Débat du 27 Octobre, 2013: « Pourquoi mon corps sait-il quelque chose que j’ignore? », animé par Nadia Guemidi.

4 comments

Posted on 27th octobre 2013 by Carlos in Uncategorized

 Une fois signalé le changement d’horaire, faisant l’impasse sur l’Affaire « Prisme » qui a réanimé le spectre du Big Brother, dans ses efforts pour transformer la Planète en un Nouveau Far West, l’objectif de la semaine semblait avoir été de sensibiliser tout l’univers à une même nécessité, celle de réduire la quantité de déchets de par le monde, et donner aux Hommes des clés pour le réussir. L’agenda hebdomadaire s’est donc trouvé chargé d’activités allant du Développement Durable et Droits Humains, à la septième édition du Festival du Film sur l’Alimentation, ainsi que sur la transition agricole, l’Agro-écologie, l’Artisanat, la Surpêche, le Libre Echange et les Inégalités Professionnelles, un travail accompagné de Films et Débats Ouverts sur le Vent ou le Combat contre le Sexisme, voire aussi bien les valeurs du Partage de l’Eau. Au Café des Phares®, les participants à la réflexion philosophique du dimanche 27 Octobre, avaient, eux à se pencher sur les enjeux du Débat « Pourquoi mon corps sait-il quelque chose que j’ignore ? », animé par Nadia Guemidi.

Sacré cachottier, que ce Corps, aux airs d’en savoir plus sur ma personne, que moi-même n’en ai jamais été instruit… Au fait, je pense que cette substance molle ne sait rien du tout, une certaine ignorance de soi étant utile à un être qui doit s’extérioriser pour agir. Puis, d’abord, un tel organisme, un individu, ou la conscience, elle-même, peuvent-ils opérer, au détriment du sujet ? J’en doute.

Certainement, la cause de ce ‘pensum’ s’embranchait dans le fait que « Philosophie Magasine » posait une question semblable dans son dernier numéro « Qui est mon corps ? », « Corps » étant un pronom relatif désignant une créature, une personne ou une chose, engendrée,  produite… ou  carrément tirée du néant.

Mais, tout compte fait, le corps, humain, c’est au fond de la chair de quiconque possédant un savoir, une conscience ou une connaissance de soi.  Une individualité ? Certes, Socrates enjoignait ses auditeurs à se forger une idée de leur être, à partir d’un JE tourné vers un TOI, « Γνώθι σεαυτόν », Gnothi seauton, « connais-toi, toi-même » (maxime clé de l’humanisme). C’est-à-dire, les faire de prendre conscience de leur propre mesure, le CORPS, et lui donner un sens. Peut-il, ce corps, définir ce que JE est, surtout si JE l’ignore ? A-t-il une conscience de soi, de moi, de l’autre ? Nos connaissances passent par la faculté que nous avons de comprendre notre propre réalité et de la juger, soit, mais, la connaît-on ? Suis-je à même de saisir ce que je méjuge, ce que j’ignore ? La Conscience n’est pas consciente d’elle-même. Le Corps n’est qu’un organisme, opposé à l’esprit, et un membre de mon corps ne sait pas plus sur ma personne que moi-même. Qui est le maître en la demeure ? Le Corps ou le Je, qui se charge de tout par rapport à soi ? Bergson prétend qu’une certaine ignorance de soi est peut-être utile à un être qui doit s’extérioriser pour agir. En effet, l’individu proteste, réclame, réveille les consciences… mais il ne sait rien de la pertinence de ses gesticulations.

Beaucoup, beaucoup de choses on encore été dites, confirmant que « le cerveau nous joue des sacrés tours », lorsque « ça touche à l’esprit », l’idéal étant une « mens sana in corpore sano »,  maxime extraite de la dixième satire de Juvenal, etc., etc…

Puis Gilles, finissant sa prosodie, apostropha la chair : « Mon corps, ose !!! », comme Michel Ange (1515) interpella le Moïse qu’il venait de sculpter, d’un coup de burin sur le pied : « Parla ! », et tout le monde partit, refaire le monde, ailleurs.

Pour terminer, je suis tenté de rappeler l’épisode concernant les conditions de la mort du Président Félix Faure, décédé dans les bras de sa maîtresse, Marguerite Steinheil. Alerté, un ministre vint s’enquérir de l’Etat de santé du chef de l’Etat, demandant à l’Huissier :

- Dites, mon brave, Monsieur le Président a-t-il toujours sa connaissance ?

