Débat du 24 Novembre 2013: »Comment la mémoire collective se construit-elle? », animé par André Masse-Stamberger.

2 comments

Posted on 26th novembre 2013 by Carlos in Uncategorized

Cette semaine, à Paris, un franc tireur a ouvert le feu sur la rédaction du Journal Libération, y blessant un photographe du « Monde », tandis que « Les Restau du Cœur » inauguraient, eux, leur 29ème Campagne Hivernale. Sur la Planète, alors qu’aux USA, Barack Obama peinait à faire appliquer les décisions de la Conférence de Paix sur la Syrie, des violences, unanimement condamnées, ont été perpétrées en Libye, et de mystérieux problèmes se sont fait jour à propos des négociations sur le nucléaire Iranien, ce qui s’est répercuté (va savoir pourquoi) sur le prix du pétrole. Imperturbablement, dans la Capitale, ce 24 Novembre 2013, au Café des Phares®, avait lieu l’habituel Débat hebdomadaire, qui, animé par André Masse-Stamberger, eut pour thème : « Comment la mémoire collective se construit-elle ? »

Comment, diable, se construirait-elle, la Mémoire, …Collective, dans notre cas de figure ? Une mémoire, plus une mémoire, plus une mémoire… ? J’en doute. Mais ? Se construit-elle, d’abord ? Se construit-elle, au point d’aller jusqu’à la violence et le délire, perçus dans les racines du mot ? Dérivant de MEN, ‘menos’, du grecque μέυος, (la force), et de MAN, ‘mania’, μανια, (le délire), la Mémoire, donc, en même temps Force et Délire, serait, finalement, la faculté de maîtriser ou actualiser le passé, bien que celui-ci soit intimement liée à l’oubli. Pourtant, à l’aide de ces briques et de ces broques, notre mémoire collective serait à même de bâtir, au fond, une réalité aussi bien suscitée, que subie.

Côté latin : « memor, oris », notre objet de cogitation signifierait « se souvenir », ce qui consiste dans un effort méthodique de fixation et intégration des éléments affluant à la conscience du sujet, donc la capacité à retenir les informations, à faire globalement ou par fragmentation. Il s’agit du pouvoir d’établir une communication entre le passé et le présent, ainsi que d’un signe fait vers l’Avenir, « Mnémosyne », une déesse de la mythologie grecque. A retenir, qu’Aristote faisait, lui, une distinction entre la « mémoire » et la « réminiscence », ce  qui équivaut à un véritable raisonnement, puisque, indifférente à l’objet, la Mémoire ne fait que ‘témoigner’, alors que le Souvenir ’idéalise’.

A l’opposé de la Mémoire, intéressé par l’essentiel, le Souvenir embellit ; il est, concerné par les représentations communes ou quelques événements marquants dont la Commémoration constitue une pratique sociale rituelle, visant à inscrire dans la Mémoire Collective ce qui est  à commémorer comme élément du passé que l’on ne veut pas laisser disparaître. Dans ce cas, la Mémoire figure un enjeu de pouvoir, qui peut l’interdire, entraver, manipuler ou rendre obligatoire, selon les maîtres du jeu, ainsi qu’en faire un stock d’informations codées détenues par une machine de traitement d’informations, par exemple, à des fins indéfinis.

Puis, il y la Mémoire affective, involontaire, mettant en avant aussi bien la reviviscence des sentiments, émotions et sensations, telle la Madeleine de Proust, que la Mémoire collective, représentation d’un passé à commémorer, ou encore la Mémoire active, qui permet de traiter toutes informations, disons, des épisodiques rappels de ce qui nous concerne particulièrement, ainsi que la Mémoire habitude, immédiate, à cour terme, voire la Mémoire procédurale du pianiste qui  apprend quelque chose par cœur, sans parler de la Mémoire pure, ou souvenir, que Bergson oppose à l’habitude, et dès lors un tel rappel n’est plus une trace mais une présence. Poursuivant toujours l’idée, on se trouve face à la Mémoire sémantique ou à long terme, qui retient le sens des mots ou symboles, ainsi que celle de la Connaissance Générale, une Mémoire Sociale soucieuse de la représentation d’un passé commun placé dans le temps et dans l’espace, que l’on nome Devoir de Mémoire.

