Débat du 27 Janvier 2013: « La vie, nous la rêvons, ou nous l’accomplissons? », animé par André Stamberger.

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Posted on 29th janvier 2013 by Carlos in Comptes-Rendus

C’est la « Semaine de la Guitare », alors allons-y pour le « fado » ! Ces derniers jours, outre l’assentiment de l’UE à un récurrent caprice de la Grande Bretagne à vouloir quitter l’Europe au cas où un nouvel accord, voire un « Paradis fiscal » dans le voisinage, n’était pas envisagé, c’est la lutte des ouvriers de chez Renault pour leurs droits salariaux, de pair avec le drame de la jeune mère dépressive au point de tuer sa petite fille de sept mois, qui ont fait la « une », si l’on y ajoute, le 24 du mois, la libération dans la joie de la française Florence Cassez ; condamnée au Mexique pour complicité dans une série d’affaires criminels à 60 années de prison, elle venait d’en purger sept. Chez nous, au Café des Phares®, la musique était toute autre ; notre débat, que le 27-1-013 André Stamberger allait animer, portait sur l’insouciante question : « La vie, nous la rêvons, ou nous l’accomplissons ? »

Il semble que la vie surgit de chaque chose, impossible de se dérober ; dès lors, il nous faut toujours de nouvelles questions pour nos réponses à son propos et on y passerait bien tout son temps car, « si ce n’est pas elle, c’est son frère », c’est-à-dire, ce que l’on en fait dans nos rêves.

Nos rêves ! La vie rêvée !! D’emblée il m’est venu à l’esprit le « Songe d’une nuit d’été », la cocasse comédie de William Shakespeare où il est question d’une « potion magique » dont l’efficacité fit délirer la troupe de comédiens en goguette dans un « campus », et particulièrement deux amants y présents :-) Puis, d’hallucination en chimère, je me suis souvenu de « Perrette et le pot de lait », la fameuse fable de Jean de La Fontaine où est évoqué le projet immodéré d’une paysanne qui, ayant trébuché, voit brisée toute sa construction mentale tendant à rationaliser ses profits, pour enfin, de chimère en onirisme, arriver à l’incontournable Sigmund, pour qui le Rêve a la fonction de préciser les désirs inconscients du rêveur dont le sens peut être interprété de façon plus ou moins hasardeuse. En tous cas, il semble clair que la vie, nous ne l’« accomplissons » pas ! « Accomplir », est faire, voire exécuter, ce qui était prévu (comme entre autres des acrobatiques virevoltes en VTT) et, à la rigueur, nous pouvons « accomplir » nos résolutions, nos souhaits ou désirs mais pas nous « acquitter de la vie » comme d’un devoir ou d’un ordre. La vie, on la vit ; « elle nous mène à son terme », selon les croyances de chacun et l’état de santé dont il jouit. La vie, on la vit, parce que nous existons et « exister », on le précise à chaque fois, est « surgir de… », « du néant », pour Heidegger, par exemple, et pas « rentrer dans », bien que, le jour venu, elle nous conduit au râle ultime… :-(

Certes, tout rêve est réalisation, mais réalisation irréelle, quoique, au sens de « rêverie » (état au cours duquel la pensée se déroule spontanément), il puisse aspirer à une réalisation pratique, comme c’est le cas des Utopies ou autres projets immatures.

Il restait toujours donc à savoir si nous la rêvons, cette vie. La concevoir comme « un songe », ou « transfigurer » son passé, est bien sûr très rafraîchissant (une sorte de jour de congé pour la pensée), mais cela nous priverait de la réflexion, une NECESSITE, qui est d’ailleurs le but de notre déplacement, chaque dimanche à cette heure-là.

