Débat du 5 août 2012 : « La philosophie soigne-t-elle les chagrins d’amour ? », animé par André Stamberger.

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Posted on 31st juillet 2012 by Gunter in Comptes-Rendus

Le débat du 22 juillet 2012 : « Vivons-nous la fin de l’âge du faire ? », animé par Sylvie Pétin.

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Posted on 31st juillet 2012 by Gunter in Comptes-Rendus

Plutôt qu’une savante synthèse, je préfère retranscrire l’essentiel des interventions, tout du moins, celles qui m’ont le plus interpellé durant ce débat.
Dès la première demi-heure, 4 principaux axes de réflexion ont clairement émergé :

La critique du sujet : En opposition au verbe Anglais « To make », l’utilisation du verbe « Faire » semblait ambigüe compte tenu de la dérive de son emploi en français : « Faire la guerre », « J’ai fait l’Argentine », « Je vais me le faire ». Pour certains, le verbe « Agir » apparaissait plus approprié. La notion « …d’âge de… » fut tout aussi contestée, considérée comme une simplification figée de diverses périodes de l’Histoire, ne tenant compte ni de la propagation spatio-temporelle d’un phénomène, ni du mouvement perpétuel de l’univers.

Société techno-dépendante: « Le savoir-faire se perd, l’homme délègue une partie de sa production à la machine. Peut-on parler de révolution technologique, de révolution informatique ? Impose-elle un âge nouveau?  » « Coupez l’accès à Internet et la majorité des grandes entreprises seront paralysées ». « De nombreuses tâches simples du quotidien se sont perdues, dans un milieu urbain la plupart des habitants ne savent plus faire le pain ou rapiécer un vêtement par eux mêmes… »

Un participant évoquait le concept de « Production, reproduction et simulation » un autre répondait « Certains pays ayant fait le choix de délaisser le secteur industriel, les pays occidentaux conçoivent, les autres fabriquent. Nous sommes dans une société ou « la simulation » a pris le pas sur « l’action »!  »

L’identité : « Sommes-nous ce que nous faisons, ou faisons nous ce que nous sommes ?
Ne rien faire, serait-ce le non-être?  »
« Dans une société en perte de repères, sans autre but que la consommation, au final nous ne savons pas quoi faire. Hélas, pour beaucoup le « savoir être » ou le « savoir paraitre », prime sur le « savoir -faire ». »

Sommes-nous dans l’âge du dire? : « Le dire c’est bien, le faire c’est mieux ». La volonté de convaincre entraine la prétention à l’exactitude, à la justesse et à la sincérité » ou « L’âge de l’agir communicationnel »
Le « Syndrome Internet » engendre un manque de courage et de responsabilité.
« Les hommes politiques disent beaucoup, mais au final ils en font peu!  »

A défaut de conclusion, je terminerai par une petite anecdote:

Suite à une fuite de canalisation, je me souviens avoir appelé un plombier fort sympathique mais extrêmement bavard. Un de ces plombiers de l’ancienne école qui arrive la cigarette au bec, en haranguant son apprenti chargé comme mule. Alors qu’il s’affairait à remplacer la tuyauterie et m’offrait son sourire en spectacle, il me demanda.
- Et vous, vous travaillez dans quoi ?
- Je suis consultant.
- Consultant ? Bon Dieu, ça sert a quoi c’métier là!
Je commençais à lui expliquer le rôle d’un consultant en ressources humaines, qualité et management
Mais vous vendez quoi? Demanda-t-il avec un air sceptique
Je repris sur l’intérêt d’un audit pour optimiser les performances d’une entreprise, et sur le ton de la sentence, il coupa net :
- Ouais ! Enfin bref, vous savez rien faire…

Idriss SANKHON

Remerciements à Bruno MARTIN pour la mise à disposition de sa Carte mentale
Bibliographie évoquée durant le débat : « Simulacre et simulation » J. Baudrillard, « Théorie de l’agir communicationnel » J. HABERMAS, « Le meilleur des monde » A. HUXLEY, « Big Brother » G .ORWELL,  » Le droit à la paresse » P. LAFARGUE

Le débat du 15 juillet 2012, animé par José : « L’erreur : un pas vers le progrès ? »

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Posted on 16th juillet 2012 by Gunter in Comptes-Rendus

