Débat du 22 Décembre 2013: « Le monde finira; rien n’est moins indubitable! »

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Posted on 22nd décembre 2013 by Carlos in Uncategorized

Alors que, prévus pour 2014, les XXII èmes Jeux Olympiques d’Hiver (XI èmes Paralympiques) devraient avoir lieu à Sotchi, en Russie, impliquant d’exceptionnelles mesures de sécurité, la flemme qui leur présidera faisant même un exceptionnel petit tour dans l’espace à bord d’un vaisseau approprié, sans feux ni trompettes, le Débat du 22 Décembre 2013, allait se tenir, lui, tout simplement au Café des Phares® de Paris et, animé par Gunter Gohran, il porterait sur la question: « Le monde finira, rien n’est moins indubitable »

C’est pas si sûr, si l’on appelle à Pyrrhon, Pyrrhon d’Elis, apôtre du scepticisme. Le monde ! le monde ! S’est-on demandé. « Qu’est-ce que le monde ? » De quoi parlait-on ? D’un système bien ordonné, du genre « monde des affaires ou de la finance » ? De notre planète, « la Terre » ? De notre galaxie, « La Voie Lactée » ? De l’Univers ? De tout ce qui existe dans l’espace et dans le Temps ? En effet, (du latin : « mundus »), le monde dénomme aussi bien un système bien ordonné, que simplement la Terre ou l’Univers tout entier. Elastique. Alors ?

On pourrait compulser « L’Apocalypse », composé par l’Apôtre Jean, et qui, étymologiquement, signifie « Dévoilement » (ou, sous l’aspect religieux, « Livre de la Révélation »). Il s’agit du dernier Livre du Nouveau Testament, mais, faisons un tour par Kant, pour qui le Monde est l’une des trois Idées de la Raison Pure, tels que l’Âme et Dieu, si bien que l’on peut affirmer que « Le monde » est fini ou infini, une antinomie qu’il est possible de démontrer, mais dans laquelle tombe la raison, dès lors qu’elle cherche des certitudes en dehors des limites de ses possibilités de connaissance, s’obstinant à vouloir atteindre l’absolu. Et la Connaissance, alors ? Du latin « cognoscere », chercher à savoir, le terme désigne l’acte par lequel la pensée s’efforce de saisir et de définir un objet qui se présente à elle, si bien que l’on l’oppose à Croyance, du fait que celle-ci n’est pas nécessairement fondée sur la raison, c’est-à-dire, n’implique pas nécessairement l’idée de vérité. Nous voilà bien. En fait, c’est observant le train que l’on voit qui y voyage. Voyons, donc, ce qui se passe devant notre porte. Le Monde est, pour l’Homme, l’horizon de son action, avant d’être objet de connaissance, car il EST DANS LE MONDE, et non dans l’île d’en face. Enfin ; on a glosé sur la fin du monde, les uns disant « que l’on en parle plus », « que l’on ne se baigne jamais dans le même fleuve », « que le monde est comme la vie », d’autres que « le Samouraï Japonais est une affaire de famille depuis la guerre de Troyes », « que rien n’est moins inévitable », « que tout est fait par notre cerveau », « Oh Temps ! Suspend ton vol ! », « On se rend compte que chacun est dans son monde », « qu’est-ce que je fais là ? », « de quel monde on parle ? », « question de responsabilité, concernant aussi bien Platon, qu’Heidegger ou Eichmann ». Quelqu’un trouva qu’il y a « deux sortes de fin : l’Historique et la Cyclique », puis un autre « le Temps stable », ou un autre encore « le Temps mort », soit « un discours matérialiste », sans parler de la « Résistance à Hitler », ou de « l’efficacité du Café Philo par rapport au ‘Prozac’ », le tout mêlé aux « hommages à Deleuze et Marc Sautet ». ou le reproche d’une mère à son fils, un peu trop arrogant : « Tu as encore du lait dans tes oreilles ». Il fut évoqué « le Temps de la Liberté et de l’Amour, lorsque l’un devient cannibale, l’autre assujetti », « le recyclage de l’Humanité », « le Temps de la Philo en train de mourir », « l’ADN congelée », « le fond de la Caverne », « les algues qui étouffent les poissons »…