Bref. Une heure durant, nous avons mêlé tout ça, évoquant des tas de Métaphores, comme celle du « Grenier où s’entassent les souvenirs de façon aléatoire », ou « du labyrinthe qui suggère la complexité du cheminement et des détails », puis, « la Théorie physiologique de la mémoire selon laquelle, cela résulterait d’une inscription faite par l’expérience sur la matière cérébrale », ainsi que « la trace du cachet ou du pli de l’acte de penser d’Aristote », alors que « pour Hume, il s’agirait du pendant de notre imagination », ou en en faisant « l’intermédiaire entre une impression et une idée » allant jusqu’à « l’idée parfaite », « la dépendance de la stabilité ou de la labilité de la mémorisation », voire, « un Travail méthodique de fixation des souvenirs, globalement ou par fragments ».

Pour finir, Gilles a fait poétiquement état de ce qu’il a pu tisser à partir de ce fil, et chacun est parti, vaquer à ses affaires.

Un paysan mettait, le soir, un peu de farine sur le pas de sa porte.

-Pourquoi faites vous ça ?

- Pour éviter l’attaque des tigres…

- Mais, il y pas de tigres par ici !

- Vous voyez que ça marche !!!

Carlos

Débat du 17 novembre 2013: « Alea jacta est ! », animé par Daniel Ramirez.

1 comment

Posted on 18th novembre 2013 by Carlos in Uncategorized

« Alors que l’on déplorait des heurts entre les CRS et les Militants aux Bonnets Rouges, et tandis qu’au sein de la Conférence Générale de l’UNESCO avaient lieu les Journées Mondiales des Enseignants et de la Philosophie, La Semaine Européenne pour la Réduction des Déchets se déroulait dans la capitale, se chargeant aussi de déterminer l’orientation Budgétaire et envisager les formes les plus adéquates de solidarité avec le Peuples Palestinien, ainsi qu’accomplir le Devoir de Mémoire des Anciens d’Algérie. Au Café des Phares® se déroula le Débat du 17 Novembre 2013, animé par Daniel Ramirez, qui choisi pour sujet : « Alea jacta est ! » 

Très bien. « Les dés sont jetés ! » Point d’exclamation (!) Et alors ? Je profère ça, et advienne que pourra ! La chose serait-elle le mot ? Y aurait-il lieu de s’attendre à un Effet Placebo, c’est-à-dire, sémantiquement nul mais philosophiquement agissant ?  Au fond, notre sujet de débat ne traduit qu’une attitude verbale, qui pouvait aussi bien être «Tiens ! », « Dis donc ! » ou « Je me lance ! », tout simplement. Il ne s’agissait pas là d’une question, mais d’un constat, d’un étonnement, au mieux d’un « faire part », comme si quelqu’un rapportait : « J’ai vidé ma poubelle ! » ou « Jacques a dit ! », « C’est la fin des haricots», voire, « Les carottes sont cuites » puisque le sens de la phrase revient à « Les dés sont jetés », signalant ainsi le fait de s’adonner à un jeu, « auquel Dieu ne joue pas », tel que Einstein avait l’habitude de dire. Qu’est-ce qu’un Dé ? Petit étui à la surface piquetée destiné à protéger le doigt qui pousse l’aiguille ? NON ! Le Dé dont on parle est un facétieux petit cube à six côtés de un à deux centimètres, marquées de points allant de Un à Six, si bien que l’adition des points des faces opposées correspondent toujours à sept, et la somme de tous les côtés à vingt et un, mais dont le lancer donne des résultats aléatoires. Au bout du compte, notre sujet portait donc sur le Hasard (de l’arabe « az-zahr »), signifiant justement : « jeu de dés ».