Je ne sais pas si c’est l’inconscient de José qui avait choisi le sujet, mais il ne pouvait pas mieux tomber. Comme j’avais commis une grosse erreur dans l’annonce de l’animateur/trice du jour, nous nous trouvions sans animateur et José a bien voulu tenter l’expérience d’animer. Il choisit : « L’erreur : un pas vers le progrès ? ».
Les deux heures d’échanges intenses, riches et très variés (beaucoup de premières prises de parole) illustraient le fait que, parfois, et notamment ce matin même, une erreur pouvait être un (grand) pas vers le progrès. En effet, José, jusqu’ici participant, s’est révélé être un animateur attentif, bienveillant et inspiré ; je suis sûr que, tout comme Idriss il y a quelques semaines, José ne participera plus de la même manière que dans le passé à nos réflexions dominicales : dimanche dernier, le sentiment de co-responsabilté du débat de tout participant a, je crois, fait un pas de plus vers la prise de conscience de l’obsolescence de l’Animateur – « Sujet supposé savoir », seul responsable à bord du café des Phares…
Gunter

Débat du 8 Juillet 2012: « Le fait social se réduit-il à l’échange ? », animé par Alexandra Ahouandjinou.

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Posted on 9th juillet 2012 by Carlos in Comptes-Rendus

Dans le cadre des coutumières Fêtes de l’Eté, ce dimanche 8 Juillet, le Canal de l’Ourcq observait sa pause estivale célébrant la saison reine de l’année avec des tas d’animations, comme du cinéma en plein air, des concerts, des bals et des croisières sur des navettes fluviales, tandis que, à deux pas de là, avait lieu au Café des Phares® le traditionnel débat philo, pour lequel l’animatrice, Alexandra Ahouandjinou, souhaitait un sujet en rapport avec le « Don », ce qui finalement a été formulé par « Le fait social se réduit-il à l’échange ? », la discussion devenant ainsi tout à fait envisageable si l’on se sentait en phase avec la nouvelle interpellation, en un mot, « est-ce que tout est commerce, ou pas ? ».

Dès lors, comme il fallait s’y attendre, il ne fut plus affaire de « Don », « Donation » ou « Legs » et, après quelques minutes de réflexion accordées par l’animatrice, elle-même a convenu qu’il y avait là, dans ce Don, une certaine réciprocité, le cas échéant ce serait une pure question d’intérêts, une différenciation étant dès lors établie entre échange marchand (paiement d’un juste prix) et non marchand (gardiennage de chats, par exemple), après quoi nous nous sommes interrogés sur la distinction entre « troc » (fait social) et « Don » (acte par lequel l’autre, possédant quelque chose de moi, passe à me ressembler), raison plus que suffisante pour que je n’accepte pas l’édredon et encore moins le dentier de ma concierge.

Puis, on a évoqué les contreparties dans les cadeaux de Noël, le potlatch et la surenchère de « Dons » comme il est expérimenté dans les systèmes endogamiques, le « Don » se dissociant ainsi de l’échange et du « donner pour recevoir », avec à la clé les questions « faut-il ‘devoir’ pour ‘donner’ ? », « que peut-on donner ? », « à qui peut-on donner ? », « peut-on tout donner ? » « une fois distingué le ‘don’ du ‘dû’ ».

L’animatrice a consulté sa liste d’interpellations envisagées, et lança finalement que « l’on ne donne pas dans l’échange, que garder pour soi ce n’est pas du ‘Don’, et que même si le ‘Don’ est gratuit, un cadeau n’est pas un ‘Don’, alors que se donner soi-même serait un ‘Don de soi’ ou une ‘satisfaction de besoins primaires’. Dans le même ordre d’idées, pour d’autres intervenants le véritable « Don » est anonyme et que pour être « Don », le  « je » doit disparaître complètement du geste de « donner », allant « jusqu’aux échanges sur le pas de sa porte », « le langage étant profondément lié à la relation avec les autres, comme le préconise Bergson » et « à ‘l’empathie’ », ce que d’aucuns ont qualifié « de dérive hors sujet ». Puis, l’auteur du thème en discussion critiqua « ceux qui, arrivant en retard, s’arrogent la prétention de savoir où l’on en est » et préconisa « que l’on ne néglige pas ni l’amour ni la haine constitutifs de l’émotion et du désir, le ‘thumos’ des grecques », Gilles nous faisant part, enfin, de ses inspirations poétiques, telles que « le véritable don est le don de soi », « le don, le désir et l’amour étant les moteurs de l’existence »