Enfin, il était temps que ça finisse, et Gilles s’y a employé, avec son poème :

« Infini, In…fini. Fin du Monde, sa mort. Ce monde passe, poussière d’étoiles, inaccessibles étoiles… »    

Peintre grec du IV s. AvC, Apelle, auteur d’un portrait d’Alexandre, s’est fait critiquer par un cordonnier à propos de la chaussure de l’Empereur. Comme l’artiste admit son erreur, l’artisan osa émettre d’autres observations, ce qui, ayant fâché l’artiste, l’amena à répliquer :

- Que le cordonnier ne juge pas au-delà de la chaussure !

 Carlos

4 Comments
  1. Elke says:

    Le travail de la haine dans l’énoncé de ce sujet: voilà un fil de pensée qui me poursuit après ce débat. L’éviction du doute (« indubitable ») élargit l’emprise de la mort; l’individu pris dans les mailles de sa temporalité ne se bat pas seulement vainement contre sa propre mort, mais sa lutte pour durer, pour transmettre le souffle de vie est considéré vaine puisque tout « finira ». Quel bénéfice d’ériger un tel axiome? Ce discours disqualifie le combat de la vie. Si on ne se bat pas, on ne risque pas de perdre. Maintenir l’illusion de la toute-puissance finalement. A quoi bon se battre? Après moi le déluge ! Boire, manger, s’amuser. Ne pas penser au lendemain. Invitation à se joindre à la farandole des hommes qui ne servent à rien. Et qui desservent dans leur passivité, dans leur obstination à ne pas chercher à comprendre, à vouloir s’aveugler quand la réalité est déplaisante. Inviter à ne pas agir quand il faut se lever, quand il faut dire stop, quand il faut agir en conscience. Gunter a évoqué l’image du Titanic pour évoquer les différentes modalités de faire face à la catastrophe. Notre modèle de société, le cadre institutionnel est le navire sur lequel nous évoluons. Ce navire fait écran entre nous et « le monde ». La boussole de ce navire est orientée depuis quelques temps exclusivement par l’argent. Ce modèle s’essouffle, aucun doute. La dette confiée avec aplomb aux absents, les générations futures, ne trouvera plus de nigauds qui voudront bien travailler pour rembourser les dettes de ses aïeux. Seront nous capable de construire un radeau avec les débris de notre société actuelle pour proposer le minimum de terre ferme à nos enfants? La terre ferme. La responsabilité collective était convoquée avec bravoure lors de ce débat. Merci, Bruno! En fait, nous ne sommes pas des poissons. Nous vivons sur la terre ferme, et elle nous donnera ce dont nous avons besoin, à condition de prendre soin d’elle. Notre socle, c’est elle. Et notre vie est liée à elle comme les deux faces d’une médaille. Cette dépendance fondamentale nous rappelle notre vulnérabilité évoquée par Bruno, Accepter cette vulnérabilité nous incite à agir collectivement, à nous constituer en espèce humaine pour relever le défi de la vie: continuer ou mourir. Pourquoi? C’est le mystère. On l’épouse ou on ne l’épouse pas. La liberté de chacun. Mais globalement, jusqu’à présent, on a du se dire que cela vaut peut-être la peine. C’est une aventure extraordinaire que de vivre. A expérimenter inlassablement, de génération à génération. On n’a pas besoin de tout savoir, mais d’avoir l’occasion de connaître un peu de la vie à travers de quelques expériences fondamentales. Faut y mettre les mains, son corps; s’y frotter sans avoir peur de ne pas faire le poids. Même si l’œuvre de notre vie semble insignifiante, l’important c’est d’avoir participé. Broyé, porté en haut de la vague, adulé, ignoré…. Les variations des thèmes d’une vie humaine possible sont nombreuses. La créativité de chacun pour faire une histoire plaisante est convoquée, mais toujours contrariée par les raisons budgétaires qui font avorter certains scénarios au bénéfice d’autres qu’on aime moins, mais bon: on fait ce qu’on peut, non? Depuis toujours. Avec une pugnacité qui fait espérer qu’on sera moins bête que les dinosaures au moment du grand changement climatique….. On peut toujours essayer, non ?

