Psychanalyse ou barbarie !

0 comments

Posted on 15th octobre 2013 by Gunter in Suggestions de lecture

Le dernier numéro de la revue « Cités » (n° 54) dont notre ami Christian est l’un des deux rédacteurs en chef, s’intitule « Psychanalyse ou barbarie ».
« La psychanalyse est aujourd’hui attaquée de toutes parts. Certains ne cachent plus leur volonté de la détruire comme théorie du psychisme, comme thérapeutique et comme discipline universitaire. Qu’est-ce qui se cache derrière cette volonté de destruction ? N’est-ce pas une nouvelle barbarie lentement exsudée par l’idéologie de notre monde productiviste ? Pour démasquer cette nouvelle barbarie, il faut expliquer les raisons pour lesquelles la psychanalyse lui apparaît comme ennemi à abattre. Il ne peut s’agir de points de détail, mais de positions fondamentales. Celles qui relèvent des présuppositions philosophiques de la psychanalyse dans la mesure où elles engagent la détermination même de l’être humain. » (Yves-Charles Zarka).
Ensuite, Yves-Charles Zarka (directeur de la rédaction), énumère dans son éditorial cinq présupposés philosophiques de la psychanalyse; en voici les intitulés :
L’intransparence psychique, l’irréductibilité de l’aléatoire, le noeud des relations, la répétition/mort et la différence/vie.
Cette présentation se termine ainsi : « Les barbares, comme le montrait Giambattista Vico, ne sont pas des sauvages. Ils sont civilisés. Ils sont même le produit de la civilisation, d’une civilisation dont l’objectif central est désormais de conformer les sujets aux valeurs instrumentales absolutisées que sont la productivité, l’efficacité, la performance. Le vécu, la vie subjective, la vérité cachée, la mort doivent être mis entre parenthèses, voire niées, parce qu’ils induisent des retards dans une vie formatée selon un schéma productiviste, et qui plus est y résistent. »
En dehors du dossier central « Psychanalyse ou barbarie » (avec des contributions de Christian Godin, de Roland Gori, d’Alain de Mijolla, etc.) ce numéro passionnant, indispensable pour qui veut mieux comprendre les enjeux anthropologiques de notre époque, contient aussi un « Grand entretien » avec Roudinesco, « La culture après Malraux », « Critique de la reconnaissance : autour d’Axel Honneth », etc. (18 €, distribué par les PUF)

Christian Godin : « La haine de la nature »

0 comments

Posted on 28th septembre 2012 by Gunter in Suggestions de lecture

Je crois qu’il n’est plus nécessaire de présenter Christian Godin, notre ami du café des Phares…
Ce livre dont je me contenterai surtout de reproduire la quatrième de couverture n’est pas seulement extrêmement bien informé des faits, très bien écrit – on a très souvent envie de recopier ses formules imagées qui frappent – mais d’une hauteur proprement philosophique remarquable : il réalise ce que Hegel nommait « l’universel concret » et que j’appelle la « philosophie vivante ».
Une seule « critique » : apparemment, ce livre aboutit au désespoir d’une destruction de la nature fatale et irréversible, mais en même temps l’auteur s’inscrit dans la pensée d’un Jean-Pierre Dupuy et de son « catastrophisme éclairée ». Or, celui-ci prône l’inévitabilité de la catastrophe à venir – afin qu’elle soit évitée ! Sinon, à quoi bon d’écrire des livres ?
Quatrième de couverture : « L’amour de la nature, l’intérêt pour la nature, la joie éprouvée en présence des paysages et des êtres de la nature font partie des présupposés courants jamais mis en question.
Notre civilisation est bien plutôt parquée par la haine de la nature. De la construction des villes à l’édification des corps, le monde de la technique est une véritable entreprise d’anéantissement.
Les difficultés auxquelles aujourd’hui se heurtent les politiques environnementales, les échecs récurrents des conférences internationales ne peuvent être compris si ce fait est oublié.
Les orientations « vertes » du capitalisme actuel ne sont que des ruses pour faire triompher l’artifice. Elles ne font que nous éloigner davantage du sens de la nature – désormais perdue.
La catastrophe systémique qui a commencé a proprement valeur apocalyptique, de révélation. C’est la pulsion de mort qui travaille en silence, jusqu’à sa probable victoire. »
« La haine de la nature », Champ Vallon, 2012, collection « L’esprit libre ».
A lire absolument par tous ceux qui ne sont pas encore complètement artificialisés, coupés de la nature (extérieure et intérieure, les deux vont ensemble), afin de mieux convaincre ceux qui le sont déjà (c’est à dire coupés) de réagir – l’homme, tant qu’il est vivant, n’est soumis à aucune fatalité ( entre beaucoup d’autres Françoise Dolto, et mission essentielle de « la philosophie dans la cité »).
Gunter Gorhan

Klaus Held : « Voyage au pays des philosophes » (Rendez-vous chez Platon).