Par circonspection ou désintérêt, nous avons omis, avec précaution, le « don d’agacer », voire « le don d’embrouiller », souvent si présents dans nos échanges dominicales. Et pour cause. Dans ma paroisse, après le sermon, le curé a dit que, le noyer du préau ayant eu beaucoup de noix, il ferait don de ces fruits à « celui qui ne serait pas aux ordres de son épouse ». Un grand gaillard, reconnu dans le patelin pour son fort caractère, s’est présenté et, l’homme de Dieu lui reprochant de ne pas avoir pris un sac plus grand, il s’excusa : « C’est ce que je voulais, mais, ma femme m’a dit que se serait de la goujaterie, alors… ».

« Vide ton sac, et laisse les noix ici », lui ordonna alors le prêtre, indigné.

…   

NB

Au cours de l’après midi, les cinéphiles ont rempilé, partant zieuter au cinéma de l’Entrepôt, un savoureux film de Fellini, « Amarcor », en romagnol, « Mio ricordo » (je me souviens), musique de Nino Rota et Oscar du meilleur film étranger en 1975, sorti en 1973, et que nous présentait Daniel Ramirez. Il s’agit d’une chronique de vie à Rimini vue par un adolescent, Titta, et parsemée de truculents personnages se débrouillant pour coller au mieux à l’existence, que le destin voulu en régime fasciste. Le débat qui s’en suivi fut tout aussi intéressant, ce qui a fait, de ce dimanche, un singulier concours de dons.

Carlos

Débat du Premier Juillet 2012: « Etre normal est-ce normal ? », animé par Christian Godin.

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Posted on 3rd juillet 2012 by Carlos in Comptes-Rendus

Si j’avais assisté au débat « Etre normal est-ce normal ? », que Christian Godin nous a fait l’honneur d’animer au Café des Phares® le premier Juillet 2012, j’aurais commencé, comme d’habitude, par faire l’Etat des Lieux de notre Habitat commun, dénonçant le nouveau massacre de Houla, en Syrie, perpétré devant le Commissaire aux Droits de l’Homme de l’ONU et, rapportant que le Président de la République Française a reçu avec tous les honneurs l’héroïque députée birmane Aung Sam Sun Kyi, je ne manquerais pas de faire aussi référence à la Finale de l’Euro 2012 de Football qui s’est soldée à Kiev par la victoire de l’Espagne sur l’Italie, ni d’évoquer le départ de Liège du 99ème Tour de France en bicyclette.

Après, Christian ayant assurément épuisé tous les aspects et sens les plus pertinents de la question, une fois défini le mot qui, ainsi que l’idée, était étranger aux grecs, (et dérivant en définitive du latin « norma » signifie étymologiquement « équerre/règle », distincte de la Loi, une description de ce qui est et de ce qui doit être), j’aurais essayé de rapporter au mieux et succinctement un maximum d’interventions de l’Assemblée faites à propos du sujet du jour, ajoutant certaines observations personnelles, dans le but d’en retirer une idée générale ou un angle d’approche intelligible, afin de garder la cohérence ainsi que le pragmatisme d’un exercice que les vers de Gilles résument encore, terminant, comme un baisser de rideau, par une pirouette pas toujours pertinente, mais qui équivaut à la flèche indiquant la sortie, afin de changer d’air.

Pour tout dire, je pense que ce qui se passe au Phares, à longueur d’année, ne doit pas rester lettre morte et qu’il nous faut un témoignage de ce fabuleux théâtre d’idées que des dizaines de cervelles ruminent. C’est pour ça que, par manque d’autre scribe, je persiste à m’y coller, et le fais brièvement encore, afin que l’on puisse aussi revenir là-dessus dans nos commentaires.

Finalement, pour rendre de nouveau les polémistes au brouhaha extérieur sans étouffer complètement leurs voix intérieures, je cherche dans le rire une transition plus ou moins heureuse vers la comédie du monde. Par exemple, aujourd’hui :

- Docteur, mon mari n’est pas normal ; il se prend pour un frigidaire et ça me dérange !

- Pourquoi dites-vous ça ?

- Il dort la bouche ouverte et…

- Il ronfle…

- Non, non. C’est la petite lumière qui m’empêche de dormir.

Carlos