    22nd décembre 2013 at 9 h 05 min

  2. Roca Gilles says:

    Le monde finira … rien n’est moins’ indubitable … Gunter’ Gorhan’… Aux Phares,

    Infini … Un-fini … Le monde … mais quel monde ?, … La fin du monde … sa finitude …
    sa mort ?, ou sa finalité … sa Vie, son plein’ essor ? À-vie-de … plénitude …
    sous’ une … forme’ Autre … « La forme … c’est Le fond … qui monte’ À La surface » … Victor’ Hugo, Alter’ Hugo, Le monde … Soi … L’Autre … de L’Autre … côté du miroir,
    de notre … glace … face’ À ce qui passe … peut’- être … La grâce … ce monde … passe …
    Le monde’ Autre’… A-t-il sa place’ ? … en nous, et, hors de nous’, en miroir …
    un’ Ange … passe … de « poussière … d’étoile’» … À « L’Accessible’ étoile » … de ce temps … Au hors-temps, du temps présent … À La présence … réelle, hors du temps …
    sable’- y – est temps … sur du sable’…
    un cadeau … un présent … qui nous’ échappe’ encore … nous’ est’ Invisible’, un-Visible’, inconcevable’, un-concevable’, indubitable’, un-dubitable’, inpensable’, un-pensable …
    Le monde’ Autre’, À-venir … Le monde’ en devenir … indicible’, un-dicible …
    Le monde’- « Humanité, ce beau nom, ce beau don, féeminin, singulier,
    des’ êtres’ À Li-er,
    du couchant’ Au Levant, femmes’ hommes’ enfants, des peuples’ Au pluriel,
    être, humains, pluri-Ailes,
    EnVol d’humanité »,
    Jean Cardonnel, J C – G R, serviteur, « du Vin d’ici … À L’Eau de Là »,
    et … « décanté » … monde’- immortalité,
    outre – nous … par-delà …
    et … « de commencement’ en re-commencement » … et de fin en début,
    et de mort en naissance … pour L’éternité, où Le monde … naît-sens’, fin … finalité … but,
    doute … questionnement, route … dépassement, travail sur soi … moi … qui ne Voit,
    ici et maintenant …
    maintenant’ et ici …
    « c’est’ ici Le chemin » … « La Voie »,
    Edgar Morin, entre … nos mains … que L’on convoie, Au tournant …
    mais non, mais non … mais-si !,
    impossible’, un-possible … tension Vers La Vérité, du monde’,
    en Vérité, de ce monde’… en question(s) …
    Au monde’ Autre … Question …
    qui nous dépasse … dépassons-nous !, projetons-nous !, transformons-nous !,
    transmutons-nous’!, et, transfigurons-nous’!, … en Lien … du monde’ Au monde …
    qui nous Lie, nous nourrit, qui nous-noue … nous dé-noue … Au monde … nous re-noue …
    Lien d’Amour d’Amitié, Lien, pour L’Amour de nous … c’est La philosophie …
    de notre, humain, défi …
    « [ La possibilité d’un Gilles ] »,
    soif’ et faim
    d’une fin, ci-Gîlles, Roca,

    Cas-fée-Philo des Nés-nus-Phares,
    22 décembre 2013, c’est Le cas, qui file’ haut … ____
    en ces-jours de Nivôse’, … un petit monde … phare’,__
    et sur d’Ardentes braises, braises’ immortelles … ose !, G R_

    22nd décembre 2013 at 10 h 47 min

  3. Gunter says:

    Ton intervention, Elke, dimanche dernier, a déclenché en moi la réflexion suivante : et si, au-delà d’une résignation et d’un découragement profonds, le thème de la fin indubitable du monde ne recélait pas aussi et peut-être au plus profond, une haine inconsciente de la vie ?
    Achille, dans l’Iliade, dit préférer une vie d’esclave la plus misérable à ce qui l’attend dans l’Hadès. Aujourd’hui, des enfants plaident en justice contre leurs parents pour les avoir mis au monde, de leur avoir procuré une « worthless life » (une vie sans valeur). Leur mère aurait dû avorter.
    Cette jurisprudence états-unienne a failli, il y a quelques années, d’être adoptée en France (l’arrêt Perruche). Combien de temps résisterons – nous ? En général, nous n’avons que 10 ans de retard par rapport aux progrès mortifères venant d’outre-Atlantique (par exemple en matière de non-protection de l’environnement, d’interdiction d’OGM, pesticides, hormones, de libéralisation sauvage, etc.)