C’est ainsi que beaucoup d’idées choses ont été exprimées et, dès le départ, « la gêne causée par le terme ‘accomplissement’ », puis, par association d’idées, on a « rappelé Mme. Bovary, Kierkegaard, Montherlant, et même Frédéric Dard (‘je suis de gauche, le matin, dans le métro, et de droite, le soir au café’), ainsi que « Napoléon lorsqu’il affirme ‘gagner ses batailles avec les rêves de ses soldats endormis’ », « les plus grandes choses entreprises au monde étant le résultat de rêves audacieux », « qui nécessitent une certaine ivresse », même si Sartre prétendait « qu’aucun rêve n’est pas réalisé à la lettre » L, et que « le rêve n’est pas réalisme », où l’on a rappelé « le poème de Paul Valéry sur le ‘cimetière marin de Sète’», ainsi que celui de Caldéron de la Barca, « La vida es sueño » ou le film « Un monde parfait » de Clint Eastwood. On a cité encore le film « ‘Mulholland Drive’ de David Lynch comme une oeuvre parfaitement subjective » et lancé que « le rêve a le vent en poupe », que « l’Homme est une chance », ainsi que « l’écriture est une fulgurance et une transcendance », « le rêve étant lui un état d’accueil ; qu’il faut pénétrer et agir, le café au lait ne se confondant pas avec le lait au café », puis évoqué « la poïétique dans le processus de création », « ‘Les mots et les choses’, de Michel Foucault », « le rêveur-explorateur tel Christophe Colomb », que « ‘rêve’ et ‘réalité’ participent du même radical ‘res’» [alors qu’en fait ‘rêve’ dérive de ‘desver’ (vagabonder, perdre le sens) et ‘réalité’ de ‘réalitas’ (le contraire de ‘idéal’], que « le danger ne sont pas les utopies, mais les réalisations trop parfaites », suivi de la question subsidiaire « Qu’est-ce que se mettre en rêve ? », ou encore « les rêves préfabriqués de la TV », « le poème de Louis Aragon à Elsa », « les rêves accomplis de l’artiste-peintre », « la confusion entre ‘accomplir’ et ‘réaliser’ ».

Finalement, Gilles a eu raison de tout, avec le « …sentiment de vivre, rêvant sa vie » contenu dans ses vers.   

:-) Chez le médecin : 

- Docteur, mon mari se prend pour un frigidaire…

- …Et il n’est point attentionné envers vous…

- Non, c’est pas ça. Il dort la bouche ouverte !

- Et alors ? Il parle pendant son sommeil ?

- Pas du tout… Mais la petite lumière m’empêche de fermer l’oeil.

 Carlos

Débat du 20 Janvier 2013: « L’intelligence rend-elle plus humain? », animé par Daniel Ramirez.

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Posted on 22nd janvier 2013 by Carlos in Comptes-Rendus

Le 20 Janvier 2013, alors qu’à Genève s’ouvrait la Conférence sur les Droits de l’Enfant, l’Egalité des Sexes et l’Autonomie de la Femme, à Rotterdam, on entamait une Semaine du Refus de la Haine, à Oslo, de pair avec le Sommet International sur le Problème de l’Eau, avait lieu un Séminaire au sujet de l’Escalade de la Violence en Syrie, afin d’y coordonner une aide humanitaire aux civils et la nécessaire transition vers la démocratie, tandis qu’à l’Onu il était question de l’Organisation du Combat contre le Terrorisme, et au Sahel un micmac concernant l’intégrité du pays faisant qu’une prise d’otages terminât en tragédie, pendant qu’à Bruxelles on se penchait toujours sur la reconnaissance de l’Etat Palestinien, bien que cela fût fait dès fin Mai 1948 à l’AGNU (ancêtre de l’ONU), 58% du territoire étant à l’époque attribué aux Musulmans, 33% aux Juifs et 9% aux Chrétiens, sans que cela n’ait jamais été suivi d’effet, va savoir pourquoi. Au Café des Phares®, parce que l’on y on polémiquait aussi, il a été choisi de tirer au clair « L’Intelligence rend-elle plus humain ? », un débat animé par Daniel Ramirez.

Voyons ! Toujours compréhension et invention, résultant de raisonnements abstraits, l’Intelligence (du latin : « Intelligentia »), semble être la qualité de celui qui comprend vite et s’adapte facilement, tout travail ou savoir ne remplaçant pas cette faculté de penser, une aptitude spécifique ou résultant de prédispositions diverses dont la capacité d’engendrer et manier des idées. Elle se distingue de l’entendement et de la raison, son exercice s’accompagnant même d’éléments irrationnels d’ordre associatif ou affectif, ce qui nous fait reconnaître chez les animaux une certaine forme d’intelligence qui, dans leur quête de la réussite et esquive de l’échec, les amènent à procéder également par tâtonnements ou l’élimination des hypothèses sans chances de réussir, s’épargnant de ce fait des revers cuisants, ces aptitudes variant aussi bien d’un individu à l’autre, que d’une prédisposition à la suivante chez la même personne. 