- Non, non. Elle est partie par derrière…

Carlos

4 Comments
  1. Gilles ROCA says:

    Pourquoi mon corps m’oppose-t-il, parfois’, une’ étrange’ résistance ?,
    sait’- il quelque’ chose que j’ignore ?, Nadia, Aux Phares, À Maia,

    corps’ et Âme … nous sommes’… êtres’… Animés, L’Âme’, une Vue de L’esprit, incarné, en corps, foyer de L’Âme ? … L’enveloppe … de L’esprit ?,
    Le corps … porteur, passeur, d’un dessein … Animé ?, dissociés’ … unifiés’ … esprit – corps,
    corps – esprit ?
    corps – existence’, esprit – essence’ ?, où corps – esprit est … sens’,
    de L’existence ?,
    maïeutique … Le corps … Accoucheur … de L’esprit ?,
    de L’esprit qui découvre’, invente … Le corps-sait …
    quelque chose que L’esprit,
    corseté, ignore’ ?,
    À quoi résisterait, parfois, Le corps,
    bercé, blessé, forcé … qu’- on – pensait … qu’on – dansait ?,
    ni Illusion – Maïa – ni Leurre, Les’ entrailles du cœur, étrange résistance du corps,
    dit support d’Âme’- esprit – cœur – À – corps ?,
    Le corps et La tête … Voire … L’Ange’ et La bête’ ?, être’- ange …
    corps Astral, mystique … résistance’ ?, En-Vie-Vent … L’énergie, Souffle … L’Esprit … de corps ?,
    élan, force Vitale … passant par Le corps ?,
    Accompli, Abouti, épanouissement, du corps, étrange’
    instance’ ?, en-brassées … Les, trois, fleurs,
    qui passent … par Le corps, résistance … combat, La passion, corps À cœur,
    Immortelle … Pensée, Souci, Libérateur,
    de L’humain corps – À – cœur …
    Les maux … de mon corps savent … de moi des choses …
    que j’ignore, mon corps … ose !,
    Gilles Roca,

    Cas-
    fée-Philo des Nés-nus-Phares, 27’ octobre 2013’,
    en ces-jours de Brumaire’,
    où L’étrange résistance … des-corps … est phare’ !, et sur d’Ardentes braises’…
    et, dans Les brumes, erre !,
    G R

    27th octobre 2013 at 18 h 50 min

  2. Nadia says:

    Qu’est-ce qu’un corps ? Les définitions sont tâtonnantes, insuffisantes , incomplètes etc…. L’homme ordinaire dans son ignorance et sa sagesse infinis évoque une « enveloppe charnelle », lieu des organes et des émotions. Le biologiste quant à lui, évoque plutôt l’idée d’ un système complexe.
    En vérité , le corps à lui seul est un immense continent à explorer ou coexistent une multitude de systèmes complexes, un » foisonnement » organisé qui dépasse de très loin tout ce que l’homme inspiré a pu fabriquer d’ingénieux. Jeté dans le monde, complètement démuni face à l’immensité de l’univers et dans une tentative desespérée de maîtrise, l’homme a assimilé le corps à la Nature et l’âme ( autrement dit ce qui l’anime) au Divin. La pauvreté des interprétations n’est que le reflet de son impuissance, de sa crainte et de son orgueil démesuré.
    Corps étranger ou Etranger à son corps ? Probablement les deux , mon général.
    Ce qui demeure étrange à mes yeux, c’est le fait qu’il soit animé de manière si singulière. C’est donc un Lieu animé, habité, qui nous habite et que nous habitons. Nous avons tendance à l’oublier !!! Après avoir dit tout ça , on est bien « enquiquiné ». Que dire de plus???? Probablement des quantités de « choses » mais absolument rien d’Essentiel. Rien sur cette étrangeté ! Contempler l’univers dont nous faisons partie et essayer de le comprendre sans jamais totalement y parvenir, voilà notre seule alternative.
    « … une étrange résistance » : le corps s’exprime et pour cela , il emprunte des chemins détournés. Les exemples ne manquent. Prenons le cas de l’hypochondriaque, de l’anorexique , le boulimique, le migraineux, l’hystérique….Le corps aussi à ses éruptions « volcaniques »..
    Il y a bien une communication non verbale qui à son corps défendant, exprime le bien être ou le mal être, un corps irradiant la joie ou un corps triste.
    Que sait mon corps que j’ignore et quelle est cette étrange résistance ?
    Le corps résistant face au déni de l’esprit
    Socrate utilisait la maïeutique pour faire « accoucher  » autrui d’un savoir caché. Le corps semble être le lieu privilégié de la vérité du sujet, d’un sujet « supposé savoir ».
    Comme Pascal, je dirai non seulement que le cœur a ses raisons que la raison ignore mais plutôt que le corps a ses raisons que la raison ignore bien souvent.

    27th octobre 2013 at 20 h 11 min

  3. Gilles ROCA says:

    Pourquoi mon corps m’oppose-t-il, parfois’, une’ étrange’ résistance ?,
    sait’- il quelque’ chose que j’ignore ?, Nadia, Aux Phares, À Maia,

    corps’ et Âme … nous sommes’… êtres’… Animés, L’Âme’, une Vue de L’esprit, incarné, en corps, foyer de L’Âme ? … L’enveloppe … de L’esprit ?,
    Le corps … porteur, passeur, d’un dessein … Animé ?, dissociés’ … unifiés’ … esprit – corps,
    corps – esprit ?
    corps – existence’, esprit – essence’ ?, où corps – esprit est … sens’,
    de L’existence ?,
    maïeutique … Le corps … Accoucheur … de L’esprit ?,
    de L’esprit qui découvre’, invente … Le corps-sait …
    quelque chose que L’esprit,
    corseté, ignore’ ?,
    À quoi résisterait, parfois, Le corps,
    bercé, blessé, forcé … qu’- on – pensait … qu’on – dansait ?,

    ni Illusion – Maïa – ni Leurre,
    « Les’ entrailles … » du cœur,
    « … du cerveau »,
    écheveau,

