Café-philo Entr’pot, site :cafephilogambetta.fr; Angle 68 rue menilmontant (bus 96 26) 2, rue Sorbier (metro Gambetta sortie Martin Nadaud en queue ) samedi de 15h à 17h.

2 comments

Posted on 22nd septembre 2014 by Gunter in Informations |Manisfestations - Abécédaire

Attention : Le Chantefable est fermé pour travaux pendant plusieurs mois.
Nouveau lieu, très bien : L’entrepôt, sous-sol, angle rue Sorbier et Menilmontant.

L’ENTR’POT !! vous invite à PHILOSOPHER Autour d’une boisson

Amitiés belle semaine

Voici une présentation pour le sujet du 16 :

Qu’est-ce qu’un événement ?

La notion d’événement traverse la philosophie du temps et de l’histoire, c’est donc un concept central pour quiconque s’intéresse à l’éthique ou à la politique. Lors de notre séance, nous nous appuierons sur la philosophie d’Alain Badiou, mais aussi sur d’autres philosophes comme Héraclite ou Bergson.

Extrait de « L’être et l’événement », Méditation 17 « Le mathème de l’événement » (Alain Badiou, 1988) :

J’appelle événement de site X un multiple tel qu’il est composé d’une part des éléments du site, d’autre part de lui-même. (…)

Soit le syntagme « Révolution française ». Que faut-il entendre sous ces mots ? On peut certainement dire que l’événement « Révolution française » fait un de tout ce qui compose son site, soit la France entre 1789 et, disons, 1794. Vous trouvez là les électeurs des Etats généraux, les paysans de la Grande Peur, les sans-culottes des villes, le personnel de la Convention, les clubs des jacobins, les soldats de la levée en masse, mais aussi, le prix des subsistances, la guillotine, les effets de tribune, les massacres, les espions anglais, les Vendéens, les assignats, le théâtre, la Marseillaise, etc. L’historien finit par inclure dans l’événement « Révolution française » tout ce que l’époque livre de traces et de faits. (…) Ce qui fait point d’arrêt à cette dissémination est le mode sur lequel la Révolution est le terme axial de la Révolution elle-même, c’est à dire la façon dont la conscience du temps — et l’intervention rétroactive de la nôtre — filtre tout le site par l’un de sa qualification événementielle. (…) De la Révolution française comme événement il faut à la fois dire qu’elle présente le multiple infini de la séquence des faits situés entre 1789 et 1794, et en outre qu’elle se présente elle-même comme résumé immanent et trait-d’un de son propre multiple. (…)

(ainsi par exemple « les paysans » sont certes présentés dans la situation française de 1789-1790, mais non ces paysans de la Grande Peur qui s’emparent des châteaux).

Pascal De Oliveira

2 Comments
  1. Françoise Prudham says:

    Félicitations à André pour ces 2 heures passionnantes

    22nd septembre 2014 at 17 h 54 min

  2. guy pannetier says:

    Ce mot de jalousie m’a remis tout de suite en mémoire ce dicton : « La jalousie est un serpent qui se nourrit du venin qu’il distille. » Dans le cas de la jalousie maladive, on ne saurait mieux la décrire.
    La jalousie est une blessure, quelque chose qui ronge lorsqu’il s’agit de la personne aimée, femme, maîtresse, mari, amant. Elle est parfois une atteinte à l’amour propre, blessure infligée au narcissisme. A partir de ce sentiment, on peut se sentir diminué, dévalorisé dans sa personne ; elle peut parfois aussi traduire un complexe d’infériorité.
    Elle est diablesse ; elle est ce sentiment douloureux de l’amour inquiet, cette situation qui mine la personne jalouse, entre jalousie humiliante et jalousie sincère, entre le soupçon, le doute et la certitude d’une infidélité. Elle peut devenir jalousie délirante, pathologique, jusqu’à la paranoïa ; elle peut être destructrice. Elle est un curieux mélange d’amour, de peur et de souffrance. Elle peut être émotion irrationnelle. Elle découle parfois de ce sentiment de possession de l’autre. Elle est parfois la rencontre de l’amour et de la haine.
    Mais la jalousie est sœur de l’amour, du seul amour qui, dans le couple mari et femme, mérite ce nom, l’amour romantique : « L’amour, sans la jalousie, n’est pas l’amour », disait Paul Léautaud. Inséparable de l’amour, elle en est même la preuve incontestable ; vouloir tuer le sentiment de jalousie pour ne plus être vulnérable, c’est, peut-être, prendre le risque de tuer l’aptitude aux émotions.
    Alors se pose la question de savoir si l’on peut aimer, sans être jaloux, de savoir si « la jalousie n’est qu’un sot enfant de l’orgueil » (Beaumarchais) ou s’« il y a dans la jalousie plus d’amour-propre que d’amour » (La Rochefoucauld), de savoir si ce n’est pas céder à un désir d’exclusivité, vouloir être aimé sans partage, tel un « Dieu jaloux », ou, comme un tigre, (symbole de jalousie féroce). Mais elle est la face noire de l’envie lorsqu’elle concerne d’autres personnes dans son environnement social.
    Quant à l’envie, elle est sentiment, comme ressentiment ; c’est une médaille à deux faces : mauvaise amie, mauvaise conseillère, ou bonne amie, bonne conseillère, sentiment positif lorsqu’elle stimule, quand elle est désir, soit le propre de l’humain. Elle est alors, moteur avec l’espoir de gratitude ; elle est moteur d’apprentissage chez l’adulte comme chez l’enfant ; elle peut parfois nous aider à nous dépasser, quand, suivant l’expression, on meurt d’envie ; elle peut être admirative. Mais elle peut être négative, ressentiment, lorsqu’elle est justement synonyme de jalousie, et ceci particulièrement lorsqu’on utilise son adjectif, envieux, c’est-à-dire lorsqu’un individu est, suivant les expressions : rongé d’envie, dévoré d’envie, jusqu’à crever d’envie, et qu’elle n’est que convoitise. Elle peut devenir souffrance, et, parfois, elle finit par isoler l’envieux, l’envieuse, le jaloux, la jalouse.
    La philosophie classe l’envie dans les sentiments positifs ou négatifs. La religion, elle, l’a longtemps présentée sous son seul aspect négatif de péché capital. Mais, nous ne devons jamais oublier que le sens des mots évolue avec le temps. Avant l’acception moderne, elle fut chez Ronsard (Discours sur l’Envie) « le plus méchant et le plus vilain vice de tous, [...] douleur et tristesse procédant d’un lâche courage et d’une abjecte pusillanimité de l’âme. » Chez Descartes (Les passions de l’âme), elle tout aussi maltraitée : « Une perversité de nature qui fait que certaines gens se fâchent du bien qu’ils voient arriver aux autres hommes. »
    Comme nous sommes tous sujets à l’envie, elle peut aussi être un moteur économique.
    Alors, la jalousie et l’envie, ces états affectifs, sont-elles des démons qui sont en chacun de nous ? Pouvons-nous les canaliser, dominer ces démons, les maîtriser, pour que l’envie et la jalousie nous servent sans nuire aux autres?

    22nd septembre 2014 at 14 h 08 min

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