Il ne s’agissait donc, là, dans notre débat, de rendre l’humain plus humain que ce qu’il est déjà, d’après une éventuelle évaluation de son QI. Parce que apparemment plus doués (ou dotés) que la moyenne de leur temps, une reine de Saba, une Cléopâtre, un Anaxagore, un Pythagore, un Galilée, un Newton ou un Einstein, sans évoquer les génies vivants, seraient-ils plus humains que le commun des mortels, même si l’on sait que notre ancêtre, l’hominidé, le genre « Homo » (de ‘humus’), est tout proche du chimpanzé, en ce qui concerne ses capacités cognitives ainsi que l’aptitude à développer un langage articulé et que son ADN a les mêmes caractéristiques que celle de l’Homo Sapiens Sapiens, dont la compagne, de même que celle de tout autre animal, était la « femelle », puis « fame » et ensuite « l’épouse » ? Dès lors, pourquoi ce « plus  (ou moins) humain » au regard de l’intelligence ? Puisque, sans parler de celle des autres animaux, l’on nomme « Intelligence » la faculté de raisonner des êtres doués de raison, du moment que l’Humain est par définition le propre de l’Homme (intelligent ou débile), on dirait que l’on pédalait dans le vide comme sur un vélo d’appartement afin de distendre nos neurones, où sur un tapis roulant pour perdre du poids parce que, le cerveau étant du muscle que l’on peut ravigoter et rendre plus souple, on espérait améliorer peut-être les capacités intrinsèques de son propre esprit critique.

On a jugé alors que « la loi joue, peut-être un rôle plus important que l’intelligence », et le « sur-Homme » de Nietzsche fut convoqué, de même que le rôle de la Loi, « plus important que l’intelligence », « fondant une nouvelle façon d’exister, d’être-là », « dont celle des chefs militaires nazis, plutôt cultivés », alors  « que souvent c’est la bêtise qui nous rend humains, c’est-à-dire, sages », « intelligence revenant à ‘interligare’ », ce qui a été corrigé par l’animateur : « pas ‘ligare’, mais ‘legere’, ‘lire à l’intérieur’ », alors que l’on entend : « l’intelligence est un moyen, la philo est une finalité », « le diable, le malin », et que « la machine résout les problèmes nouveaux auxquels l’Homme n’arrive pas à faire face », « parce qu’il est un humain, inexorablement humain », « certaines notions de convivialité : ‘bonjour’, ‘salut’ étant des marques de respect qui forcent au respect aussi ». Quelqu’un dit « que l’on tournait en rond, l’intelligence étant reliée à la mémoire, socle qui permet l’élaboration des concepts, résoudre les problèmes et gérer l’information », un autre ajoutant que « le Larousse donne ‘intelligo’ pour ‘comprendre’, et indique  les relations de cause à effet, les flux des finances, le rôle de chaque organe, et que l’intelligence artificielle n’a aucune chance face à la stupidité naturelle », tandis que le suivant vantait la capacité des humains à rendre les choses intelligibles par la Pédagogie », comprises « à l’aide des ‘catégories’, dont la ‘causalité’ par rapport à ‘l’effet’, l’intelligence étant toujours en progression », puis une autre « que la Pédagogie peut rendre intelligible ce qui paraît inintelligible », ensuite quelqu’un encore pour dire « que le concept d’intelligence n’existe pas, et que l’animal ne suit pas le chemin de ‘cause à effet’ mais le paranalogisme de ‘A’ à ‘B’ ». Une voix s’est levée pour critiquer « le résultat du travail des intellectuels, alors qu’il faut être en harmonie avec le monde et pas en être esclave », car « il n’y a que le groupe qui peut rendre humain et tout seul on n’est rien » et que « l’on doit voir l’intelligence comme un symptôme et un remède et pas une thérapie ». « Réaliser la dialectique de la ‘cause et de l’effet’ qui nous rend plus humain et moins animal », afin « d’échapper au monde capitaliste », alors que quelqu’un confessait « ne pas supporter le divan du psy et vouloir se trouver face à face avec lui », « être malin ou intelligent n’étant pas la même chose, les chinois ayant inventé la poudre et pas les canons », une voix se levant pour « signaler que la rue Etienne Dolet rappelait un imprimeur humaniste mort au bûcher », le suivant « qu’il y en a qui mangent des racines carrées » et celui d’après « que la capacité d’analyse n’est pas évidente, et que l’idée de rationalisme est mortifère », la conclusion de l’animateur étant « alors que l’on peut devenir inhumains comme des machines, nous sommes tous humains au même titre par la créativité, l’amour ou la liberté, et avons besoin de vivre les uns avec les autres… » Puis, ajoutant qu’« il ne s’impose rien », l’animateur a donné le débat pour terminé, sans laisser la parole au poète, Gilles, comme il est devenu habituel.    