    22nd décembre 2013 at 18 h 17 min

  4. Elke says:

    Peut-on haïr la vie ? Question intéressante, que tu soulèves, Gunter. Haïr, c’est synonyme de vouloir détruire : c’est toujours détruire » quelque chose », en lien avec un « objet ». Ne pas accepter ce qui est. Or, « être » n’est pas « vivre ». Pour vivre, il y a nécessité de mouvement. Et partout o ù il y a du mouvement, il y a risque de collusion, d’affrontement. Aimer et haïr, peut-être deux manières distinct de négocier ces rencontres possibles ou impossibles ?
    Aimer, classiquement le contraire de la haine, ce n’est pas synonyme de « tout accepter ». Il y a, dans ce monde, de l’inacceptable, et l’inacceptable doit rencontrer notre colère, notre haine. La haine a donc aussi quelque chose de positive. Mais comment identifier si notre haine, notre colère est justifiée ? La « justice » est sensé de trancher, de déterminer. Et là, je suis d’accord avec toi : il y a quelque chose qui ne tourne pas rond dans notre système. La loi ne remplit plus sa fonction. Il suffit de se pencher sur quelques productions récentes et sur les sources de leur genèse (la pression des lobbys semble peser plus lourd que la voix de la raison et du droit). A travers la procréation sous assistance technique, nous entrons dans l’air d’un eugénisme qui fait froid au dos. J’avais lu un article d’Habermas il y a longtemps de ça, dommage que je ne me rappelle plus où. Il s’interrogeait sur la relation parent/enfant à l’ère du choix génétique possible. Puisque les parents avaient le choix, on pouvait effectivement les rendre responsable de ce choix. Est-ce la haine de la vie ? Ou la haine de l’emprise qu’un être humain exerce sur l’autre humain? L’enfant qui accuse ses parents, tentative lamentable de continuer d’exercer l’emprise infantile sur eux? Aux parents de dire fermement : prend la responsabilité de ta vie. Je te l’ai transmise. Aussi bien que je pouvais. Maintenant c’est à toi d’en faire quelque chose. Ou de t’en séparer : le suicide devient l’acte de liberté de dire oui ou non à la vie. Il est tellement plus facile d’accuser l’autre que de relever le défi de sa propre vie! Annoncer la fin globale permet de mieux avaler la pilule qu’on a raté sa propre vie. Une façon de s’économiser de la souffrance du travail. On risque de passer à côté de l’essentiel. Mais avons-nous une idée de ce qu’est « essentiel » dans la vie? Nous sommes nombreux à vivre en toute inconscience sur les acquis de l’effort d’un autre anonyme, sans nom, instrumentalisé. Depuis l’antiquité existe le système d’esclavage ou l’homme ne travaille plus pour soi mais pour son maître. Jusqu’au jour où l’esclave refuse, prêt à risquer sa vie. Pour se dégager de l’emprise (la domination est une forme d’emprise), la force s’impose. Quel type de force ? L’esprit de Mandela était convoqué ce dimanche, avec son message d’espoir qu’un vivre ensemble dans un système relationnel autre que la domination pouvait se faire. A condition que chacun y participe. Mais qui renonce facilement au confort induit par l’exploitation de la force de travail d’un autre ? C’est autant plus difficile qu’on ne se rend même plus compte qu’on exploite. Ce système, hérité de la domination romaine, que j’aimerais pouvoir dire qu’il finira un jour, et qu’il n’y a pas de doute à ça!

    22nd décembre 2013 at 7 h 41 min

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