Enfin. « Alea jacta est », c’est-à-dire, « Les dés sont lancés » ou « Le sort est jeté », fut en effet le propos d’un général de 32 ans, César Suétone, alias Jules César, lorsqu’au coucher du soleil, il décida fermement, en toute illégalité, d’entraîner ses troupes à franchir le Rubicon, limite de la Gaule, le 12 Janvier de -49. « Alea jacta est ! », illustre dès lors le fait d’abandonner l’individu au Hasard, sans aucune possibilité de revenir sur son plein libre arbitre, alors que nous nous efforcions, au Phares, de donner un rythme à notre débat, marquant la fin des tergiversations comme était aussi l’intention de l’Empereur romain,  décidé à passer au delà du fleuve, d’un air de dire « On y va !!! » ou « Ça ira ! », mélodie de contredanse entamé par Ladré lors de la Révolution Française et due à Benjamin Franklin. En cause était certainement « l’imprévisible », « effet » explicable par un enchaînement de causes, sans intention de le produire, le meilleur exemple étant aussi bien celui du « nez de Cléopâtre », qui aurait changé la face du monde, que celui de la Loterie, à même d’enrichir soudain un pauvre déshérité, sans le sou.

Evidemment, Notre Débat fut riche d’idées, dans la déclinaison du thème, allant de considérations du genre « Dieu sait ce qu’il doit faire », « il y a des choses qui dépendent de moi, d’autres pas », «  toujours de nouvelles lois sont édictées », jusqu’au requestionnement : « qu’est-ce que le hasard ? » ou à de nouvelles définitions : «  le hasard est une opportunité à saisir », voire des exemples pratiques tel « Ceci n’est pas une pipe » à propos d’une Pipe exposée par Magritte, « des partitions musicales stochastiques de John Cage », ou des « explications génétiques attribuées à des phénomènes cosmiques », sans compter « ‘le hasard a des raisons que la raison ne comprend pas’ de Pascal » ou avec « la virtualité à laquelle nous ne pouvons pas trouver de cause », voire, avec « la connaissance de beaucoup de choses, ça nous entrave », et « on est obligés de faire confiance au hasard », « univers incertain », « facteur de risques », « concours de circonstances », « avec des Lois à transgresser ou à observer, des opportunités à saisir », « beaucoup de choses dépendant du hasard, en Démocratie, la pensée magique en tête », « comme un coq dans le poulailler », l’animateur finissant par déclarer que « le déterminisme ou la liberté ne jouent pas dans les questions du hasard, et que nous avons tous un Rubicon à franchir, et à faire avec le hasard ».

Pour des raisons que l’on ignore, Gilles n’a pu s’exprimer, et nous voilà dehors à remâcher ce que l’on avait avalé.

Sur le bord du Nil, deux touristes jettent des cailloux sur les crocodiles, et les reptiles s’approchent dangereusement de la berge, y grimpant les gueules grande ouvertes. Un des gars se sauve, mais l’autre reste, impassible, se disant :

- Je n’ai jeté que des dés, moi…

 Carlos  

Débat du 10 Novembre 2013: « Moins d’écrans… plus de réel. », animé par Alois Sander

2 comments

Posted on 11th novembre 2013 by Carlos in Uncategorized

Tandis qu’un super Typhon, nommé Haiyan, se chargeait aux Philippines de raser des villes entières et qu’en France l’Etat empruntait des milliards pour solder une dette vieille de 18 ans, alors que, déjà privée du triple A, la note souveraine attribuée au Pays par Standard & Poor’s basculait de AA+ à AA, des ‘Opérations Escargot’ se déroulaient sur les routes du Nord de la nation traduisant le raz le bol des paysans aux bonnets rouges, d’autres débats, sur l’interdiction de l’achat des actes sexuels notamment, ou le manifeste « touche pas à ma pute » des ‘343 Salauds’ ont eu lieu au cours de la semaine, puis, le 10 novembre 2013, ce fut au Café des Phares® que Alois Sander a pris sur soi d’animer le sujet philosophique choisi : « Moins d’écrans… plus de réel ! »

Telle était l’injonction. Disons tout de suite, que « Réel », provient du latin « realis », dérivation de « res/rei », la simple « chose », tout bonnement. Dès lors, pourquoi devrait-il, le Réel, augmenter en fonction de la diminution du nombre d’Ecrans ;  en proportion inverse, donc ?