    étrange résistance du corps,
    dit support d’Âme’- esprit – cœur – À – corps ?,
    Le corps et La tête … Voire … L’Ange’ et La bête’ ?, être’- ange …
    corps Astral, mystique … résistance’ ?, En-Vie-Vent … L’énergie, Souffle … L’Esprit … de corps ?,
    élan, force Vitale … passant par Le corps ?,
    Accompli, Abouti, épanouissement, du corps, étrange’
    instance’ ?, en-brassées … Les, trois, fleurs,
    qui passent … par Le corps, résistance … combat, La passion, corps À cœur,
    Immortelle … Pensée, Souci, Libérateur,
    de L’humain corps – À – cœur …
    Les maux … de mon corps savent … de moi des choses …
    que j’ignore, mon corps … ose !,
    Gilles Roca,

    Cas-
    fée-Philo des Nés-nus-Phares, 27’ octobre 2013’,
    en ces-jours de Brumaire’,
    où L’étrange résistance … des-corps … est phare’ !, et sur d’Ardentes braises’…
    et, dans Les brumes, erre !,
    G R

    27th octobre 2013 at 16 h 21 min

  4. Elke says:

    Que me reste-t-il dans l’après-coup de ce débat ? Moniste convaincue, le discours sur la dualité corps/esprit me paraît désuète depuis longtemps. Comment vouloir ignorer le corps quand on sait que le cerveau, siège convenu de l’esprit, n’est qu’une spécialisation de cellules pour permettre à la cellule originaire, celle issue d’une rencontre improbable d’un gamète issu de l’usine de fabrication de Papa et d’un gamète issu de l’usine de fabrication de Maman, d’aller au bout de sa soif de croissance. Avant d’entendre cet appel à la vie en tant qu’homme, le fameux « croissez et multipliez-vous », les cellules de notre corps l’ont suivi pour le meilleur et le pire sans perdre leur temps aux questions stériles du pourquoi et en se concentrant exclusivement sur le comment. Le moment mystique de la vie, ce n’est pas l’homme. On fait partie de l’histoire folle de la vie, nous en sommes juste une petite parcelle. La vie, la nature se passera bien de nous, j’en suis convaincue. L’apparition et la disparition d’espèces, quelle banalité. Les humains, une fois disparus, qui va pleurer sur leur destin? Notre seul acte « durable », c’est peut-être d’avoir pu exporter quelques graines de vie dans l’immensité de l’univers (nous avons transporté des molécules d’ADN lors de nos explorations de l’espace) qui attendent, qui sait, patiemment un moment propice pour recommencer leur folle aventure quelque part ailleurs dans nos galaxies merveilleuses quand notre soleil sera déjà éteint. « Notre » esprit : quelle vanité d’accorder tant d’importance à notre capacité de comprendre qui est si restreinte. On se gargarise de connaissances acquises au fil de quelques siècles, on se croit « supérieur ». Mais face à la souffrance de nos semblables qui n’ont pas de toit sur la tête, pas de quoi manger, nous restons muet et impuissant. Où est donc passé l’esprit qui devrait nous pousser à améliorer le destin, les chances de survie de l’espèce humaine? La faute de Dieu, de l’Esprit, qui n’est plus là pour nous dire ce qu’il faut faire ? C’est face à la fin annoncée que viennent actuellement les signes d’une reprise en main de l’envie de vivre, vivre envers et malgré tout. Je vois avec grand plaisir des jeunes se retrousser les manches. Laissant de côté les adultes qui, dans la tradition de la transmission, montraient aux enfants les chemins possibles et qui ne savent actuellement que se plaindre de la défaite de leur révolutions passées, ils se tournent vers la nature qui les initie aux merveilles du monde bien mieux que les bancs de l’école laïque ou est enseigné un modèle de société moribond. Et en faisant, ils montrent aux vieux les brèches dans le mur vers lequel on pensait se diriger. Le débat a suscité en fin de séance quelques paroles poétiques. Qu’il me soit permis de clôturer ces quelques réflexions par une petite envolée lyrique.

    « Sort de ton trou, Homme,
    Tu t’y es mis à l’abri
    Parce que tout semble brûler sous le soleil implacable.
    Viens, nous allons chercher de la terre humide et y semer pour l’avenir.
    Nous allons nous courber pour ne pas nous laisser écraser
    Par la chaleur ambiante.
    Le désert a besoin de notre souffle pour retrouver la vie.
    Il nous attend pour retrouver la ronde des offrandes
    Que nous avons rompu
    Quand nous pensions pouvoir nous débarrasser de l’ombre. »

    27th octobre 2013 at 10 h 35 min

Laisser un commentaire