemand entre Kant et Hegel); est-il possible que l’animateur « joue sur les deux tableaux » et qu’il anime en fonction des participants : « apollinien » quand il le faut et « dionysiaque » quand c’est nécessaire ? Insister sur, promouvoir, à tour de rôles, les structures de la pensée ou « l’énergie spirituelle » (H. Bergson), la source vitale (Nietzsche) ?
La philosophie dans la cité devrait être aussi le lieu où l’animateur évolue, croît, devient vraiment ou davantage vivant, et où il apprend à se décaler sur ce qu’il n’est pas afin d’articuler, tisser les deux, Apollon et Dionysos, montrant ainsi par l’exemple que vivre c’est croître et qu’il philosophe, au fond, « pour sauver sa peau et son âme » (A. Comte-Sponville).

Gunter Gorhan, juin 2014

La question du travail (Jo Strich)

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Posted on 8th juillet 2014 by Gunter in Textes

La question du travail. Diner-philo, chez Odile Chiroix
par Joseph (Jo) STRICH

Le travail libérateur-vivifère, ou aliénant-mortifère? Un débat diner-philo, après les gouters-philo pour enfants/ados, une nouvelle formule, à l’initiative d’Odile Chiroix et Gérard Renard, qui ont reçu récemment chez eux, place d’Italie, autour d’un repas chaleureux et délicieux tout à la fois (pour en revenir à une tradition ancienne?), une douzaine de participants et quelques intervenants, dont l’écrivain Claude Berger, qui vient de publier chez l’éditeur Max Chalel (également présent) un essai critique sur le système salarial (En finir avec le salariat/vers une société de partage), et Gérard Foucher, auteur d’un livre sur la monnaie.
Une monnaie qui est  »un outil politique (d’oppression) avant d’être un outil économique », et qu’ « il faut changer … pour changer le monde », nous dit en substance Gérard Foucher, qui conclura en ces termes (prémonitaires d’une nouvelle Révolution Française?): « on est à un stade où on est capable de reprendre notre autonomie, nous sommes en train de vivre la trasition ».
Une préoccupation et une aspiration communes à toute l’assitance et à Claude Berger, pour qui la  crise du capitalisme que nous traversons est en fait une crise du salariat, une crise non conjoncturelle mais structurelle, et l’utopie est de croire à la perennité paisible du système actuel, qui a inventé la précarité et le chômage de masse, pour répondre à l’extention des revendications salariales (« le système n’arrive plus à enrégimenter la masse des candidats au travail salarial »)..
Car, dit-il, le travail salarié, le travail marchandise concurrentielle, n’a rien de naturel, c’est une invention datant de la fin du 14 è siècle, et comme tel, il est voué à disparaître, comme avant lui l’esclavagisme et le servage (Marx: « le capital et la salariat sont liés l’un à l’autre et disparaitront ensemble; il est donc absurde de parler de capitalisme sans salariat », in « les fondements de la critique de l’économie politique »).
Berger oppose à la « mythologie progessiste », (la question de l’abolition du salariat dans l’oeuvre de Marx a été censurée par la gauche), qui prône tout le contraire d’une véritable association entre travailleurs, de nouvelles solidarités, telles qu’elles ont été expérimentées, pas toujours avec succès il est vrai, dans les kibboutz en Israël ou durant les trois années de révolution libertaire en Espagne (1936-1939). Des modèles certes, mais attention au salariat d’Etat, qui est un salariat privé en pire. L’exemple à suivre aujourd’hui est plutôt celui des kibboutz urbains, et, en France, d’autres formes coopératives de production, qui vont dans le bon sens.
« Il ya une nécessité d’affirmer l’objectif de la fin du salariat contre les idées de la gauche et des syndicalistes, qui n’ont qu’une revendication: la recherche de l’emploi à tout prix, pour des produits dont on n’a pas forcément besoin », me dira lors d’une interview après le débat Claude Berger, qui cite comme exemple l’idéologie de la voiture pour tous.
Quelques remarques pertinentes de G. G. avant le débat y ont été rapportées, sur la problématique du travail, qui détruit aujourd’hui les métiers des classes moyennes après avoir dépouillé, avec l’industrialisation, les paysans et artisans de leur savoir-faire.Suppression de toute subjectivité/créativité, du sens du travail, devenu un job, un moyen de subsister, et non plus de se réaliser.
Et bien sûr l’incontournable Hegel en la matière avec sa théorie du maître et de l’esclave, le seigneur et son valet: le valet  l’emporte finalement sur le seigneur qui, devenu dépendant de son valet, se laisse servir par lui,  lui qui a acquis  connaissance et  maîtrise du réel par son travail (cf. le film « the Servant »).
Nous ne nous sommes pas limités à une description sociologique, psychologique, anthropologique, du travail, nous n’avons pas parlé des travaux publics, de ceux des champs, artistiques ou scolaires, ni des salles d’accouchement dites de travail ou des working girls, à peine du travail sur soi. Mais nous avons commencé à explorer, timidement je l’avoue, les possibilités d’épanouissement par le travail, après en avoir ciblé les formes aliénantes: la division, la consommation et les loisirs devenus l’objectif ultime du travail, sa fin. Sans omettre de citer la bible: Adam et Eve condamnés à vivre à la sueur de leur front (=travailler) (le travail vient etymologiquement de tripalium, instrument de torture), travailler Dieu (=prier) en opposition au « travail étranger » (idôlatrie), et l’hébreu: avoda (travail), et eved (esclave).
S’il a duré près de 4 heures, le débât a laissé tout le monde sur sa faim, car quel immense dossier est-ce! Que de travail encore!