Le patron :

-Que fais-tu, André ?

-Je pense.

-Et Raoul ?

-Il m’aide…

-Lorsque vous aurez fini, venez me voir.

Carlos

Lettre ouverte à Jo Strich.

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Posted on 20th janvier 2013 by Gunter in Textes

Cher Jo,
Tu ne seras pas étonné si je te dis que j’ai beaucoup aimé cette phrase : « …comme la philosophie l’est par rapport à la sagesse, par rapport à toute discipline scientifique. »
Je t’avoue par ailleurs d’être de plus en plus sceptique concernant la division classique droite – gauche et tu y fais toi-même allusion. « Philosophiquement » parlant, il y a ceux qui se contentent d’aménager la fameuse Caverne – il s’agit seulement d’y mettre un peu plus de confort – et ceux qui pensent qu’il faut en sortir. Sans violence, bien sûr : une autre révolution de velours, par exemple.
Il devient de plus plus évident que le stalinisme était une catastrophe (tout nationaliser, la thèse) et que le turbo-libéralisme (l’antithèse) représente la catastrophe inverse : tout privatiser, la médecine, l’école, l’énergie, les transports communs, autrement dit ce qui devrait relever de l’intérêt commun ou général. Donc, une dialectique de plus (à côté de celle que tu suggères en ce qui concerne les présidents américains) avec comme synthèse une économie mixte fondée sur des nouvelles bases, à inventer…
Quand reviendras-tu animer les Phares où tu as laissé un très bon souvenir.
bien à toi,
Gunter

Joseph Strich : « Pourquoi Obama ? »

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Posted on 20th janvier 2013 by Gunter in Textes