En guise d’information, un « Ecran » est aussi bien une paroi, un panneau, c’est-à-dire, un rideau, servant accessoirement à protéger, voire dissimuler, quelque chose de la chaleur, ou d’un rayonnement, comme la surface sur laquelle sont envoyées les images d’un projecteur cinématographique, de la même manière que celles des tubes cathodiques, par exemple.

Or, il semblerait que la pénurie ou exiguïté des « Etranges lucarnes » jouerait sur le « Dasein », puisque le sens de l’assertion a l’air d’insinuer que le Réel s’accroîtrait dès que la quantité (ou la taille) des Ecrans serait réduite. Les écrans ne feraient pas partie de la réalité ? D’une réalité devenue paysage, puisqu’elle est notre habitat, et que partout où il y a une caméra, observant comme l’œil d’un cyclope les rues, les halles de maison, les studios TV, les garages ou chez soi, un écran, des écrans, des milliers d’écrans se trouvent au bout de tels circuits. En ce sens, la pieuse injonction se posait là, comme un coup d’épée dans l’eau (…plus de réel !!!). Le Réel est absolu ; ni plus, ni moins. Aussi bien pour Hegel que pour Lacan, il est l’un des trois pôles de la vie psychique, avec le Symbolique et l’Imaginaire, la locution « Le réel voilé » traduisant l’impossibilité d’une connaissance objective de la réalité existant en soi.

En outre, comme substantif, Le Réel, constitue ce sentiment qu’a l’Homme de lui-même ou de son environnement, car la résistance du monde extérieur l’oblige à adopter un statut particulier classé sous trois registres : « 1) Ce qui est conforme à ce qui doit être, 2) Ce que l’on constate et n’est point douteux, puis, le cas échéant, (3) une fois ces forces abolies, l’ennui nous accablerait, nous piquerait, nous astiquerait et nous minerait comme un vers. En effet, le Réel encadre notre vie, mais ce n’est parce que l’on réduirait les Ecrans qu’il s’accroîtrait d’autant.

On s’est bien déridé néanmoins, au cours du débat et, même si « la révolution de 1789 n’a pas eu besoin d’écrans » l’injonction était de « ne pas retourner à la ‘Caverne de Platon’, dès que tout se passe aujourd’hui sur le tube cathodique ». Certes, « L’imagination et la solitude ont toujours existé », toutefois « Orwell nous met en garde contre tout débordement », ce qui n’empêche pas « la dictature de l’écran dans chaque bistro », propre à faire taire « notre conscience », sans compter avec « l’écran de fumée qui nous cache ce que l’on entend et ne doit pas lorgner », les « Face book », etc., etc.

Au final, c’était un peu comme à l’enterrement de Victor Hugo. On n’y voyait rien, mais on entendait tout parfaitement. Est-ce suffisant ?

Puis, pour terminer la séance, Gilles nous gratifia de sa poésie, concluant par l’injonction :

« -Vie, …rien ne presse ! »

 Un couple regardait la Télé, où l’on apercevait des moutons sur une verte prairie.

-Regarde, dit la femme, ces bêtes ont toutes été tondues…

- Oui, répond le mari, philosophe, au moins de ce côté…

Carlos

Débat du 3 Novembre 2013: « Le malheur de n’être que soi », animé par Pascal Hardy.

2 comments

Posted on 6th novembre 2013 by Carlos in Uncategorized

Tandis que d’importants événements culturels se déroulaient à la Maison de l’Unesco, à propos du développement durable et des droits humains, diverses rencontres, manifestations ou colloques secondaient la gronde bretonne des ‘bonnets rouges’, à propos de l’Ecotaxe sur les véhicules transportant des marchandises, qui finit par être suspendue. Concernant les actualités mondiales, le pays fut bouleversé par la mort donnée à deux des journalistes français travaillant au Mali pour RFI, victimes du terrorisme international, ce qui provoqua l’indignation et la colère au delà de ses frontières. Puis, le 3 Novembre 2013, du côté du Café des Phares® eut lieu l’habituel débat dominical, intitulé, ce jour-là : « Le malheur de n’être que soi ! », animé par Pascal Hardy.