1 comment

Posted on 13th juin 2012 by Gunter in Suggestions de lecture

Descartes le disait déjà : « C’est la même chose de philosopher que de voyager. » Ce guide de voyage philosophique – voyage dans le temps (VIème siècle av. J.C. – XVIème siècle après) comme dans l’espace (tout le pourtour de la Méditerranée, de Milet à Séville) – nous plonge dans le monde des idées qui est au fondement de notre culture comme de la pensée chrétienne. Il offre la possibilité de renouer une relation vivante avec la culture antique, en retraçant les chemins de pensée qu’elle a empruntés et en donnant une vue claire des concepts qu’elle a forgés, et cela jusqu’à la Renaissance et la conquête du Nouveau Monde. Il montre aussi comment le XVIème siècle marque un élargissement radical tant de l’horizon géographique (sortie de l’Europe) que de l’horizon mental (droit public international).Descartes le disait déjà : « C’est la même chose de philosopher que de voyager. » Ce guide de voyage philosophique – voyage dans le temps (VIème siècle av. J.C. – XVIème siècle après) comme dans l’espace (tout le pourtour de la Méditerranée, de Milet à Séville) – nous plonge dans le monde des idées qui est au fondement de notre culture comme de la pensée chrétienne. Il offre la possibilité de renouer une relation vivante avec la culture antique, en retraçant les chemins de pensée qu’elle a empruntés et en donnant une vue claire des concepts qu’elle a forgés, et cela jusqu’à la Renaissance et la conquête du Nouveau Monde. Il montre aussi comment le XVIème siècle marque un élargissement radical tant de l’horizon géographique (sortie de l’Europe) que de l’horizon mental (droit public international). Klaus Held, (né en 1936) est un philosophe de grande renommée, dans les domaines de la pensée antique et de la phénoménologie. Il a enseigné à Aix-la Chapelle et à l’université de Wuppertal. Il est coéditeur des Œuvres de Husserl et de Heidegger. Klaus Held : « Voyage au pays des philosophes » (Rendez-vous chez Platon), traduction de l’allemand par Robert Kremer et Marie-Lys Wilwertth-Guitard. Edition Salvator, 2012, 574 pages, 22€. (4ème page de couverture).Edition Salvator, 2012, 574 pages, 22€.

« Nouvelles pratiques philosophiques à l’école et dans la cité » de Michel TOZZI.

0 comments

Posted on 17th mars 2012 by Gunter in Suggestions de lecture

Parution du livre : « Nouvelles pratiques philosophiques à l’école et dans la cité »

Enfin un livre qui retrace l’histoire de ces nouvelles pratiques philosophiques et qui en expose le concept, qui en fait la théorie ; je considère, en effet l’auteur, Michel Tozzi,- venu il y a quelques mois animer le débat aux Phares – comme LE « cerveau » de ces nouvelles pratiques.

Michel Tozzi est philosophe, professeur émérite de l’éducation à l’Université Montpellier 3. Il a écrit de nombreux articles et ouvrages pour rendre la philosophie populaire, à l’intention des adultes comme des enfants. Parmi beaucoup d’autres activités ne faveur de la philosophie dans la cité (et à l’école), il est cofondateur de l’Université populaire de Narbonne et il anime depuis 1996 le café philo de Narbonne.

Philosopher à l’école maternelle, primaire, en collège, en lycée  professionnel, dans des médiathèques, des maisons des jeunes, des  foyers de jeunes travailleurs., ou philosopher dans un café philo,  banquet philo, ciné philo, théâtre philo ; au cours d’une rando philo,  avec une BD philo, par une consultation philo privée ou en  entreprise., ou  philosopher en prison, en maison de retraite, à  l’hôpital, en pédopsychiatrie, etc.
Dans chaque cas, de Nouvelles Pratiques Philosophiques (NPP) se  mettent place. Cet ouvrage vise, pour un public très large  (enseignants, animateurs, parents, amateurs de philo, participants à  des cafés philo etc.), à :- décrire et analyser l’émergence de ces pratiques philosophiques  sociales et scolaires souvent inédites, répondant à une demande  sociale et esquissant une image nouvelle de la philosophie ;- dresser un panorama de la diversité des publics, des lieux  d’exercices et des méthodes utilisées ;
- inventorier les genres qui se cherchent puis se stabilisent, autour  des tenants et aboutissants philosophiques ;
- préciser les objectifs et les présupposés philosophiques, politiques  ou didactiques impliqués, les méthodologies, dispositifs et supports  privilégiés ;
- exposer quelques-unes des controverses souvent passionnées soulevées 
par ces nouvelles pratiques philosophiques. (« Nouvelles pratiques philosophiques à l’école et à la cité », édition Chronique sociale, 2011, 443 pages, 16,50 €) :

Cafés-philo de l’Association Accord, animés par Jean-Luc Berlet et/ou Raphaël Prudencio

0 comments

Posted on 9th janvier 2012 by Cremilde in Manisfestations - Abécédaire |Suggestions de lecture

Cafés philo de l’association Accord

- les 2ème et 4ème lundi du mois à 20h au café d’Albert, 109 boulevard de Charonne, Paris 11ème (m° Alexandre Dumas, ligne 2) animé par Jean-Luc Berlet

L’agenda de l’association est à la page http://accord.aie01.com/category/cafe-philo .