20 janvier 2013 – A l’occasion de la prestation de serment du président des Etats-Unis Barack Obama, ce 20 janvier, suite à sa réélection le 4 novembre dernier, quelques réflexions philosophiques sur l’importance historique d’un mandat Obama 2, d’une réédition de cette présidence.
Je n’ai à vrai dire aucun mérite à avoir si justement titré cet article: Pourquoi Obama, l’ayant en fait repris d’un célèbre film documentaire de Claude Lanzmann. Donc « pourquoi Obama », c’est en fait pourquoi malgré tout Obama, pourquoi il le faut, encore une fois, lui, le premier président noir des Etats-Unis.
Car, par-delà le politique, le journalistique, l’anecdotique, de quoi s’agit-il? De couleur d’abord. Une nuance de couleur. Une couleur nécessaire (explications suivent). Et de… philosophie!
Certes, Romney aurait peut-être en fin de compte mené la même politique, surtout intérieure, et pour ce qui est de celle étrangère, d’aucuns diront, meilleure. Ainsi par exemple l’ouragan Sandy aurait été aussi bien traite par un autre president. Quant au Moyen-Orient, il n’a jamais été aussi « ancien », aussi peu printanier, n’en déplaise à Obama et à ses mentors en la matiàre, les Clinton et le chantre du « nouveau Moyen Orient » Shimon Pérès.
Mais en définitive, cet Obama-là, celui du pire peut-être, il faut le dépasser, tout comme celui du meilleur, de la réforme du système d’assurance maladie, l’ObamaCare, si révolutionnaire au royaume libéral du chacun pour soi, et si bénéfique pour tant de dizaines de millions d’Américains démunis.
Car je peux être ou ne pas être d’accord avec telle ou telle politique menée par l’administration Obama, mais qu’importe! Là, justement, nous sommes sur un plan au-dessus de la politique, au-delà de l’actualité et de l’histoire entrain de se faire. Obama, c’est bien plus qu’Obama, comme la philosophie l’est par rapport à la sagesse, par rapport à toute discipline scientifique.
Le personnage, son symbole, sa couleur comme nous avons dit, révêtent une importance primordiale non seulement pour la démocratie américaine, mais aussi pour toute la civilisation occidentale, pour la « tribu blanche », pour toute l’histoire de l’humanité.
Cela tient au fait qu’il y ait eu enfin un président différent. Il n’était pas écrit qu’il doive être blanc. Et ce qui pouvait ou devait être a eu lieu, enfin. Dans la lignée d’une digne dialectique: thèse, antithèse (Obama), et peut-être un jour synthèse.
Saluons donc le triomphe de la critique, le jour de l’alternance (comme le président élu Sarkozy avait en 2007 salué rétroactivement l’alternance de 1981 avec l’élection de Mitterrand, et comme il fallait saluer en 2012 le retour de l’opposition socialiste en France).
Le 4 novembre dernier, et alors que je couvrais et participais à une soirée pro-Obama organisée par le parti de gauche Meretz sur un toit de Tel-Aviv, et tandis que les résultats affluaient au cours de la nuit, je méditais: c’est une élection philosophique, grecque (dans le sens classique), empreinte d’esprit talmudique (le pilpoul, c’est-à-dire de contradiction), et ce – même si rien ne devait en sortir au bout du compte (il n’y a jamais vraiment de gain en politique, aucun sort n’est amelioré, à moins d’une vraie révolution, et encore: matière à penser à tous ceux qui ont voté au printemps dernier pour Hollande, lui qui, maitenant, s’en va en guerre… lui aussi!).
Quoi qu’il en soit, nous aurons eu au moins la satisfaction de voir trôner un descendant des Opprimés et Offensés, un représentant, ne serait-ce que par sa couleur ainsi anoblie, de l’alterité et de la différence, si caractéristique de ce qu’il y a de plus profond en l’humain, si philosophique. Longtemps encore nous aurons la nostalgie de ces années-la (2008-2016)!
. « Obama mon amour », diront peut-être nos femmes et filles. Et nous, avec ce sentiment confus et inconscient qu’ont dû avoir les Américains en le reconduisant à la Maison Blanche, nous répéterons apres lui: YES WE CAN! Yes we could!

Joseph (Jo Strich)
joseph.strich@gmail.com

Débat du 13 Janvier 2013: « La domination rend-elle idiot? », animé par Nadia Guemidi.

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Posted on 14th janvier 2013 by Carlos in Comptes-Rendus

Vaste programme. Une fois ingurgitée la galette et repartis vers l’Orient les Rois Mages venus jusqu’à Bethléem rendre hommage à Jésus, fils de la vierge Marie, ce dimanche, 13 janvier 2013, pour les partisans de l’union Maritale « ad hoc » ou « Hyménée » (du nom du beau jeune homme invoqué lors des noces grecques, pour avoir délivré les jeunes filles enlevées un jour par des pirates), il était question de battre le pavé allant jusqu’au Champs de Mars, à partir de la porte Maillot, la place d’Italie ou de Denfert Rochereau, protestant contre le projet de « Mariage pour tous », ainsi qu’à l’extension de la PMA, soit la procréation médicalement assistée, qui viendraient brouiller l’union qui se consomme et la traditionnelle logique sociale, fondée sur la famille, (père, mère, enfant). Pendant ce temps, au Café des Phares®, pragmatiques, habitués et nouveaux visiteurs ont entrepris de se pencher plutôt sur la question qui leur était posée : « La domination rend-elle idiot ? », et que Nadia Guemidi allait aider à débroussailler.