Cela se passait donc dans une salle de café, devant une centaine de personnes qui voulaient vivre la singulière transmigration hebdomadaire, et le sujet choisi nous présentait l’hypothèse d’un quidam se trouvant en rupture avec la réalité, dans une sorte de psychose maniacodépressive, étant là, existant, mais seul avec lui même.   

 Le fait est que, « n’être que soi… », s’associerait à un malheur ! Il ne s’agissait donc pas d’être simplement seul. Non ; il était question d’être aussi bien solitaire que morose. On se trouvait, de toute évidence, devant un cas de syndrome dépressif ; être soi et personne ou rien d’autre de plus. Pas sa mère, pas son voisin, pas son arrosoir, alors que l’on sait que la solitude prédispose à la démence, sérieuse pathologie qui demande une prise en charge psychiatrique. Il s’agissait de n’« être » que soi, ce qui serait déplorable, donc. Or, à part soi, qui d’autre pourrions nous être ? C’est ça la question, au fond : « A qui s’allier si l’on veut être heureux ? » Il y a là le sentiment d’un désir d’être aussi bien quelqu’un d’autre, que la totalité des êtres, au demeurant… Délire mégalomaniaque ?

Prévoyant toute méprise, Socrate avait convié les Hommes à bien se connaître adoptant la maxime « Gnothi seauton » (« connais-toi, toi-même »), consigne écrite sur le Temple de Delphes. Dès lors, on est sensés savoir ce que « Soi » comprend, c’est-à-dire, un corps anatomiquement réel, avec peau, os, viscères, énergie ou fragilité. Il semblerait, cependant, que nous le connaissons mal, ce « soi », aussi bien dans sa puissance d’exister que dans la profondeur de l’être ou substance vitale, au point d’en être malheureux, ce que Spinoza redouta, clamant que « nous ne savons pas ce que peut notre corps, ni cette âme, dénommée « noûs », principe de la connaissance intellectuelle ». Nous sommes donc à bras, tout à la fois, avec ‘le physique’, le ‘psychique’ et l’‘intellect’, voire, « sômma », « psyché » et « noos », dans le processus de reconnaissance de notre Identité, notre « Ego » et notre « Soi » à la mine chafouine. D’après notre sujet, cela serait, pourtant, trop décevant, lamentable, malvenu. Afin d’être heureux, nous faudrait-il un sosie, un revenant, un double, se revêtir de la peau d’un autre ou, comme Rimbaud, être aussi identique qu’étranger à soi ?

Bref. « Etre » serait une avanie, le corps n’étant pas au courant de ce qui se passe ! ‘Sôma’ et ‘psyché’, constitueraient un ensemble en même temps harmonique et conflictuel, décidés à écouter Rousseau : « Malheur à qui n’a plus rien à désirer ». Le fait est que, si le monde est déterminé, nous n’avons pas le choix. « Nous ne pouvons pas être autre chose que ce que nous sommes et pas devenir ce que nous ne sommes pas ». Ainsi, pour Descartes : « il faut choisir entre ‘se changer soi-même’ ou ‘changer le monde’ ». Que dit la conscience ? « Tu dois devenir celui que tu es » , voilà. La vraie Liberté est de l’accepter. Pourquoi « n’être que soi » serait-il un malheur,  si ‘soi’ a la raison et le droit ?

Comme habituellement, Gilles nous gratifia de ses rimes, « de soi à soi ; de moi à toi », puis, l’animateur confia que, « cuisinant, on cherche à savoir ce que l’on fait », avant de mettre fin au débat, puis nous nous éloignâmes de notre cénacle, la mine déconcertée, pour ne pas être autre chose que nous-mêmes, tel ce à quoi nous avons joué.

Devant le quiproquo, je prendrais l’attitude de Unamuno, recteur de l’Université de Salamanca, répondant aux franquistes qui prônaient « Viva la muerte » : « Il y a là, dans ce sujet, … un manque de raison…  J’ai terminé »…

Puis, chanterai avec Jacques Brel :

« Etre heureux, une heure seulement,

Etre heureux, une heure quelques fois,

Etre heureux, rien qu’une heure durant… »

Carlos