Suggestion de lecture

6 comments

Posted on 13th septembre 2010 by Cremilde in Suggestions de lecture

« Les deux « adversaires » ici en présence témoignent, dans le débat d’idées, de deux visions irréconciliables. Tout, dans leurs prises de position respectives, les sépare : Alain Badiou comme penseur d’un communisme renouvelé ; Alain Finkielkraut comme observateur désolé de la perte des valeurs. La conversation passionnée qui a résulté de leur récente rencontre […] prend souvent la tournure très vive d’une « explication », aussi bien à propos du débat sur l’identité nationale, du judaïsme et d’Israël, de Mai 68, que du retour en grâce du communisme. Mais le présent volume ne se réduit pas à la somme de leurs désaccords. Car ni l’un ni l’autre ne se satisfont, en définitive, de l’état de notre société ni de la direction que les représentants politiques s’obstinent à lui faire prendre. Si leurs voix fortes et distinctes adoptent, un moment, une tonalité presque semblable, c’est sur ce seul  point. » (4ème de couverture du livre « L’explication » de Alain Badiou  et d’Alain Finkielkraut, lignes 2010, 172 pages, 17€.)

Je ne peux trop conseiller la lecture de ce livre totalement improbable avant sa publication, ou plutôt avant une première rencontre des deux philosophes organisée par le Nouvel Obs, tellement leurs positions dans presque tous les domaines les opposaient.

Il faut ajouter au-delà de la seule convergence entre les deux auteurs (leur malaise dans notre « civilisation ») deux points :

- Une attitude exemplaire pour nous qui nous opposons souvent dans nos échanges aux Phares ou ailleurs, je cite Alain Badiou :

« Au demeurant, c’est une référence un peu intime, mais si vous regardez mon Petit Panthéon portatif, vous verrez qu’avec ceux qui ne pensent pas du tout comme moi, je peux avoir une sorte de fraternité. C’est même cette disposition à votre égard, en cette fin de notre discussion ! » (p. 168) ; sans qu’il l’exprime, il est permis de penser que A. Finkielkraut était dans la même disposition, car lorsque quelqu’un dévoile le fond de sa « posture existentielle » il ne peut qu’être infiniment respectable, voire aimable…

-La « philosophie » ou « posture existentielle » que nous adoptons dépend du type d’humain que nous sommes (Fichte) : « Cela ne fait qu’aggraver la mélancolie que vous avez remarqué tout au long de notre dialogue »  (Alain Finkielkraut, à quoi Alain Badiou répond) : « Lorsque je dis la vôtre [mélancolie, G.G.], c’est toujours avec une sourde inclination à la partager, je pense que vous m’avez entendu sur ce point. Et j’irai même jusqu’à définir toute une partie de ce que je fais comme une lutte énergique contre cette mélancolie » (dernières phrases du livre »).

Qui a « raison » ? Tous les deux bien sûr, puisqu’ils sont allés à la racine (la vraie philosophie est radicale) de leur différence qu’ils ont su porter au langage…

Enfin, un livre paru en 2004, « La religion après le religieux », reproduisant un entretien entre Marcel Gauchet et Luc Ferry (Grasset, coll. Nouveau collège de philosophie) m’avait déjà fait le même effet d’un dialogue philosophique exemplaire par la capacité des deux interlocuteurs de se décentrer sur l’autre.

Gunter Gorhan.

« Le pain et les miettes » de Christian Godin

0 comments

Posted on 1st avril 2010 by Cremilde in Suggestions de lecture

, ,

Lorsque j’ai demandé au libraire s’il avait le livre de Christian Godin, « Le Pain et les Miettes », s’apprêtant à fureter dans son ordinateur, il me répliqua : « J’aurais dit le contraire, ‘Les Miettes et le Pain’ ». Ça m’a fait rire, mais il n’avait pas tord, parce des miettes de cet ouvrage il ne faut pas en perdre une.

Glosant sur sept verbes : être, agir, pouvoir, voir, avoir, savoir et dire, Christian y développe son éblouissante vision de la Totalité, un rapport de morts et de vivants répétant les mêmes faits depuis l’Inanité de l’amour à l’Illusion du monde et, lors de sa présentation au bistrot Le Pharamond, samedi 17, une question qui ne m’a pas été donné de lui poser, frétillait sur mes lèvres. En effet, Monsieur Godin écrit page 62, « Il n’est pas donné à tout le monde d’être fou » et sept pages plus loin, il pointe trois êtres : l’Enfant, l’Empereur et Dieu ; l’Enfant est un dieu qui devient stupide, l’Empereur, représentant de Dieu sur terre, se croit détenteur de toute la puissance, et Dieu, un autre ‘nous’ qui lui accorde toutes les qualités et pouvoirs. L’Homme étant incapable du plus élémentaire « laisser être » et le miroir étant l’objet le plus emblématique, serait-il, Dieu, le plus fou des trois, ou est-il la raison de tout ? « Le pain et les miettes », un seul livre pour une multitude de rêves, le long du « Tout et du Rien ».

Carlos Gravito