Quelle domination ?  Dans le domaine sportif ? Intellectuel ? Moral ? Et pourquoi rendrait-elle idiot au lieu de réactif ? Admettant le pire, qui est censé devenir idiot, le dominateur ou le dominé ? Il est bien connu que « le dominateur », le tyran ou le fasciste, pour tout dire, finit mal, en général, si le temps joue contre lui. De son côté, pourquoi « le dominé », plutôt qu’idiot, ne serait-il pas envahi par un sentiment d’affranchissement ou même de révolte ? Les exemples abondent à l’honneur de tous ceux qui ont su briser leurs chaînes, leur action s’étalant du XIVème au XIXème siècle, du Brésil aux USA, ayant déjà Spartacus (esclave gladiateur Thrace, mort au combat en -71) comme figure emblématique, puis Toussaint Louverture, né en 1743 dans une plantation de l’Ile de Saint-Domingue. Ainsi, répondant succinctement par « oui » ou par « non » à cette question, on n’aurait pas avancé d’un iota, car nous étions devant une « aporie », c’est-à-dire, une impasse causée par une incompatibilité logique mais, au diable l’avarice ; si l’on n’avance pas on recule, et « ça » il est hors de question. On doit finir à treize heures vingt ! On poussera jusque là, coûte que coûte.

Il parait que la question était inspirée par un film. C’est fréquemment le cas, et ce n’est donc pas pour m’étonner ; parfois le cinéma nous fait prendre les vessies pour des lanternes et, effectivement il peut souvent nous halluciner, tout comme la « domination », qui ne dérive, pas du tout, de « dominus » (traduit abusivement par « la maison », alors que ce terme vient de « Mansion » dérivé de « manere », demeurer et que, tout le monde le sait, « dominus » signifie « le maître, le seigneur », auquel il faudrait supposément obéir, tandis que l’on doit s’émanciper de l’autre, « le dominateur » au sujet duquel on débattait.

Enfin ! On a donné comme exemples la condition des chinois, le proverbe arabe « bats ta femme ; si tu ne sais pas pourquoi, elle le sait », puis  la trahison et la propagande politique qui séduit les idiots, la voûte céleste des égyptiens, l’importance de la bataille par rapport aux enjeux, le dominant qui délègue pour ne pas se salir les mains, et des témoignages du Laos où en général c’est la femme qui dominerait. Puis, on manifesté la méfiance pour les sujets qui induisent une réponse, et fait référence aux astres et astéroïdes, au sadomasochisme, à Rousseau qui serait conditionné par la fessée, à la fable de l’homme actif et de la femme passive, à la rose du Le Petit Prince, à l’idiot qui n’a pas de double car il est unique comme le démontre le terme ‘idiosyncrasie’, le tout suivi du mouton de Panurge, la domination positive, l’idiot du village, la domination bête qui peut scléroser et n’a pas de chances d’aboutir, le pouvoir du pauvre ou même syndical de la concierge qui ne distribue pas le courrier, la double autorité responsable de la défaite de Napoléon en Russie, le pouvoir du KGB, de la CIA, des énarques en tant que forme de consanguinité, ainsi qu’à la façon empirique de la philosophie dans ses réponses aux questions, par naïveté ou manque de retenue ? On a fait encore appel à Freud aussi, car la domination exacerbée est une affaire sexuelle qui vous marque dès la naissance, pour arriver à « L’idée fixe », pièce de théâtre de Paul Valérie, à « L’Idiot » de l’anticonformiste Dostoïevski, puis la servitude volontaire, la dialectique du maître et de l’esclave, le rapport de force dans le film de Joseph Losey « The servant », idiot et imbécile étant remplacés par aliéné mental.

Gilles a eu enfin raison de tout et, comme des simples oiseaux nous nous sommes envolés dans la ville.

- Docteur, il y a un homme invisible dans la salle d’attente.

- Dites lui que je ne peux pas le voir !

Carlos

Débat du 6 Janvier 2013: « Avons-nous le devoir de rechercher la Liberté? », animé par Irène Herpe-Litvin.

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Posted on 7th janvier 2013 by Carlos in Comptes-Rendus

Pareille à chaque nouvelle année, celle de 2013 se présentait à nous assez fraîche mais, quoique sombre, pluvieuse, humide, et pleine de promesses qui, hélas, comme tous les engagements pris en pleine euphorie sont le plus souvent non tenues, une bonne raison pour que l’on s’en méfiât. Pourtant, les Homme sont naïfs et débordants de confiance, même dans les étoiles, les traits de la main ou les boules de cristal, ce qui leur joue le plus souvent des tours, leur réservant des destinées fréquemment déroutantes. A partir de là, conduits par le destin, nous étions donc bons pour un voyage à Cythère, vu comme une lubie, et n’avons pas hésité à nous tourner, le 6/1/013, au Café des Phares®, vers un sujet basé sur un idéal de 1789, 26 Août plus exactement, traduit par « Avons-nous le devoir de rechercher la Liberté ? », que Irène Herpe-Litvin se proposait d’animer. 

Certainement. Nous nous plions, coûte que coûte, à l’impératif de déjouer tout ce qui fait entrave à notre autonomie, y compris par l’évasion, et telle fut l’attitude de l’ancien braqueur fiché au grand banditisme, Michel Vaujour, qui proclama : « Ne me libérez pas, je m’en charge !» Puis, il s’est fait la belle à cinq reprises. Mais, pas en vertu d’un « devoir », qui constitue déjà, objectivement, une limitation de la liberté ; en raison plutôt d’une nécessité intérieure de se retrouver, s’emparant de son indépendance. En effet, la Liberté ce n’est pas quelque chose que l’on aurait perdu, comme une bague, par exemple et que l’on voudrait récupérer ; c’est notre Humanité ! C’est le principe fondateur de notre ontologie, ainsi que Sartre l’entend et, partant de la définition d’Eleuteria (Ελευθερια), condition de celui qui n’est pas captif, ce « devoir » en question n’équivaudrait-il pas à une sorte de servitude ? Une obligation ? Une soumission ou une cynique exigence de la Liberté, alors que nous ne sommes libres que hors de toute coercition ? A partir de ce constat, on peut soutenir que seul le rêve réserve à l’Homme tous ses droits ; c’est là qu’il recouvrerait l’autonomie de son imagination, et dès lors, à ce jour, notre exigence ontique ne serait tout bonnement définie que par la Liberté prévue par les Droits de l’Homme et du Citoyen, c’est-à-dire, la possibilité de faire tout ce que ne nuit pas à autrui, pour suivre la sentence de Bakounine : « la liberté des uns ne commence que là où s’arrête celle des autres », à laquelle il ajoutait : « on ne peut pas violer la liberté d’un seul sans violer la liberté de chacun ». Point. Une douce utopie, peut-être, une chimère, un songe, puisque tout cela n’est pas plus brillant qu’une étoile de mer ; mais enfin.

En tous cas, c’est ainsi que nous sommes revenus au « Contrat Social, par rapport à la liberté de la feuille morte », au « connais-toi, toi-même » et à la « caverne de Platon », ainsi qu’à « Depardieu non-philosophe épris de ‘liberté fiscale’ », ou la « soumission », pour mesurer ensuite « l’Humanité par rapport à la monstruosité », « tous les déterminismes et conditionnements », « le besoin de canaliser, cadrer », « le manque de liberté en raison de l’agissement des lois qui, ajoutés à l’esprit grégaire, semblent difficiles à gérer », font que « l’Homme n’est pas libre », « sauf si enchaîné ». On a rappelé que « l’interdit d’interdire de Mai 68 avait libéré les Médias, ainsi que les chaînes de radio et TV », « la rue et la Sorbonne devenant un café-Philo à l’échelle d’un pays », une voix clamant que « les lois servant d’encadrement,  l’on ne peut pas parler de liberté sans parler d’interdiction », puis une autre a vanté « les vertus du service militaire d’antan », « la liberté étant plus un risque qu’un devoir », en raison de l’aspect caustique de « sa créativité », « source de liberté », comme « le connais-toi, toi-même », « les croyances », « les espaces de pensée », « la libre écriture », « la main qui donne et celle qui reçoit », « l’‘Oulipo’, ou ouvroir de littérature potentiel (mouvement qui se donnait des contraintes d’écriture afin de favoriser la création) », « la main qui donne, issue de celle qui reçoit », etc..

Pour finir, Gilles nous a fait part de ses cogitations lyriques et, se dispersant dans la ville, tout le monde reprit par entier son indépendance.

Il se trouve que, la nuit tombant, j’ai rencontré, autour d’un réverbère, un homme qui semblait chercher quelque chose et je l’ai abordé :

- Que recherchez-vous ?

- Ma liberté !

- Mais, vous êtes sûr de l’avoir perdue ici ?

- Non, non. Mais, c’est là qu’il y le plus de lumière.

Carlos